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Agence Hirondelle d'information, de documentation et de formation, Arusha (Tanzanie):
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01.09.06
TPIR /SERUGENDO - LE DECES D'UN PRISONNIER DU TPIR PRIVE LE PROCUREUR D'UN TEMOIN COOPERANT.
Arusha, 1er septembre 2006 (FH) - La mort en détention de l'ancien directeur technique de la célèbre Radio télévision libre des mille collines (RTLM), Joseph Serugendo qui venait d'être condamné à 6 ans de prison après avoir plaidé coupable et s'être engagé à aider l'accusation dans d'autres affaires pourrait perturber la stratégie du procureur, qui cherche toujours à étayer ses dossiers.
Ce décès dans un hôpital de Nairobi est survenu le 22 aout dernier, trois ans après le décès de l'Evêque anglican Samuel Musabyimana, que le tribunal n'a pas eu le temps de juger. Détenu à Arusha depuis septembre 2005, après avoir été capturé au Gabon, Serugendo était atteint d'une "maladie incurable" et dont l'évolution rapide avait amené le tribunal à accélérer son procès. Après avoir plaidé coupable en toute discrétion, il a été jugé rapidement en juin dernier et ses aveux comme ses dénonciations ont été dûment enregistrés.
Outre ses activités à la RTLM, Serugendo était en effet l'un des responsables de la milice Interahamwe et s'était engagé à témoigner contre d'autres accusés du TPIR dans l'accord conclu avec le procureur relativement à son plaidoyer de culpabilité. Ces aveux et cette collaboration avec le procureur ainsi que la mauvaise santé de l'accusé avaient été pris en compte par les juges qui l'avaient condamné à 6 ans de prison, la peine la moins lourde jamais prononcée par ce tribunal.
Selon le chef des poursuites, l'Américain Stephen Rapp, le bureau du procureur a recueilli de Serugendo, plus de 200 pages de déclarations. Une trentaine de ces pages portent sur le procès des trois anciens dirigeants de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND). Il s'agit, de l'avis de Rapp, de « déclarations très importantes » ayant trait à « la planification du génocide, au rôle de la milice Interahamwe et de la RTLM ». Selon Rapp, ces déclarations ont été relues attentivement et confirmées par Serugendo sur son lit d'hôpital en présence d'un représentant du greffe.
Le chef des poursuites indique que « le bureau du procureur va demander à la chambre de les verser au dossier ». On ignore encore quelle sera la réaction des pugnaces équipes de défense dans cette affaire. Le chef des poursuites reconnaît cependant que Serugendo n'était vraiment pas dans le secret des dieux. « C'était peut être un membre de l'akazu élargi pour des raisons géographiques, parce qu'il est originaire du nord. Ce qu'on ne peut nier est qu'il faisait partie du noyau dur du comité national des Interahamwe », affirme Rapp.
Il ajoute cependant que durant le génocide, Serugendo n'a pas été très actif dans les rues « parce qu'il avait trop de boulot à Radio Rwanda et à la RTLM ». Le chef technique de la RTLM a été condamné notamment pour son assistance technique à la cette radio de la haine. Le magistrat américain assure enfin que le bureau du procureur n'abandonne pas la famille de Serugendo qui pourrait faire les frais de ses déclarations. « Le bureau du procureur continuera à assurer la sécurité des membres de sa famille. Leur sécurité pourrait, dans un avenir proche, être menacée à cause de ses révélations », explique Rapp.
Déjà, avant son transfert médical à Nairobi, Serugendo, qui craignait pour sa sécurité, vivait séparé des autres détenus.
ER/GF
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