La décision a été prise lors d'une conférence de mise en état dirigée par le président de la deuxième chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le juge sénégalais, Laïty Kama.
Cette conférence à huis clos avait été précédée par un débat public sur une requête de la défense en retrait de certains chefs d'accusation.
L'avocate irlandaise de Niyitegeka, Me Sylvia Geraghty, a demandé que la chambre retire à son client quatre chefs, arguant qu'ils avaient été ajoutés aux fins d'un procès collectif.
Me Geraghty a soutenu que les charges additionnelles devraient être rejetées, dès que Niyitegeka sera jugé seul.
La chambre avait rejeté au mois de juillet dernier une requête du procureur en vue de joindre dans un même procès huit anciens ministres du gouvernement intérimaire, dont Eliézer Niyitegeka.
Me Geraghty a affirmé que l'acte d'accusation amendé à cette fin est général et ne précise pas les charges retenues contre son client.
Prenant pour exemple le crime de viol, Me Geraghty a indiqué que le parquet n'a pas cité les noms des victimes ni précisé les dates auxquelles les actes incriminés auraient été commis.
L'avocate irlandaise a souligné que sur la centaine de paragraphes que compte l'acte d'accusation, seule une vingtaine d'entre eux concernent Niyitegeka. Elle a ajouté que certains faits retenus remontent à la période hors mandat du Tribunal.
Le représentant du parquet, l'Australien Ken Fleming, a répondu que cinq à dix mille personnes étaient tuées par jour au Rwanda pendant le génocide anti-tutsi, expliquant que le fait que les massacres étaient systématiques et généralisés ne permet pas de donner des détails sur l'identité des victimes.
S'agissant des faits antérieurs à la période couverte par le TPIR, Ken Fleming a indiqué qu'il s'agissait de placer les crimes allégués dans un contexte. L'affaire a été mise en délibéré.
AT/PHD/FH (NA%0925A )
11 JUILLET 2000 TPIR / POLITIQUES LE TPIR PORTE UN COUP A LA STRATEGIE DU PROCUREUR EN REFUSANT UN PROCES COLLECTIF Arusha, 11 juillet 2000 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a rejeté la requête du parquet en jonction des procès de huit anciens ministres du gouvernement intérimaire et ordonné un procès séparé pour l'ancien maire de Mukingo (préfecture de Ruhengeri, nord- ouest du Rwanda), Juvénal Kajelijeli, portant ainsi un coup à la stratégie du procureur visant à tenir des procès collectifs. Dans une décision datée du 7 juillet, la Chambre II du TPIR a refusé la jonction des dossiers des ex-ministres Edouard Karemera (intérieur), André Rwamakuba (éducation primaire et secondaire), Jean de Dieu Kamuhanda (enseignement supérieur et culture), Eliézer Niyitegeka (information), Casimir Bizimungu (santé), Justin Mugenzi (commerce), Jérôme Bicamumpaka (affaires étrangères) et Prosper Mugiraneza (fonction publique), comme l'avait souhaité le procureur. Les quatre derniers sont déjà accusés ensemble. Les deux premiers sont quant à eux co-accusés avec l'ex-maire Juvénal Kajelijeli et les anciens politiciens Mathieu Ngirumpatse et Joseph Nzirorera ainsi qu'avec trois autres personnes encore en fuite. Le procureur avait souhaité d'une part un procès joint pour Ngirumpatse, Nzirorera et Kajelijeli qui n'étaient pas ministres, et d'autre part un procès collectif permettant de juger ensemble les autres qui étaient membres du gouvernement intérimaire. Le TPIR avait cependant rejeté, le 29 juin dernier, la demande du procureur concernant la jonction des cas de Kajelijeli, Ngirumpatse et Nzirorera, arguant que le procureur n'avait pas prouvé que ce procès collectif était dans l'intérêt de la justice. En ordonnant un procès séparé pour Kajejeli, la Chambre a estimé que le faire juger avec d'autres le priverait d'un procès équitable. L'avocat américain de Juvénal Kajelijeli, Me Lennox Hinds, avait plaidé que Kajejeli avait été coaccusé avec Nzirorera pour la simple raison qu'il avait été trouvé à son domicile lors de son arrestation. La deuxième Chambre de première instance du TPIR est présidée par le juge sénégalais Laïty Kama et comprend en outre les juges, tanzanien William Hussein Sekule et turc, Mehmet Güney. La même Chambre a par ailleurs ordonné au greffe de ne pas payer des honoraires à l'avocate canadienne de Jérôme Bicamumpaka , Me Francine Veilleux, pour certaines requêtes jugées "répétitives et frivoles". JC/AT/PHD/FH (PL%0711A)
L'ancien ministre est accusé de participation à des massacres de Tutsis dans la région montagneuse du Bisesero (préfecture Kibuye, ouest du Rwanda) où des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants persécutés avaient cherché refuge entre avril et juin 1994.
L'acte d'accusation établi contre Eliézer Niyitegeka date du 11 juillet 1996. Il avait été dans un premier temps localisé à Bukavu (est de l'ex-Zaïre).
Des témoins ont indiqué à l'agence indépendante de presse Hirondelle que Eliézer Niyitegeka a été interpellé par la police kenyane, à son domicile secondaire de Kawangare dans la banlieue de Naïrobi.
L'accusé vivait séparément avec sa famille, pour minimiser les risques d'être identifié, selon des témoins.
Ancien journaliste à la radio nationale rwandaise, l'accusé a d'abord été parlementaire de Kibuye (ouest du Rwanda) sous le régime de l'ancien parti unique, puis cadre dans une usine de textile à Kigali, avant de devenir homme d'affaires. Il était notamment distributeur de carburant.
Eliézer Niyitegeka a fait des études de journalisme en Roumanie. Il est marié et père de cinq enfants.
Né à Gisovu en préfecture de Kibuye, Eliézer Niyitegeka avait adhéré au Mouvement démocratique républicain (MDR) à la renaissance du multipartisme au Rwanda en 1991. Lors de la scission de ce parti après les accords de paix d'Arusha (août 1993), Eliézer Niyitegeka a appartenu à la tendance extrémiste "Power", opposée au partage du pouvoir avec le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion).
L'arrestation d'Eliézer Niyitegeka porte à trente quatre le nombre de personnes détenues sous l'autorité du TPIR.
AT/FH (NA§022A )
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