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Agence d'Information, de documentation et de formation, Arusha (Tanzanie): Tribunal Pénal International pour le Rwanda

Elisaphan Ntakirutimana, pasteur

19 FEVRIER 2003
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TPIR/NTAKIRUTIMANA


LES NTAKIRUTIMANA CONDAMNES A 10 ET 25 ANS DE PRISON

Arusha, le 19 février 2003) (FH) - L'ancien médecin à l'hôpital de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda), le Dr Gérard Ntakirutimana, a été condamné à vingt-cinq ans d'emprisonnement et son père, le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, à dix ans, mercredi, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, a déclaré Gérard Ntakirutimana, 45 ans, coupable de deux chefs d'accusation, génocide et crimes contre l'humanité (assasinat), sur les sept retenus contre lui. Elizaphan Ntakirutimana, 78 ans, a été pour sa part déclaré coupable d'un seul des sept chefs d'accusation, celui de génocide.

Les juges ont conclu que les accusés ont pris part à des attaques contre les Tutsis à Mugonero et dans les collines avoisinantes de Bisesero, notamment
en assurant le transport des assaillants. Gérard Ntakirutimana a été déclaré coupable de deux assassinats.

Les juges ont estimé que les crimes commis par les accusés sont d'une extrême gravité. Le Tribunal a considéré que le Dr Ntakirutimana était une des rares personnes éduquées dans sa communauté mais que bien qu'il fût médecin, "il a porté atteinte à des vies humaines au lieu des les sauver".

Le Tribunal a également relevé que le fait que les crimes aient été commis sur une longue période, entre avril et juin 1994, constituait pour Gérard Ntakirutimana, une circonstance aggravante.

S'agissant du pasteur Ntakirutimana, le Tribunal a estimé que "en qualité de personne très respectée, il a trahi la confiance placée en lui" par les
réfugiés tutsis. "Il a pris ses distances vis-à-vis de ses fidèles au moment où ils avaient besoin de lui", selon le jugement.

Pour les deux accusés, le temps passé en détention préventive sera déduit de la sentence.

Arrêté aux Texas (Etats-Unis) une première fois en 1996, libéré puis de nouveau arrêté en 1998, Elizaphan Ntakirutimana a été transféré au TPIR en mars 2000, au terme d'une longue bataille juridique contre son extradition.

Gérard Ntakirutimana, pour sa part, a été arrêté en Côte d'Ivoire en octobre 1996 et transféré à Arusha le mois suivant.

Le jugement contre les Ntakirutimana est le neuvième rendu par le TPIR depuis le début effectif des procès en janvier 1997.

Ce procès conjoint a été un des plus rapides que le TPIR ait mené. Il s'est ouvert le 18 septembre 2001 pour s'achever le 10 mai 2002. Le procureur a cité dix-neuf témoins et la défense vingt-quatre, le tout en cinquante-neuf jours d'audiences.

La première chambre devant laquelle il s'est déroulé comprend outre le juge Mose, les juges sud-africaine Navanathem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.

AT/CE/GF/FH (NT'0219A)




19 FEVRIER 2003
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TPIR/NTAKIRUTIMANA


LES NTAKIRUTIMANA VONT FAIRE APPEL

Arusha, le 19 février 2003 (FH) - Le pasteur Elizaphan Ntakirutimana et son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, condamnés à dix et vingt-cinq ans de
prison mercredi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) vont faire appel, ont déclaré leurs avocats.

"C'est un tragique déni de justice", a indiqué aux journalistes l'avocat du pasteur Ntakirutimana, l'ancien procureur général des Etats-Unis, Me Ramsey Clark, peu après le verdict.

Reprenant les arguments développés au cours du procès, Me Clark a affirmé que le procès des Ntakirutimana s'est déroulé "dans un environnement biaisé fortement influencé par le gouvernement du Rwanda".

Dans leur verdict rendu plus tôt dans la journée, les juges avaient estimé qu'il n'existait pas de preuve que "les deux accusés aient fait l'objet d'une campagne de fausse incrimination".

L'avocat canadien Me David Jacobs, qui défend Gérard Ntakirutimana, a fait les mêmes remarques que Me Clark, expliquant qu'il était convaincu que le
pasteur et son fils étaient innocents. "Nous avons l'espoir que la chambre d'appel reconnaîtra le grand déni de justice survenu aujourd'hui", a-t-il dit.

Elizaphan Ntakirutimana, 78 ans, était pasteur à l'église adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) en 1994 et Gérard Ntakirutimana, médecin au même endroit.

Le TPIR a déclaré le pasteur Ntakirutimana coupable de génocide, et le Dr Ntakirutimana de génocide et de crimes contre l'humanité (assassinat). Ils
répondaient initialement de sept chefs de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Le Tribunal a estimé que la conduite exemplaire du pasteur Ntakirutimana avant avril 1994 ainsi que sa santé fragile constituaient des circonstances
atténuantes. Les juges ont également noté qu'il n'a pas personnellement pris part aux massacres, ni porté d'arme.

En revanche, la chambre a retenu comme circonstances aggravantes, le fait que "en tant que personnalité hautement respecté et jouissant d'une certaine
autorité au sein de l'église adventiste du septième jour, il a trahi la confiance placée en lui".

S'agissant du Dr Ntakirutimana, la chambre a également retenu à son actif son bon caractère avant 1994 et le fait d'avoir abrité des personnes menacées.

La chambre a cependant conclu qu'en tant que médecin, "il a porté atteinte à des vies humaines au lieu de les sauver".

Le procès s'est déroulée devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et composée par ailleurs des juges sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.
AT/CE/GF/FH (0219b)




17 FEVRIER 2003
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LE TPIR S'APPRETE A RENDRE SON NEUVIEME JUGEMENT


Arusha, le 17 février 2003 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) rendra son neuvième jugement mercredi dans le procès conjoint du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana.

Elizaphan Ntakirutimana, 78 ans, était pasteur à l'église adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et responsable de la zone "Rwanda ouest" qui s'étendait sur les provinces Kibuye et Cyangugu (sud-ouest). Gérard Ntakirutimana, 45 ans, était médecin à l'hôpital de Mugonero.

Les Ntakirutimana répondent de cinq chefs d'accusation de génocide, de crimes contre l'humanité et crimes de guerre portant sur des massacres de Tutsis au complexe adventiste de Mugonero et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.

Le complexe de Mugonero comprenait notamment une église, un hôpital et une école secondaire. Environ six mille Tutsis y avaient trouvé refuge en avril 1994, selon le procureur.

Le procureur affirme que "le ou vers la matinée du 16 avril 1994, un convoi comprenant plusieurs véhicules suivi par un grand nombre de personnes portant des armes est allé au complexe de Mugonero. Les personnes dans le convoi étaient, entre autres Elizaphan Ntakirutimana, Gérard Ntakirutimana et [l'ancien maire en fuite ] Charles Sikubwabo [...] Les personnes du convoi [...] ont participé à une attaque contre les hommes, les femmes et les enfants" qui s'y étaient abrités.

Le procureur allègue en outre que ceux qui ont survécu à cette attaque se sont réfugiés dans la région de Bisesero, où ils ont été plus tard massacrés.

Détruire le toit d'une église
Selon le procureur, "à un moment pendant cette période, Elizaphan Ntakirutimana était à Murambi dans la région de Bisesero. Elizaphan Ntakirutimana est allé à une église à Murambi, où un grand nombre de Tutsis cherchaient à se mettre à l'abri des massacres en cours. Elizaphan Ntakirutimana a donné l'ordre de détruire le toit de cette église pour qu'il ne soit plus utilisé par les Tutsis comme une cachette".

Le procureur affirme que les coaccusés étaient des hommes respectés dans leur communauté et qui "avaient des moyens considérables et un pouvoir certain". Les Tutsis "attendaient qu'ils usent de leur influence pour les protéger contre les attaques", selon lui.

"Le pasteur a regardé les gens être tués, le fils a pris une part plus importante dans les massacres", soutient l'accusation.

Le procureur accuse en outre Gérard Ntakirutimana d'avoir fermé l'hôpital de Mugonero et refusé des soins aux Tutsis blessés lors des attaques.

Au cours de leurs témoignages, les Ntakirutimana ont affirmé qu'ils ont quitté Mugonero avant les attaques et se sont installés au lieu-dit Gishyita, craignant pour leur vie. Ils ont par ailleurs nié avoir participé à des attaques dans la région de Bisesero.

Elizaphan Ntakirutimana est défendu un ancien procureur général des Etats Unis, Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs. La défense a plaidé que "les charges retenues contre ces deux hommes n'ont aucun sens".

Me Clark a présenté le pasteur Ntakirutimana comme "un conciliateur" et "un pacificateur" qui a toujours travaillé avec les Tutsis et n'a jamais pratiqué la discrimination basée sur l'ethnie. "C'était un homme honnête pendant toute cette période de tourmente", a plaidé Me Clark.

Me Clark a soutenu qu'un pasteur, fût-il aimé et respecté, n'aurait pu faire quoi que ce soit pour arrêter le génocide de 1994. Me Clark a rappelé que même les pays occidentaux comme la Belgique, la France et les Etats Unis, qui disposaient de grands moyens, n'ont pas pu empêcher les massacres.
Selon la défense, le pasteur Ntakirutimana "s'impliquait à sauver des âmes, comme Gérard Ntakirutimana était impliqué dans le soin aux malades".


La lettre du 15 avril 1994
Elizaphan Ntakirutimana s'est notamment défendu au sujet d'une lettre reçue le 15 avril 1994 au soir, dans laquelle des pasteurs tutsis réfugiés au complexe de Mugonero le priaient d'intervenir en leur faveur auprès du maire Sikubwabo, car ils avaient appris que : "demain nous allons mourir avec nos enfants. Et même nos familles".

"Cette lettre m'a accablé. Je ne savais pas comment me comporter. Et j'ai commencé à trembler. Je ne savais pas que le sort qui attendait ces personnes était celui-ci. Et cela ne s'était jamais produit au Rwanda", a déclaré le pasteur Ntakirutimana lors de sa déposition.

Elizaphan Ntakirutimana a rapporté que le matin du 16 avril 1994, en compagnie de Gérard Ntakirutimana, il était allé voir le maire Sikubwabo qui lui a répondu: "Je ne peux rien faire. Il n'y a pas de gouvernement. Je n'ai pas de pouvoir."

Elizaphan Ntakirutimana est ensuite retourné à Mugonero et a écrit à son tour aux pasteurs menacés pour les informer que le maire "a catégoriquement refusé" de leur porter assistance et qu'il fallait s'en remettre au bon Dieu. "Je sais que, vous les pasteurs, vous n'avez fait aucune faute et que vous êtes entre ses mains", a-t-il consigné dans sa réponse. Des témoins de l'accusation ont allégué qu'Elizaphan Ntakirutimana n'avait rien fait pour sauver la vie des réfugiés.

Le procès des Ntakirutimana a été un des plus rapides que le TPIR ait jamais mené depuis qu'il a effectivement commencé ses travaux en 1997. Il s'est ouvert le 18 septembre 2001 et s'est terminé le 10 mai 2002. Le procureur a cité dix-neuf témoins et la défense vingt quatre. Le tout en cinquante-neuf jours d'audiences.

Arrêté au Texas (Etats-Unis) une première fois en 1996, libéré puis réarrêté en 1998, Elizaphan Ntakirutimana a été transféré au TPIR en mars 2000, au terme d'une longue bataille juridique contre son extradition.

Gérard Ntakirutimana, quant à lui, a été arrêté en Côte d'Ivoire en octobre 1996 et transféré à Arusha le mois suivant.

Leur procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges sud-africaine Navanathem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz. L'affaire est en délibéré depuis le 22 août 2002.

Le TPIR a déjà rendu sept jugements portant condamnation à des peines allant de douze ans d'emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité et prononcé un acquittement.

AT/GF/FH (NT'0217A)



13 FEVRIER 2003
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TPIR / NTAKIRUTIMANA


VERDICT LE 19 FEVRIER DANS LE PROCES D'UN PASTEUR COACCUSE AVEC SON FILS


Arusha, le 13 février 2003 (FH) - Le verdict sera rendu le 19 février dans le procès conjoint du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, a-t-on appris jeudi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'affaire était en délibéré depuis le 22 août 2002, devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre la juge sud-africaine Navanethem Pillay ainsi que la juge sénégalaise Andrésie Vaz.

Les Ntakirutimana sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis dans le complexe adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) entre avril et juillet 1994 et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils ont plaidé non coupables.

Au moment des faits, le pasteur Ntakirutimana était en charge de l'Eglise Adventiste au complexe de Mugonero, et son fils était médecin au même endroit.

Leur procès a commencé le 18 septembre 2001. Le parquet a terminé la présentation de ses moyens de preuve le 2 novembre de la même année, et la défense le 10 mai 2002. Le parquet a cité dix-neuf témoins, la défense vingt-quatre. Parmi les témoins de la défense se trouvaient l'ancien premier ministre rwandais dans le premier gouvernement post-génocide, Faustin Twagiramungu.

Le pasteur Ntakirutimana,78 ans, a été arrêté en 1996 aux Etats Unis et transféré à Arusha en mars 2000 au terme d'une longue bataille juridique contre son extradition. Gérard Ntakirutimana, 45 ans, a été, quant à lui, appréhendé la même année en Côte d'Ivoire. Le père est défendu par l'ancien procureur général des Etats-Unis, Me Ramsey Clark, et le fils par l'avocat canadien, Me David Jacobs.

Le parquet est représenté dans cette affaire par le Nigérian Charles Adeogun-Phillips, le Tanzanien Wallace Kapaya et l'Américaine Boi-Tia Stevens.

Elizaphan Ntakirutimana sera le premier homme d'église à être jugé par le TPIR. Il en détient aujourd'hui quatre, après le décès le mois dernier de l'évêque anglican Samuel Musabyimana.

AT/GF/FH (NT'0213A)


22 AOUT 2002
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TPIR/ NTAKIRUTIMANA

LE PROCES DES NTAKIRUTIMANA A ETE MIS EN DELIBERE

Arusha, le 22 août 2002 (FH) - Le procès conjoint du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutiama et de son fils, le docteur Gérard Ntakirutimana, a été mis en délibéré jeudi devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les Ntakirutimana répondent de sept chefs d'accusation, dont génocide, complicité dans le génocide, entente en vue de commettre le génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Le pasteur Ntakirutimana est le premier homme d'église à être jugé pour génocide par un tribunal international.

Ntakirutimana père et fils sont notamment accusés de massacres de Tutsis commis dans le complexe de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) entre avril et juillet 1994. Ils plaident non coupables. Au moment des faits, le pasteur Ntakirutimana était en charge de l'Eglise Adventiste au complexe de Mugonero, et son fils médecin au même endroit.

Le juge président, le Norvégien Erik Mose, a déclaré clos les débats après la présentation, par le parquet et la défense, de leurs arguments finaux. L'accusation a demandé que les accusés soient reconnus coupables des charges
retenues contre eux. Cependant, et c’est une chose peu commune au TPIR, ils n’ont pas précisé la nature de la sanction souhaitée.

De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé que la preuve apportée par le parquet ne suffit pas pour incriminer leurs clients, et sollicité que ces derniers soient innocentés et libérés.

"Etre accusé de génocide alors que vous avez consacré votre vie à sauver des âmes est pire que la mort", a plaidé l'avocat Américain, Me Ramsey Clark, qui défend le pasteur.

Dans une brève déclaration à l'intention de la chambre, les deux accusés l’ont imploré de les relaxer, regrettant les événements qui se sont déroulés à Mugonero, et qualifiant la preuve du procureur de "fausse".

"Je suis un vieil homme de 78 ans. Je voudrais que mon épouse et moi puissions retrouver notre terre pour y mourir", a plaidé le pasteur avant de conclure: "Je m'en remets à vous. Etudiez mon dossier en détail et faites que le Rwanda ne revive pas les maux qu'il a connu".

"Je vais avoir 45 ans, je suis médecin de formation et je pense que je peux être encore utile à la société", a pour sa part déclaré le Dr. Ntakirutimana. "Vous avez entendu les deux parties. Je ne suis pas coupable des faits que l’on me reproche » a-t-il ajouté, avant de conclure : « Je vous prie de bien considérer notre cas pour le bien-être de l'humanité,".

Le procès a débuté le 18 septembre 2001, le parquet a terminé la présentation de ses moyens de preuve le 5 novembre de la même année, et la défense le 10 mai dernier.

Le juge Mose est assisté dans ce procès des juges sud africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise, Andrésie Vaz.

La date du jugement n’est pas encore connue.

GA/GF/FH (NK-0822b)


22 AOUT 2002
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TPIR/ NTAKIRUTIMANA

LES ACCUSES SONT COUPABLES, SELON LE PARQUET

Arusha, le 22 août, 2002 (FH)-- Le parquet a développé mercredi ses arguments finaux dans le procès conjoint du pasteur adventiste, Elizaphan Ntakirutimana, et de son fils, le Dr. Gérard Ntakirutimana, et demandé que les coaccusés soient reconnus coupables des crimes retenus contre eux devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Le pasteur Ntakirutimana est le premier homme d’église a être jugé pour génocide par un tribunal international.

Sept chefs d’accusation ont été retenus contre les Ntakirutimana, dont génocide, complicité dans le génocide, entente en vue de commettre le génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre

Si, comme prévu, les trois représentants de l’accusation, l’Anglo-Nigérian Charles Philips-Adeogun, le Tanzanien Walace Kapaya et l'Américaine Boi-Tia
Stevens ont demandé que les accusés soient reconnus coupables, ils ont en revanche surpris en ne précisant pas, contrairement aux habitudes du parquet, la nature de la sanction souhaitée.

Le père et le fils, âgés respectivement de 78 et de 44 ans, sont accusés de massacres de Tutsis commis dans le complexe de Mugonero (province Kibuye,
ouest du Rwanda) entre avril et juillet 1994. Les deux auraient planifié et supervisé le massacre de 6000 Tutsis réfugiés à cet endroit le 16 avril 1994. Ils plaident non coupables. Au moment des faits, le pasteur Ntakirutimana était en charge de l'Eglise Adventiste au complexe de Mugonero, et son fils médecin au même endroit.

"Les accusés avaient l'intention de favoriser l’extermination des Tutsis", a souligné Stevens, ajoutant que le pasteur, qui avait trois véhicules à sa disposition, n'avait sauvé personne.

"Ces deux accusés ont incarné l'idéologie extrémiste du génocide qui a prévalu au Rwanda en 1994, que l'on peut qualifier de 'hutu power'", a relevé Philips-Adeogun.

Le génocide rwandais a coûté la vie à un million de personnes, selon un bilan établi récemment par le gouvernement de Kigali.

Le pasteur Ntakirutimana a été arrêté en 1996 aux Etats Unis, tandis que son fils a été appréhendé la même année en Côte d'Ivoire. Le père est défendu par l'ancien procureur général des Etats Unis, Me Ramsey Clark, et le fils par l'avocat canadien, Me David Jacobs.

La défense entame ses plaidoiries jeudi, pour contrer la preuve apportée par le parquet. Elle a clôturé la présentation de ses moyens de preuve le 10 mai
dernier, dans ce procès ouvert sur le fond le 18 septembre 2001.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges sud africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise, Andrésie Vaz.

GA/GF/FH (NK-0821a)


12 JUILLET 2002
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TPIR /NTAKIRUTIMANA

LES PLAIDOIRIES ONT ETE FIXEES LES 21 ET 22 AOÛT

Arusha, le 12 juiillet, 2002 (FH) - Les plaidoiries ont été fixées les 21 et 22 août dans le procès conjoint du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les débats ont été suspendus le 10 mai après que la défense eût terminé la présentation de ses moyens de preuve.

Elizaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et Gérard Ntakirutimana, médecin à cet endroit.
Les Ntakirutimana sont accusés de massacres de Tutsis à Mugonero et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.

Ce procès a commencé le 18 septembre 2001. Le parquet a présenté dix-neuf témoins, la défense vingt-quatre.

Le pasteur Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs.

Le parquet est quant à lui représenté par le Nigérian Charles Philips-Adeogun, le Tanzanien Wallace Kapaya, et l'Américaine Boi-Tia Stevens.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre, les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.

Les plaidoiries ont tout d'abord été annoncées pour mi-juillet. La chambre sera en vacances judiciaires de trois semaines dès le 17 juillet.
AT/DO/FH (NT-0712A )



10 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE PARQUET ACCUSE LE DR NTAKIRUTIMANA D'AVOIR REFUSE DES SOINS AUX TUTSIS


Arusha, 10 mai 2002 (FH) - Le parquet a accusé le Dr Gérard Ntakirutimana d'avoir refusé des soins aux malades Tutsis, lors de son contre-interrogatoire vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Coaccusé avec son père le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, le Dr Gérard Ntakirutimana témoigne depuis mercredi pour sa propre cause. Les Ntakirutimana sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.


Elizaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero et Gérard Ntakirutimana médecin à cet endroit. Le Dr Ntakirutimana a déclaré avoir cessé de travailler le 14 avril 1994, après qu'un gendarme l'eût informé qu'il n'était plus possible d'assurer la sécurité de l'hôpital, a-t-il dit. Des milliers de Tutsis qui s'étaient réfugiés à l'hôpital de Mugonero ont été massacrés le 16 avril 1994.


Le substitut nigérian du procureur, Charles Adeogun-Philips, a suggéré au Dr Ntakirutimana : "Vous avez abandonné votre poste parce que vous vouliez que l'on ne pense pas que vous vouliez aider les Tutsis à cette époque."


Le Dr Ntakirutimana a maintenu qu'il a cessé de travailler en raison de l'insécurité. "Nous aidons les gens quand c'est possible. Avec le cœur gros, quand ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer à travailler", a-t-il dit, ajoutant :"Je n'avais pas de choix".


Charles Adeogun-Philips a affirmé que le Dr Ntakirutimana avait été informé que l'hôpital allait être attaqué et avait décidé d'abandonner les blessés, en les laissant entre les mains des infirmiers tutsis menacés et de surcroît non qualifiés.


Le Dr Ntakirutimana a déclaré avoir quitté Mugonero le 16 avril 1994 pour s'installer au-lieu dit Gishyita, fuyant l'insécurité. Charles Adeogun-Philips a reconnu que l'accusé s'était certes installé à Gishyita mais a allégué qu'il s'était souvent rendu à Mugonero et Bisesero pour participer aux attaques contre des Tutsis. Le représentant du parquet a en outre indiqué que l'accusé avait souvent rencontré des personnalités locales impliquées dans des massacres.


Le procès des Ntakirutimana a commencé le 18 septembre 2001. Le parquet a présenté 19 témoins, la défense vingt-quatre. Le procès s'est déroulé devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre, les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz. Les débats ont été clôturés vendredi. Les plaidoiries ont été fixées à la mi-juillet.


AT/GF/FH (NT-0510A )




* 09 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE DR NTAKIRUTIMANA DECLARE AVOIR ETE TRES AFFECTE PAR LES EVENEMENTS DE 1994


Arusha, 9 mai 2002 (FH) - Le Dr Gérard Ntakirutimana a déclaré avoir été affecté par les massacres survenus au Rwanda en 1994, au cours de son témoignage jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le Dr Ntakirutimana dépose depuis mercredi pour sa propre défense. Il est coaccusé avec son père, le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, de génocide et de crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Les coaccusés plaident non coupables.

"Ce que je voudrais dire à la chambre, c'est que nous avons été très affectés par ce qui s'est passé au Rwanda pendant cette période entre avril et juin 1994", a indiqué Gérard Ntakirutimana, après avoir nié toute participation aux crimes allégués. "Nous avons été attristés par ce qui s'est passé, par les événements, et je voudrais saisir cette occasion pour demander à toutes les personnes de bonne volonté d'œuvrer pour la paix avant qu'il y ait des conflits armés", a-t-il poursuivi.

"Maintenant j'entends parler d'un projet de prévention des conflits. Moi aussi je me joins à ceux qui travaillent pour la prévention des conflits. Il faut que toute l'humanité s'engage afin d'éviter que des situations conflictuelles dégénèrent en violences. Et comme ça, on ne pourra pas avoir des situations tragiques comme celle qu'on a vécue au Rwanda en 1994", a-t-il conclu.


Le Dr Ntakirutimana a déclaré qu'il n'était coupable de rien. "Je suis innocent et je prie pour que l'on puisse effectivement constater mon innocence", a-t-il dit.
Interrogé sur l'état d'esprit de son père pendant cette période, le Dr Ntakirutimana a indiqué que "il était très triste comme tout le monde.[…] C'était très pénible pour nous tous et davantage pour mon père qui était malade et qui avait ce traumatisme psychique à cause des événements qui se passaient dans la région".

Le pasteur Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs. Les avocats plaident que les accusations retenues contre leurs clients n'ont aucun sens.

Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et composée en outre des juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz. Vendredi matin, Gérard Ntakirutimana sera contre-interrogé par le parquet. Les débats devraient être clôturés le même jour. Ce procès a été ouvert sur le fond le 18 septembre 2001.

AT/GF/FH (NT-0509A )



09 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE DR NTAKIRUTIMANA NIE AVOIR DISCRIMINE LES MALADES


Arusha, 9 mai 2002 (FH) - Le Dr Gérard Ntakirutimana a nié avoir discriminé les malades selon leur appartenance ethnique, lors de sa déposition jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Coaccusé avec son père le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, Gérard Ntakirutimana témoigne depuis mercredi soir pour sa propre défense.


Les coaccusés sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.


Elizaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero et responsable de la zone "Rwanda ouest" au sein de l'église adventiste. Le Dr Gérard Ntakirutimana était quant à lui médecin au complexe adventiste de Mugonero. Des témoins de l'accusation ont allégué que le Dr Ntakirutimana avait refusé de traiter des malades tutsis qui s'étaient réfugiés au complexe de Mugonero en avril 1994.


"Non je ne peux pas faire une chose pareille du tout", a déclaré Gérard Ntakirutimana, en réponse à ces allégations. "J'étais là pour soigner les gens. Tous ceux qui venaient vers moi. Tous ceux qui venaient demander mes services, je m'occupais d'eux. Je les aidais selon mes moyens; vraiment".


Le Dr Ntakirutimana a affirmé qu'à l'hôpital de Mugonero, on ne demandait pas aux malades de signaler leur groupe ethnique avant de les soigner.


Il a également indiqué qu'il avait arrêté de travailler à l'hôpital de Mugonero le 14 avril 1994, après qu'un gendarme l'eût informé qu'il ne pouvait plus assurer la sécurité du personnel.


Elizaphan Ntakirutimana et Gérard Ntakirutimana ont quitté Mugonero le 16 avril 1994 au matin.


Le complexe a été attaqué le 16 avril 1994 et plus de cinq mille Tutsis y ont été tués, selon le parquet. L'accusation allègue que les Ntakirutimana ont participé à cette attaque.


Le Dr Ntakirutimana a par ailleurs nié les accusations selon lesquelles il aurait demandé aux malades hutus de quitter l'hôpital de Mugonero, avant l'attaque.
Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs. Les avocats plaident que les charges retenues contre leurs clients n'ont aucun sens.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz. Les débats devraient être clôturés vendredi.

AT/GF/FH (NT-0509A )



08 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE DR NTAKIRUTIMANA TEMOIGNE POUR SA PROPRE CAUSE


Arusha, 8 mai 2002 (FH) - Le Dr Gérard Ntakirutimana a commencé à témoigner pour sa propre cause mercredi après midi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le témoignage du Dr Ntakirutimana est intervenu après celui de son père, le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, avec qui il est coaccusé.


Le parquet du TPIR les poursuit pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et les collines avoisinantes de Bisesero en 1994. Ils plaident non coupables.


Le Dr Gérard Ntakirutimana a indiqué, au début de sa déposition, qu'il a grandi à l'ombre de l'église adventiste. "Je suis né dans une famille de parents adventistes. Mon père travaillait effectivement pour l'église adventiste. Et ça faisait partie vie de notre vie quotidienne"


Elizaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero et responsable de la zone "Rwanda ouest" et Gérard Ntakirutimana, médecin à cet endroit.


Le Dr Ntakirutimana a fait ses études de médecine au Rwanda et aux Etats Unis. Il a déclaré qu'à la fin de son séjour en Amérique, son frère ainé, qui réside là-bas, lui avait conseillé de rester sur place pour gagner plus d'argent. Mais il avait choisi de regagner le Rwanda. "Je brûlais de rentrer chez moi pour aider mon peuple", a-t-il déclaré.


Le Dr Ntakirutimana a indiqué que lorsqu'il a demandé à être engagé comme médecin à l'hôpital de Mugonero, il a été séduit par la vision intégrée de la médecine qu'avait son directeur, un médecin expatrié, Oscar Jordano.


"Il voulait transformer la manière dont les gens étaient soignés, s'occuper de la promotion de la santé, de prévention… C'était un bon projet de médecine intégrée et j'étais intéressé", a-t-il expliqué.


Le témoin a ajouté que le Dr Jordano considérait "l'individu comme un tout", et disait que lorsque l'on se trouve en présence d'un malade, il faut certes le soigner mais également remonter jusqu'aux origines de son mal qui pouvaient être économiques, sociales, psychologiques ou autres.


Le Dr Ntakirutimana a servi à l'hôpital de Mugonero entre 1993 et 1994. Auparavant, il avait été enseignant à la faculté de médecine de l'Université nationale du Rwanda et au Centre universitaire de santé publique.


Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.


Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark et Gérard Ntakirutimana, par le Canadien Me David Jacobs. La déposition de Gérard Ntakirutimana se poursuit jeudi.


AT/GF/FH (NT-0508A )




07 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LA DEFENSE ESTIME QUE L'UN DES SES TEMOINS EST "EN DANGER"
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Arusha, 7 mai 2002 (FH) -La défense du pasteur Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé de génocide et de crimes contre l'humanité avec son fils le Dr Gérard Ntakirutimana, a demandé au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de recaser un témoin "en danger" au cours d'une requête plaidée mardi soir.

L'avocat américain Me Ramsey Clark, qui défend le pasteur Ntakirutimana, a soutenu que le témoin présenté sous le pseudonyme n° 5 pour protéger son identité ne pouvait pas retourner dans son pays d'accueil, craignant pour sa sécurité personnelle ainsi que celle de sa famille.


Entendu comme témoin à décharge la semaine dernière, il avait été accusé par le substitut nigérian du procureur, Charles Adeogun-Philips, d'avoir participé au génocide anti-tutsi de 1994. Le témoin avait répondu qu'il n'était nullement informé de telles allégations.


Me Clark a indiqué que les gens avaient su que ce témoin avait été mis en cause par le représentant du parquet, et a demandé au Tribunal de surseoir à son retour dans son pays d'accueil en attendant qu'on puisse évaluer la situation en matière de sécurité.


Le président de la chambre, le juge norvégien Erik Mose, a promis d'examiner la question au sortir de l'audience. Le juge Mose est assisté dans ce procès par les juges sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalise Andrésie Vaz.

Mardi, le Tribunal a entendu pour la deuxième journée consécutive le témoignage du pasteur Ntakirutimana. Il se défend contre des allégations de massacres perpétrés contre les Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Sa dépoisition se poursuivra mercredi.

AT/GF/FH (NT-0507B )



07 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE PASTEUR NTAKIRUTIMANA NIE AVOIR PARTICIPE AU GENOCIDE


Arusha, 7 mai 2002 (FH) - Le pasteur Elizaphan Ntakirutimana a nié avoir participé au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, au deuxième jour de son témoignage devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Coaccusé avec son fils le Dr Gérard Ntakirutimana de crimes commis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero, Elizaphan Ntakirutimana dépose pour sa propre défense.


Le pasteur Ntakirutimana a rejeté catégoriquement l'ensemble des allégations portées contre lui par le parquet, affirmant : "ces témoignages sont faux et je prends Dieu à témoin pour cela".


Le pasteur Ntakirutimana, qui s'exprimait dans sa langue maternelle le kinyarwanda, a ajouté que "leur plan était de ternir mon nom et de me traîner dans la merde".


Elizaphan Ntakirutimana a déclaré que les témoins du parquet "ont dit cela mais ce n'est pas vrai, car je n'étais pas là. Et puis dans les commandements de Dieu que je suis, il est dit : tu ne tueras point. Je ne peux pas tuer même un poulet, à fortiori un homme".

Le pasteur Ntakirutimana a affirmé qu'il a quitté Mugonero le 16 avril 1994 au matin et s'est réfugié au-lieu dit Gishyita, où il est resté pendant deux semaines en compagnie de sa famille.

Le parquet allègue qu'à cette date, les Ntakirutimana ont participé à l'attaque contre le complexe adventiste de Mugonero, où environ six mille personnes ont été tuées.

Elizaphan Ntakirutimana a par ailleurs nié s'être associé avec des politiciens ou avoir été complice des tueurs. "En agissant de la sorte, j'aurai contrevenu à la loi de Dieu et du pays", a-t-il dit.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée, dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose et comprenant par ailleurs les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.

Mardi soir, le procureur a entamé le contre-interrogatoire du pasteur Elizaphan Ntakirutimana. Il devrait le poursuivre mercredi.

AT/GF/FH (NT-0507A )



06 MAI 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE PASTEUR NTAKIRUTIMANA AFFIRME AVOIR DEMANDE VAINEMENT DE L'AIDE POUR LES REFUGIES TUTSIS


Arusha, 6 mai 2002 (FH) - Le pasteur Elizaphan Ntakirutimana a affirmé avoir demandé vainement assistance pour des Tutsis réfugiés au complexe adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) en avril 1994, lors de son témoignage lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Coaccusé avec son fils le Dr Gérard Ntakirutimana de génocide et de crimes contre l'humanité, Elizaphan Ntakirutimana témoigne pour sa propre défense.
Elizaphan Ntakirutimana a indiqué que le 15 avril 1994 au soir, des pasteurs tutsis réfugiés à Mugonero lui ont adressé une lettre en le priant d'intervenir en leur faveur auprès du maire de la localité, car ils avaient appris que : "demain nous allons mourir avec nos enfants. Et même nos familles".

"Cette lettre m'a accablé. Je ne savais pas comment me comporter. Et j'ai commencé à trembler. Je ne savais pas que le sort qui attendait ces personnes était celui-ci. Et cela ne s'était jamais produit au Rwanda", a expliqué le pasteur Ntakirutimana.

Elizaphan Ntakirutimana a rapporté que le matin du 16 avril 1994, en compagnie de Gérard Ntakirutimana, il est allé voir le maire et ce dernier lui a répondu: "Je ne peux rien faire. Il n'y a pas de gouvernement. Je n'ai pas de pouvoir."

Elizaphan Ntakirutimana est ensuite retourné à Mugonero et a écrit à son tour aux pasteurs menacés pour les informer que le maire "a catégoriquement refusé" de leur porter assistance et qu'il fallait s'en remettre au bon Dieu. "Je sais, que, vous les pasteurs, vous n'avez fait aucune faute et que vous êtes entre ses mains", a-t-il consigné dans sa lettre. L'ex-maire de Gishyita, Charles Sikubwabo, est recherché par le TPIR depuis 1995.

Des témoins de l'accusation ont allégué qu'Elizaphan Ntakirutimana n'avait rien fait pour sauver la vie des réfugiés.

Le complexe de Mugonero a été attaqué le 16 avril 1994 et environ six mille Tutsis y ont été tués, selon le parquet.

Le pasteur Ntakirutimana a affirmé qu'il a quitté Mugonero le jour de l'attaque après avoir été informé par un gendarme que "si vous ne quittez pas cet endroit, c'en est fait de vous".

Elizaphan Ntakirutimana a indiqué qu'il est parti avec Gérard Ntakirutimana et d'autres personnes. Le pasteur Ntakirutimana et Gérard Ntakirutimana sont accusés d'avoir participé personnellement à l'attaque du complexe de Mugonero.

Le témoignage d'Elizaphan Ntakirutimana se poursuivra mardi matin. Gérard Ntakirutimana devrait également témoigner pour sa propre défense.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise Andrésie Vaz.

AT/GF/FH (NT-0506B )



06 MAI 2002
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TPIR / Ntakirutimana

LE PASTEUR NTAKIRUTIMANA A COMMENCE A TEMOIGNER POUR SA PROPRE DEFENSE


Arusha, 6 mai 2002 (FH) - Le pasteur Elizaphan Ntakirutimana a commencé à témoigner pour sa propre défense lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Elizaphan Ntakirutimana est coaccusé avec son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana. Ils sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.


Elizaphan Ntakirutimana, 78 ans, était pasteur à l'église adventiste de Mugonero et Gérard Ntakirutimana, 45 ans, médecin au même endroit.

L'acte d'accusation indique que " le ou vers la matinée du 16 avril 1994 un convoi comprenant plusieurs véhicules suivi par un grand nombre de personnes portant des armes, est allé au complexe de Mugonero. Les personnes dans le convoi étaient, entre autres Elizaphan Ntakirutimana, Gérad Ntakirutimana et [l'ancien maire en fuite ]Charles Sikubwabo […] Les personnes du convoi […] ont participé à une attaque contre les hommes, les femmes et les enfants " qui s'y étaient abrités.

L'acte d'accusation ajoute que ceux qui ont survécu à cette attaque se sont réfugiés dans la région de Bisesero où ils ont été plus tard massacrés. Le parquet affirme que "à un moment pendant cette période, Elizaphan Ntakirutimana était à Murambi dans la région de Bisesero. Elizaphan Ntakirutimana est allé à une église à Murambi, où un grand nombre de Tutsis cherchaient à se mettre à l'abri des massacres en cours. Elizaphan Ntakirutimana a donné l'ordre de détruire le toit de cette église pour qu'il ne soit plus utilisé par les Tutsis comme une cachette".


La défense plaide que les charges retenues contre Elizaphan et Gérard Ntakirutimana n'ont aucun sens. Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs. Les avocats developpent une défense d'alibi.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges sud-africaine, Navanathem Pillay, et sénégalaise, Andrésie Vaz.

AT/GF/FH (NT-0506A )




30 AVRIL 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LES NTAKIRUTIMANA SONT ACCUSES INJUSTEMENT, SELON UN TEMOIN A DECHARGE


Arusha, 30 avril 2002 (FH) - Le pasteur Elisaphan Ntakirutimana et son fils le Dr Gérard Ntakirutimana sont accusés injustement, a affirmé un témoin de la défense mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Elisaphan et Gérard Ntakirutimana sont poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité portant sur des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans la région voisine de Bisesero. Ils plaident non coupables. Environ six mille personnes ont été tuées sur le seul site de Mugonero en 1994, allègue le parquet.


"Ce sont des personnes dont les leurs ont disparu. Ces personnes ont été touchées par la mort des leurs. Elles n'ont pas pu supporter la situation. Elles ont été dépassées par la situation et elles ont dit n'importe quoi", a déclaré en substance le vingtième et unième témoin de la défense, une femme dont le mari travaillait au complexe adventiste de Mugonero en 1994.


Elisaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero et le Dr Gérard médecin à cet endroit.


Au cours de sa déclaration liminaire à l'ouverture du procès le 18 septembre 2001, la défense a plaidé que les accusations portées contre les deux hommes n'ont aucun sens.


Elisaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs.


Le témoin précédent avait allégué qu'un groupe de rescapés du génocide aurait entraîné et encouragé des gens à porter de faux témoignages contre "des personnes dont ils n'étaient pas contents", faisant notamment référence aux coaccusés.


"Quand j'ai entendu cela, j''étais surprise, J'étais étonné, choquée. J'ai vu qu'il y a des gens qui osent. J'ai compris que des personnes peuvent dire des choses impossibles", a fait remarquer le vingt et unième témoin de la défense, qui s'exprimait en sa langue maternelle, le kinyarwanda.


Le témoin a décrit le pasteur Elisaphan Ntakirutimana, 78 ans, comme un homme âgé et respectable qui " ne pouvait courir avec des voyous" pour tuer des gens. Le Dr Ntakirutimana, 45 ans, a de son côté été présenté "comme un homme très humble, très abordable, qui compatissait avec d'autres".


Lors de la déclaration liminaire, Me Clark avait déclaré que le pasteur Elisaphan Ntakirutimana "s'impliquait à sauver des âmes, comme Gérard Ntakirutimana était impliqué dans le soin aux malades".


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.


Le juge Mose sera absent à la reprise des débats jeudi et la journée suivante. Le procès se poursuivra néanmoins devant ses deux pairs. Le règlement du TPIR permet que les audiences ne soient pas interrompues lorsqu'un des juges de la chambre doit s'absenter pour une période n'excédant pas cinq jours.

AT/GF/FH (NT-0430A )


* 29 AVRIL 2002
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TPIR /NTAKIRUTIMANA

DES RESCAPES AURAIENT ENCOURAGE DES GENS A PORTER DE FAUX TEMOIGNAGES, SELON UN TEMOIN A DECHARGE


Arusha, 29 avril 2002 (FH) - Un groupe de rescapés du génocide aurait entraîné et encouragé des gens à porter de faux témoignages contre "des personnes dont ils n'étaient pas contents", a déclaré un témoin de la défense, lundi, dans le procès d'un pasteur coaccusé avec son fils, en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


"Un de mes amis a été battu parce qu'il avait refusé de témoigner contre Gérard Ntakirutimana", a affirmé le vingtième témoin à décharge, désigné sous le pseudonyme "n° 6" pour protéger son identité.


Elisaphan Ntakirutimana, 78 ans, était pasteur à l'église adventiste de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et son fils Gérard Ntakirutimana, 45 ans, médecin à cet endroit. Ils sont poursuivis conjointement pour des massacres de Tutsis à Mugonero et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables. Le parquet allègue qu'environ six mille Tutsis ont été tués au complexe adventiste de Mugonero en 1994.


Le vingtième témoin de la défense a indiqué qu'il a fui le Rwanda en 1995, sur conseil d'un soldat. Le témoin a déclaré qu'il a assisté à des réunions publiques au cours desquelles les autorités appelaient des gens à témoigner contre d'autres. "Les listes des gens à accuser étaient élaborées dans des réunions", a-t-il dit. De telles réunions ont été organisées à Kibuye en 1994 et 1995, selon lui.


Le témoin a ajouté que certaines personnalités officielles en provenance de Kigali sont venues à Kibuye tenir des réunions secrètes avec des rescapés du génocide. "Après qu'ils aient bu de la bière, des participants à ces réunions nous menaçaient et nous parlaient de leurs plans", a-t-expliqué. Parmi les personnalités qui auraient participé à ces réunions le témoin a cité l'ancien responsable de la principale association de survivants du génocide Ibuka, Josué Kayijaho, ainsi que le frère de ce dernier, également membre fondateur d'Ibuka, Assiel Kabera. Kabera, à un moment donné, a été nommé préfet de Kibuye.
A une occasion, un homme qui avait bu aurait déclaré au témoin : "Si vous ne me donnez pas de l'argent, je vais vous réserver le même traitement que celui que je vais réserver au vieil homme". Le témoin a dit que par "vieil homme", il voulait parler du pasteur Ntakirutimana.


Lors de sa déclaration liminaire à l'ouverture du procès des Ntakirutimana, la défense a soutenu qu'il existait un "syndicat de délateurs" entretenu par Ibuka et visant à accuser faussement les Hutus de crimes de génocide.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise, Andrésie Vaz. La déposition de ce témoin se poursuit mardi. Il sera contre-interrogé par le parquet.


Elisaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par un confrère canadien, Me David Jacobs. Le parquet est représenté dans cette affaire par le Nigérian Charles Adeogun-Philips, le Tanzanien Wallace Kapaya et l'Américaine Boi-Tia Stevens.


GG/AT/GF/FH (NT-0429A )




24 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

UN EX-EMPLOYE A L'HOPITAL DE MUGONERO TEMOIGNE EN FAVEUR DES ACCUSES

Arusha, 24 avril 2002 (FH) - Un ex-employé à l'hôpital de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) a témoigné mercredi en faveur du pasteur Elisaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, coaccusés de génocide et de crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Elisaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero, et le Dr Gérard Ntakirutimana médecin à l'hôpital du lieu. Désigné par le chiffre n° 6 pour protéger son anonymat, le dix-septième témoin de la défense a affirmé que les coaccusés n'ont pas participé aux massacres de Tutsis dans cette région comme l'allègue le procureur.

Le témoin a expliqué que le pasteur Ntakirutimana et son fils n'ont jamais possédé une arme ni collaboré avec des individus armés. Environ six mille Tutsis ont été tués à Mugonero en avril 1994, estime le procureur. Les accusés sont également poursuivis pour des massacres perpétrés dans les collines avoisinantes de Bisesero.

La déposition de ce témoin a corroboré celles de ceux qui l'ont précédé, notamment le seizième témoin de la défense qui a été entendu mardi et, brièvement, mercredi matin. Elisaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs. Les accusés développent une défense d'alibi. Ils déposeront eux-mêmes pour leur propre défense.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise Andrésie Vaz. Les débats devraient être clôturés le 10 mai.

AT/GF/FH(NT-0424A)



22 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LES ACCUSES NE SE TROUVAIENT PAS SUR UN SITE DE MASSACRE, SELON UN TEMOIN


Arusha, le 22 avril 2002 (FH)- Le pasteur Elisaphan Ntakirutimana et son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, ne se trouvaient pas à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) au moment des massacres qui leur sont reprochés, a affirmé un témoin de la défense, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le quinzième témoin de la défense a indiqué que les Ntakirutimana se trouvaient au lieu-dit Gishyita plutôt qu'à Mugonero, le 16 avril 1994, lorsque des milliers de Tutsis ont été tués, selon le parquet. Le parquet affirme que le 16 avril 1994, Elisphan et Gérard Ntakirutimana ont pris part à une attaque dirigée contre le complexe de Mugonero, aux côtés des militaires, des gendarmes, des policiers communaux et des milices civiles. Le complexe de Mugonero comprend notamment une église adventiste dont le pasteur Ntakirutimana était responsable et un hôpital dans lequel travaillait son fils.

Plusieurs témoins de la défense ont déjà fourni un alibi aux accusés, tandis que ceux de l'accusation ont évoqué leur présence à Mugonero et dans
les collines avoisanantes de Bisesero les jours qui ont suivi. Ancien étudiant à l'Université nationale du Rwanda à Butare (sud du pays), le quinzième témoin dev la défense a rejoint Mugonero, sa région natale, au mois de mai 1994, a-t-il dit. Il a expliqué que ses parents se trouvaient à Gishyita au même endroit et au même moment que les accusés.
Le témoin a par ailleurs déclaré qu'au cours du mois de mai et de juin 1994, il n'a jamais vu, ni entendu dire que les accusés avaient participé à
une attaque contre les Tutsis réfugiés à Bisesero. Le témoin a indiqué que le Dr Ntakirutimana était un bon chrétien et que son père, le pasteur, n'avait jamais pratiqué la discrimination ethnique dans son église.

Le témoin a ajouté que les accusés ne faisaient pas de politique ni ne ne s'étaient associés à des individus armés.

La déposition de ce témoin se poursuivra mardi matin. Son témoignage a commencé avec quelques heures de retard lundi en fin de matinée, en raison
d'un problème de santé.

AT/GF/FH(NT-0422A)




17 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LES ACCUSES TEMOIGNERONT POUR LEUR PROPRE DEFENSE

Arusha, 17 avril 2002 (FH) - Le pasteur Elisaphan Ntakirutimana et son fils le Dr Gérard Ntakirutimana coaccusés de génocide et de crimes contre l'humanité témoigneront pour leur propre défense, a-t-on appris mercredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat américain Me Ramsey Clark, qui défend le pasteur Ntakirutimana, a déclaré que les coaccusés sont parmi les témoins de la défense attendus
avant la clôture des débats, prévue le 10 mai prochain.La défense avait initialement annoncé trente-quatre témoins mais il apparaît clairement qu'elle a revu sa liste à la baisse.

Mercredi, les avocats ont par exemple renoncé à citer un témoin désigné par le code "n° 34", estimant que sa déposition pourrait être redondante par rapport à celles qui ont été entendues jusqu'aujourd'hui.

La défense vient de faire comparaître quatorze témoins depuis qu'elle a commencé à présenter ses moyens de preuve le 5 février dernier. Elisaphan Ntakirutimana (78 ans) et Gérard Ntakirutimana (45 ans) sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables. Gérard Ntakirutimana est représenté par l'avocat canadien Me David Jacobs.

La plupart des accusés qui ont été jugés par le TPIR ont témoigné pour leur propre défense. Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidéé, dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise Andrésie Vaz.

AT/GF/FH (NT-0417b)



17 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LES DEBATS DU PROCES NTAKIRUTIMANA DEVRAIENT ETRE CLÔTURES LE 10 MAI

Arusha, 17 avril 2001 (FH) - Les débats devraient être clôturés le 10 mai prochain dans le procès conjoint du pasteur adventiste Elisaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ouvert sur le fond le 18 septembre 2001, le procès en est aujourd'hui au stade de la présentation des moyens de défense. Mercredi, la chambre entendait la déposition du quatorzième témoin à décharge. Les débats ont néanmoins été suspendus jusqu'à lundi prochain, la défense ayant déclaré que ses témoins suivants avaient eu des difficultés à voyager.

Elisaphan et Gérard Ntakirutimana sont accusés de massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero, entre avril et juillet 1994. Ils plaident non coupables. La défense devrait citer trente-quatre témoins dans ce procès.


Elisaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien Me David Jacobs. Le parquet est représenté par le Nigérian Charles Adeogun-Philips, le Tanzanien Wallace Kapaya et l'Américaine Boi-Tia Stevens.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée, dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.
AT/GF/FH(NT-0417a)


17 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LE DR NTAKIRUTIMANA N'A JAMAIS DISCRIMINE LES MALADES, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arusha, 16 avril 2002 (FH) - Le Dr Gérard Ntakirutimana n'a jamais discriminé les malades selon leur ethnie, a affirmé un témoin de la défense mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Gérard Ntakirutimana est coaccusé avec son père, le pasteur Elisaphan Ntakirutimana, de génocide et de crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.


Désigné par le chiffre "n° 32" pour protéger son anonymat, le quatorzième témoin de la défense travaillait à l'hôpital de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) avec le Dr Ntakirutimana.

Un témoin de l'accusation entendu le 28 septembre 2001 avait allégué qu'après la mort de l'ex-président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, "lorsque les blessés ont commencé à affluer en provenance des communes où il y avait des violences, il [le Dr Ntakirutimana] a arrêté les travaux et a fermé la chirurgie en déclarant qu'il n'avait plus d'outils nécessaires pour soigner les Tutsis".

Le témoin en question est une femme tutsie qui était infirmière à l'hôpital de Mugonero en 1994.Selon elle, seuls les infirmiers ont continué à s'occuper des malades, après que le Dr Ntakirutimana ait cessé le travail.

Mardi, le quatorzième témoin de la défense a déclaré que "que ce soit avant la mort de Habyarimana ou après, nous n'avons jamais soigné les malades selon leur groupe ethnique".

Le témoin a expliqué que "le Dr Gérard ne s'est jamais occupé des malades de cette façon-là. Il soignait les malades de la même manière". La déposition de ce témoin vient corroborrer celle du cinquième témoin à décharge qui, le 12 février dernier, avait déclaré que, "personne ne s'est plaint de la négligence du docteur vis-à-vis des malades. Et je n'ai jamais vu une telle situation".

Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sénégalaise Andrésie Vaz et sud-africaine, Navanethem Pillay.

Le Dr Ntakirutimana est défendu par l'avocat canadien, Me David Jacobs, et le pasteur Ntakirutimana par l'avocat américain, Me Ramsey Clark. La défense entend citer une trentaine de témoins.

AT/GF/FH (NT-0416A )



15 AVRIL 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

LE PASTEUR ADVENTISTE NTAKIRUTIMANA A ETE ACCUSE FAUSSEMENT, SELON UN TEMOIN


Arusha, 15 avril 2002 (FH) - Le treizième témoin de la défense dans le procès du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et de son fils le Dr Gérard Ntakirutimana a déclaré, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), que le pasteur était accusé faussement, qu’il n'avait pas pu participer au génocide de 1994.

Le témoin, Pasteur Merle Mills, est un Américain qui a été président de la division transfricaine au sein de l'église adventiste de 1966 à 1980, et qui a eu l’occasion de travailler avec le pasteur Ntakirutimana. «Quand j’ai entendu cela, j’ai senti moi-même qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas ici, et que cet homme devait avoir été faussement accusé» a dit le témoin.

Le pasteur Mills estime que compte tenu de son caractère, Ntakirutimana ne pouvait pas avoir été impliqué dans aucune sorte de violence ni de discrimination ethnique.

«Je n’ai jamais entendu de rapport de discrimination de sa part, au contraire les gens avaient de l’estime pour lui», a dit le témoin. «Il ne se mêlait pas de politique, sinon je n’aurais pas permis qu’il continue d'occuper son poste», a-t-il ajouté, expliquant qu’il avait du limoger un pasteur burundais qui s’impliquait dans la politique.

Le pasteur Ntakirutimana a occupé le poste de vérificateur des comptes de l’église adventiste au Rwanda-Burundi, et ce poste ne pouvait être occupé que par des hommes intègres, a expliqué le pasteur Mills. Au cours du contre-interrogatoire, le substitut nigérian du parquet, Charles Adeogun- Phillips, a fait valoir que le site de l’église adventiste de Mugonero dont était responsable Elizaphan Ntakirutimana compte environ cinq mille victimes. «Je connais cette église, et je ne pense pas qu’elle ait pu contenir cinq mille personnes. J’estime qu’on exagère les chiffres» a répondu Mills. «Ce que je sais, c’est que quand le président de l’Eglise adventiste a visité le Rwanda, il n’a pas essayé de couvrir les crimes commis par les membres de l’église, mais qu’il a donné un message de paix» a-t-il ajouté.

Le pasteur Merle Mills a déposé après l’audition du douzième témoin de la défense, qui a été entendu entièrement à huis clos. Le procès se poursuivra mardi avec l’audition du quatorzième témoin.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance, présidée dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les
juges, sud- africaine Navanethem Pillay, et sénégalaise Andrésie Vaz.

BN/GF/FH(NT-0415A)


12 AVRIL 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

L'EPOUSE DU DR NTAKIRUTIMANA TEMOIGNE EN FAVEUR DE SON MARI ET DE SON BEAU-PERE


Arusha, 12 avril 2002 (FH) - L'épouse de l'ancien médecin à l'hôpital de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda), le Dr Gérard Ntakirutimana, a témoigné en faveur de son mari et de son beau-père, le pasteur Elisaphan Ntakirutimana, coaccusés de génocide et de crimes contre l'humanité devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Mme Anne Nzabumunyurwa Ntakirutimana a déclaré que les accusés n'ont pas participé aux massacres de Tutsis à Mugonero et dans les collines avoisinantes de Bisesero, comme l'allègue le parquet.


L'épouse du Dr Gérard Ntakirutimana a affirmé que les accusés n'ont jamais porté une arme ou adhéré à un parti politique. "Quand on est adventiste pratiquant, on ne fait pas de la politique", a indiqué le témoin, qui a comparu jeudi et vendredi.


Mme Nzabumunyurwa Ntakirutimana a par ailleurs affirmé que son mari et son beau-père n'avaient pas d'affinités avec les hommes politiques. Le parquet allègue qu'ils ont agi de concert avec certains responsables locaux pour commettre le génociode anti-tutsi et les massacres d'opposants.


Le témoignage de l'épouse du Dr Ntakirutimana a suivi celui de sa belle-mère, Mme Royizi Nyirahakizimana, la femme du pasteur.

Selon Mme Royizi Nyirahakizimana, les Ntakirutimana ont quitté leur domicile de Mugonero le 16 avril 1994, en raison de l'insécurité qui sévissait dans la localité.
Le parquet allègue que Ntakirutimana père et fils ont notamment participé aux massacres de Tutsis à Mugonero, le 16 avril 1994. Mme Royizi Nyirahakizimana Ntakirutimana a indiqué que toute sa famille a été absente de Mugonero pendant deux semaines à partir du 16 avril 1994. L'épouse du Dr Gérard Ntakirutimana a fait le même témoignage.


Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.

Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs.

AT/GF/FH (nt-0412a )



10 AVRIL 2002
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TPIR /NTAKIRUTIMANA

MME NTAKIRUTIMANA FOURNIT UN ALIBI AUX ACCUSES


Arusha, 10 avril 2002 (FH) - L'épouse du pasteur Elizaphan Ntakirutimana a fourni un alibi à son mari ainsi qu'à son fils, à la reprise de leur procès mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Elizaphan Ntakirutimana est coaccusé avec un de ses fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, de génocide et de crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.


Le témoin a affirmé que les Ntakirutimana ont quitté leur domicile de Mugonero (préfecture Kibuye, ouest du Rwanda) le 16 avril 1994, en raison de l'insécurité qui sévissait dans la localité.


Le parquet allègue que Ntakirutimana père et fils ont notamment participé aux massacres de Tutsis à Mugonero, le 16 avril 1994.


Mme Ntakirutimana a indiqué que toute sa famille a été absente de Mugonero pendant deux semaines à partir du 16 avril 1994.


L'épouse de Ntakirutimana est le dixième témoin de la défense dans ce procès ouvert sur le fond le 18 septembre 2001.


La déposition de Mme Ntakirutimana corrobore celle du troisième témoin de la défense entendu au mois de février. Ce dernier a rapporté qu'il vivait avec les Ntakirutimana durant les deux semaines qu'ils ont passées hors de Mugonero. "Je les voyais tous les jours, nous étions tout le temps ensemble[..] Je ne les ai jamais vu quitter cet endroit", avait déclaré le troisième témoin.


Mme Ntakirutimana a quant à elle indiqué que le Dr Gérard Ntakirutimana avait quitté ce lieu de refuge au moins une fois pour chercher de la nourriture.


Mme Ntakirutimana est le second membre de la famille des accusés qui dépose dans ce procès en leur faveur. Le premier à le faire a été Jérôme Nataki, un autre fils du pasteur qui a été entendu également au mois de février. Tout comme les autres témoins de la défense, Mme Ntakirutimana a indiqué que son mari n'avait jamais possédé une arme, ni ne s'était trouvé en compagnie d'individus armés. Mme Ntakirutimana a ajouté que son mari n'avait pas d'activités politiques ni de lien avec les hommes politiques.


Mme Ntakirutimana a affirmé que le pasteur avait repris son travail à Mugonero au mois de mai 1994, et qu'il ne s'était rendu nulle part ailleurs.


Le parquet allègue qu'au mois de mai et de juin 1994, il a participé à des massacres de Tutsis dans la région de Bisesero, voisine de Mugonero.


L'épouse de Ntakirutimana a notamment indiqué que son mari était une personne maladive, qui prenait des médicaments plusieurs fois par jour.


Le procès des Ntakirutimana avait été suspendu mi-février dernier. Il se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanethem Pillay et sénégalaise Andrésie Vaz.


Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs.

AT/GF/FH (nt-0410a )




15 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE PROCES NTAKIRUTIMANA SUSPENDU JUSQU'EN AVRIL

Arusha, 15 février 2002 (FH) - Le procès du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, a été suspendu jusqu'au mois d'avril, a-t-on appris vendredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). La date exacte de la reprise de ce procès n'a pas été communiquée. Des sources ont cependant indiqué à l'agence Hirondelle que ce pourrait être le 2 ou le 9 avril.

La session qui s'achève avait commencé le 4 février, avec la comparution du premier témoin de la défense. Au total, le Tribunal a entendu neuf témoins de la défense au cours de cette session.

Les Ntakirutimana sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinnantes de Bisesero. Ils plaident non coupables. Les témoins à décharge ont indiqué que les accusés ne se trouvaient pas sur les lieux des crimes allégués.


Gérard Ntakirutimana est défendu par l'avocat canadien, Me David Jacobs, Elizaphan Ntakirutimana, par l'Américain, Me Ramsey Clark.

Ce procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sénégalaise Andrésie Vaz et sud-africaine, Navanethem Pillay.

Le juge Mose s'est félicité qu'au cours de la présente session, il y ait eu une traduction simultanée des débats du kinyarwanda dans les langues officielles du Tribunal, le français et l'anglais. Dans les deux autres chambres de première instance, on utilise encore la "traduction consécutive". Le juge Mose a indiqué que ce "modèle pilote" avait permis d'accélérer les travaux de la cour.

Le procès des Ntakirutimana alterne avec celui des anciens responsables des médias, qui reprend lundi prochain. Le témoin attendu devrait déposer par vidéo-conférence à partir de La Haye, siège du Tribunal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie.


AT/GF/FH (NT-0215A )



12 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE DR NTAKIRUTIMANA N'A PAS NEGLIGE SES PATIENTS TUTSIS, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE


Arusha, 12 février 2002 (FH) - Le Dr Gérard Ntakirutimana, ancien médecin à l'hôpital de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda), n'a pas négligé ses patients tutsis en avril 1994, a affirmé un témoin de la défense, mardi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le Dr Gérard Ntakirutimana est coaccusé avec son père, le pasteur Elizaphan Ntakirutimana, de génocide et de crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.Gérard Ntakirutimana était resté en charge de l'hôpital de Mugonero après l'évacuation de son directeur expatrié au lendemain de l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

"Personne ne s'est plaint de la négligence du docteur vis-à-vis des malades. Et je n'ai jamais vu une telle situation", a dit le cinquième témoin de la défense, désigné par le chiffre "n° 7" pour protéger son anonymat. Un témoin du parquet avait allégué, en septembre dernier, que Gérard Ntakirutimana avait refusé de soigner les Tutsis qui s'étaient réfugiés à l'hôpital de Mugonero en avril 1994. La plupart d'entre eux y avaient été tués le 16 avril 1994.

Le témoin de la défense, à l'époque employée de l'hôpital de Mugonero, a par ailleurs démenti des allégations selon lesquelles Gérard Ntakirutimana aurait demandé aux malades hutus de quitter l'hôpital avant ce massacre.

Un témoin précédent a affirmé que les Ntakirutimana, craignant pour leur sécurité, avaient quitté Mugonero le matin du 16 avril 1994 pour s'installer à Gishyita, "à trente minutes de route" de là, jusqu'à la fin du mois.

Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sénégalaise Andrésie Vaz et sud-africaine, Navanethem Pillay. Le Dr Ntakirutimana est défendu par l'avocat canadien, Me David Jacobs, et le pasteur Ntakirutimana par l'avocat américain, Me Ramsey Clark. La défense entend citer trente-quatre témoins dans cette affaire.

AT/GF/FH (NT-0212A )


11 FEVRIER 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

UN PRETRE BELGE DEFEND L'EGLISE DANS LE PROCES D'UN PASTEUR


Arusha, 11 février 2002 (FH) - Un prêtre belge, le père Serge Desouter, a défendu l'église dans le procès du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé de génocide avec son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). "Je ne peux pas accepter qu'on dise que l'église n'a rien dit", a déclaré le prêtre belge, ajoutant que le processus de paix au Rwanda était "la priorité primaire" pour l'église.

Un témoin expert cité par l'accusation , le journaliste canadien, Hugh McCullum, avait affirmé que les églises avaient joué un rôle dans la planification et l'exécution du génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants au Rwanda en 1994. "Toutes les églises confondues étaient derrière les accords d'Arusha. Si les accords d'Arusha sont mauvais ou pas, je ne peux pas le dire", mais on considérait que c'était une solution contre la violence, a dit le témoin.

Le père Desouter a travaillé au Rwanda pendant dix-huit ans, en tant que missionnaire et agent de développement. Il a quitté ce pays en 1986. Le père Desouter a expliqué que l'église s'était activement engagée dans le processus de paix au Rwanda dès janvier 1992, en créant une commission composée de dix personnes représentant la hiérarchie catholique et protestantante. "On s'est inquiété de l'évolution dans le pays et on a plaidé pour la paix, pour l'arrêt des agressions de tous côtés, pour demander au gouvernement et au FPR [Front patriotique rwandais] de négocier", a dit le père Desouter. Le témoin a ajouté que les représentants de l'église avaient écrit plusieurs lettres aux ambassadeurs accrédités à Kigali ainsi qu'au président du Rwanda pour insister sur l'application des accords de paix signés à Arusha en 1993.


Le prêtre belge a indiqué que la guerre qui a commencé en 1990 avait été "une catastrophe" : "on a introduit d'une façon extrême l'élément ethnie dans la politique et les armes, et ces éléments ont été néfastes pour le Rwanda". "Il n'y avait aucune raison pour faire la guerre au Rwanda. En 1989, on était très proche d'une solution négociée pour le problème de réfugiés rwandais en Ouganda", a-t-il dit.

Le témoin a également évoqué l'assasinat du président hutu burundais, Melchior Ndadaye, par des militaires tutsis en octobre 1993, indiquant que cela a eu un impact sur le Rwanda voisin."Le Rwanda et le Burundi se regardaient", a-t-il dit. Parlant des massacres qui ont suivi l'attentat contre l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, le témoin a déclaré qu'au niveau de l'église,"nous avons fait beaucoup pour arrêter les violences". Le père Desouter a indiqué qu'il avait écrit personnellement au Roi des Belges pour lui demander pourquoi Bruxelles avait retiré ses troupes du Rwanda en 1994 et interpellé à ce sujet le ministre belge des affaires étrangères dans un débat à la télévision. La Belgique était présente à Kigali dans le cadre d'une mission onusienne d'assistance au processus de paix.

Le témoin a souligné que des hommes d'église ne pouvaient pas arrêter les massacres, après le départ des grandes puissances."Comment voulez vous qu'on ait pu, avec la bible devant nous, arrêter des bandes de voyous qui venaient tuer les gens?", a-t-il demandé. Le père Desouter a indiqué qu'il ne connaissait personnellement le pasteur Ntakirutimana.

Ordonné prêtre en 1968, le père Desouter a été notamment président du comité des instituts missionnaires belges et délégué de l'Association internationale pour le développement rural (AIDR), une ONG belge qui s'est occupée surtout des programmes d'adduction d'eau potable au Rwanda. Il est membre de la société des pères blancs.

Le père Desouter a indiqué qu'en devenant missionnaire, "je voulais faire de ma vie quelque chose de moins banale pour les jours qui me restaient". Le témoin a déclaré que pendant la vie missionnaire, "Ce qui nous intéressait, c'était d'avoir des gens dynamiques prêts à construire la communauté". Certaines personnes allèguent que l'église a exacerbé les tensions entre les Hutus et les Tutsis du Rwanda.
AT/GF/FH(NT-0211A)



08 FEVRIER 2002
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TPIR /NTAKIRUTIMANA

LE FPR DEVRAIT ACCEPTER SA RESPONSABILITE DANS LE GENOCIDE, SELON TWAGIRAMUNGU


Arusha, 8 février 2002 (FH) - Le Front patriotique rwandais (FPR), actuellement au pouvoir à Kigali, devrait accepter sa responsabilité dans le génocide de 1994, a déclaré l'ancien premier rwandais, Faustin Twagiramungu, au cours d'une interview accordée à l'agence Hirondelle.


"Je crois que nous avons tous des responsabilités dans ce qui s'est passé au Rwanda. Il faudrait que le FPR accepte aussi qu'il a commis des crimes, et qu'il a tué des Rwandais, si même il ne veut pas avouer qu'il a tué des Hutus."


L'ancien premier ministre s'exprimait au terme de sa déposition devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), en tant que témoin de la défense dans le procès du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé de génocide avec un de ses fils.


Faustin Twagiramungu, un Hutu modéré, dirigeait avant 1994 le Mouvement démocratique républicain (MDR), un parti d'opposition à l'ex-président Juvénal Habyarimana. Premier ministre désigné au terme des accords de paix signés à Arusha en août 1993, il n'était cependant devenu chef du gouvernement qu'après la victoire du FPR qui avait mis fin au génocide, en juillet 1994. Par la suite, il avait démissionné de son poste après avoir dénoncé des atrocités commises par l'armée à l'encontre des civils.



"Préparation mais pas planification"


Faustin Twagiramungu a déclaré devant le TPIR qu'il croyait que des extrémistes hutus membres de l'ancien régime rwandais avaient fait des préparatifs en vue d'éliminer des membres de l'opposition, Hutus et Tutsis confondus, mais qu'ils n'avaient pas planifié le génocide, déclenché par l'attentat contre l'avion qui transportait l'ex-président Habyarimana et son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira.


"Il y a eu une préparation psychologique, quand les gens disaient "Tuzabatsemba tsemba", c'est-à-dire "nous allons exterminer tous ceux qui s'opposent au pouvoir du président Habyarimana". [...] Est-ce que ce plan a été mis à exécution parce qu'il y a eu l'assassinat du président Habyarimana et de ses collaborateurs ? Si oui, cela signifierait que les gens ayant conçu ce plan sont les mêmes que ceux qui ont abattu l'avion. Or, il est prouvé aujourd'hui que ce ne sont pas, malheureusement, eux qui l'auraient fait. Je dis alors qu'il faut absolument revoir ce que les gens ont déclaré, et que pour les Rwandais il faut absolument que l'on essaie de réécrire notre propre histoire." Faustin Twagiramungu, dans son témoignage devant la Cour, a indiqué qu'il suspectait le FPR d'avoir commis cet attentat.


Il a déclaré à l'agence Hirondelle que même si les extrémistes hutus n'avaient pas planifié le génocide du 6 avril 1994, cela ne signifiait pas qu'il ait été "spontané". L'ancien premier ministre a expliqué qu'il n'avait jamais nié que les massacres aient été dirigés par des membres de l'ex-armée à dominante hutue et du gouvernement intérimaire. "C'est pourquoi j'ai bien précisé que le gouvernement Kambanda doit assumer ses responsabilités. Des gens ont dirigé les tueries. Si l'on prétend qu'il y a un gouvernement, et que les gens s'entre-tuent sans que ce gouvernement ne les arrête, ou pire qu'il encourage les tueries afin de stopper le FPR, il faut que les membres de ce gouvernement assument. Je pense que je suis très précis sur cette question."

Jean Kambanda était premier ministre sous le gouvernement intérimaire mis en place le 9 avril 1994. Il a été condamné à l'emprisonnement à vie par le TPIR, après avoir plaidé coupable pour génocide et crimes contre l'humanité.


Pas seulement un génocide tutsi


Faustin Twagiramungu a par ailleurs déclaré devant la Cour qu'il n'était pas d'accord pour dire que le génocide était dirigé contre les Tutsis seulement. Il a affirmé que tous les opposants au régime Habyarimana étaient ciblés, que des Hutus étaient également morts et que cela devait être reconnu. "On dit dans la presse, et dans certains livres, qu'il y a eu planification pour exterminer les Tutsis. J'ai bien précisé hier qu'il y avait eu un génocide des Tutsis et des gens de l'opposition. Sur des millions de Rwandais dans l'opposition, tous n'étaient pas Tutsis."

Il a regretté qu'il n'y ait jamais eu une enquête fiable sur le nombre des victimes. "Je n'accepterai jamais qu'on me dise qu'il y a eu un génocide des Tutsis uniquement, ce serait une trahison contre mes frères, et contre tous les autres Rwandais qui étaient avec moi, dans mon parti, ou dans d'autres partis et qui ont péri sous les machettes ou sous les houes de tous ces tueurs."


Interviewé par le procureur


Ayant témoigné pour la première fois pour la défense, Hirondelle à demandé à Faustin Twagiramungu s'il était également disposé à déposer pour la poursuite dans une autre affaire. Il a expliqué avoir déjà rencontré des membres du parquet, mais a déploré le manque de confidentialité au bureau du procureur. "En l'an 2000, j'ai rencontré une commission envoyée par le bureau du procureur et j'ai été interviewé pendant six heures, puis j'ai signé un document qui a été exhibé hier devant le Tribunal, afin d'essayer de relever des contradictions entre mes témoignages, ce qui ne s'est pas produit". J'ai regretté que ce document ait été distribué bien avant, il y a au moins six mois de ça. Le document circulait en effet en Belgique.… Je regrette le manque de confidentialité du bureau du procureur., a-t-il indiqué.

"Si aujourd'hui je suis venu ici, et qu'en l'an 2000 j'ai répondu aux questions du bureau du procureur, je ne vois pas pourquoi je ne répondrai pas à une invitation du procureur".

JC/AT/GF/FH (NT_0208A)



07 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LES NTAKIRUTIMANA N'ETAIENT PAS A MUGONERO AU MOMENT DES MASSACRES, SELON UN TEMOIN


Arusha, 7 février 2002 (FH) - Le pasteur Elizaphan Ntakirutimana et son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, n'étaient pas à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) au moment où des massacres pour lesquels ils sont poursuivis étaient commis, a affirmé un témoin de la défense, jeudi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le troisième témoin à décharge dans ce procès pour génocide et crimes contre l'humanité a indiqué que les accusés se trouvaient à Gishyita, à trente minutes de route de Mugonero, le 16 avril 1994.

Le parquet allègue que "le ou vers la matinée du 16 avril 1994, un convoi comprenant plusieurs véhicules suivi par un grand nombre de personnes portant des armes est allé au complexe de Mugonero. Les personnes dans le convoi étaient, entre autres, Elizaphan Ntakirutimana, Gérard Ntakirutimana et [l'ancien maire en fuite ] Charles Sikubwabo [..] Les personnes du convoi [..] ont participé à une attaque contre les hommes, les femmes et les enfants" qui s'y étaient abrités.
Or, le témoin a déclaré que les accusés ont quitté Mugonero le 16 avril 1994 "entre cinq heures et huit heures du matin" pour Gishyita, où ils sont restés jusqu'à la fin du mois. Le témoin était avec eux durant toute cette période, a-t-il dit. "Je les voyais tous les jours, nous étions tout le temps ensemble[..] Je ne les ai jamais vu quitter cet endroit".


Le témoin a également indiqué qu'à leur retour à Mugonero, les accusés se sont uniquement occupés de leur travail. Elizaphan Ntakirutimana était pasteur à l'église adventiste de Mugonero, et Gérard, médecin au même endroit. Le témoin a indiqué qu'ils les voyait tous les jours, matin et soir. La poursuite affirme qu'au cours de la période concernée, les accusés ont participé à des attaques perpétrées contre des Tutsis réfugiés dans les collines de Bisesero, non loin de Mugonero.


Le témoin a déclaré que les accusés n'ont jamais éprouvé de haine ou de sentiments anti-tutsis. "En vérité, je n'ai jamais entendu des choses pareilles et je n'ai jamais été témoin de telles choses", a-t-il dit. "Pendant toute la période que j'ai vécu à Mugonero, cette famille entretenait de très bonnes relations avec ses voisins. C'étaient des personnes dévouées dans leur travail, intègres dans tout ce qu'ils faisaient. A ce que je sache, ils n'ont jamais eu de problèmes avec leurs voisins à Mugonero", a souligné le témoin.


Fils d'un autre pasteur adventiste originaire de la région de Mugonero, le témoin était étudiant à l'Université nationale du Rwanda en 1994.


AT/GF/FH (NT-0207A )




06 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE PROCES NTAKIRUTIMANA REPORTE D'UNE JOURNEE A LA DEMANDE DE LA DEFENSE


Arusha, 6 février 2002 (FH) - Le procès du pasteur Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé de génocide avec son fils le Dr Gérard Ntakirutimana, a été reporté d'une journée à la demande de la défense, a-t-on constaté mercredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le Tribunal a accordé ce délai à la défense pour préparer ses témoins. L'avocat américain Me Ramsey Clark, qui défend le pasteur Ntakirutimana, a indiqué que les témoins étant arrivés à Arusha tardivement, il avait besoin de temps pour s'entretenir avec eux avant leur comparution.

Gérard Ntakirutimana est représenté par par l'avocat canadien Me David Jacobs, nommé au mois de décembre 2001. Il a remplacé l'Américain Edward Medvene, qui s'est retiré pour des raisons de santé.

Les Ntakirutimana sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.

Le Tribunal a déjà entendu deux témoins de la défense, sur trente-quatre annoncés : l'ancien premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, et Jérôme Nataki, l'un des fils du pasteur Ntakirutimana.


Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprenant, outre le juge norvégien Erik Mose, les juges sénégalaise Andrésie Vaz, et sud-africaine Navanethem Pillay. Il a été ouvert sur le fond le 18 septembre 2001.

AT/GF/FH (NT-0206A )


05 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LES NTAKIRUTIMANA ETAIENT BONS, SELON UN MEMBRE DE LEUR FAMILLE


Arusha, 5 février 2002 (FH) - Le pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, et son fils le Dr Gérard Ntakirutimana, coaccusés de génocide, étaient des hommes bons, a affirmé un membre de leur famille, mardi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


"Depuis ma tendre enfance, alors que je vivais aux côtés de mon père, je crois pouvoir dire qu'il était un homme très attentionné, très affectueux. Pour moi, c'était vraiment un homme bon, et à l'époque, beaucoup de gens voulaient le compter au rang de ses amis. En fait il avait beaucoup d'amis, que ce soient des Hutus ou des Tutsis", a déclaré un des enfants du pasteur.


Deuxième témoin de la défense dans ce procès, Jérôme Nataki a indiqué que son père "avait consacré sa vie au peuple rwandais" en tant que pasteur. Il a déclaré avoir été très surpris d'apprendre que son père était accusé de génocide : "Je ne pouvais pas le croire. Car je suis sûr qu'il n'était pas possible que mon père ait eu affaire à des choses aussi ignobles. Il était naturellement bon".

Elizaphan et Gérard Ntakirutimana sont accusés de massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.


Jérôme Nataki a ensuite parlé avec beaucoup d'émotion de son frère aîné Gérard Ntakirutimana : "C'était vraiment quelqu'un de très bon avec tout le monde, avec tous ceux qui gravitaient autour de lui. Pour moi, c'était un modèle, un mentor", a-t-il dit. "Il est impossible que quelqu'un qui a été toujours bon commence à tuer des personnes de la manière dont on l'accuse".

Jérôme Nataki a affirmé que les Ntakirutimana n'ont jamais possédé d'arme, n'ont pas tenu de réunions avec des personnalités accusées de génocide, pas plus qu'ils ne sont entrés en contact avec des individus armés.

Jérôme Nataki est arrivé à Mugonero début mai 1994. Auparavant il résidait à Kigali.

Le témoin a affirmé que Gérard Ntakirutimana et son père se rendaient tous les jours à leur lieu de travail entre le début mai et la fin juin 1994. Le substitut tanzanien du procureur, Wallace Kapaya, a suggéré que le témoin ne pouvait savoir si les accusés se trouvaient tout le temps à leur lieu de travail, car il ne les y accompagnait pas. Le témoin a répondu que c'était sa conviction.


La déposition de Jérome Nataki se poursuivra mercredi matin.


AT/GF/FH (NT-0205C )



05 FEVRIER 2002
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TPIR /NTAKIRUTIMANA

UN FILS DU PASTEUR NTAKIRUTIMANA DEPOSE EN FAVEUR DE SON PERE


Arusha, 5 février 2002 (FH) - Un des fils du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, accusé de génocide, a témoigné lors de son procès, mardi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Jérome Nataki est le deuxième témoin cité par la défense du pasteur, coaccusé avec un autre de ses fils, Gérard Ntakirutimana. Le premier témoin de la défense était l'ancien premier ministre rwandais Faustin Twagiramungu.

Nataki est une forme abrégée de Ntakirutimana "parce que Ntakirutimana est très long pour les Américains", a dit le témoin. Formé à l'université de Franche-Comté à Besançon (France), Jérôme Nataki travaillait dans le cabinet du premier ministre rwandais en 1994. Jérôme Nataki est arrivé à Mugonero mi-avril 1994, et est resté avec son père jusqu'à leur fuite dans l'ex-Zaïre en juin. Aujourd'hui, il réside aux Etats Unis. Il a indiqué que Elizaphan Ntakirutimana et Gérard Ntakirutimana ne pratiquaient jamais de discrimination entre les Hutus et les Tutsis, précisant que les coaccusés avaient des amis ainsi que des collègues de travail tutsis.

Le parquet affirme que Elizaphan Ntakirutimana et Gérard Ntakirutimana ont participé aux massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisinantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.

Le témoin a affirmé que les coaccusés ne s'intéressaient pas à la politique. "La religion ne saurait être mêlée à la politique. Il appartient aux religieux de sauver les âmes et non de faire la politique", a dit Jérôme Nataki, parlant de son père. Le témoin a ajouté que son frère Gérard lui servait de modèle : "Il était mon phare, mon guide, mon modèle. Quand j'avais un problème, je me reférais à lui."

La défense devrait citer trente-quatre témoins dans ce procès. Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs. Les avocats plaident que leurs clients sont poursuivis pour divers motifs, notamment la jalousie et des mobiles politiques.

La déposition de Jérome Nataki se poursuivait mardi en début d'après-midi.

AT/GF/FH (NT-0205B )



05 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA

LE GENOCIDE ANTI-TUTSI N'A PAS ETE PLANIFIE, SELON L'EX-PREMIER MINISTRE TWAGIRAMUNGU


Arusha, 5 février 2002 (FH) - L'ancien premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, a terminé sa déposition mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en maintenant que le génocide anti-tutsi de 1994 n'avait pas été planifié.


Faustin Twagiramungu est le premier témoin de la défense dans le procès du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé de génocide avec un de ses fils, le Dr Gérard Ntakirutimana.


"Je dois préciser que dès 1992, et pour être plus précis dès le 17 avril 1992, nous étions au pouvoir. Les services de renseignements se trouvaient dans notre département, controlés par des membres du MDR [Mouvement démocratique républicain]. Si un tel un plan avait existé, je crois que nous aurions dû en être informé, parce que nous contrôlions le service de renseigenements", a déclaré Faustin Twagiramungu. Ancien président du MDR, Faustin Twagiramungu a été premier ministre du Rwanda dans le premier gouvernement post-génocide, avant de se réfugier en Belgique. Mais dès 1992, le MDR était entré au gouvernement à la faveur du multipartisme.


Mardi, Faustin Twagiramungu a été contre-interrogé par le substitut nigérian du procureur Charles Adeogun-Philips. Le représentant du parquet a soutenu que Faustin Twagiramungu n'était pas en position de savoir qu'un génocide anti-tutsi se planifiait dans les milieux des extrémistes hutus, étant taxé de collaborateur de la rébellion à dominante tutsie et de sympathisant des Tutsis.


"Etant donné le contexte qui prévalait, cela ne voulait pas dire que l'on soit aveugle ou sourd à ce qui se passait [...] Les gens qui nous informaient étaient du MRND [le parti de l'ancien président Juvénal Habyarimana], ils n'avaient pas parlé de ce plan", a dit Faustin Twagiramungu. Il a ajouté que, ayant été désigné pour diriger le gouvernement qui devait émaner des accords de paix d'Arusha entre le régime Habyarimana et la rébellion, il avait un bureau situé tout près de celui de du chef de l'Etat, et avait accès à toutes les informations en rapport avec les affaires de l'Etat.

"Les gens qui ont été tués n'avaient pas de couleur. Ils étaient des Rwandais noirs. L'intention n'était pas de tuer des Tutsis, mais des Rwandais appartenant à l'opposition : Hutus et Tutsis", a affirmé Faustin Twagiramungu. "Les gens ne se sont pas assis pour établir un plan d'urgence, des phases d'un plan directeur en vue de tuer les Tutsis. Le génocide au Rwanda ne signifie nullement que ce sont les Tutsis qui ont été tués. C'est ici que nous souffrons le plus et que nous continuons de souffrir [...] Lorsque le génocide signifie que seuls les Tutsis ont été tués, je ne peux pas l'accepter", a expliqué l'ex-premier ministre.

Lors de sa déposition, Faustin Twagiramungu a par ailleurs soutenu que les coaccusés n'avaient pas participé aux massacres. S'agissant du pasteur Ntakirutimana, Faustin Twagiramungu a déclaré : "Etant donné l'âge de ce vieillard [70 ans en 1994], le connaissant [...] Je ne peux pas dire que cet homme ait pris soit une kalachnikov, soit une machette ou se soit assis pour dire : planifions la mort des Tutsis. S'il y a d'autres vieillards qui l'ont fait, prions pour eux".

L'ancien premier ministre a en revanche indiqué qu'il ne connaissait pas très bien Gérard Ntakirutimana, mais qu'il estimait que s'il avait quitté les Etats Unis, où il faisait des études dans les années 1990, pour la "brousse de Kibuye, c'est qu'il aimait son peuple".

Ntakirutimana père était pasteur à l'église de Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et son fils, médecin à cet endroit. Ils sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero et dans les collines avoisanantes de Bisesero. Ils plaident non coupables. Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Me Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par l'avocat canadien Me David Jacobs.

AT/GF/FH (NT-0205A )


04 FEVRIER 2002
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TPIR / NTAKIRUTIMANA


FAUSTIN TWAGIRAMUNGU TEMOIGNE EN FAVEUR DES ACCUSES NTAKIRUTIMANA.


Arusha, 4 février 2002 (FH) - Faustin Twagiramungu, 57 ans, ancien premier ministre rwandais de mai 1994 à 1995, a été le premier témoin de la défense dans le procès d'un pasteur adventiste coaccusé de génocide avec son fils, a-t-on constaté lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Suspendu au mois de novembre dernier après que le parquet ait terminé la présentation de ses moyens de preuve, le procès du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana, a repris avec la comparution des témoins a décharge. Elizaphan Ntakirutimana et Gérard Ntakirutimana sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines avoisantes de Bisesero. Ils plaident non coupables.

Faustin Twagiramungu a déclaré qu'il avait accepté de témoigner par "devoir de dire la vérité sur mon peuple". L'ancien premier ministre a expliqué qu'il voulait "faire en sorte que la justice soit administrée pour le bien de tous". Les avocats ont indiqué qu'ils citeraient trente-quatre témoins dans ce procès. Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'avocat américain Ramsey Clark, Gérard Ntakirutimana par le Canadien David Jacobs.


Me Jacobs a remplacé l'Américain Me Edward Medvene, qui s'est retiré au mois de décembre dernier pour des raisons de santé. Dans une déclaration liminaire, Me Jacobs a qualifé son client de "bon docteur", incapable de commettre les crimes pour lesquels il est poursuivi. "Je pense que les dires du procureur dans ce sens sont ridicules", a-t-il plaidé. Me Jacobs a estimé que les gens agissent pour divers motifs, citant notamment la jalousie et les mobiles politiques. Me Clark a pour sa part indiqué que le pasteur Ntakirutimana était "dévoué à sauver les âmes", tout comme son fils s'occupait à soigner les malades.


Le procès des Ntakirutimana a été ouvert sur le fond le 18 septembre 2001 devant la première chambre de première instance du TPIR présidée, dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges sénégalaise Andrésie Vaz et sud-africaine Navanethem Pillay. Le parquet a cité dix-neuf témoins.
AT/GF/FH (nt-0204a )




8 JANVIER 2002
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TPIR/NTAKIRUTIMANA

REPRISE DU PROCES DIFFEREE

Arusha, le 8 janvier 2002 (FH) - La reprise du procès du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et de son fils Gérard, prévue pour le 14 janvier au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a été différée, a-t-on appris mardi à Arusha. Selon un nouveau calendrier judicaire publié par le TPIR, le procès reprendra le 4 février.

Le procès des Ntakirutimana avait été suspendu le 5 novembre 2001 après que le parquet ait clôturé la présentation de ses moyens de preuves. Les débats reprendront avec la comparution des témoins à décharge.

Au mois de décembre, le greffier du TPIR a commis un nouveau défenseur à Gérard Ntakirutimana, l'Américain Me Edward Medvene qui l'avait représenté jusque là étant devenu indisponible pour des raisons de santé. Des sources au sein du TPIR ont indiqué à l'agence Hirondelle que c'est ce changement de conseil qui a entraîné le report des débats. Gérard Ntakirutimana sera désormais représenté par l'avocat canadien Me David Jacobs.

Les Ntakirutimana sont poursuivis pour des massacres de Tutsis à Mugonero (province Kibuye, ouest du Rwanda) et dans les collines de Bisesero. Ils plaident non coupable.

Le procès des Ntakirutimana se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR, présidée dans cette affaire, par le juge norvégien Erik Mose, et comprenant en outre les juges, sud-africaine Navanathem Pillay, et sénégalaise Andrésie Vaz.

Elizaphan Ntakirutimana est défendu par l'ancien procureur général des Etats-Unis, Me Ramsey Clark.
AT/DO/FH (NT-0108A )


Voir aussi : Archives - Elisaphan Ntakirutimana


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