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Radio Agatashya: Le projet

Les productions musicales

"Qui peut le savoir?"
Les enfants rwandais ont particulièrement souffert des événements du Rwanda: il y a des orphelins,
il y en a qui ont perdu la trace de leurs familles respectives, il e en a qui sont troublés moralement.
Ils sont au Rwanda et à l’étranger. Pourtant ils ne sont pas responsables de cette situation. Tellement
ils souffrent des problèmes causés par les adultes (dont leur parents). Ils se sont retrouvés ainsi, ils espèrent, ils attendent, ils sont conscients que le futur Rwanda leur appartient. Ils s’expriment dans la chanson Ni Nde Wabimenya. Jean Baptiste Byumvuhore, Kigali, 10.08.1995


QUI PEUT LE SAVOIR?

(NI NDE WABIMENYA ?)

de Jean Baptiste Byumvuhore


R/Qui peut, qui peut, qui peut, qui peut le savoir x4


Que mon coeur est triste
Le chagrin me tue et personne ne m’aide
Beaucoup de plaintes, mais je me plains pour qui?
R/



J’avais un père, comme les autres enfants
J’avais une mère, comme les autres enfants
Des frères et soeurs, comme les autres enfants
Et alors, Rwanda....!
R/



S’ils sont vivants, je ne sais pas où ils sont
S’ils sont morts, je ne sais pas où ils sont enterrés
S’ils étaient vivants, je les aurais retrouvés
S’ils étaient morts, j’aurais vu leurs tombes
Et Alors Rwanda....!
R/



Regarde comment je suis maintenant, je n’étais pas comme ça avant
Regarde comment j’ai peur maintenant, je n’étais pas comme ça avant
Des larmes aux yeux, je n’étais pas comme ça avant
A cause de toi Rwanda...!
R/



Je vis dans un shitting (blindé), là-bas à l’étranger
Je ne fais pas des études, là-bas à l’étranger
Je n’ai pas de sourire, là-bas à l’étranger
Je suis tellement malheureux, là-bas à l’étranger
R/



Si jamais tu arrives au Rwanda, je te demande une chose
Dis aux enfants qui vivent là-bas au Rwanda
Dis que je leur transmets mes salutations et que j’ai envie de les revoir
Nos petits jeux, vous les jouez avec qui
R/



Reviens pour me dire leurs nouvelles
Reviens pour me dire leurs nouvelles
J’aurai le moral x 2
R/




Si tu retourne à l’étranger je te demande une chose
Dis pour moi aux enfants qui vivent là-bas à l’étranger
Que je les transmets mes salutations et que j’ai envie de les revoir
Si Dieu le veut...!!!
R/



Dis-leur:
"Que j’ai cherché les ruines, là où nous habitions
Que j’ai cherché la cour, Là où nous habitions
Le fromager(*) à l’entrée de l’enclos je ne l’ai pas retrouvé
La calebasse avec laquelle j’allais puiser de l’eau, je ne l’ai pas retrouvée
Et mes parents je ne les ai pas retrouvés




La vache que je gardais, je ne l’ai pas retrouvée
Mes parents, je ne les ai pas retrouvés
Dis-leur: à cause de toi Rwanda dis-leur: à cause de toi Rwanda"
R/



Quand on allait se coucher, on nous disait "priez"
Quand on allait se réveiller, on nous disait "priez"
Quand on allait à table, on nous disait "priez"
Et nous on se disait: Chers parents vous êtes des chrétiens



Et maintenant chers parents!!!
R/ Enfants du Rwanda, Partout où vous êtes x 2
C’est nous le Rwanda de demain et d’après-demain x5


(*) L’arbre-fromager

© Jean Baptiste Byumvuhore, Fondation Hirondelle, 1995



"Quand je me souviens de vous, ça me serre le coeur"
"Comme tout le monde, dans le temps j’avais des amis et on était bien. Maintenant je ne les vois plus, ils sont où? Pourquoi sont-ils partis? Quand est-ce qu’on se reverra? En tout cas, il ne m’ont pas dit ni au revoir ni adieu!
Je sais que pour certains, on ne se reverra plus jamais car ils sont morts, j’ai même vu quelques trous. Je pense que pour ceux qui sont vivants c’est à plus tard où à jamais. Je m’exprime tout de même, je cite quelques noms de mes amis, je leur rappelle notre bon vieux temps, je regrette la mort de la majorité d’entre eux et je lance un appel à ceux qui sont encore vivants à rentrer et me rejoindre ici au Rwanda. La mort qu’ils ont fui est ici, comme là où ils sont". Jean Baptiste Byumvuhore, Kigali, 10.08.1995


QUAND JE ME SOUVIENS DE VOUS CA ME SERRE LE CŒUR
IYO MBIBUTSE NGIRA AKANTU


de Jean Baptiste Byumvuhore



Je me souviens de ces enfants avec lesquels j’ai été éduqué
Je me souviens de ces enfants avec lesquels j’ai grandi
Où sont-ils? Où sont ils?
Où sont-ils alors Rwanda...?
Où sont ces enfants avec lesquels nous avons vécu ensemble?
Ceux-là avec lesquels nous avons partagé notre jeunesse
Non, j’insiste, montrez-les moi
Où sont-ils alors Rwanda...?


Ferdinand, Trojan et Compagnie,
Uwimbabazi, Matthias et Cie,
Alois et Redempta,
Quand je me souviens de vous, ça me serre le coeur.


Je me souviens de nos jeux,
On jouait à la paresse, on sautait,
On glissait aussi sur des troncs de bananier,
Où êtes vous donc mes grands frères?
Où êtes vous donc mes petits frères?
Où êtes vous donc mes chères soeurs?
Où sont-ils alors Rwanda...?


Où êtes-vous? Où êtes-vous?
Mumporeze, Antoinette et Cie,
Où êtes vous Gemma et le maire?
Où est Boniface et Louis?
Martin et Adrienne,
Mutaganda et Cécile,
Nzaramba et Bendera,
Où es-tu Murengerantwali?
Et toi Nkusi? et toi Dusabe?
On m’a indiqué une fosse commune
Et quand je me souviens de vous ça me serre le coeur


Nous avons vécu comme de vrais frères, chers amis,
Sans discrimination entre les enfants du Rwanda,
Non, vraiment non, je veux absolument de vous,
Sinon moi aussi je vais vous rejoindre.


Où est Ignace, Où est Irène?
Charles et Jules, eux ils vivent où?
Rwabuhungu et Muvala,
Les Bel et les Paci ,
Où est alors leur maman?
Sala et Cie, Consolée et Cie,
La tante qui les a éduqués est allée où?
Goretti et Cie, Gangi et Cie,


Felesi et Cie, Léonard
Karemera, Karekezi et Cie
Mugeni et Cie, Rugina et Cie,
Jean-Marie de Rugereka et Cie,
Yarara et Cie, Kigomero et Cie,
On m’a indiqué une fosse commune
Et quand je me souviens de vous ça me serre le coeur


Comprenez-moi chers auditeurs, j’ai de quoi me chagriner,
J’ai perdu les gens avec lesquelles nous vivions ensemble,
Où sont-ils, Où sont-ils?
Où sont-ils alors Rwanda ...?


Olive, Gloriose
Angélique, Jacqueline
Eugénie, Priscille
Victor, Clarisse
Claire et Cie, Cléments et Cie
Jeanne et Cie, Bosco et Cie
Emmanuel et Michel
Augustin et Marianne
Emeline et Eméritha
Gérard et Eric
Micheline et Karangwa


On m’a indiqué là où vous êtes allés, et que cela n’étais pas de votre gré
Quand je suis englouti par la solitude, je pense à vous et le chagrin me torture!


Je me souviens aussi de nos jeunes musiciens,
Quand ils s’exhibaient devant le public rwandais,
Ces chansons, ces sagesses,


Cassien et Randress
André et Cyprien
Bizimana et Karemera
Uwimbabazi et Bizimungu
Umulisa et Muhirwa
Juvénal et François
Nyampinga et Simon
Les Jacques et les Kapenzi
Eulade, Jean-Luc
Les Aaron, les Kipeti
Le gars qui s’apelle Roger est parti où?
Philémon, Igyirya Ngoma
J’ai entendu dire que vous êtes morts ou que vous avez fui,
Si, par hasard, il y aurait des survivants parmi vous,
Je vous en prie, rendrez, car je meurs de nostalgie!


Non, non, J’y tiens beaucoup chers parents, je souffre, c’est une tragédie pour moi
Comment se fait-il que je manque mes amis intimes à la fois?
Où sont-ils? Où sont-ils?
Où sont-ils Rwanda?


Les Antoine et les Bernard
Solange et les Chantal
Agnès et les Nelly
Denise et les tiens
Mireille et les tiens
Batonde et les tiens
Diane et les tiens
Frédéric et les tiens
Laurent et les teins
Jean et les tiens
Christine et les tiens
Isaac et les teins
Hamimu et les tiens
La mère de Didié et les tiens
La mère de Mutoni et les tiens
La mère de Mutesi et les tiens
La mère d’Aline et les tiens


On m’a dit que vous avez fui, ou bien que vous êtes morts,
Si vous êtes toujours en vie, ne serait-il bon de rentrer pour m’épargner d’une solitude si atroce? x 2


Ingabire et les tiens
Burakeye et les tiens
Damascène et les tiens
Claude et les tiens
Budulu et les tiens
Abede et les tiens
Brazos et les tiens
Vincent et les tiens
Védaste celui-là de Ndola
On m’a dit que vous êtes morts, ou que vous avez perdu les vôtres
Dans tous les cas, quand je me souviens de vous, ça me serre le coeur


Emeline et les tiens
Emilienne et les tiens
Charlotte et les tiens
Eugène et les tiens
Les Serge et Rosette
Les Yves les Marie-Aimée
Gisèle, Crésence
Pascal, Epimaque
On m’a dit que vous avez fui, ou bien que vous êtes morts,
Si jamais vous êtes encore en vie
Voulez-vous rentrer car je souffre de beaucoup de nostalgie
Il est vrai que la mort règne toujours au Rwanda
Mais c’est tout à fait la même chose là où vous êtes:
Je vous supplie, rentrez.
Je trouve injuste: manquer ceux qui sont morts et ne pas voir non plus ceux qui ont échappé à la mort!
Non, vraiment non, j’y tiens beaucoup, ayez pitié
Il n’est pas souhaitable que je succombe dans la solitude
Ayez vraiment pitié, consolez cet enfant qui pleure


Joseph et Cie, Kabera et Cie
Gaudence, Byiringiro
Ryivuze et Cie, Monique et Cie
Mulimba et Cie, Libératha et Cie
Saïdi et Cie, Loudi et Cie
Béata et Cie, Flora et Cie
Valense et Cie, Véronique et Cie
.....


© Jean Baptiste Byumvuhore, Fondation Hirondelle, 1995


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