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Radio Agatashya: Le projet
Editoriaux de Radio Agatashya
4 OCTOBRE 1996
Ce 4 octobre 1996, Radio Agatashya entre dans son 27ème mois d'existence. Radio indépendante à vocation humanitaire, Agatashya s'est affirmée pendant ses deux ans et quelques mois d'émissions, comme un instrument de paix et de vie.
Destinée à venir en aide à toutes les victimes des événements qui secouent la Région des Grands Lacs, l'hirondelle Agatashya poursuivra sa mission humanitaire, par delà les frontières et en dépit des difficultés tous azimuts, en donnant l'information utile à toutes les personnes qui en sont privées, en raison des ces événements.
La guerre, les violences, les peurs continuent malheureusement à faire partie intégrante de notre environnement. La population de Bukavu et environs garde encore fraîchement en mémoire les incidents du 22 et 23 septembre. Les hauts plateaux d'Uvira, Fizi et Itombwe sont aujourd'hui le théâtre des combats. Comme pour dire que sur les foyers habituels de tension : Rwanda, Burundi, et une partie du Nord Kivu, peuvent se greffer d'autres zones de turbulence.
Radio Agatashya sera toujours à proximité des victimes en leur apportant un message de réconfort.
A l'occasion de notre deuxième anniversaire, le 4 août dernier, nous vous disions que la Fondation Hirondelle a décidé d'élargir sas activités en étant plus présente au Burundi et en assurant la couverture des procès d'Arusha, siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda.
La Fondation Hirondelle, vous le savez, collabore avec l'ONG Search for Common Ground, qui gère le Studio Ijambo. Vous avez par ailleurs suivi presque instantanément sur notre antenne les premières audiences de la juridiction internationale d'Arusha. La Fondation Hirondelle entend apporter sa contribution au progrès des idées de justice et de paix dans la Région des Grands Lacs, en assurant des comptes rendus quotidiens de ces procès, qui seront diffusés sure les ondes de Radio Agatashya, et mis à la disposition des médias africains et internationaux sur Internet, le réseau mondial de la communication. Le bureau de la Fondation est opérationnel.
Notre objectif est de vous rendre, chaque jour d'avantage, service ; notre souhait est que vous continuiez à nous faire confiance. Permettez-nous encore une fois de vous remercier pour les idées constructives que vous ne cessez de nous transmettre. Vous comprendrez en revanche qu'en raison de nos moyens limités, nous ne pouvons vous satisfaire à 100%. Une promesse cependant : nous sommes toujours à vos côtés en vous abreuvant aux sources de l'information utile.
Augustin Twagirayezu, rédacteur en chef, Bukavu, 4 octobre 1996
4 SEPTEMBRE 1996
Jour après jour, par dessus les frontières, les divisions, les antagonismes et les obstacles qui se dressent encore sur le chemin du retour au calme et à la paix dans la région des Grands Lacs, le chant de l'Hirondelle continue a se faire entendre de tous ceux qui veulent bien l'écouter, et surtout qui veulent bien lui faire confiance.
Agatashya commence aujourd'hui son 26eme mois d'existence. Au Burundi, à Bujumbura cette nuit encore, le bruit des armes a retenti et beaucoup vivent dans la peur du lendemain, sans compter les tracas de la vie quotidienne, chaque jour plus difficile en raison du blocus économique. A Goma, des milliers de réfugiés vivent dans l'inquiétude, assaillis par de multiples rumeurs dont ils ignorent souvent l'origine. Du Rwanda, les informations se font rares.
Comme nous l'avons fait depuis plus de deux ans, nous allons poursuivre notre mission, qui est de vous informer aussi honnêtement et complètement que possible. Même si parfois, nos conditions de travail deviennent de plus en plus difficile, comme au Burundi, ou les déplacements a l'intérieur du pays sont risqués et surtout limités par la pénurie de carburant. Comme au Nord-Kivu, ou certains propagandistes acceptent mal l'impartialité de notre radio.
Au nom de tous nos journalistes, à Bujumbura, Uvira, Bukavu et Goma, au nom de tous ceux qui travaillent dans l'ombre, techniciens et personnel d'appui, pour permettre au chant d'Agatashya de s'élancer dans les airs et sur les ondes pour arriver jusqu'à vous, chers auditeurs et auditrices, je voudrais vous remercier de nous faire confiance et vous prier d'accepter nos limites, de comprendre que nous ne pouvons pas recueillir autant d'informations que nous le souhaiterions sur tous les événements qui vous touchent et pour certains d'entre vous, vous plongent dans le malheur.
Sachez que nous ne restons pas neutres face à ces événements et face à votre détresse. Notre parti, c'est celui des victimes, de tous ceux qui sont affectés par l'intolérance, les violences et la guerre. Nous continuerons donc à travailler pour que chacun, dans la région des Grands lacs, ait le droit, la possibilité, de savoir ce qui se passe autour de lui.
Bujumbura, 4 septembre 1996, Philippe Dahinden
4 FEVRIER 1995
Lorsque les premiers chants de l’Hirondelle ont vibré dans les airs, au début d’août 94, dans la région du Kivu, vous étiez quelques milliers à coller votre oreille au poste pour écouter ce que disaient nos journalistes, en kinyarwanda et en français.
Aujourd’hui, un an et demi plus tard, vous êtes des centaines de milliers d’auditeurs à suivre régulièrement les programmes de la Radio Agatashya et des millions de personnes ont désormais la possibilité de nous capter dans la sous-région des Grands Lacs.
C’est un honneur pour notre équipe, mais aussi une lourde responsabilité. Car notre mission n’a pas changé, en dix-huit mois :
Cette mission - inédite - de radio indépendante à vocation humanitaire, consiste toujours à venir en aide à toutes les victimes des événements, sans discrimination, en diffusant à leur attention le maximum d’informations utiles, notamment sur la situation dans la sous-région, comme le veut notre charte. A l’origine, c’était en raison des événements tragiques qui avaient frappé le Rwanda, en raison de la situation d’urgence qui découlait du génocide, des massacres, de la guerre et de l’exode massif de Rwandais. Aujourd’hui, c’est en raison de l’instabilité et des violences persistantes qui affectent toujours la sous-région.
Voilà pourquoi, désormais, vous pouvez aussi entendre sur notre antenne des animations et des magazines en kirundi et en swahili local. Sous peu, notre programme aura définitivement une couleur régionale. Et même si notre charte ne lie la radio à aucun lieu d’émission, nous allons continuer à émettre pour l’instant depuis le Kivu, depuis le Zaïre qui a bien voulu accueillir notre station dès sa naissance.
L’actualité ces dernières semaines était d’ailleurs régionale : des Burundais qui fuient les violences en direction du Zaïre, des réfugiés rwandais qui errent entre le Burundi et les frontières tanzaniennes et rwandaises. Mais cette actualité était aussi réconfortante : nous avons fait vivre la coupe d’Afrique des nations, avec - une fois n’est pas coutume - des commentaires, d’ordinaire bannis de nos programmes lorsqu’il s’agit de politique. Et nos auditeurs, au Zaïre, au Rwanda et au Burundi ont oublié l’espace d’un instant tensions et antagonismes, pour ne prendre qu’un seul parti : celui du sport et du football en particulier.
Avec le temps, vous l’aurez constaté :
Nous ne sommes les porte-parole de personne, nous ne sommes pas la voix des uns ou la voix des autres, même si certains voudraient que notre radio s’identifie à eux. Nous sommes plutôt la voix de l’ensemble de nos auditeurs, dans la mesure où ils aspirent à un retour de la paix dans leurs foyers. C’est pourquoi nous donnons la parole de préférence à ceux dont la voix ne peut généralement se faire entendre, précisément parce qu’ils sont les victimes impuissantes des événements.
Aux réfugiés rwandais, qui étaient parmi nos premiers auditeurs, nous disons ce qui se passe dans leur patrie, en particulier à travers les magazines que réalisent au Rwanda même, en collaboration avec le HCR, les journalistes de la Fondation Hirondelle.
Aux Rwandais restés ou revenus au pays, nous disons dans leur langue ce qui se passe autour d’eux et nous leur donnons des nouvelles du sort de leurs compatriotes encore à l’extérieur ;
Aux Burundais, frappés par la guerre civile et les violences, nous essayons de donner non seulement des informations complètes sur leur situation, mais aussi l’espoir d’un retour au calme, en relevant le courage, la solidarité et les actions positives manifestés par tels ou tels personnes ou groupes ;
Aux Zaïrois, enfin, qui continuent à souffrir des bouleversements intervenus dans leur environnement social et économique depuis un an et demi, nous espérons pouvoir apporter un message apaisant, en contribuant à expliquer les événements qui les affectent. En leur donnant également la parole et en racontant leur vie quotidienne.
Vous êtes très nombreux à nous écouter, nous en sommes conscients, comme nous sommes conscients que cela implique de notre part de travailler en journalistes indépendants et responsables. Pour beaucoup d’entre vous, Radio Agatashya est en effet une source privilégiée d’information.
Nous nous sommes engagés à faire preuve d’indépendance, professionnalisme et impartialité. Nous allons continuer à le faire et chercher à nous améliorer encore. Pas question de censure, pas question de ménager les uns ou les autres, mais pas question non plus d’entrer dans des polémiques inutiles ni de provoquer des passions, voire des paniques dangereuses, sans nécessité absolue. Nous ne nous précipitons donc pas sur toutes les rumeurs, mais nous ne cachons aucune information, si elle est importante et objective, même si nous savons qu’elle va déranger les uns ou les autres.
Jour après jour, nous nous efforçons de recueillir le maximum d’informations vérifiées et impartiales, par l’intermédiaire de journalistes un peu partout dans la sous-région. Comme nos confrères du Studio Ijambo, à Bujumbura, qui font un travail difficile et courageux, tous à l’honneur de notre profession. C’est l’occasion de leur adresser un coup de chapeau et les remercier. De même pour l’équipe de la Fondation Hirondelle, qui prépare à Kigali des programmes en relation avec le rapatriement volontaire. De même enfin pour tout l’équipe de Radio Agatashya, journalistes, techniciens et autres collaborateurs anonymes, mais indispensables.
En son sein même, elle doit faire preuve de solidarité et d’entente, et faire passer en arrière plan ses intérêts et sentiments personnels, sans quoi notre radio devrait renoncer à accomplir sa mission. Un pari difficile à tenir, mais dont nous continuons à accepter les risques et les difficultés.
Notre avenir, comme le vôtre, chères auditrices et chers auditeurs, reste incertain. L’hirondelle est un oiseau fragile et délicat, même si elle est capable de voyager très vite et très loin. Il serait présomptueux pour elle de vouloir s’élever trop haut dans le ciel, au risque de brûler ses ailes en s’approchant trop du soleil. Ceux que la vérité dérange pourraient vouloir la réduire au silence. La seule promesse que nous pouvons faire, un an et demi après la naissance d’Agatashya, c’est d’être fidèles à notre mission, et de vous accompagner, jour après jour, sur le long chemin qui mènera - nous le souhaitons profondément . vers le retour de la paix dans la région des Grands Lacs.
4 février 1996 Philippe Dahinden
4 AVRIL 1996
Guerre civile, violences, haine et intolérance affectent toujours une grande partie de la région des Grands Lacs. Dans ce ciel agité par les turbulences, l’Hirondelle Agatashya continue à voler, vingt mois après son premier envol, pour vous apporter un message de neutralité, de paix et de tolérance, en vous informant aussi honnêtement que possible.
Agatashya va continuer à survoler le Rwanda, le Burundi et le Zaïre, malgré ces turbulences qui parfois la menacent elle aussi. Mais surtout l’Hirondelle va poursuivre sa mission, sans changer de cap, à cause de ces mêmes turbulences, pour contribuer à les faire disparaître.
Au Rwanda, on commémore deux ans plus tard la mémoire de centaines de milliers de victimes du génocide et des massacres. Des centaines de milliers de Rwandais se demandent, à l’extérieur, quant ils reverront leur pays. Nombreux sont ceux qui espèrent que la justice sera bientôt rendue et que la sécurité reviendra définitivement dans leur patrie reconstruite.
Au Burundi, de nombreuses familles pleurent leurs morts ou fuient leurs habitations. Au fond des coeurs, pour beaucoup, reste pourtant une petite flamme d’espoir qui s’appelle dialogue et rétablissement de la paix.
Dans le Kivu zaïrois, nul ne sait de quoi demain sera fait mais l’on continue à espérer, là aussi, retrouver un jour un cadre de vie plus calme.
A toutes ces populations civiles qui souffrent, à tous ces hommes, ces femmes et ces enfants dans le malheur, nous voulons dire que nous nous sentons solidaires d’eux dans les épreuves qu’ils subissent jour après jour.
Que notre voeu le plus cher est de voir ces plaies encore béantes se refermer et se cicatriser avec le temps.
Que nous allons, enfin, continuer à vous dire la vérité, du moins vous communiquer toutes les informations que nos journalistes parviennent à collecter et à vérifier, dans des conditions souvent difficiles. Avec l’espoir, de notre côté, que des propagandes et les rumeurs fassent un peu moins de nouvelles victimes.
Bukavu/4 avril 1996 /Philippe Dahinden
7 AVRIL 1995
Il y a un an, dans la nuit du 6 au 7 avril, lorsque sont parvenues en Europe et aux Etats-Unis les premières informations alarmantes en provenance de Kigali, lorsque nous avons reçus les premiers appels au secours lancés par des amis désespérés et terrorisés, nous étions quelques uns - journalistes, militants des droits de l’homme, anciens coopérants - à craindre le pire. Mais nous étions loin d’imaginer l’ampleur de la tragédie qui allait frapper le peuple rwandais, dans les jours et les semaines suivantes. Nous ne pouvions croire que la vie et la dignité humaines seraient à ce point bafouées et anéanties. Nous n’osions penser que les crimes contre l’humanité les plus graves allaient être perpétrés, que des milliers d’innocents allaient être massacrés, et qu’un véritable génocide avait été déclenché, entraînant l’extermination programmée et systématique d’une partie de la population, les tutsi.
La machine à tuer s’était mise en marche, inexorablement, et dans les jours qui ont suivi, la communauté internationale n’a rien pu, ou rien voulu faire, qui puisse l’arrêter. Des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, qui ne demandaient qu’à vivre, ont été les victimes de cette monstrueuse machine. Ils ont été sauvagement assassinés, alors que leur seul tort était d’exister, froidement supprimés pour ce qu’ils étaient, et non pour ce qu’ils avaient fait. C’est la mémoire de tous ces innocents qu’aujourd’hui, nous voulons avant tout honorer.
Face à cette horreur, face à cette folie meurtrière, nous nous étions à l’époque sentis impuissants, nous autres journalistes occidentaux. Notre seule arme, c’était de dire publiquement ce que nous savions, de rapporter ce que nous avions vu, c’était de témoigner et d’alerter le reste du monde. Certains d’entre nous avaient certes tenté de le faire, mais en vain. Pour beaucoup, le Rwanda ne représentait alors qu’un petit point sur la carte de l’Afrique et la plupart des expatriés avaient été rapidement évacués. Pourtant, dans le pays même, un long chemin de souffrance attendait encore les survivants, la chasse aux victimes innocentes se poursuivait, mais leur sort ne préoccupait plus guère les médias internationaux.
C’est à ces centaines de milliers de rescapés anonymes, qui ont survécu, parfois démunis de tout, dans la terreur d’être à leur tour massacrés, à ces familles séparées et décimées, à ces enfants mutilés, à ces femmes violées et à ces hommes traqués, que nous voulons également rendre hommage aujourd’hui.
Sans oublier le courage de tous ceux qui, au péril de leur propre vie, ont tenté de porter secours à des voisins, des connaissances ou même des inconnus, sans discrimination, sauvant ainsi la vie à d’autres êtres humains, au milieu du naufrage et de la catastrophe humanitaire.
Radio Agatashya, la petite hirondelle qui a - depuis - vu le jour grâce à des journalistes occidentaux et rwandais, grâce surtout à des hommes et des femmes de bonne volonté désireux de contribuer autant que possible à soulager les victimes de cette tragédie, Agatashya s’associe, en ce jour de deuil et de recueillement, à tous ceux qui partagent notre conviction :
Il faut tout entreprendre pour qu’une telle barbarie, pour que de telles tueries et de telles atrocités ne se reproduisent jamais plus. Sinon, en cette fin de 20ème siècle, comment osera-t-on parler encore d’humanité, de tolérance et de respect des droits fondamentaux de l’être humain ?
Pour que ce génocide et ces massacres ne se reproduisent plus, les journalistes que nous sommes doivent refuser de se faire les porteurs, les propagandistes de messages de haine et de violence. La seule cause que nous pouvons, que nous devons défendre, est celle du respect des droits de la personne et de la dignité humaine. Notre seul souci doit être d’apporter à ceux auxquels nous nous adressons, lorsqu’ils se trouvent encore dans les difficultés, ce dont ils ont le plus besoin, au même titre qu’ils ont besoin de nourriture, d’eau ou de médicaments :
notre devoir est d’apporter des informations honnêtes, qui ne soient pas partisanes, libérées de toute propagande, pour aider chacun à comprendre ce qui lui arrive, à orienter sa vie et à accepter ensuite son sort, en d’autres termes, nous voulons vous dire autant que possible la vérité. Sans polémiques inutiles et sans attiser les peurs ou les passions, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. En refusant de diffuser la haine et la violence, nous contribuerons peut-être à prévenir de nouveaux crimes contre l’humanité.
En second lieu, nous voulons nous aussi contribuer à briser ce cercle maudit de l’impunité, qui représente à nos yeux la pire des violations des droits de l’individu, puisqu’il n’y a plus aucune loi qui puisse le protéger. Les coupables, et plus particulièrement les responsables politiques, les militaires et les miliciens, qui ont permis le génocide et le funèbre cortège de tous les autres crimes contre l’humanité qui l’ont accompagné, ces coupables doivent être jugés et punis de manière exemplaire. Ils doivent être reconnus coupables et sanctionnés par des tribunaux, au terme de procès équitables, de sorte que leurs condamnations ne puissent plus jamais être remises en question. Ce n’est pas à nous, journalistes, de nous transformer en procureurs ou en juges. Notre devoir, dans ce cas, est d’être les porte-voix de la justice, pour faire connaître à tous le sort de ceux qui auront été désignés comme coupables, afin que personne n’oublie ou nie ce qui s’est passé.
Enfin, pour que cet anniversaire ne soit pas seulement un jour de deuil, mais nous apporte aussi une lueur d’espoir, notre contribution de journalistes oeuvrant pour une station de radio indépendante humanitaire doit être de continuer à offrir à tous les survivants, à tous les innocents, à tous les rwandais la possibilité de se retrouver et de dialoguer, au delà des frontières, afin que reviennent peu à peu, dans cette région des grands lacs, la paix et la réconciliation.
Kigali/Bukavu, le 6 avril 1995 Philippe Dahinden
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