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Radio Agatashya empêchée d’émettre
Rétrospective semaine 7-13 octobre 1996
Rétrospective semaine 30.9 - 6.10 1996
Burundi, Coup d'Etat
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27 octobre 1996: Radio Agatashya empêchée d’émettre...
Bukavu/Lausanne, 27 oct 1996 (FH) - Radio Agatashya, la radio indépentante à vocation humanitaire gérée par la Fondation Hirondelle, n’a pas pu diffuser ses émissions ce dimanche matin 27 octobre dans la région du Kivu. Certains émetteurs, situés en zone de combat, sont momentanément hors service. L’équipe de rédaction et le responsable suisse de l’antenne sont à Bukavu. Ils se sont efforcés jusqu'à la diffusion du bulletin de samedi soir 18h00 de donner à la population zaïroise, ainsi qu’à l’ensemble des populations de la région, le maximum d’informations à caractère humanitaire et sur la situation réelle. Ils continueront s’ils le peuvent, le désarroi de ces populations étant plus grand que jamais.
Des délégués du CICR, de la Fédération internationale des Croix-Rouge et du Croissant- Rouge, et un médecin suisse de l’OMS restent actifs à Bukavu. Ils n’ont pu prendre aucune disposition humanitaire ce matin, en raison de l’insécurité. Un groupe de huit journalistes étrangers est également sur place. Quelques résidents étrangers s’y trouvent aussi, soit une cinquantaine de personnes en tout.
L’on a entendu ce matin des tirs à une dizaine de kilomètres au Sud de Bukavu, ainsi que des rafales d’armes automatiques à proximité de la ville. L’insécurité est très grande en ville de Bukavu même. C’est la premiere fois que Radio Agatashya est empechée d’émettre ... après 26 mois d’émissions ininterrompus
Lancée en 1994, le 4 août Radio Agatashya avait entamé sa troisième année de diffusion de programmes d'information à l'attention des populations victimes des conflits et des violences dans la Région des Grands Lacs africains.
L'importance de cette station radio indépendante à vocation humanitaire, seule de son genre a être présente sur le terrain, a été reconnue tant par ses auditeurs que par nombreux acteurs des instances internationales.
Le succès de Radio Agatashya est le résultat de son indépendance, de la qualité de l'information impartiale qu'elle a diffusé et du travail rigoureux de ses journalistes qui ont respectè des strictes normes déontologiques.
Grâce à trois émetteurs, basés à Goma, Uvira et Bukavu, Radio Agatashya a diffusé quotidiennement au moins huit heures de programme avec plusieurs journaux d'information sur la situation dans la sous-région. Plus de quatre millions d'auditeurs potentiels, dont au moins un million de réfugiés et déplacés,ont pu la capter en FM dans des vastes régions au Zaïre (Nord et Sud-Kivu), au Rwanda et au Burundi.
Le but de l'information diffusée en cinq langues (kinyarwanda, kirundi, swahili, français et anglais) a été de venir en aide aux populations civiles victimes des événements, en opposant la rigueur journalistique et le travail de proximité à la propagande de tous bords.
Chaque information donnée sur les ondes a été soigneusement vérifiée. Parmi les sources de Radio Agatashya ont figuré aussi bien les sources traditionnelles que les agences onusiennes et les Organisations non gouvernementales présentes sur le terrain. En outre, la radio a diffusé chaque jour les listes des enfants non accompagnés, établies par le Comité International de la Croix-Rouge, dans le but de favoriser la réunion des familles.
Une étude d'impact parmi les réfugiés, financée par le HCR, a démontré que Radio Agatashya est la plus écoutée dans son bassin de diffusion et la préférée des auditeurs en raison de sa crédibilité. La Fondation Hirondelle a d'ailleurs été choisie en 1995 par le HCR pour produire et diffuser des programmes dans le cadre de la campagne d'information de masse aux réfugiés rwandais.
A l'occasion de son deuxième anniversaire, la Fondation Hirondelle avait décidé d'élargir ses activités, en intensifiant la couverture au Burundi grâce à la collaboration étroite de l'ONG américaine "Search for Common Ground" et en assurant la couverture des procès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui siège à Arusha, en Tanzanie.
Depuis septembre 1996, la Fondation Hirondelle assure la couverture quotidienne du tribunal chargé de juger les principaux responsables du génocide, des crimes de guerres et des crimes contre l'humanité commis en 1994 au Rwanda.
La portée symbolique et le caractère exemplaire de ce tribunal exceptionnel ne sont pas imaginables sans le soutien des médias. La Fondation Hirondelle entend apporter sa contribution au progrès des idées de justice et de paix dans la Région, en assurant des comptes-rendus quotidiens des procès, qui sont mis à la disposition des médias régionaux et internationaux et publiés sur Internet.
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