LA COMPARUTION INITIALE DE CINQ ANCIENS POLITICIENS REPORTEE, FAUTE D'ACTE D'ACCUSATION DEFINITIF
Arusha, 10 mars 99 (FH) - La comparution initiale de cinq anciens politiciens rwandais a été reportée au mois d'avril prochain, faute d'acte d'accusation définitif, a-t-on appris mercredi au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). La représentante ougandaise du parquet, Jane Anywar Adong, a demandé deux semaines pour mettre de l'ordre dans cet acte d'accusation collectif, afin de pouvoir présenter à la Cour une version finale du document.
Les accusés concernés sont l'ancien président de l'ex parti présidentiel, Mathieu Ngirumpatse, son vice-président et ministre de l'intérieur dans le gouvernement intérimaire, Edouard Karemera, son secrétaire général, Joseph Nzirorera, l'ancien ministre de l'éducation, André Rwamakuba et l'ancien maire de Mukingo (préfecture Ruhengeri, nord-ouest du Rwanda), Juvénal Kajelijeli.
Les avocats ont dans l'ensemble fait remarquer que leurs clients étaient incapables de plaider coupable ou non coupable sur base d'un acte d'accusation qui existe en plusieurs versions différentes. Les avocats ont expliqué que l'acte d'accusation original a été modifié sans qu'ils en soient informés.
La représentante zambienne du greffe, Prisca Nyambe, a indiqué que le greffe dispose de trois versions distinctes de l'acte d'accusation et qu'il revenait au bureau du procureur de préciser celle confirmée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay.
La représentante du parquet a indiqué qu'elle a présenté mercredi une version venue directement du bureau du procureur à Kigali, reconnaissant qu'elle ne l'a pas lue en totalité.
Le président de la deuxième chambre de première instance du TPIR, le juge tanzanien, William Hussein Sekule, a reporté l'audience à la première semaine du mois d'avril, estimant que les parties ont besoin de temps pour s'accorder sur l'acte d'accusation.
Le juge Sekule a rassuré les avocats que les dispositions nécessaires seront prises pour que les problèmes posés soient résolus dans l'intervalle.
Matthieu Ngirumpatse était représenté par l'avocat de Trinidad et Tobago, Me Charles Roach et Edouard Karemera par l'avocat belge Me Emmanuel Leclercq assisté d'un avocat tanzanien de permanence, Me Jesse Kirita.
Joseph Nzirorera n'était pas pour sa part représenté, son avocat belge, Me Jacques de Hemptinne, ayant été averti trop tard de sa commission d'office.
André Rwamakuba était de son côté représenté par l'avocat anglais Me Steven Kay en remplacement de son compatriote Me David Hooper retenu par une autre affaire dans son pays.
Me Kay défend normalement l'ancien directeur de l'usine à thé de Gisovu (préfecture Kibuye, ouest du Rwanda), Alfred Musema, devant le TPIR.
Juvénal Kajelijeli était représenté par l'avocat noir américain Me Lennox Hinds qui, à la différence de ses confrères, n'avait pas revêtu de robe.
Me Hinds a expliqué " chez nous on a rejeté les vestiges du colonialisme. J'espère que vous n'allez pas m'imposer la robe ni la perruque"
L'avocat de l'ancien maire de Mukingo a ajouté qu'au Tribunal de Nuremberg "Jackson a plaidé en étant habillé comme moi."
AT/DO/ FH (PL§0310A )
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