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Agence d'Information, de documentation et de formation, Arusha (Tanzanie): Tribunal Pénal International pour le Rwanda

Hassan Ngeze, journaliste


5 DECEMBRE 2003
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TPIR/MEDIAS


MEDIAS : LA DEFENSE INDIGNEE PAR LE JUGEMENT ET LA SENTENCE

Arusha, 5 décembre (FH) - Les avocats de la défense dans le procès des médias se déclarent indignés par le jugement portant condamnation de leurs clients rendu mercredi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'historien Ferdinand Nahimana, un des fondateurs de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, a été condamné à la prison à perpétuité ainsi que le "self- made- man" Hassan Ngeze, ancien directeur et rédacteur en chef de la revue extrémiste hutue Kangura.


Ils ont été reconnus coupables de génocide, d'entente en vue de commettre le génocide, d'incitation directe et publique à commettre le génocide et de crimes contre l'humanité (extermination et persécution).

Reconnu coupable des mêmes crimes, leur co-accusé, le juriste Jean Bosco Barayagwiza, un autre fondateur de la RTLM, a vu sa peine réduite à 35 ans demprisonnement en guise de réparation des vices de procédure qui avaient entaché son arrestation et sa détention provisoire.

"Un jugement singulier"
Dans un communiqué de presse publié au lendemain du prononcé du jugement et de la sentence, l'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju-Duval, évoque un "singulier jugement que celui qui, pour établir des faits, commence par écarter ceux qui en sont les témoins directs!".

La chambre a jugé non crédible le témoignage de deux anciens journalistes de la RTLM, le Belge Georges Ruggiu et la Rwandaise Valérie Bemeriki. Elle a en outre "généralement" rejeté la version des événements fournie par l'accusé Nahimana.

Les juges ont estimé que Ferdinand Nahimana était "responsable de la ligne éditoriale de la RTLM" et n'avait rien fait "pour empêcher la radio de devenir cette machine de
guerre et de génocide".

Me Biju-Duval déclare, pour sa part que, "fondateur, parmi d'autres, de cette radio et membre de son conseil d'administration, Ferdinand Nahimana n'y a jamais occupé de fonction de direction, ne s'y est exprimé à aucun moment en 1994 et rompt avec elle dès le début des massacres avant même que les émissions ne basculent dans le crime".

Ferdinand Nahimana s'est d'abord réfugié à l'ambassade de France à Kigali, puis au Burundi, avant de faire un voyage en Tunisie, rappelle son avocat. "Peu importe, c'est lui, encore lui, toujours lui, qui selon les juges, doit diriger la RTLM", s'indigne Me Jean-Marie Biju-Duval.

L'avocat français affirme qu'en 1994, la RTLM diffusait sous la supervision "de son directeur effectif Phocas Habimana et de son rédacteur en chef Gaspard Gahigi, agissant sous le contrôle permanent de l'armée dont elle reçoit instructions, financement et matériel". Phocas Habimana et Gaspard Gahigi sont présumés décédés.

"Pas un acte, pas un mot, pas une parole ne relie directement et personnellement Ferdinand Nahimana au génocide" écrit Me Biju-Duval, dans son communiqué.

Pour lui, son client a été condamné parce qu'il fallait que "la radio du génocide trouve un coupable à sa mesure, un bouc émissaire médiatique, un coupable à dimension internationale et présenté comme tel à l'opinion mondiale"

De son côté, l'avocat américain Me John Floyd, qui représente Hassan Ngeze, a déclaré que ce jugement constitue "la pire des déceptions en matière de justice internationale. En trente cinq ans de pratique, je n'ai jamais vu une chose pareille", a-t-il dit. Me Floyd, de même que Me Biju-Duval, feront appel.

Liberté d'expression?
"Ce jugement est un scandale", a pour sa part renchéri le co-conseil de Ngeze, le Canadien Me René Martel.

"Mon client n'a fait qu'exercer sa liberté d'expression dans un contexte de guerre. Il y avait Radio Muhabura et des journaux proches du Front patriotique rwandais (FPR)", explique Me Martel. Selon le co-conseil de Ngeze, la revue Kangura réagissait aux messages de cette radio et aux publications pro-FPR.


Le jugement indique que "les articles de Kangura véhiculaient le mépris et la haine contre les Tutsis et en particulier contre les femmes tutsies présentées par le journal comme des femmes fatales".

La revue avait notamment publié les "dix commandements des Hutus" qui "décrivent les Tutsis comme oppresseurs et des personnes cherchant à éliminer les Hutus", relève le jugement.

"Kangura n'est pas l'auteur de ces dix commandements. Ils existaient depuis longtemps", rétorque Me Martel. La chambre a conclu que par le biais de Kangura, Hassan Ngeze a "empoisonné" les esprits des lecteurs et causé la mort de milliers de civils innocents.

Un tribunal "enchaîné"
Le troisième condamné, Jean Bosco Barayagwiza, affirme quant à lui, dans un communiqué parvenu à la presse, avoir été "jugé et condamné par un tribunal enchaîné".

Barayagwiza a boycotté ce procès depuis son ouverture en octobre 2000, alléguant que le Tribunal dArusha est manipulé par Kigali. "Le verdict confirme que le TPIR reste une machine à condamner et non pas un instrument de justice internationale", déclare le condamné Barayagwiza.

Pour lui, "il est devenu évident que son objectif[le TPIR] n'est pas de juger les responsables des crimes quelle que soit leur appartenance ethnique mais de traquer les leaders hutus, de faire semblant de les juger, de les condamner à des peines suffisamment lourdes pour qu'ils soient à jamais écartés du pouvoir".

Barayagwiza a été représenté par un avocat commis d'office, l'Italien Me Giacomo Barletta Caldarera. Celui-ci devrait également faire appel.

En plus de son rôle à la RTLM, Jean Bosco Barayagwiza, est, avec Hassan Ngeze, un des fondateurs de la Coalition pour la défense de la république (CDR), un parti radical anti-tutsi.

Le jugement indique qu'ils ont distribué des armes aux miliciens Impuzamugambi de ce parti et supervisé des barrages routiers où des Tutsis étaient tués.

ER/AT/GF/FH(ME'1205A)




3 DECEMBRE 2003
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TPIR/MEDIAS

PERPETUITE POUR DEUX RESPONSABLES DES MEDIAS DE LA HAINE ET UNE CONDAMNATION A 35 ANS DE PRISON

Arusha, 3 décembre 2003 (FH) - Deux anciens responsables de médias rwandais ont été condamnés mercredi à la prison à vie et un troisième à 35 ans de prison par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana, un des fondateurs et responsables de Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) et Hassan Ngeze, ancien directeur et rédacteur en chef de la revue extrémiste Kangura ont été condamnés à la prison à perpétuité, peine maximale au TPIR, tandis que leur co-accusé, Jean Bosco Barayagwiza, un autre fondateur de la RTLM, a été condamné à 35 ans de prison.

Tous ont été reconnus coupables d'entente en vue de commettre le génocide, de génocide, d'incitation publique et directe à commettre le génocide, de crimes contre l'humanité (extermination et persécution). Le Tribunal les a par ailleurs acquitté du chef de complicité dans le génocide et de divers chefs de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre.

Barayagwiza a échappé à la peine maximale suite aux vices de procédure qui ont entaché son arrestation et sa détention provisoire. La chambre d'appel du TPIR, dans un arrêt de mars 2000, avait ordonné que si jamais il était déclaré coupable au terme de son jugement en première instance, il devrait bénéficier d'une réduction de la peine, compte tenu de ces violations de ses droits. Le jugement indique que les huit ans qu'il vient de passer en détention seront déduits de sa peine.

"Vous étiez un universitaire de renom, professeur d'histoire à luniversité nationale du Rwanda. Vous étiez directeur de l'Office Rwandais de l'information et fondateur de la RTLM.[&] Vous étiez pleinement au courant de la puissance des mots, vous avez utilisé la radio-le média de communication qui atteint le plus grand nombre de gens-pour propager la haine et la violence", a indiqué la présidente de la chambre, la Sud-africaine Navanethem Pillay, à l'adresse de Nahimana.

L'ancien professeur, sanglé dans un costume noir, était debout, calmement, pour écouter la sentence.

S'adressant à Hassan Ngeze, la juge Pillay a déclaré "au lieu d'utiliser votre média pour promouvoir les droits de lhomme, vous l'avez utilisé pour attaquer et détruire ces droits"

La juge a ajouté: "vous avez empoisonné les esprits de vos lecteurs, et , par les mots et les actes, causé la mort de milliers de civils innocents."

Jean Bosco Barayagwiza, qui a boycotté tout le procès, n'était pas présent dans le prétoire.

"Jean Bosco Barayagwiza et Ferdinand Nahimana étaient responsables de la ligne éditoriale de la RTLM mais ils n'ont rien fait pour empêcher la radio de devenir cette machine de guerre et de génocide", a indiqué la juge Pillay.

La juge a décrit la RTLM comme "une radio dangereuse et nocive" et elle a relevé "le rire sarcastique, et le ricanement" de cette radio.

"La RTLM a développé des clichés ethniques qui ont eu pour effet de promouvoir le mépris et la haine contre les Tutsis", a poursuivi la juge.

Parlant de Kangura, la juge Pillay a affirmé que cette publication a été "le pavé qui a ouvert la voie au génocide, en entraînant la population hutue dans une folie meurtrière".

"Les articles de Kangura véhiculaient le mépris et la haine contre les Tutsis et en particulier contre les femmes tutsies présentées par le journal comme des femmes fatales", a estimé la chambre.

Le jugement indique par ailleurs que Hassan Ngeze et Jean Bosco Barayagwiza ont distribué des armes aux miliciens Impuzamugambi de la Coalition pour la défense de la république (CDR).

Les deux hommes comptent parmi les fondateurs de ce parti radical anti-tutsi. Jean Bosco Barayagwiza était par ailleurs un des plus hauts responsables de la CDR.

S'exprimant lors d'un point de presse à la fin de la lecture du jugement, le procureur du TPIR, le Gambien Hassan Bubacar Jallow, s'est dit satisfait du jugement et de la sentence.

"Le tribunal vient d'établir un précédent international, selon lequel ceux qui utilisent les médias pour cibler un groupe ethnique pour le détruire feront face à la justice", s'est-il réjoui.

Son prédécesseur, la Suissesse Carla Del Ponte, a assisté au prononcé du jugement.
ER/AT/DO/FH(ME'1203A)




3 DECEMBRE 2003
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TPIR/PARQUET


« LE TPIR A ETABLI UN NOUVEAU PRECEDENT AVEC LE JUGEMENT DANS LE PROCES DE MEDIAS », DECLARE LE PROCUREUR

Arusha, le 3 décembre 2003 (FH) – Hassan Boubacar Jallow, le nouveau procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a déclarémercredi lors d’une point presse que le TPIR avait établi un nouveau précédent pour la justice internationale avec le jugement dans le procès dit des « médias de la haine ».

Le jugement, rendu le même jour, a condamné Hassan Ngeze, ex-rédacteur en chef de la revue extrémiste Kangura, et Ferdinand Nahimana, fondateur de la
Radio-Télévision Libre des mille Collines (RTLM) à la prison vie. Le troisième co-accusé dans ce procès, Jean-Bosco Barayagwiza, également membre fondateur de la RTLM et conseiller politique, a écopé de 35 ans. De cette peine, seront déduites les quelque sept années passées en préventive au centre de détention des Nations-Unies, à Arusha.

« C’est un précédent en ce qui concerne la liberté d’expression, la liberté de la presse, et la limitation de ces droits » à déclaré Jallow. « Ces droits ne doivent pas être utilisés en tant qu’armes de destruction, mais en tant qu’outils de solidarité nationale, de stabilité sociale, » a-t-il ajouté.

« Pour la première fois, un tribunal international a statué sur des allégations de crimes commis par voie de communication écrite ou audio, » a commenté Jallow. « Au cours de ce procès, la preuve a été faite que les organes médiatiques contrôlés par les accusés ont joué un rôle-clé dans la propagation du génocide au Rwanda, en affaiblissant la résistance au meurtre et en servant de moyens de commande, de contrôle et de communication afin de diriger les tueurs vers leurs victimes », a-t-il indiqué.

Il a également commenté, et salué, le jugement rendu lundi dans l’affaire de l’ex-maire de Mukingo, Juvénal Kajelijeli. Ce jugement, « également
historique », a condamné « un homme entièrement dévoué à une mauvaise cause, » a indiqué le procureur.

Jallow a été nommé procureur du seul TPIR en août dernier, et a pris ses fonctions le 15 septembre. Ces deux jugements sont les premiers de son mandat.

Dressant ensuite un premier bilan de l’année 2003, le procureur s’est réjoui que le TPIR « fonctionne bien, même si beaucoup reste encore à faire ». Il faisait ainsi écho aux récentes déclarations du représentant du gouvernement rwandais au TPIR, Martin Ngoga. Ce dernier avait déclaré la même chose à l’ agence Hirondelle, qui l’avait interrogé sur le sentiment de Kigali suite au jugement Kajelijeli.

Depuis le débuts des procès, en janvier 1997, dix-sept personnes ont été jugées au TPIR. Cette année, la présentation des preuves à charge et à décharge s’est achevée dans le cas de six autres, laissant espérer des jugements dans les prochains mois et dix-huit autres accusés sont actuellement en procès, dont les leaders politiques et militaires de l’ancien régime rwandais.

Le jugement dans le procès des médias est le cinquième rendu cette année, faisant de 2003 l’année la plus productive en terme de jugements dans l’ histoire de la juridiction internationale.

CE/GF/FH (PQ’1203A)




21 NOVEMBRE 2003
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TPIR/MEDIAS

JUGEMENT LE 3 DECEMBRE DANS LE PROCES DES MEDIAS

Arusha, 21 novembre 2003 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) rendra son jugement le 3 décembre dans le procès dit « des médias », a-t-on appris vendredi de source officielle.

L’affaire regroupe trois figures du monde des médias rwandais d’avant et pendant le génocide. Ferdinand Nahimana et Jean Bosco Barayagwiza comptent parmi les fondateurs de la Radio télévision libre des mille collines (RTLM). Hassan Ngeze était, quant à lui, propriétaire et rédacteur en chef de la revue extrémiste hutue Kangura.

« Je peux vous confirmer que le verdict sera rendu le 3 décembre », a indiqué une source au greffe du tribunal.

Les accusés sont notamment poursuivis pour incitation à commettre le génocide. Le procureur soutient que leurs deux médias visaient un objectif commun: la promotion de l'idéologie hutue extrémiste et l'incitation à la haine et à la violence contre les Tutsis.

Si Nahimana et Ngeze ont comparu devant le tribunal pour protester de leur innocence, Barayagwiza a, quant à lui, boycotté le procès depuis son ouverture en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par Kigali.

Le procès des médias est considéré comme l’un des plus importants de l’ histoire de cette juridiction internationale.

Un autre jugement, celui de l’ancien maire de Mukingo (province de Ruhengeri, nord du Rwanda), Juvénal Kajelijeli, sera rendu le 1er décembre.

ER/CE/FH (ME 11 21’A)



22 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


JEAN-BOSCO BARAYAGWIZA EST INNOCENT, AFFIRME SA DEFENSE

Arusha, le 22 août 2003 (FH)- L'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, est innocent, a affirmé son avocat au cours de sa plaidoirie vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Jean-Bosco Barayagwiza est coaccusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès "des médias de la haine". Il est poursuivi notamment pour entente et incitation directe et publique et publique à commettre le génocide.

"Jean-Bosco Barayagwiza est un homme probe, courageux, animé de sentiments que j'estime partageables" a déclaré l'avocat italien Me Giacomo Barletta Caldarera, qui défend l'accusé contre son gré.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte son procès depuis son ouverture le 23 octobre 2000 et ne reconnaît pas son avocat commis "dans l'intérêt de la justice".

Me Caldarera, qui a souligné la difficulté de défendre un accusé non consentant, a déclaré qu'il fondait son opinion sur les écrits de l'accusé ainsi que les témoignages recueillis auprès de ceux qui l'ont côtoyé.

L'avocat italien a affirmé que le procureur n'a pas prouvé la culpabilité de l'accusé.

Dans son réquisitoire au début de la semaine, le procureur a indiqué que Jean-Bosco Barayagwiza était "le numéro deux de la RTLM" après Ferdinand Nahimana, un de ses coaccusés.

Le procureur l'a en outre qualifié de premier responsable du parti taxé de radicalisme anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR).

Selon Me Caldarera, au lieu de prouver la conduite criminelle de l'accusé, le procureur a considéré que les organisations auxquelles il appartenait étaient "d'office" extrémistes.

Me Caldarera a estimé que le procureur n'a pas, entre autres, démontré que, de par ses statuts, la CDR discriminait les Tutsis.

"La CDR ne va pas prêcher la discrimination basée sur l'ethnie. La seule réalité qu'elle reconnaît, c'est l'existence de trois ethnies distinctes au Rwanda", les Hutus, les Tutsis et les Twas, a indiqué Me Caldadera.

L'avocat a nié que son client ait "idéologisé la supériorité ethnique"

Outre Barayagwiza et Nahimana, ce procès concerne également l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procureur a requis la prison à vie contre les trois accusés. Comme les avocats de Nahimana et de Ngeze, Me Caldarera plaide l'acquittement. Le procès sera en délibéré dès vendredi après-midi. Une source au sein du TPIR a indiqué à l'agence Hirondelle que le verdict serait rendu "à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine"

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0822A)





22 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


PROCES MIS EN DELIBERE APRES PRES DE TROIS ANS DE DEBATS

Arusha, le 22 août 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a été mis en délibéré vendredi après près de trois ans de débats devant la première chambre du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les accusés sont deux initiateurs de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procureur affirme que ces médias visaient un objectif commun: la promotion de l'idéologie hutue extrémiste et l'incitation à la haine et la violence contre les Tutsis. Le procureur a requis la prison à vie contre les trois accusés.

Les avocats, de leur côté, indiquent que le procureur n'a pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable la culpabilité des accusés et plaident l'acquittement. La défense réfute l'ensemble des témoignages à charge, dont elle dénonce "l'extrême fragilité, quand ce n'est pas l'extrême dangerosité, non pas pour l'accusé, mais pour la justice".

Ferdinand Nahimana, 53 ans, est représenté par l'avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval et une consoeur anglaise, Me Diana Ellis, Hassan Ngeze, 46 ans, par l'avocat américain Me John Floyd et un confrère canadien Me Rene Martel et Jean-Bosco Barayagwiza, 50 ans, par l'avocat italien Me Giacomo Barletta Caldarera.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte son procès depuis son ouverture le 23 octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayayagwiza ont été arrêtés au Cameroun le 26 mars 1996, Hassan Ngeze au Kenya le 18 juillet 1997.

Le parquet a cité quarante-sept témoins dans cette affaire, la défense quarante quatre.

Le procès des médias se déroule devant l'ancienne première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH/(ME'0822B)




21 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


ACQUITTEMENT DEMANDE POUR L'ANCIEN JOURNALISTE HASSAN NGEZE


Arusha, 21 août 2003 (FH)- Les avocats de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ont plaidé son acquittement au terme de leurs plaidoiries jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Le fait que Ngeze n'a publié aucun numéro de Kangura entre avril et juillet 1994 est un moyen de preuve suffisant qu'il n'est pas coupable de génocide ou d'incitation au génocide. Le procès devrait s'arrêter là", a plaidé l'avocat principal, l'Américain Me John Floyd.

Me Floyd a ajouté que "Kangura n'était pas un journal de grande envergure. Aucun lien n'a été établi entre l'assassinat d'une personne et un article de Kangura."

"Je ne vois pas par quelle gymnastique on essayerait de relier Hassan Ngeze à un acte criminel", a affirmé Me Floyd.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux membres du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Me Floyd a nié toute entente entre Ngeze et ses coaccusés.

S'agissant particulièrement de Ferdinand Nahimana, Me Floyd a indiqué rien ne permettrait de les rapprocher. Selon l'avocat, "dix années les séparent. Ils sont de niveaux intellectuels différents. Ils proviennent de communes différentes. Ils ont exprimé des dédains réciproques."

Le co-conseil de Ngeze, l'avocat canadien Me Rene Martel, a déclaré que la "thèse du bureau du procureur est d'une faiblesse terrible. Je dirais même plus, elle est frauduleuse"

Les avocats de Hassan Ngeze ont estimé que le procureur n'a pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable la culpabilité de l'accusé.

"Pour prouver que Hassan Ngeze est coupable de quoi que ce soit, il faudrait ignorer nos témoins. Je ne vois pas comment on le ferait", a estimé Me Floyd.

Les avocats ont demandé aux juges d'éviter "d'être prisonniers des émotions suscitées par la gravité des charges"

Vendredi, le Tribunal entendra les plaidoiries de la défense de Jean-Bosco Barayagwiza. Ce dernier ne se présente pas au procès depuis son ouverture en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est représenté par un avocat qu'il ne reconnaît pas.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


AT/GF/FH(ME'0821C)






21 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE N'EST PAS UN ASSASSIN, A PLAIDE SA DEFENSE

Arusha, 21 août 2003 (FH)- Les avocats de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ont affirmé que leur client n'est pas un assassin, lors de leurs plaidoiries finales jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux autres personnes dans le procès des "médias de la haine".

Il est poursuivi entre autres pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide et pour crimes contre l'humanité.

"On ne prétend pas que Hassan Ngeze est l'homme le plus discipliné de la terre. Mais ce n'est pas un assassin. C'est un homme bon", a déclaré l'avocat canadien Me René Martel, qui défend Hassan Ngeze. Me Martel assiste l'avocat américain Me John Floyd dans sa défense. L'avocat canadien a ajouté que Hassan Ngeze "ne faisait pas la distinction entre les groupes ethniques".

"La porte de la maison de Hassan Ngeze était toujours grande ouverte. Tout le monde y venait", a poursuivi Me Martel, en reprenant les propos ténus par un témoin à décharge.

"Ngeze ne pratiquait pas la discrimination contre qui que ce soit. Il aimait les gens", a soutenu Me René Martel.

Les avocats de Hassan Ngeze ont toute la journée de jeudi pour présenter leurs arguments. Ils devraient plaider l'acquittement. Le procureur a déjà requis la prison à vie.

Outre Hassan Ngeze, ce procès concerne deux membres du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Le procès a commencé en octobre 2000.


Il se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0821B)





21 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


HASSAN NGEZE AUTORISE A PLAIDER

Arusha, 21 août 2003 (FH)- L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a été autorisé à présenter ses arguments, lors des plaidoiries finales jeudi dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

En conflit permanent avec ses avocats, Hassan Ngeze a souvent obtenu de contre-interroger des témoins du parquet depuis le début du procès en octobre 2000, à la suite de ses défenseurs.

Jeudi matin, la défense de Hassan Ngeze a indiqué que l'accusé aurait quarante cinq minutes pour exposer ses points de vue. Le reste de la journée sera meublé par les plaidoiries proprement dites des avocats.

Hassan Ngeze est représenté par l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel.

Il est poursuivi notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide en utilisant son journal et pour assassinats. Il plaide non coupable.

Dans son intervention, Hassan Ngeze a déclaré qu'il avait "fait de son mieux pour sauver un grand nombre de personnes" pendant le génocide.

L'accusé a par ailleurs affirmé qu'il avait "donné des signes d'avertissement" pour prévenir les massacres et que, ultérieurement, il en a condamné les auteurs. "J'ai condamné les autorités responsables des massacres. Je les ai citées notamment. Et on m'accuse d'entente. Entente avec qui?", a-t-il demandé.

Avant l'intervention de Hassan Ngeze, Me Floyd avait déclaré que la preuve présentée par le procureur est "incohérente". Me Floyd a demandé que "chaque indice d'innocence bénéficie à Hassan Ngeze"

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux membres du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0821A)





20 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS


FERDINAND NAHIMANA N'APPARTIENT A AUCUNE ENTENTE CRIMINELLE, SELON SA DEFENSE

Arusha, 20 août 2003 (FH)- Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", n'appartient à aucune entente criminelle, a affirmé un de ses avocats, mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju Duval, a déclaré au cours de sa plaidoirie que l'accusé est "victime de l'exploitation politicienne des événements".

Le procureur du TPIR accuse Ferdinand Nahimana notamment d'entente et d'incitation directe et publique à commettre le génocide. Il plaide non coupable.

Me Biju Duval a indiqué que "la seule entente à laquelle Ferdinand Nahimana croit, à l'origine et jusqu'à présent, c'est la nation, c'est le peuple. Et il y participe à un moment clé de l'histoire du Rwanda: celui des accords d'Arusha et de la formation du gouvernement de transition à base élargie" issu de ces accords.

Ferdinand Nahimana avait été désigné par le parti de l'ancien président Juvénal Habyarimana comme un de ses représentants au sein du gouvernement de transition auquel devait être associé l'ex-rébellion à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR).

"Si Ferdinand Nahimana avait été cet homme de l'affrontement ethnique, de la discrimination ethnique, il n'aurait pas été admis dans ce gouvernement de paix", a plaidé Me Biju Duval.

L'avocat français se fondait notamment sur une lettre adressée à la commission parlementaire française sur le Rwanda par Faustin Twagiramungu, qui devait diriger ce gouvernement.

Me Biju Duval a du coup réfuté les allégations selon lesquelles Ferdinand Nahimana se serait associé avec des mouvements taxés d'extrémisme comme le parti Coalition pour la défense de la République (CDR) et "hutu power".

"Ferdinand Nahimana n'appartient à aucun des éléments de cette nébuleuse présentée comme extrémiste qui se développe au Rwanda" dans les années 1990, a plaidé Me Biju Duval.

Pour l'avocat français, "il y a deux camps et Nahimana se situe dans celui qui prône l'unité sur la base d'une histoire commune, d'une culture commune."

Me Biju Duval a soutenu que la radio RTLM n'a pas été créée pour inciter au génocide. Le défenseur de Ferdinand Nahimana a néanmoins indiqué qu'après le 6 avril 1994, la RTLM a été "réquisitionnée" par l'armée qui en a fait un outil de la guerre.

Ferdinand Nahimana avait pour sa part fui les combats et n'est plus entré en contact avec la radio RTLM et son personnel, a indiqué son avocat. "Pour une radio, on ne peut pas diriger à distance. C'est lorsque Ferdinand Nahimana n'a plus aucun lien avec la RTLM qu'elle devient criminelle. Il n'y est plus, il n'y est plus rien, il n'y est pour rien", a-t-il souligné.

Me Biju Duval a demandé que son client cesse d'être "un bouc émissaire" du procès des médias. "On ne fonde pas une condamnation sur une exégèse hasardeuse, on ne construit pas un procès sur l'équivoque, l'ambiguïté et les interprétations basées sur le double sens", a-t-il indiqué à l'adresse du procureur.

S'adressant ensuite à la chambre, Me Biju Duval a déclaré: "Ne jugez que sur des certitudes et non sur des miettes de preuve ou sur des témoins qui se moquent de la justice".

Pour l'avocat, les magistrats ont affaire à "un homme qui n'a jamais cessé de lutter pour l'unité du peuple rwandais et qui n'a jamais tenu un autre langage".

La défense de Nahimana a plaidé l'acquittement.

Jeudi, le Tribunal entendra les plaidoiries de la défense de Hassan Ngeze, un des coaccusés de Ferdinand Nahimana.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/GF/FH(ME'0820C)




20 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

FERDINAND NAHIMANA DEVRAIT ETRE ACQUITTE, SELON SES AVOCATS

Arusha, 20 août 2003 (FH)- Les avocats de Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" ont plaidé son acquittement mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju Duval, a affirmé que le procureur n'a pas prouvé la culpabilité de son client et a réclamé qu'il soit déclaré innocent.

"Vous êtes là pour juger, non sur des rumeurs, non sur des exégèses subtiles, mais sur des faits, des paroles entendues, des écrits diffusés. Et c'est pourquoi après huit années d'enquêtes- auxquelles a également participé la défense- après plus de trois ans de procès, en ma qualité d'avocat, je vais vous demander l'acquittement de Ferdinand Nahimana" a indiqué Me Biju Duval.

L'avocat français a estimé qu'aux hypothèses et aux allégations non fondées du procureur, la défense de Ferdinand Nahimana a opposé des faits.

"Aujourd'hui il est clair que rien permet de rattacher Ferdinand Nahimana à un quelconque des crimes qui lui sont reprochés", a souligné Me Jean-Marie Biju Duval.

Ferdinand Nahimana est poursuivi notamment pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et pour crimes contre l'humanité. Il plaide non coupable.

Le procureur allègue qu'il était "le patron" de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994, selon un bilan établi par Kigali.

Me Biju Duval a déclaré qu'"il n'en est rien. Il rompt définitivement avec cette radio avant même qu'elle ne bascule dans le génocide".

Membre du comité d'initiative de la RTLM, Ferdinand Nahimana affirme qu'entre avril et juillet 1994, cette station de radio était tombée entre les mains des extrémistes et "ne nous appartenait plus".

Me Biju Duval a affirmé que "tout le procès a montré que Ferdinand Nahimana est clairement l'homme d'une idée fixe, immuable: celle de l'unité nationale, d'un peuple-nation, face aux dangers du régionalisme et de l'ethnisme".

Le procureur accuse Ferdinand Nahimana de discriminer les Tutsis et les Hutus qui ne sont pas de sa région natale, le nord du Rwanda. Me Biju Duval a indiqué que les accusations lancées contre Ferdinand Nahimana ont été concoctées après le génocide, parce que, en tant qu'intellectuel, il correspondait au "coupable idéal".

"C'est un des fondateurs de la RTLM. Il est question d'un crime de la pensée, un crime de la parole. Il est historien. Il est devenu directeur de l'ORINFOR [Office rwandais d'information] Et le lien est vite fait", a plaidé Me Biju-Duval.

Le défenseur de Ferdinand Nahimana a expliqué que "avant le génocide, on ne présentait pas Ferdinand Nahimana comme l'homme de l'affrontement génocidaire, comme l'homme des Hutus contre les Tutsis, ni comme la cheville ouvrière de la RTLM. Il ne le devient qu'après les massacres , alors qu'on sait qu'il n'y a joué aucun rôle.", a-t-il ajouté.

Me Biju Duval a réfute l'ensemble des témoignages à charge, dont il a dénoncé "l'extrême fragilité, quand ce n'est pas l'extrême dangerosité, non pas pour l'accusé, mais pour la justice".

Me Biju Duval est assistée de l'avocate anglaise Me Diana Ellis dans la défense de Ferdinand Nahimana. Me Ellis a déclaré que"le procureur semble faire un amalgame en évoquant un comportement discriminatoire" en ce qui concerne Ferdinand Nahimana.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec Jean-Bosco Barayagwiza, un autre membre du comité d'initiative de la RLM, ainsi qu'avec Hassan Ngeze, ancien directeur et rédacteur en chef de la revue taxée d'extrémisme, Kangura.

Jean-Barayagwiza ne se présente pas au procès. Le parquet a requis la prison à vie contre les trois coaccusés.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0820B)




20 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

LA DEFENSE A COMMENCE SES PLAIDOIRIES DANS LE PROCES DES MEDIAS



Arusha, 20 août 2003 (FH)- Les avocats de la défense ont commencé leurs plaidoiries mercredi matin dans le procès de trois rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les accusés sont deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

C'est la défense de Ferdinand Nahimana qui a pris la parole en premier. Ferdinand Nahimana est défendu par l'avocat français Me Jean-Marie Biju Duval et une consoeur anglaise, Me Diana Ellis.

Me Ellis a d'emblée déclaré que les preuves documentaires présentées contre Ferdinand Nahimana proviennent d'une source non crédible, les archives de l'ancienne rébellion à dominante tutsie actuellement au pouvoir à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPR).

"Etant donné que ce pays contrôle les archives, il donne ce qu'il veut donner.", a indiqué Me Ellis, suggérant "la manipulation". Pour Me Ellis, à aucun moment du procès, le procureur n'a donné "la chaîne de conservation de ces documents, c'est à dire de la source jusqu'au moment où ils sont présentés".

"Ces mêmes principes sont applicables sur des émissions [de radio] qui ne sont présentées que sous forme de copies", a-t-elle poursuivi, donnant en exemple "la nature incomplète" des interviews de Ferdinand Nahimana, notamment le 26 avril 1994.

Me Ellis a également mis en garde la chambre contre la rumeur et les fausses identifications de son client par les témoins de l'accusation.

"La question de l'identification se pose[...] Quand bien même Ferdinand Nahimana a occupé certains postes d'autorité, il y a lieu de rappeler qu'il a vécu dans un pays qui ne possédait pas la télévision".

Les plaidoiries se poursuivront jusque vendredi. Le parquet a requis la prison à vie contre les trois accusés.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0820A)




19 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

LE PROCUREUR REQUIERT L'EMPRISONNEMENT A VIE CONTRE TROIS ANCIENS RESPONSABLES DES MEDIAS

Arusha, 19 août 2003 (FH)- Le procureur a requis l'emprisonnement à vie pour trois Rwandais accusés d'incitation au génocide, au terme de son réquisitoire mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les accusés sont deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le substitut camerounais du procureur, William Egbe, a soutenu que les accusés ne devraient bénéficier d'aucune circonstance atténuante, rapporte l'agence Hirondelle.

"Le génocide qui est le crime retenu contre les trois accusés est le crime suprême qui puisse être commis. Le crime contre l'humanité est également un crime grave. Ce sont les crimes qui choquent la conscience de l'humanité", a argumenté William Egbe..

Le parquet affirme que les médias dont les accusés étaient responsables visaient un même objectif, à savoir promouvoir l'idéologie hutue extrémiste et inciter à la haine et la violence contre les Tutsis.

William Egbe a décrit Ferdinand Nahimana comme "le directeur de la RTLM. C'était le patron. C'est lui qui tenait les rênes", a-t-il dit.

Il a ajouté que l'accusé Nahimana avait créé la RTLM, "le monstre qui a contribué à l'extermination de près d'un million de Rwandais".

"C'est quelqu'un dont l'autorité n'a jamais été contestée. C'était le conseiller politique aux affaires présidentielles de Sindikubwabo [le président intérimaire]. Il était professeur, le théoricien du génocide", a poursuivi William Egbe pour étayer son importance au sein de la société rwandaise en 1994.

S'agissant de Jean-Bosco Barayagwiza, en plus de son rôle à la RTLM, le représentant du parquet a indiqué qu'il était à la tête du parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR) et qu'il contrôlait les miliciens qui ont commis les massacres.

Le représentant du parquet a ajouté que son boycott du procès devrait être une circonstance aggravante supplémentaire.

En ce qui concerne Hassan Ngeze, Willam Egbe a estimé que "les preuves démontrent un responsable qui exerçait un contrôle sur les événements. Il n'était pas un vulgaire participant qui a suivi la foule: Loin de là."

Le procureur a allégué qu'il avait participé avec "fanatisme" à la campagne d'extermination des Tutsis. "Il est manifeste que la campagne menée par Hassan Ngeze ne se menait pas uniquement dans la presse. Elle se menait également dans la milice.", a soutenu William Egbe.

Ngeze est accusé de massacres de Tutsis dans sa région d'origine de Gisenyi (nord-ouest du Rwanda) et dans la ville de Kigali, la capitale.

"Ngeze était mobile, il était comme une météorite. Il se déplaçait comme la foudre. Ce n'est pas le messie, il a tué ", a conclu William Egbe.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Mercredi, la défense présentera ses plaidoiries.

AT/GF/FH(ME'0819B)




19 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

NAHIMANA ET BARAYAGWIZA DOIVENT REPONDRE DE LA RTLM, SELON LE PROCUREUR

Arusha, le 19 août 2003 (FH)- Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza devraient être tenus responsables des émissions de la Radio-télévision libre des Mille colllines qui a incité au génocide anti-tutsi en 1994, a déclaré le procureur mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le parquet était à la deuxième journée de son réquisitoire dans le procès de trois Rwandais poursuivis depuis octobre 2000 pour utilisation des médias à des fins de génocide.

Membres du comité d'initiative de la RTLM, Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza sont coaccusés avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Le procureur accuse Kangura d'avoir créé au Rwanda une situation de "racisme exacerbé" qui a préparé le génocide.

Evoquant le rôle des accusés Nahimana et Barayagwiza au sein de la RTLM, la représentante américaine du bureau du procureur, Simone Monasebian, a indiqué qu' "ils étaient responsables, patrons de cette radio."

Simone Monasebian a indiqué que les accusés "avaient une mainmise sur l'administration et les émissions de la RTLM".

La représentante du procureur a affirmé que "ces personnes signaient en connaissance de cause des reçus et divers documents qui ont permis à la RTLM de poursuivre ses activités". "Qui tient la bourse dicte le comportement", a argumenté Simone Monasebian.

Dans sa déposition au cours du procès, Ferdinand Nahimana a signalé que le directeur de la RTLM était un certain Phocas Habimana. Le procureur estime que Phocas Habimana était "un pantin". L'accusation ajoute que Ferdinand Nahimana fuit sa responsabilité en culpabilisant "les personnes manquantes ou décédées".

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Pour le procureur, "Jean-Bosco Barayagwiza est peut-être quelqu'un d'absent dans ce procès, mais il n'était pas absent à la RTLM". Juriste de formation, le parquet le considère comme un partisan de la campagne d'extermination des Tutsis.

"Barayagwiza ne vient pas au prétoire, parce qu'il s'estime au dessus de la loi", a déclaré Simone Monasebian.

Le procureur soutient que les émissions de la RTLM ont incité au génocide et que Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco en étaient informés. L'accusation leur reproche notamment de n'avoir pas pris des mesures pour arrêter les émissions "incendiaires" de la RTLM ou en punir les auteurs.

Le parquet allègue qu'entre Ferdinand Nahimana et les journalistes de la RTLM, il existait un lien de subordination "de jure et de facto".

Le procureur a par ailleurs accusé Hassan Ngeze d'avoir "créé la crainte au sein du groupe ethnique hutu et jeté les bases pour pouvoir aboutir à l'extermination des Tutsis".

Les réquisitions du procureur sont attendues mardi soir. Le procureur entend demander aux juges de "rendre un verdict qui décourage toute répétition de tels actes".

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH(ME'0819A)



18 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

LE PROCUREUR A ENTAME SON REQUISITOIRE DANS LE PROCES DES MEDIAS

Arusha, le 18 août 2003 (FH) - Le procureur a entamé son réquisitoire dans le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, lundi matin devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Considéré comme l'un des plus importants dont le TPIR est saisi, le procès "des médias de la haine" concerne deux présumés hauts responsables de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

En entamant son réquisitoire, le substitut américain du procureur Stephen Rapp a déclaré que pendant le génocide anti-tutsi en 1994, " il y a eu une synergie entre les militaires, les milices, les autorités locales qui dirigeaient les tueries sur le terrain et qui ont bénéficié de nouvelles recrues à travers la campagne médiatique".

Stephen Rapp a affirmé que la radio a eu un impact considérable dans l'incitation au génocide.

"C'était la RTLM qui guidait l'activité des gens ordinaires pendant le génocide", a allégué le représentant du parquet, ajoutant à quel point étaient frappantes l'intensité des tueries, la rapidité avec laquelle elles ont été exécutées, le nombre élevé de participants aux massacres ainsi que celui des victimes.

Un million de Tutsis et d'opposants hutus ont été massacrés en trois mois, selon un décompte du gouvernement rwandais.

Stephen Rapp a déclaré que Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza contrôlaient la RTLM et son personnel. Les accusés le nient.

"Ils ont dirigé cette radio à distance mais de manière effective", a estimé Stephen Rapp.

S'agissant de Hassan Ngeze, le représentant du parquet lui a notamment reproché la publication des "dix commandements des Hutus" par Kangura en décembre 1990 . Selon le procureur, les dits commandements "décrivent lesTutsis comme oppresseurs et des personnes cherchant à éliminer les Hutus".

D'après le procureur, les auteurs des massacres se présentent souvent comme des victimes pour entraîner les autres personnes dans le crime.

Le procureur a deux jours pour présenter son réquisitoire, avant de céder la place à la défense.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa.

Lundi matin, le juge Gunawardana était indisponible pour des raisons de santé. Les avocats avaient demandé l'ajournement des débats jusqu'à son retour mais leur requête a été rejetée.

Le procès a commencé le 23 octobre 2000. Jean-Bosco Barayagwiza l'a toujours boycotté, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayayagwiza ont été arrêtés au Cameroun le 26 mars 1996, Hassan Ngeze au Kenya le 18 juillet 1997.

AT/GF/FH/(ME'0818A)



14 AOUT 2003
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TPIR/MEDIAS

PLAIDOIRIES LA SEMAINE PROCHAINE DANS L'UN DES PLUS IMPORTANTS PROCES DEVANT LE TPIR

Arusha, le 14 août 2003 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) entendra du 18 au 22 août prochain les plaidoiries dans le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide.

Considéré comme l'un des plus importants dont le TPIR est saisi, le procès des "médias de la haine" concerne deux présumés hauts responsables de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procureur allègue que la radio RTLM et la revue Kangura ont incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juillet 1994, selon une estimation du gouvernement.


Les accusés
Né en 1950 à Gatonde (province Ruhengeri, nord du Rwanda), Ferdinand Nahimana est historien et ancien professeur à l'Université nationale du Rwanda (UNR). De décembre 1990 à mars 1992, il a dirigé l'Office rwandais d'information (ORINFOR), un établissement public qui gère l'ensemble des médias du gouvernement. En 1994, il était un des ministres désignés par l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), pour le représenter au sein du gouvernement de transition à base élargie auquel devait être associé l'ex-rébellion à dominante tutsie aujourd'hui au pouvoir à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPR).

Jean-Bosco Barayagwiza, quant à lui, est né en 1950 en commune Mutura (province Gisenyi, nord-ouest du Rwanda). Après ses études supérieures dans l'ex-Union Soviétique, il a fait sa carrière au sein de l'administration du ministère des affaires étrangères et dans la diplomatie. Il a été notamment haut cadre au siège de l'Organisation de l'Unité africaine (actuellement Union Africaine) à Addis Abbeba. En 1994, il était directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères. Jean-Bosco Barayagwiza est un des membres fondateurs du parti accusé de radicalisme anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR). Il dirigeait son comité régional à Gisenyi.

Le troisième accusé, Hassan Ngeze, est né en commune Rubavu à Gisenyi en 1961, selon les documents officiels du Tribunal. Le concerné, de son côté, affirme qu'il est né en 1957. "C'est ce que m'a dit ma mère", a-t-il indiqué. Contrairement à ses deux coaccusés qui sont des intellectuels, Hassan Ngeze a un parcours particulier. Selon des témoins de l'accusation , il aurait d'abord été cordonnier, puis "convoyeur" de bus (aide-chauffeur) et "changeur de monnaie" avant de devenir journaliste. Hassan Ngeze affirme avoir commencé à exercer le métier de journaliste en 1978 en collaborant à "différents journaux rwandais". C'est en mai 1990 qu'il crée la revue Kangura. Comme Jean-Bosco Barayagwiza, Hassan Ngeze est parmi les fondateurs du parti CDR.

Kangura et RTLM
La RTLM a entamé ses émissions en juillet 1993, trois ans après la création de Kangura.

Le procureur affirme que les deux médias visaient un même objectif, à savoir promouvoir l'idéologie hutue extrémiste et inciter à la haine et la violence contre les Tutsis.

"Depuis sa création, une collaboration étroite a été établie entre la RTLM et le journal Kangura en matière d'incitation à la haine ethnique et de la préparation des listes avec des noms des membres de la population tutsie et des Hutus modérés à exterminer", indique le procureur.

Selon l'accusation, les émissions de la RTLM et les articles de Kangura "reprenaient la description des Tutsis comme étant l'ennemi et les membres de l'opposition comme étant leurs complices".

Les deux médias utilisaient des expressions désobligeantes telles que Inyenzi (cancrelats) à l'égard des Tutsis et des opposants et les qualifiaient de traîtres qui méritent la mort, ajoute le procureur.

"Dans l'une de ses premières éditions en décembre 1990, le journal Kangura publia "les dix commandements des Bahutus" qui constituaient non seulement un appel sans équivoque au mépris et à la haine de la minorité tutsie mais aussi une diffamation et une persécution à l'encontre des femmes tutsies", indique l'acte d'accusation.

Evoquant le rôle joué par la RTLM, le procureur affirme que cette radio était, dans un premier temps, axée sur la musique et d'autres programmes populaires, avant qu'elle ne fasse évoluer sa stratégie, "pour aboutir, en 1994, à l'incitation à l'extermination des Tutsis et l'élimination des Hutus de l'opposition".

Au lendemain de l'attentat mortel du 6 avril 1994 contre l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, la RTLM est devenue, "une arme indispensable" dans l'exécution du génocide, allègue le procureur.

Allégations spécifiques
Le procureur allègue que Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza faisaient partie du comité d'initiative de la RTLM, l'organe fondateur de cette radio et qu'à ce titre, ils avaient le contrôle sur les émissions ainsi que sur le personnel de la station, notamment les journalistes et les présentateurs.

Ferdinand Nahimana est décrit comme "l'idéologue" et le "stratège" de la RTLM.

Ferdinand Nahimana est en outre accusé de haïr les Tutsis. Selon le procureur, il aurait "écrit et publié des articles et des ouvrages qui montaient la population contre les Tutsis et les Hutus modérés et qui prônaient la supériorité des Hutus du nord" du Rwanda sur les autres habitants.

Jean-Bosco Barayagwiza est pour sa part notamment accusé d'avoir eu un ascendant sur les milices qui ont exécuté le génocide.

Il lui est en particulier reproché d'avoir supervisé des barrages routiers où des massacres ont eu lieu en 1994. Quelques années plus tôt, il aurait distribué des armes aux miliciens, instigué la confection de listes de personnes qui seront éliminées et incité à tuer.

Considéré de son côté comme un membre influent du parti CDR, Hassan Ngeze est également, aux yeux du procureur, un des dirigeants des Interahamwe à Gisenyi.

Il aurait en plus participé directement à des tueries.

Les accusés plaident non coupable.

Procédure
Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayayagwiza ont été arrêtés au Cameroun le 26 mars 1996, Hassan Ngeze au Kenya le 18 juillet 1997.

Le procès a commencé le 23 octobre 2000. Le parquet a clôturé sa preuve le 12 juillet 2002 après avoir cité quarante-sept témoins sur les quatre-vingt-dix-sept annoncés au départ.

La défense a commencé la présentation de sa cause le 16 septembre 2002 et l'a terminée le 9 mai 2003 après avoir cité quarante-quatre témoins : trente pour Ngeze, treize pour Nahimana et un pour Barayagwiza.

La défense de Barayagwiza a eu du mal à faire comparaître des témoins, suite au manque de collaboration du client.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte son procès depuis le début, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il ne reconnaît pas ses avocats.

Jean-Bosco Barayagwiza a été irrité par un arrêt de la chambre d'appel de mars 2000 ordonnant son maintien en détention, contrairement à une précédente décision de le relaxer datée de novembre 1999. Se basant sur des vices de procédure relatifs à son arrestation et à sa détention provisoire, la chambre d'appel avait opté pour sa libération. Elle a changé d'avis après que le procureur ait présenté "des faits nouveaux".

Jean-Bosco Barayagwiza se considère dorénavant comme un "prisonnier politique" détenu pour ses opinions.

Ferdinand Nahimana est représenté par l'avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval et une consoeur anglaise, Me Diana Ellis, Hassan Ngeze par l'avocat américain Me John Floyd et un confrère canadien Me Rene Martel.

Jean-Bosco Barayagwiza est de son côté assisté par l'avocat italien Me Giacomo Barletta Caldarera.

Les avocats ont déjà donné un avant goût de leurs plaidoiries lorsque, le 16 septembre 2002, ils présentaient une requête en acquittement au nom des trois accusés.

La défense de Barayagwiza et de Nahimana ont partiellement obtenu gain de cause. Nahimana a été acquitté du chef d'assassinat, Barayagwiza de trois chefs : assassinat, atteinte grave à la dignité des personnes particulièrement les traitements humiliants et dégradants et pillage. Dans leur requête, les avocats avaient plaidé que le parquet n'a fourni aucune preuve qui pourrait amener "un juge raisonnable à établir la culpabilité" des accusés.

"S'il était sûr des faits, le procureur n'aurait pas dû faire comparaître quarante-sept témoins", a indiqué, en substance, Me John Floyd. La défense de Barayagwiza, de son côté, a reproché au procureur de criminaliser les institutions pour en déduire la culpabilité des individus.

Me Biju-Duval, pour sa part, a affirmé que le procureur n'a fourni aucune preuve que la création de la RTLM et de Kangura "se serait inscrite dans une stratégie des 'personnalités de l'entourage du président'[Juvénal Habyarimana] visant à la mise sur pied de véritables médias de la haine', et que ces médias auraient 'ciblé' les Tutsis dès 1993". La défense de Nahimana estime en outre que le parquet n'a pas démontré que l'accusé disposait "d'un pouvoir effectif de contrôle et de direction au sein de la RTLM" en 1994.

Me Biju Duval a par ailleurs soutenu que plusieurs allégations renvoient à une période antérieure à 1994, pour laquelle le TPIR n'est pas compétent.

Le parquet a été représenté par les Américains Stephen Rapp et Simone Monasebian, la Kenyane Charity Kagwi, l'Ivorien Alphonse Van et le Camerounais William Egbe. L'accusation maintient que les accusés se sont entendus pour commettre les crimes allégués et qu'ils devraient en être tenus responsables.

Le procès des médias se déroule devant l'ancienne première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa
Gunawardana.

AT/GF/FH/(ME'0814A)





10 MAI 2003
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TPIR/MEDIA


LA DEFENSE CLOTURE LA PRESENTATION DE SES MOYENS DE PREUVE

Arusha, le 10 mai 2003 (FH) - Les équipes de la défense dans le procès des médias ont clôturé vendredi la présentation de leurs moyens de preuve, devant le tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR).

Le procès, qui a débuté en octobre 2000, regroupe trois Rwandais accusés d'avoir utilisé les médias pour inciter au génocide et propager une idéologie anti-tutsie au Rwanda en 1994.

Les trois accusés sont : Ferdinand Nahimana, promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Milles collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, membre du comité d'initiative de cette radio, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.

Hassan Ngeze a demandé, sans succès, à la chambre de lui accorder trois heures pour répondre aux témoins en réplique que pourrait présenter le parquet. Il s'est également plaint que le Tribunal ait ignoré sa demande de présentation du témoin AER, soeur d'un précédent témoin du parquet dénommé AES.

Ngeze désirait en outre citer quelques-uns des militaires détenus par le TPIR, ce qui lui a également été refusé. Selon lui, ce refus est motivé par le fait que ces témoins potentiels auraient peur que des informations qu'ils auraient pu donner soient utilisées contre eux.

Pour sa part, la défense voulait présenter une déclaration sous serment d'un dénommé Jean-Marie Vianney Ndagijimana. Cette requête a été rejetée en raison de sa "non pertinence, car elle aurait dû être produite dans le cours du procès”.

Avant de se retirer, la chambre a demandé que toutes les requêtes à présenter le soient sous forme écrite la semaine prochaine. Elle a également rappelé que, sauf changement, son ordonnance portant calendrier du 26 mars 2003 restait en vigueur.

Selon celle-ci, vendredi marque le dernier jour de la présentation des preuves, et les parties doivent présenter leurs plaidoiries finales en août de cette année. Le parquet devra présenter la sienne entre les 18 et 19 août, tandis que les trois jours suivant seront réservés aux trois équipes de défense.

Le 22 août marquera la clôture de la présentation des plaidoiries, avec celle de la défense de Barayagwiza. Le parquet y répondra le même jour.

Barayagwiza boycotte ce procès depuis le début, arguant que le Tribunal est manipulé par le gouvernement rwandais.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée de juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

CE/KN/GF/FH(ME’0510e)





8 MAI 2003
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TPIR/MEDIA

LE PARQUET CONTESTE LA CREDIBILITE DU DR STRIZEK

Arusha, le 8 mai 2003 (FH) - La crédibilité du Dr Helmut Strizek, un témoin expert cité par la défense du professeur Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a été mise en doute, mercredi par le parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il était contre-interrogé par la représentante américaine du bureau du procureur, Simone Monasebian.

Nahimana est un des promoteurs allégués de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants au Rwanda en 1994. Il est accusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ansi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'iniatiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le Dr Strizek témoignait pour la troisième journée consécutive en faveur de Ferdinand Nahimana.

Le Dr Stizek est un politologue et un historien qui a fait des recherches sur l'Afrique des grands lacs, en particulier le Rwanda et le Burundi.

Simone Monasebian a contesté la crédibilité de ses sources. Elle a allégué que l'expert était "biaisé" dans ses recherches, affirmant qu'il n'utilisait que de sources qui ternissent l'image de l'actuel gouvernement du Rwanda.

Le substitut du procureur s'est appuyé sur une lettre que le Dr Strizek a adressée à l'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, en recherchant auprès d'elle les seules informations qui parlaient du Rwanda négativement.

"Il est surprenant que vous ayez cette information. J'ai demandé des renseignements sur le Rwanda et on m'a dit d'attendre que Alison Des Forges soit disponible", a répondu l'expert.

Chargée de l'Afrique centrale à Human Rights Watch, Alison Des Forges est un expert du procureur dans cette affaire.

Le procureur s'est ensuite livré à l'exercice de relever des contradictions de l'expert, en vue de mettre à mal sa crédibilité.

Simone Monasebian lui a par exemple demandé s'il avait eu vent de ce que Nahimana aurait été l'idéologue de la RTLM et l'expert a répondu par la négative. La représentante du procureur a alors exhibé un passage traduit de son livre en allemand dans lequel il aurait écrit explicitement que l'accusé était l'idéologue d'une station de radio.

Le témoin s'est par ailleurs refusé à établir un parallèle entre le génocide rwandais et l'holocauste juif, déclarant qu'ils n'étaient pas comparables. Confronté à certains extraits d'émissions de la RTLM pendant le génocide qui présenteraient des ressemblances avec celles qui ont été mises en preuve lors des procès de Nuremberg, l'expert a indiqué qu'il s'agissait "d'une fausse et dangeureuse propagande."

Le débat a souvent pris une tournure polémique entre les conseils de la défense et la poursuite, amenant le président de la chambre à restaurer la discipline.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le Dr Strizek poursuit sa déposition jeudi.

AT/KN/CE/GF/FH(ME'0508A)






8 MAI 2003
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TPIR/MEDIA

UN EXPERT DE LA DEFENSE ESTIME QUE KANGURA N'A PAS INCITE AU GENOCIDE

Arusha, le 8 mai 2003 (FH) - Un expert cité par la défense a estimé que la revue Kangura n'a pas joué de rôle dans l'incitation au génocide contre les Tutsis en 1994, jeudi dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"J'ai des doutes, mais je ne peux pas m'étendre là-dessus parce que cela fait partie du procès", a déclaré le politologue allemand Helmut Strizek au quatrième jour de sa déposition dans l'intérêt du professeur Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans ce procès.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Milles collines (RTLM), Ferdinand Nahinana est coaccusé avec un membre du comité d'initiative de cette radio, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont principalement poursuivis pour utilisation de leurs médias respectifs à des fins de génocide. Ils plaident non coupables.

Helmut Strizek était interrogé par un des avocats de Ngeze, le Canadien René Martel. Me Martel a demandé à l'expert Strizek si "un petit journal comme Kangura" pouvait s'ajouter à une dizaine de facteurs qui, selon lui, ont déclenché le génocide. Il a alors émis des doutes.

Dans un rapport d'expertise mis en preuve par la défense de Nahimana, le Dr Strizek indique que parmi les éléments à l'origine du génocide au Rwanda figuraient la guerre déclenchée par le Front patriotique rwandais (FPR) en octobre 1990, l'ouverture démocratique tardive dans le pays, le comportement des partis d'opposition, la situation économique désastreuse, la radicalisation de la vie politique, la stratégie guerrière du FPR soutenue par de grands pays et l'attentat meurtrier contre l'avion de l'ex-président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994.

La thèse de la défense de Ngeze est que le bimensuel Kangura, avec un tirage qui ne dépassait guère les deux mille exemplaires, ne pouvait qu'avoir un impact limité sur la population rwandaise par ailleurs en grande partie analphabète.

Le procureur allègue que la revue Kangura a été utilisée pour diffuser l'idéologie hutue extrémiste, au détriment des Tutsis.

Le Dr Strizek a fait des études de sciences politiques en Allemagne et en France et a fait des recherches sur le Rwanda et le Burundi. Le procureur a suggéré que la déposition du Dr Strizek est "baisée". Il a clôturé son témoignage jeudi soir.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée de juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Le procès se poursuit vendredi.

AT/CE/GF/FH(ME'0508B)




6 MAI 2003
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TPIR/MEDIAS


HABYARIMANA N'A PAS PLANIFIE LE GENOCIDE, SELON UN EXPERT DE LA DEFENSE

Arusha, le 6 mai 2003 (FH) - L'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, n'a pas planifié le génocide anti-tutsi de 1994, a affirmé un expert de la défense, mardi dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"D'après ce que je sais, il n'a jamais fait un pas pour préparer le génocide", a déclaré le politologue allemand, Helmut Strizek, qui témoigne depuis lundi pour la défense du professeur Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans ce procès.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts entre avril et juin 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi qu'avec l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le génocide anti-tutsi a suivi l'attentat meurtrier contre l'avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994 à l'aéroport de Kigali.

Le Dr Strizek a indiqué que "l'on ne peut pas comparer le comportement de Habyarimana qui a sauvé des Tutsis en 1973 avec la position d'Adolf Hitler" vis-à vis des Juifs avant et pendant la seconde guerre mondiale.

"Personnellement je ne partage pas la thèse de la planification du génocide par le régime Habyarimana", a-t-il souligné.

La représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, a suggéré à l'expert: "Vous percevez le régime Habyarimana à travers des lunettes roses et vous attribuez les maux du Rwanda, passés et peut-être à venir, au FPR [Front patriotique rwandais, ancien mouvement rebelle à dominante tutsie actuellement au pouvoir à Kigali]".

Le témoin a répondu qu'il n'était pas "à cent pour cent admirateur de Habyarimana".

Le Dr Strizek a travaillé au Rwanda entre 1980 et 1983 en tant conseiller économique auprès de la délégation de l'ancienne Communauté économique européenne (CEE). Plus tard, il a dirigé le desk Rwanda au ministère allemand de la coopération. En 1992, il a rédigé une thèse de doctorat en sciences politiques sur le Rwanda et le Burundi.

Lors de son témoignage, le Dr Strizek a déclaré que Habyarimana a traîné les pieds quand le vent de démocratie a soufflé sur l'Afrique après le sommet de la Baule (France) en 1990, mais qu'il serait faux de l'accuser d'avoir planifié un génocide.

Le Dr Strizek a reconnu qu'à la suite de l'attaque du FPR en octobre 1990, des milliers de Tutsis ont été emprisonnés mais il a ajouté que "ce n'est pas pour des motifs racistes que Habyarimana a agi ainsi, même si cet événement a donné naissance à des tendances racistes dans le pays".

Le Dr Strizek a expliqué que "dans des situations pareilles, les Etats ont toujours peur de la cinquième colonne. On avait peur qu'il y ait des Tutsis qui pourraient soutenir l'ennemi".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition du Dr Strizek se poursuit mercredi.

AT/CE/GF/FH (ME'0506A)





5 MAI 2003
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TPIR/MEDIAS


LE PROCES A DES MEDIAS A REPRIS AVEC LA DEPOSITION DU DR STRIZEK

Arusha, le 5 mai 2003(FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a repris lundi après-midi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avec la déposition d'un expert en sciences politiques, l'Allemand Helmut Strizek.

Le Dr Strizek a été cité par la défense du promoteur allégué de la Radio-télévision libre de Millle collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, un des coaccusés. Le procès avait été suspendu le 11 avril dernier. Le Dr Strizek a étudié les sciences politiques, le français et l'histoire à Paris, Bonn et Aix-La Chapelle. Il a notamment rédigé une thèse de doctorat intitulée "Le Rwanda et le Burundi. De l'indépendance à la destruction des Etats. Une étude sur une démocratie échouée dans les pays de l'Afrique interlacustre".

Le Dr Strizek a travaillé au Rwanda de 1980 à 1983 comme conseiller économique auprès de la Commission de l'ancienne Communauté Européenne. De retour en Allemagne, il a été, entre autres, chargé du desk Rwanda au ministère chargé de la coopération.

Le parquet a d'abord contesté l'expertise du Dr Strizek, affirmant qu'il n'était qu'un "observateur très intéressé par la question rwandaise plutôt qu'un expert".

Déplorant que le débat sur l'expertise du témoin ait duré deux heures, alors qu'il aurait pu être ramené à dix minutes, la chambre a décidé que "le Dr Strizek remplit les conditions d'un expert" et que sa déposition est recevable.

L'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de Ferdinand Nahimana, a demandé que l'expert témoigne au sujet de la situation politique du Rwanda jusqu'en 1994 en mettant l'accent sur la période qui a suivi l'accession du président Juvénal Habyarimana au pouvoir en juillet 1973, la détérioration de la situation dans le pays entre 1988 et 1994 ainsi que le rôle de l'armée.

L'expert Strizek avait dans un premier temps été rayé de la liste des experts par la chambre de première instance mais à la reprise des débats, son nom y figurait à nouveau.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de ka revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi qu'avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Il a commencé en octobre 2000. Les plaidoiries ont été fixées en août.

AT/CE/GF/FH (ME'0505A)



2 MAI 2003
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TPIR/MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS REPREND LUNDI

Arusha, le 2 mai 2003(FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide reprend lundi le 5 mai devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le calendrier judiciaire de la première chambre prévoit que les débats se poursuivront jusqu'au 31 mai. A la suspension de la dernière session le 11 avril dernier, le Tribunal entendait les témoins de la défense.

Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Selon une ordonnance portant calendrier datée du 26 mars, les témoins qui restent à comparaître sont le Dr Fernand Giffioul pour la défense de Barayagwiza, John Adams et le Dr Roger Shuy pour la défense de Ngeze, Caddick-Adams, Barrie Collins ainsi qu'un expert militaire spécialisé également dans le domaine des médias pour la défense de Nahimana.

Le calendrier prévoit par ailleurs la déposition d'un témoin protégé dénommé JF 55 et d'un nombre indéterminé d'autres témoins des faits qui seront cités par Hassan Ngeze.

La chambre a déjà fixé la date des plaidoiries finales: le 18 et le 19 août pour le procureur et du 20 au 22 août pour les équipes de défense.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Il a commencé en octobre 2000.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès, alléguant que le TPIR est "manipulé par le gouvernement rwandais".

AT/CE/GF/FH (ME'0502A)





17 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS

SYNTHESE: LA DEPOSITION DE HASSAN NGEZE


Arusha, le 17 avril 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" a témoigné pour sa propre défense du 24 mars
au 8 avril dernier devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, 46 ans, répond de sept chefs d'accusation de génocide, entente en vue de
commettre le génocide, complicité dans le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et crimes contre l'humanité (assassinats,
persécution et extermination).

Le parquet allègue qu'entre janvier et décembre 1994, Hassan Ngeze "savait ou avait des raisons de savoir que les articles publiés dans le journal
Kangura incitaient, aidaient et encourageaient la population et les milices à exterminer tous les Tutsis et à éliminer les Hutus modérés et les citoyens
belges, et n'a pas pris les mesures raisonnables pour empêcher ces actes ou punir ses subordonnés".

Le parquet accuse en outre Hassan Ngeze d'assassinats, dont celui d'une femme tutsie le 10 avril 1994, ainsi que celui d'un de ses voisins, Modeste
Tabaro, un Tutsi également, tué le 21 avril 1994 à Gisenyi (ouest du Rwanda).

Ngeze refuse l'assistance de ses avocats
Refusant l'assistance de ses avocats, Hassan Ngeze s'est guidé lui-même en "interrogatoire principal", suivant une "structure" articulée en six
chapitres qu'il avait préalablement fait circuler par courrier électronique à une cinquantaine de personnes.

Ce plan comporte des sujets aussi variés que les causes du conflit hutu-tutsi au Rwanda, le rôle de l'accusé en tant que journaliste et que
"sauveur" de Tutsis persécutés pendant le génocide, l'interprétation des articles de Kangura et la critique des témoins à charge.

Ngeze a cependant consacré une grande partie de sa déposition à l'histoire du Rwanda, se laissant très peu de temps pour répondre aux accusations
retenues contre lui. La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a même dû, à plusieurs reprises, rappelé à l'ordre
l'accusé, déclarant: "Nous attendons de vous des moyens de preuve. Verser des livres d'histoire ne sert pas votre cause. Ce ne sont pas des éléments
de preuve".

Ngeze a justifié sa position en arguant que pour comprendre Kangura, il convient d'abord de s'imprégner des réalités de l'histoire du Rwanda,
caractérisée, selon lui par des antagonismes entre Hutus et Tutsis.


Une histoire mouvementée
"Ce qui est écrit dans Kangura du numéro 1 au numéro 73 fait partie de l'histoire rwandaise", a soutenu Hassan Ngeze, tout au long de sa
déposition, déplorant que les Rwandais n'aient jamais débattu des origines du conflit hutu-tutsi. Pour lui, "la tragédie de 1994 est une combinaison
d'événements tristes qui n'ont jamais été discutés entre les Rwandais".

L'ex-journaliste considère notamment que les Rwandais ont raté cette chance lors des négociations qui ont abouti aux accords d'Arusha en 1993 entre le
gouvernement d'alors, dominé par les Hutus, et les anciens rebelles à majorité tutsie du Front patriotique rwandais (FPR), aujourd'hui au pouvoir
à Kigali. "La communauté internationale nous a obligés à appliquer les accords d'Arusha alors que nous n'avions pas encore abouti à une
conclusion", a déclaré Ngeze, expliquant que le problème des relations ethniques n'a pas été abordé durant ces négociations. "La réconciliation ne
sera possible que lorsque les Rwandais se seront réconciliés avec leur histoire", a-t-il dit.

C'est pour cela, se défend-il, que Ngeze s'associe à une cinquantaine de personnes qui, début 1992, créent la Coalition pour la défense de la
République (CDR). Selon lui, la CDR était le seul parti désirant " mettre sur la table les problèmes politiques" entre Hutus et Tutsis.

"Je suis d'accord avec le statut de la CDR", a-t-il indiqué, soulignant que le parti prônait un débat ouvert sur les relations inter-ethniques au
Rwanda. Le parquet du TPIR allègue au contraire que la CDR prêchait une idéologie hutue extrémiste.

Hassan Ngeze a nié avoir adhéré à une telle idéologie."Je suis une des cinquante-cinq personnes à avoir créé la CDR, mais ensuite j'ai disparu"
a-t-il indiqué, expliquant que sa profession de journaliste lui imposait la neutralité vis-à-vis des partis politiques.

Ngeze s'est en outre justifié au sujet de son titre de "conseiller" auprès de la CDR, affirmant qu'il s'agissait simplement d'un titre "honorifique".
L'accusé a également expliqué qu'en portant la CDR sur les fonts baptismaux, il espérait amener ce parti à acheter des espaces publicitaires dans
Kangura.


Le journaliste
Ngeze a affirmé avoir commencé à exercer le métier de journaliste en 1978 en collaborant à "différents journaux rwandais," sans pour autant citer les
titres pour lesquels il aurait travaillé à l'époque. En 1984, il est journaliste à Kazagwa, qui deviendra, quelques mois plus tard, Ejo Nzamera
nte, puis, en 1989, Kanguka.

Parallèlement, Ngeze crée, en1984 "Gisenyi Information", qu'il décrit comme la "seule agence de presse indépendante au Rwanda." Les observateurs notent
cependant qu'il ne s'agissait que d'un kiosque installé au marché de Gisenyi, un point de vente de journaux et de limonades, disposant également
d'un service payant de téléphone et de fax.

En raison d'un changement de ligne éditoriale, Ngeze se sépare de Kanguka en mai 1990 pour créer Kangura. Selon lui, Kanguka était tombé sous le contrôlé
d'un groupe d'hommes d'affaires tutsis de mèche avec le FPR qui s'apprêtait alors à attaquer le Rwanda.

Au cours de sa déposition, Ngeze a affirmé qu'il était le propriétaire exclusif de Kangura. Le parquet, lui, allègue que cette revue a été créée
par des personnalités de l'entourage de l'ancien président Habyarimana, dont Ngeze et ses deux coaccusés, l'universitaire Ferdinand Nahimana et le
politicien Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien ministre Joseph Nzirorera, dans le but "de diffuser l'idéologie hutue extrémiste".

Se présentant comme "un enfant de la rue", Hassan Ngeze se disculpe: "Je n'étais rien. Le procureur me présente comme un homme important, proche du
gouvernement et des milliardaires." Il a ajouté qu'il avait parfois des difficultés à payer l'imprimerie. "Personne. Aucun représentant du
gouvernement ne m'a jamais aidé. Au contraire ils m'ont mis en prison", a-t-il poursuivi.

Hassan Ngeze affirme en effet qu'entre 1980 et 1994, il a été placé vingt fois en détention et trente-cinq fois en garde à vue. "La prison était ma
seconde résidence", a-t-il plaisanté. "Dès que je lançais la publication, je faisais mes valises parce que je savais que j'irais en prison", a déclaré
Ngeze. L'accusé a également nié toute entente avec l'un ou l'autre de ses coaccusés.


Ligne éditoriale de Kangura
Ngeze s'est ensuite défendu au sujet de la ligne éditoriale adoptée par Kangura, niant les allégations selon lesquelles il aurait prôné l'unité des
Hutus au détriment des Tutsis.

"Je n'ai pas demandé aux Hutus de s'unir contre les Tutsis. J'ai demandé aux Hutus de s'unir entre eux, et de rencontrer ensuite les Tutsis pour qu'ils
discutent", a-t-il expliqué.

Kangura a par exemple publié en décembre 1990 les "dix commandements des Hutus" qui, selon le procureur, "constituaient non seulement un appel sans
équivoque au mépris et à la haine de la minorité tutsie, mais également une diffamation et une persécution à l'encontre des femmes tutsies".

Selon un des dix "commandements", les Hutus devraient cesser d'avoir pitié des Tutsis". Hassan Ngeze avait auparavant publié les "dix-neuf
commandements des Tutsis."

Hassan Ngeze s'est défendu d'avoir soutenu le moindre commandement, "que ce soient ceux qui émanent des Hutus ou des Tutsis". D'après lui, il était
nécessaire que les Rwandais soient informés de l'existence de ces "commandements", ajoutant : "Kangura n'est pas une bible. Kangura publie ses
articles pour susciter l'opinion des lecteurs".

Hassan Ngeze a de ce fait nié avoir incité aux massacres à travers Kangura. "Je n'incitais personne à faire quoique ce soit", a-t-il souligné, indiquant
avoir simplement utilisé "un langage usuel" dans ses articles. Le parquet a suggéré que Hassan Ngeze s'est notamment basé sur des proverbes rwandais
pour inciter à la haine contre les Tutsis. "C'est un langage habituel que nous utilisons au Rwanda. Cela ne vient pas de moi", a rétorqué l'accusé, se défendant d'avoir "diabolisé" les Tutsis.

L'accusé a en outre mis à son avantage le fait qu'il n'ait rien publié pendant le génocide.

Bon samaritain ?
Au contraire, Ngeze s'est présenté comme le "sauveur" d'un millier de Tutsis au cours du génocide, qu'il aurait conduits en lieu sûr au Rwanda ou dans
l'ex-Zaïre. L'accusé a également affirmé avoir "formé" des gens qui l'ont aidé à sauver des Tutsis.

"La personne qui se trouve en face de vous n'est pas un criminel", a déclaré Hassan Ngeze. "Vous aurez beaucoup de gens à juger. Parmi eux des militaires
de haut rang ou des membres du gouvernement. Demandez-leur combien de gens ils ont sauvé pendant le génocide", a-t-il poursuivi.

Ngeze a indiqué que sa générosité était connue de ses compatriotes, avant de clamer :" Je suis la main qui donne les vaches aux autres. Je suis la
personne à laquelle la famille a recours quand elle a des problèmes (…) Ceux qui font appel à moi, lorsqu'ils sont en danger, je leur porte assistance".

En outre, l'ancien journaliste a réitéré qu'il a été accusé injustement."J'ai dit au procureur que vous avez arrêté la mauvaise
personne. J'aurais dû en effet être appelé comme témoin", a-t-il plaidé.

Ngeze a par ailleurs affirmé que bien avant 1994, il avait essayé de prévenir contre les massacres, en mettant en garde les autorités compétentes
contre les conséquences de la reprise de la guerre. "Si on m'avait écouté, ce Tribunal n'existerait pas, parce qu'il n'y aurait pas eu de guerre",
a-t-il déclaré.


En conflit avec ses avocats
Durant son témoignage, Hassan Ngeze a refusé l'assistance de ses conseils, l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me Rene Martel. La chambre a permis

à l'accusé d'exposer son point de vue durant "l'interrogatoire direct", avant d'être contre-interrogé par le parquet.

Ngeze a eu souvent maille à partir avec ses avocats dont il a souvent réclamé le remplacement par ceux qu'il payerait lui-même. L'accusé et ses
conseils sont également convenus qu'ils ne le représenteront pas si jamais il venait à faire appel du jugement en première instance.

Me Martel s'est néanmoins tenu constamment à la disposition de son client, lui rappelant à plusieurs reprises des questions essentielles que la chambre
aimerait qu'il aborde ou objectant aux interventions du procureur.

Me Martel a également plaidé et obtenu que davantage de temps soit accordé à Ngeze, lors de son témoignage. "Visiblement M. Ngeze n'a pas terminé la
présentation de sa cause […] Il lui sera porté gravement préjudice", a plaidé Me Martel, au cinquième jour de la déposition de Ngeze. La chambre
lui a accordé une journée et demie supplémentaire, avant le contre-interrogatoire.

Au cours du contre-interrogatoire de Ngeze par le représentante du bureau du Procureur, la Kenyane Me Charity Kagwi-Ndungu, l'accusé a tenté de mener le
jeu, allant jusqu'à suggérer au procureur les questions à lui poser et des attitudes à adopter, ou lui recommandant de "rester cool". La chambre l'a
souvent invité à faire preuve de courtoisie vis-à vis de l'équipe du procureur.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


Une partie des débats est publiée sur le site internet <
http://www.hassanngeze.s5.com>. Ngeze a nié être responsable de ce site. Tout comme il a nié avoir utilisé son adresse internet pour envoyer unelettre d'amour à une représentante du bureau du procureur, l'Américaine Simone Monasebian. "Monasebian mérite d'être aimée, mais c'est une autre personne qu lui a écrit cette lettre en utilisant mon nom", a déclaré Ngeze.

Le procès a été suspendu vendredi dernier. Il devrait reprendre "dans le courant de la semaine du 5 mai", selon une source au sein du greffe.


AT/CE/FH (ME'0417A)





10 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


LE PROCUREUR CONTESTE LA CREDIBILITE DE VALERIE BEMERIKI


Arusha, le 10 avril 2003 (FH) - Le procureur a contesté la crédibilité du témoin Valérie Bemeriki, jeudi dans le procès "des médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancienne présentatrice à la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Valérie Bemeriki, 48 ans, a témoigné en faveur de Ferdinand Nahimana, un de trois accusés dans ce procès. Elle est détenue dans une prison rwandaise pour "incitation aux tueries par les émissions de la RTLM".

Promoteur allégué de la RTLM, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec un membre du comité d'initiative de cette radio, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi qu'avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont notamment poursuivis pour incitation directe et publique à commettre le génocide et entente en vue du génocide. Ils plaident non coupables.

Valérie Bemeriki a affirmé que Ferdinand Nahimana ne jouait aucun rôle éditorial au sein de la RTLM, contrairement aux allégations du procureur.

Valérie Bemeriki a ainsi contredit des déclarations qu'elle avait faites aux enquêteurs du parquet en 1999. Le témoin a allégué que les enquêteurs avaient exercé des pressions sur lui. Valérie Bemeriki a expliqué qu'elle avait menti pour sauver sa peau.

"Chaque fois que je donnais des réponses qui ne leur plaisaient pas, ils tapaient sur la table, ils parlaient à haute voix, ils disaient que ce n'était pas juste".

La représentante américaine du procureur, Simone Monasebian, a mis en doute la déposition de Bemeriki, lui suggérant :"vous ne dites la vérité que quand cela vous convient".

Simone Monasebain a ajouté :"la déposition que vous faites devant la chambre vise à vous venger du gouvernement rwandais et du bureu du procureur [du TPIR] qui, selon vous, auraient commis des crimes réels ou imaginaires contre vous".
Valérie Bemeriki a répondu que son changement d'attitude est "une décision personnelle de corriger mes mensonges".

La déposition de Valérie Bemeriki s'est terminée jeudi soir. La chambre se réunit vendredi matin avec les parties en conférence de mise en état pour déterminer le calendrier du procès. De telles conférences se tiennent à huis clos.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME'0410A)




9 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


LA RTLM ETAIT CONTROLEE PAR DES MILITAIRES, SELON UNE ANCIENNE PRESENTATRICE


Arusha, le 9 avril 2003 (FH) - Une ancienne présentatrice de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) a déclaré que cette station était contrôlée par des militaires membres des ex-Forces armées rwandaises (FAR) pendant le génocide anti-tutsi de 1994, lors de son témoignage mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Détenue au Rwanda pour "incitation aux tueries par les émissions de la RTLM", Valérie Bemeriki a été citée par la défense de Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" en cours au TPIR.


Promoteur allégué de la RTLM, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec Jean-Bosco Barayagwiza, un membre du comité d'initiative de cette radio, et Hassan Ngeze, ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura.

"Les militaires avaient un mot à dire quant à nos émissions", a afffirmé Valérie Bemeriki, se référant à la période entre avril et juillet 1994.

"Depuis le 7 avril, il y a des réunions chaque matin à l'Etat-major de l'armée rwandaise et le directeur ansi que le rédacteur en chef doivent y prendre part", a-t-elle indiqué.

Le témoin a expliqué que des émissions de la RTLM, à cette époque, se basaient sur des "communiqués et des informations qui provenaient des Forces armées rwandaises"

Valérie Bemeriki a ajouté, qu'à ce moment-là, les salaires, le logement, le transport ainsi que les repas des journalistes étaient pris en charge par l'armée.

Le témoin a rapporté qu'entre avril et juillet 1994, les journalistes de la RTLM avaient reçu de l'Etat-major, des armes à feu et des uniformes militaires. De plus, ils avaient droit à une escorte militaire lorsqu'ils se rendaient "dans des zones dangereuses".

Valérie Bemeriki est le second présentateur de la RTLM à témoigner dans ce procès ouvert sur le fond en octobre 2000, après l'Italo-belge Georges Ruggiu.

Contrairement à Georges Ruggiu, Valérie Bemeriki a déclaré que Ferdinand Nahimana ne jouait aucun rôle dans la gestion quotidienne de la RTLM, notamment le recrutement et l'encadrement des journalistes.

Selon Bemeriki, le directeur de la RTLM était le nommé Phocas Habimana, tandis que Nahimana était un des membres de son comité d'initiative.

Phocas Habimana est un ancien directeur de la société rwandaise des transports aériens, Air Rwanda. Il était marié à une politicienne très connue sous le régime de l'ancien président Juvénal Habyarimana, Gaudence Nyirasafali.

D'après le témoin, Phocas Habimana "dirige tout de la boîte: les journalistes et tout le personnel. Il supervise tout. C'est lui qui donne les remarques, les salaires. C'est lui qui donne tous les ordres, c'est à lui qu'on s'adressse en ce qui concerne les différentes sollicitations, sauf pour ce qui est du métier de journalisme, qui relève de la compétence du rédacteur en chef"

Le rédacteur en chef de la RTLM était Gaspard Gahigi, et son adjoint, Habimana Kantano, a indiqué Bemeriki.

Le témoin a signalé que Phocas Habimana a gardé son pouvoir disciplinaire entre avril et juillet 1994. "Il va licencier [le journaliste] Emmanuel Nkomati. Il a fait un prélèvement de 10.000 francs sur mon salaire suite à une émission que j'avais fait passer qui ne lui convenait pas", a dit Bemeriki.

Interrogée sur ce que Phocas Habimana avait reproché à son émission, Valérie Bemeriki a répondu : "Je ne sais pas. Il ne m'a pas expliqué ses raisons".

Valérie Bemeriki a indiqué que Phocas Habimana "était quelqu'un d'autoritaire, très sévère, très dur, mais en même temps gentil et juste."

Valérie Bemeriki a déclaré qu'entre avril et juillet 1994, à la RTLM, "il y a des débordements, des exagérations, des dérapages ici et là". Le témoin, en cela, a recoupé la déposition de Ferdinand Nahimana lui-même, selon laquelle la RTLM a connu "des dysfonctionnements" du fait qu'elle avait été prise en otage par "des extrémistes".

La représentante américaine du procureur, Simone Monasebian, a suggéré que la RTLM était liée aux militaires même avant le 6 avril 1994. Selon elle, une cinquantaine de militaires étaient parmi les actionnaires de la RTLM. Bemeriki a répondu qu'elle ne connaissait pas tous les actionnaires de la radio, ajoutant cependant que la société qui gérait la RTLM était ouverte à tout le monde.

Le procureur a également suggéré que les journalistes de la RTLM "se sentaient libres" de critiquer l'armée et le gouvernement intérimaire en 1994. Le témoin a rétorqué :"Nous ne pouvions critiquer l'armée qui nous protégeait depuis le début de la guerre".

Valérie Bemeriki a d'abord travaillé à l'aéroport de Kigali, avant de devenir journaliste. Elle a été, pour commencer, recrutée par les journaux Interahamwe et Umurwanashyaka affiliés à l'ex-parti présidentiel, le MRND, avant de postuler à la RTLM.

Valérie Bemeriki avait dans un premier temps été contactée par le procureur pour témoigner à charge mais ce dernier y a finalement renoncé. Le témoin a déclaré que lors de cet entretien remontant à 1999, il a fait de fausses déclarations qu'il devrait rectifier dans un livre qu'il est en train d'écrire.

Valérie Bemeriki a expliqué que cet entretien s'était déroulé sous pression et qu'il avait menti "pour sauver ma peau".
Mercredi, Valérie Bemeriki a souvent refusé de répondre à des questions sur la RTLM, indiquant qu''elles sont en rapport avec son procès au Rwanda.

Le Réglement du TPIR stipule que "un témoin peut refuser de faire toute déclaration qui risquerait de l'incriminer. La Chambre peut, toutefois obliger le témoin à répondre. Aucun témoignage obtenu de la sorte ne peut être utilisé par la suite comme élément de preuve dans une poursuite contre le témoin, hormis le cas de poursuite pour faux témoignage".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Bemeriki se poursuit jeudi.

AT/GF/FH (ME'0409A)



8 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE A TERMINE SA DEPOSITION EN REAFFIRMANT EN SON INNOCENCE


Arusha, le 8 avril 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génociode a terminé sa déposition mardi devant le Tribunal Pénal international pour le Rwanda (TPIR) en réaffirmant qu'il serait accusé injustement.


"Je voudrais vous dire que la personne qui se trouve en face de vous n'est pas un criminel", a déclaré Hassan Ngeze, en clôturant son témoignage.

"Vous aurez beaucoup de gens à juger.Parmi eux des militaires de haut rang ou des membres du gouvernement. Posez-leur la question de savoir combien de gens ils ont sauvé pendant le génocide", a-t-il indiqué.

Tout au long de sa déposition pour sa propre cause entamée le 24 mars dernier, Hassan Ngeze a répété qu'il avait sauvé un millier de Tutsis menacés, entre avril et juillet 1994.

Le procureur allègue que Hassan Ngeze a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994 et commis des assassinats.

Hassan Ngeze a indiqué qu'il devrait plutôt être remercié pour des gens qu'il a sauvés. L'accusé a ajouté qu'il n'avait pas publié Kangura durant le génocide.

L'ancien journaliste a en outre relativisé l'impact de sa publication, indiquant qu'elle n'avait jamais dépassé 2000 exemplaires. La revue Kangura a été créée en mai 1990.

"Les gens ne s'intéressaient pas à la lecture. C'est la raison pour laquelle nous ne publiions qu'entre 1500 et 2000 exemplaires alors que le journal était vendu au Rwanda, au Burundi et au Congo", a-t-il dit.

Hassan Ngeze a ajouté que malgré son faible tirage, Kangura avait beaucoup d'invendus. "Je vendais 70% et les 30% invendus nous étaient retournés", a-t il expliqué.

Interrogé sur la provenance d'une somme importante d'argent trouvée sur son compte bancaire après son arrestation en juillet 1997, Hassan Ngeze a répondu qu'en quittant le Rwanda trois ans plus tôt, il disposait de 250.000 dollars américains. L'accusé a affirmé que pendant son exil, il avait reçu des aides de plusieurs digniataires du monde, dont des chefs d'Etat africains.

"Seul le pape n'a pas donné de l'argent. Je l'ai rencontré mais il n'a pas donné de l'argent", a-t il déclaré.

Hassan Ngeze allègue que lors de son arrestation, les agents du procureur ont saisi à son domicile de Kawangware, dans la banlieue de la capitale kenyane Naïrobi, 10.000 dollars américains, cinq mille francs français et cinq mille francs belges. "Je ne sais pas quand ils vont me rendre cet argent", a-t-il demandé.

"Déjà en mars 94, l'ambassade des Etats Unis à Kigali m'avait donné plus de 50.000 que j'ai utilisé pour sauver des Tutsis", a-t-il dit. Ces fonds lui auraient été remis pour l'aider à créer une radio et une télévision, selon lui.

Une ancienne présentatrice de la RTLM à la barre
Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Après la déposition de Ngeze, la chambre a entamé l'audition d'une ancienne présentatrice à la RTLM, Valérie Bemeriki, qui témoigne en faveur de Ferdinand Nahimana.

Valérie Bemeriki est détenue au Rwanda depuis juin 1999 accusée "d'incitation aux tueries par les émissions de la RTLM",
a-t-elle dit.

Le témoin a d'emblée déclaré que Ferdinand Nahimana n'était pas directeur de la RTLM comme l'allègue le procureur. Selon lui, la RTLM était dirigée au quotidien par le nommé Phocas Habimana. Nahimana était un des membres du comité d'initiative de la radio, a dit le témoin.

Valérie Bemeriki a ajouté que pendant le génocide, la RTLM et son personnel étaient pris en charge par l'Etat major de l'armée. C'est l'armée qui payait notamment les salaires, le logement ainsi que le carburant pour les journalistes, a dit Bemeriki. De plus, c'est elle qui était la première source d'information de la radio, a-t-elle ajouté.

D'après elle, Ferdinand Nahimana n'a jamais été en contact avec la RTLM et son personnel durant le génocide.

La déposition de Valérie Bemeriki se poursuit mercredi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Valérie Bemeriki est le second présentateur à la RTLM qui témoigne dans ce procès après l'Italo-belge Georges Ruggiu. Ce dernier a été condamné à douze ans d'emprisonnement par le TPIR après avoir plaidé coupable d'incitation directe et publique à commettre le génocide et de persécution entendue comme crime contre l'humanité. Bemeriki est le douzième témoin de la défense de Nahimana.

AT/GF/FH (ME'0408A)



7 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


HASSAN NGEZE NIE L'ENTENTE AVEC FERDINAND NAHIMANA


Arusha, 7 avril 2003 (FH) - L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a nié s'être entendu avec un de ses coaccusés, le professeur Ferdinand Nahimana, lundi dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Hassan Ngeze, qui témoigne pour sa propre cause depuis le 24 mars dernier, était interrogé par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de Ferdinand Nahimana.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec Hassan Ngeze et un autre responsable présumé de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procureur les accuse notamment d'entente en vue de commettre le génocide et d'incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Hassan Ngeze a déclaré qu'il en voulait à Ferdinand Nahimana qui lui avait interdit de faire la publicité de son journal dans les médias d'Etat.

Ferdinand Nahimana a dirigé l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait les médias officiels, entre la fin 1990 et début 1992. "Ferdinand Nahimana a refusé de faire la publicité de Kangura. Puis il a instruit son personnel de m'interdire tout accès à l'ORINFOR", a déclaré Ngeze.

Hassan Ngeze a ajouté que, durant la même période, Ferdinand Nahimana s'est opposé, au nom du gouvernement, à son projet de radio,"Radio du peuple".

Hassan Ngeze a en outre affirmé que Ferdinand Nahimana n'a joué aucun rôle dans la création de Kangura, comme l'allègue le procureur. "Je ne le connaissais même pas" à la création de Kangura en mai 1990, a souligné Ngeze. "C'est mon journal. Ca n'intéressait personne", a-t-il indiqué.

Hassan Ngeze, 46 ans, a déclaré que, pendant sa jeunesse, il a essentiellement vécu dans l'ex-Zaïre où il faisait ses études. Il a regagné le Rwanda en 1976, a-t-il dit.

Hassan Ngeze a indiqué qu'il n'est ni de la même génération que Ferdinand Nahimana, "qui est de huit ou neuf ans son aîné" ni de même statut social. L'ancien journaliste, qui s'est souvent décrit comme "un enfant de la rue", a ajouté qu'il n'avait jamais résidé dans la même ville que Ferdinand Nahimana.

Hassan Ngeze a par le passé nié s'être également entendu avec Jean-Bosco Barayagwiza.

Barayagwiza boycotte ce procès depuis pon ouverture sur le fond en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Ngeze se poursuit mardi.

AT/GF/FH (ME'0407A)




4 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE NIE ETRE RESPONSABLE D'UN SITE INTERNET


Arusha, le 4 avril 2003 (FH) L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" a nié être le responsable d'un site internet ouvert en son nom, vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Hassan Ngeze témoigne depuis deux semaines pour sa propre défense. Vendredi, il était contre-interrogé par le procureur.
Le substitut camerounais du procureur, William Egbe, a exhibé des documents pris sur ce site consacré à l'évolution du procès de Ngeze, l'interrogeant sur leur contenu.

"Je n'ai jamais regardé ce site. Je n'en connais pas le contenu", a déclaré Ngeze, affirmant qu'il est alimenté par ses amis résidant aux Etats Unis. Ngeze a refusé de révéler leur identité.

William Egbe tentait de mettre en doute la crédibilité du témoignage de Ngeze en le confrontant à certaines informations publiées sur ce site. L'une des contradictions relevées concernait le nombre de fois qu'il aurait été emprisonné entre avril et juillet 1994.

Hassan Ngeze est l'un des deux détenus au TPIR à disposer d'un site internet, le second étant Jean-Bosco Barayagwiza également concerné par ce procès.

William Egbe a mis en doute la déposition de Ngeze selon laquelle il a sauvé plusieurs Tutsis pendant le génocide, suggérant que son témoignage était "fabriqué".

Le représentant du parquet s'est basé sur une interview que l'accusé avait accordée à la Radio-télévision libre des Mille collines au plus fort du génocide en réfutant avoir abrité des personnes persécutées. Hassan Ngeze a répondu que c'était le seul moyen de détourner l'attention des tueurs.

L'accusé a ajouté qu'il était connu au Rwanda pour sa générosité. Hassan affirme avoir sauvé un millier de Tutsis entre avril et juillet 1994.

Ngeze et Barayagwiza sont coaccusés avec Ferdinand Nahimana. Le parquet allègue que Barayagwiza et Nahimana étaient parmi les principaux responsables de la RTLM.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Hassan Ngeze se poursuit lundi.

AT/GF/FH(ME'0404A)




3 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE AURAIT PREVENU CONTRE LES MASSACRES DE TUTSIS


Arusha, le 3 avril 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais accusés dans le procès des "médias de la haine" a affirmé qu'il a prévenu contre les massacres de Tutsis en 1994, lors de sa déposition jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Poursuivi notamment pour incitation directe et publique à commettre le génocide, Hassan Ngeze a déclaré qu'il avait "essayé d'éviter la guerre en parlant de ses conséquences".

Le parquet allègue que Hassan Ngeze a incité aux massacres de civils Tutsis en les assimilant aux "complices" des combattants du Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-mouvement rebelle actuellement au pouvoir à Kigali.

Le procureur a mis en preuve des articles de la revue Kangura de Hassan Ngeze qui indiqueraient qu'en cas de reprise de la guerre entre le FPR et les ex-Forces armées rwandaises (FAR), des civils Tutsis devaient être massacrés.

Le gouvernement rwandais et le FPR avaient signé en août 1993 un accord de paix qui est devenu caduque avec le déclenchement du génocide en avril 1994.

Hassan Ngeze a indiqué qu'il n'avait cessé de mettre en garde les autorités compétentes contre les conséquences de la reprise de la guerre mais qu'elles n'avaient pas voulu l'écouter. "Si on m'avait écouté, ce Tribunal n'existerait pas, parce qu'il n'y aurait pas eu de guerre. Le Tribunal a existé parce qu'on ne m'a pas écouté", a indiqué Ngeze.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

"Vous devriez me féliciter parce que j'ai essayé de prévenir la guerre", a indiqué Hassan Ngeze. "J'ai essayé mais j'ai échoué", a-t-il ensuite regretté.Hassan Ngeze a réitéré qu'il avait sauvé des Tutsis persécutés pendant le génocide en les conduisant en des lieux sûrs. "A Kigali, je suis le seul être humain à avoir sauvé un millier de personnes", a-t-il déclaré.

La revue Kangura n'a pas été publiée entre avril et juillet 1994, en raison de la guerre et du génocide. "Si j'avais été en mesure de publier les journaux entre avril et juillet 1994, j'aurais appelé les gens à ne pas tuer. J'aurais condamné les
autorités", a dit Ngeze.

"Toutes les personnes impliquées dans les massacres étaient des gens stupides. Qu'il s'agisse des militaires de haut rang ou des membres du gouvernement", a-t-il ajouté.

La déposition de Hassan Ngeze se poursuit vendredi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Hassan Ngeze est contre-interrogé par le substitut camerounais du procureur William Egbe qui a pris le relais de la Kenyane Charity Kagwi-Ndungu.

AT/GF/FH (ME'0403A)




2 AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE NIE AVOIR INCITE A LA HAINE CONTRE LES TUTSIS

Arusha, le 2 avril 2003 (FH) - L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a nié avoir incité à la haine contre les Tutsis, mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Hassan Ngeze, qui témoigne pour sa propre cause depuis lundi de la semaine dernière, était contre-interrogé par le procureur.

"Je n'incitais personne à faire quoique ce soit", a déclaré Hassan Ngeze, ajoutant avoir simplement utilisé "un langage usuel" dans ses articles.

La représentante kenyane du parquet, Charity Kagwi-Ndungu, a suggéré que Hassan Ngeze s'est notamment basé sur des proverbes rwandais pour inciter à la haine contre les Tutsis.

"C'est un langage habituel que nous utilisons au Rwanda. Cela ne vient pas de moi", a répondu Ngeze.

Tout au long de son témoignage, l'ancien journaliste a maintenu que la revue Kangura était une reproduction de l'histoire mouvementée du Rwanda. "Cela fait partie de notre histoire. Je ne peux pas la changer", a indiqué Hassan Ngeze, réfutant par-là l'allégation d'avoir" diabolisé les Tutsis".

Le représentant du procureur a estimé que Hassan Ngeze a commis un crime en publiant ces proverbes "dans un pays qui souffrait d'une grande instabilité du point de vue ethnique". Parmi les proverbes incriminés figure celui qui dit que "lorsque vous hébergez un Tutsi au salon, il finit par vous chasser de votre lit".

Hassan Ngeze a déclaré que "peut-être notre société est-elle mauvaise, mais elle est ainsi". D'après lui, il n'a fait qu'informer le public.

Les dix commandements des Hutus
Hassan Ngeze s'est par ailleurs défendu au sujet des "dix commandements des Hutus" publiés dans son journal en décembre 1990. Selon un de ces commandements, les Hutus devraient cesser d'avoir pitié des Tutsis. Un autre commandement énonce que "tout homme Hutu doit comprendre que la femme Tutsie travaille pour son ethnie".

Le procureur a affirmé que Hassan Ngeze "a soutenu les dix commandements et les a enseignés à la population". "Je ne soutiens aucun commandement, que ce soient ceux qui émanent des Hutus ou des Tutsis", a répondu l'accusé.

La revue Kangura avait auparavant publié "les dix-neuf commandements des Tutsis". L'un d'entre eux est.ainsi libellé: "sachez qu'un Muhutu est créé pour servir".

D'après Ngeze, il était nécessaire que les gens soient informés de l'existence des différents commandements. "Je n'ai cessé de condamner ces commandements. Je ne les ai jamais cautionnés", a-t-il assuré, ajoutant que "Kangura n'est pas une bible. Kangura publie ses articles pour susciter l'opinion des lecteurs". A la question de savoir s'il aurait prévenu ses lecteurs du caractère nocif de ces commandements, Hassan Ngeze a répondu que "cela apparaît de manière constante dans Kangura". La chambre lui a instruit de mettre à profit la pause du week-end pour relever des articles pertinents.

Selon le procureur, les dix commandements des Hutus "constituaient non seulement un appel sans équivoque au mépris et à la haine de la minorité tutsie, mais également une diffamation et une persécution à l'encontre des femmes tutsies". Le procureur affirme que Ngeze considérait les femmes tutsies comme "fatales".

De manière plus générale, le parquet estime que Kangura a été créé "pour défendre et promouvoir l'idéologie hutue et pour unir tous les Hutus pour "guérir" le Rwanda". Ngeze rétorque qu'il écrivait pour tous les Rwandais sans distinction ethnique.

Propos amers
Me René Martel, l'avocat canadien qui représente Hassan Ngeze, s'est souvent opposé énergiquement à la manière dont le procureur posait des questions à son client.

"C'est une plaidoirie pro-tutsie. Que Mme Kagwi cesse de faire de la politique. Qu'elle pose des questions en technicien de droit qu'elle est", a déclaré Me Martel.

L'avocat canadien a allégué que la représentante du parquet," a épousé une cause qu'elle est en train de défendre."

La présidente de la chambre a indiqué à Charity Kagwi-Ndungu qu'il n'était pas nécessaire de répondre à ces propos.

Me Martel s'était auparavant plaint de l'utilisation par le procureur d'une cassette vidéo montrant Ngeze au milieu des réfugiés hutus dans l'ex-Zaïre, parlant de "manipulation" du document. "Cette vidéo est trafiquée", a indiqué Me Martel, alléguant "une culture de fabrication de la preuve" chez le procureur.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux anciens responsables de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ce dernier boycotte le procès depuis son ouverture en octobre 2000, estimant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

La déposition de Hassan Ngeze se poursuit jeudi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0402A)




1ER AVRIL 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE NIE AVOIR APPELE LES HUTUS A S'UNIR CONTRE LES TUTSIS

Arusha, le 1er avril 2003 (FH) - L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a nié avoir appelé les Hutus à s'unir contre les Tutsis, à la fin de son témoignage direct mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Hassan Ngeze dépose depuis lundi de la semaine dernière pour sa propre défense. Mardi après-midi, il a commencé à répondre aux questions du procureur.

Hassan Ngeze est poursuivi notamment pour incitation directe et publique à commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts, au Rwanda, entre avril et juin 1994. Il plaide non coupable.

"Je n'ai pas demandé aux Hutus de s'unir contre les Tutsis. J'ai demandé aux Hutus de s'unir entre eux", a déclaré Hassan Ngeze. Selon lui, il y avait des dissensions profondes entre Hutus du nord et Hutus du sud qu'il fallait d'abord dissiper avant de s'attaquer au conflit hutu-tutsi qui, a-t-il dit, a émaillé l'histoire du Rwanda. "Au moins les Tutsis, dans une certaine mesure, étaient unis", a-t-il déclaré.

Hassan Ngeze a indiqué qu'en 1992, il avait soutenu le parti Coalition pour la défense de la République (CDR) parce qu'il demandait "aux Rwandais de s'asseoir autour d'une table et de discuter de la question ethnique hutu-tutsie". D'après lui, au Rwanda il n'y a jamais eu de véritable débat sur les causes du conflit hutu-tutsi jusqu'à ce jour.

Le parquet allègue que le parti CDR et la revue Kangura prônaient l'idéologie hutue extrémiste, ce que Hassan Ngeze nie.

Selon le procureur, Kangura "publiait des articles et des caricatures divisionnistes appelant à la haine ethnique et publiait les noms et les photos des personnes considérées comme les complices de l'ennemi". Hassan Ngeze estime pour sa part que la revue Kangura est une reproduction de l'histoire mouvementée du Rwanda.

L'ancien journaliste affirme qu'il a souvent alerté les autorités compétentes sur ce qui allait se passer mais qu'elles l'avaient simplement traité de "paranoïaque".

Le parquet a cité quarante-sept témoins dans ce procès. Hassan Ngeze les a traités de "menteurs."

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Milles collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ce dernier boycotte ce procès depuis son commencement en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.

Début du contre-interrogatoire
En début de son contre-interrogatoire, Hassan Ngeze a confirmé qu'il était responsable de Kangura. "C'était mon journal. Même si parfois certains articles étaient publiés quand j'étais en prison", a-t-il expliqué.

L'accusé a cependant déclaré assumer la responsabilité de tous les articles de Kangura, pour autant qu'il n'y a pas eu de démenti. L'accusé avait auparavant déclaré qu'il avait été maintes fois mis en prison pour ses articles. "La prison, c'était mon deuxième domicile", a-t-il rapporté.

Le parquet allègue que "en tant que rédacteur en chef du journal Kangura, Hassan Ngeze avait un contrôle sur les employés de sa rédaction, y compris les journalistes".

Hassan Ngeze s'est défini comme "un enquêteur spécial, une des rares personnes qui connaît ce qui s'est passé au Rwanda et dans la région des Grands Lacs avant et après 1994 ".

L'ancien journaliste était contre-interrogé par la représentante kenyane du parquet, Me Charity Kagwi-Ndungu. Me Kagwi a suggéré que Ngeze connaissait l'existence d'un plan de massacres de Tutsis en cas de reprise de la guerre au Rwanda en 1994. Hassan Ngeze a répondu par la négative, ajoutant: "j'ai essayé de publier, de faire connaître les conséquences de la guerre, si elle reprenait."

L'accusé a par ailleurs réitéré qu'il avait sauvé des Tutsis persécutés entre avril et juillet 1994, contrairement aux allégations du procureur.

La déposition de Ngeze se poursuit mercredi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0401A)



31 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

NGEZE AFFIRME AVOIR SAUVE 1000 TUTSIS PENDANT LE GENOCIDE

Arusha, le 31mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, a déclaré avoir sauvé un millier de Tutsis entre avril et juin 1994, lors de son témoignage, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue taxée d'extrémisme anti-tutsi Kangura, Hassan Ngeze, 46 ans, dépose depuis une semaine pour sa propre cause.

"J'ai aidé mille Tutsis. J'ai été arrêté huit fois pour cela", a affirmé Hassan Ngeze, en répondant à une question d'un juge. L'accusé a indiqué qu'il a aidé les Tutsis à se mettre à l'abri dans divers endroits de la ville de Kigali, notamment à l'hôtel des Mille collines, à l'Eglise Sainte Famille et dans des locaux de l'ONU ou en les évacuant à l'étranger.

Hassan Ngeze a rapporté qu'il avait "formé" autour de six personnes pour l'aider à transporter des Tutsis menacés à Goma, dans l'ex-Zaïre. Des témoins de la défense ont déclaré que Ngeze les avait dissimulés dans des fûts et conduits à Goma en prétendant qu'il allait acheter de l'essence.

"Beaucoup d'accusés viendront vous dire qu'ils n'ont pas participé aux massacres, mais personne ne vous dira comment il a sauvé des gens[…] Moi je suis quelqu'un qui a sauvé des Tutsis", a-t-il poursuivi. "Je recevrais la reconnaissance de l'histoire", a-t-il dit.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Miille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

Nouvelles allégations de menaces contre des témoins
En début de l'audience lundi matin, l'avocat canadien Me René Martel, co-conseil de Hassan Ngeze, a fait part à la chambre de menaces qu'auraient subies récemment trois témoins de la défense et a demandé une enquête à ce sujet. Le 15 mars dernier, Me Martel avait formulé une plainte analogue et le Tribunal avait ordonné une enquête pour un incident impliquant quatre témoins.

Me Martel a indiqué qu'il avait été informé par e-mail que trois des témoins attendus à la barre au mois de mai "ont été intimidés à l'arme à feu" dans leurs pays de résidence.

"Je ne sais pas où se trouve la fuite. Mais il y a une fuite. Nous demandons une enquête, non pas une enquête sur papier, mais une enquête faite par un policier professionnel", a plaidé l'avocat.

Me Martel a mis en cause un membre du bureau du procureur, la Kenyane Charity Kagwi-Ndungu, en raison des visites qu'elle effectuerait régulièrement auprès d'Omar Serushago, un ancien chef milicien condamné par le TPIR, devenu informateur du parquet.

La juriste kenyane a rejeté ces allégations et a demandé à Me Martel d'attendre les conclusions de l'enquête ordonnée par la chambre.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud.-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de Hassan Ngeze se poursuit mardi. La chambre lui avait donné jusqu'à lundi pour terminer son témoignage direct. Lundi soir, Me Martel a indiqué que "visiblement M.Ngeze n'a pas terminé la présentation de sa cause" et a appuyé la requête de l'accusé en vue de disposer de trois jours supplémentaires.

"C'est mon procès, il faut qu'on me donne du temps", a déclaré Ngeze, soulignant: "Je n'ai pas répondu aux 47 témoins du procureur, je n'ai pas encore abordé Kangura".

La chambre a décidé de lui accorder une demi-journée supplémentaire, mardi matin, "sous réserve de la manière dont vous allez gérer votre temps, compte tenu de ce que la chambre attend de vous", lui a-t-elle signifié.

AT/CE/GF/FH (ME'0331A)




28 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE RECONNAIT AVOIR ETE UN DES FONDATEURS DE LA CDR

Arusha, le 28 mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès "des médias de la haine" a reconnu avoir été membre fondateur du parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR) tout en maintenant n'avoir joué aucun rôle pendant le génocide, lors de son témoignage vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est accusé notamment d'avoir été un des dirigeants de la CDR. "Je suis une des cinquante personnes qui ont créé la CDR mais après cela j'ai disparu", a-t-il dit.

Hassan Ngeze a indiqué qu'il a approuvé les statuts de la CDR, expliquant que l'un de ses objectifs était de mettre sur la table les différends entre les Hutus et les Tutsis du Rwanda.

Selon lui, la principale source des problèmes qui ont jalonné l'histoire du Rwanda vient du fait que les relations entre les Hutus et les Tutsis, les deux principales ethnies du pays, n'ont jamais été débattues.

Hassan Ngeze a déclaré qu'il avait été nommé "conseiller" auprès de la CDR, ajoutant qu'il s'agissait simplement d'un titre "honorifique" et qu'il n'appartenait pas aux organes directeurs du parti.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont notamment poursuivis pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Hassan Ngeze a déclaré que lors du génocide, il avait plutôt sauvé des gens menacés. "Moi, j'ai sauvé des Tutsis. De plus, entre avril et juillet 1994, je n'ai rien publié. Je n'ai cessé de condamner les tueries. Je voulais que la communauté internationale sache ce qui se passait", a-t-il plaidé.

Le parquet allègue que des médias comme Kangura et la RTLM ont été créés dans le but d'inciter à la haine et à la peur contre la minorité tutsie. Hassan Ngeze affirme au contraire que sa revue n'est qu'une reproduction de l'histoire du Rwanda.

Hassan Ngeze, qui a refusé l'assistance de ses conseils, a d'ailleurs passé une bonne partie de son témoignage à présenter des livres d'histoire malgré les recommandations de la chambre. "Nous attendons de vous des moyens de preuve. Cela ne sert pas votre cause. En présentant des livres d'histoire, ce ne sont pas des éléments de preuve que vous versez", lui a indiqué le juge président, la Sud-Africaine Navanethem Pillay.

La défense mécontente d'une ordonnance portant calendrier
En pleine déposition de Hassan Ngeze, la chambre a émis une ordonnance portant calendrier du reste du procès, ce qui a irrité la défense. La chambre a ordonné que les résumés des dépositions de tous les témoins des faits restants soient communiqués au plus tard le 4 avril, et ceux des témoins experts le 11 avril. Ils devront être entendus pour la plupart entre le 7 avril et le 7 mai. La chambre devrait aménager du temps pour entendre les derniers témoins, dès le 8 mai.

Quant au procureur, il a jusqu'au 16 juin pour déposer une copie de son réquisitoire au greffe. Les défenses ont, elles, jusqu'au 16 juillet. Les arguments finaux des parties seront présentés entre le 18 et le 22 août. La chambre entamera alors son délibéré.

Réagissant à cette ordonnance, l'avocat canadien Me René Martel, co-conseil de Hassan Ngeze a déclaré qu'il ne pourra pas se plier aux exigences de ce calendrier. "En ce qui nous concerne, le procès est terminé, nous n'avons aucune possibilité de faire venir nos témoins", a-t-il regretté. "Il est impossible dans ces délais de finaliser notre cause. Aucun de nos experts n'est disponible pour ces dates.", a-t-il ajouté.

Faisant allusion à l'élection de la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, à la Cour pénale internationale permanente, qui a des conséquences sur le déroulement de ce procès, Me Martel a indiqué: "Je reconnais que vous avez une carrière, mais nos experts et nous-mêmes avons également une carrière. […] Cette ordonnance portant calendrier est un véritable outrage pour la défense de M.Hassan Ngeze."

L'avocat italien de Jean-Bosco Barayagwiza, Me Giacomo Barletta, avait également annoncé le retrait de son seul témoin, le Dr Fernand Giffioul, en raison de ce calendrier contraignant pour lui.Il est, par la suite, revenu sur sa décision et le Dr Giffioul sera entendu le 8 mai.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture en octobre 2000 et il est représenté par un avocat qu'il ne reconnaît pas. Celui-ci a éprouvé des difficultés à faire comparaître des témoins, du fait qu'il ne communique pas avec son client.

Ngeze a également regretté cette ordonnance. "Vous savez que le procureur veut que je meurs même si je suis innocent. Je m'en suis remis aux juges et maintenant c'est eux qui me malmènent", a-t-il allégué.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Pillay, les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de Hassan Ngeze se poursuivra lundi. La chambre l'avait dans un premier temps instruit de clôturer son témoignage direct vendredi, mais elle a finalement accédé à la requête de son avocat de lui accorder un peu plus de temps. Ngeze devrait déposer toute la journée de lundi, avant d'être contre-interrogé par le procureur. Les autres équipes de la défense qui le souhaitent, ainsi que les juges, auront également l'opportunité de l'interroger.

AT/CE/GF/FH (ME'0328A)



27 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


NGEZE NIE AVOIR ETE QUELQU'UN D'IMPORTANT

Arusha, le 27 mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès "des médias de la haine", a nié avoir été quelqu'un d'important au Rwanda, lors de son témoignage, jeudi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Je n'étais rien. Le procureur me présente comme un homme immense, quelqu'un qui était proche du gouvernement et des milliardaires", a déclaré Hassan Ngeze, au troisième jour de sa déposition pour sa propre défense.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue taxée d'extrémisme anti-tutsi Kangura, Hassan Ngeze a affirmé que parfois il lui arrivait de manquer l'argent pour payer l'imprimerie. "Personne. Aucun représentant du gouvernement ne m'a aidé. En revanche, ils m'ont mis en prison", a-t-il dit.

Se définissant à plusieurs reprises comme "un enfant de la rue", Hassan Ngeze a affirmé qu'il a été détenu vingt fois entre 1980 et 1994, et placé en garde à vue à trente-cinq reprises au cours de la même période."La prison au Rwanda, c'était ma deuxième maison", a-t-il déclaré.

Hassan Ngeze a expliqué qu'il a créé Kangura après un différend avec Valens Kajejugukwa, un homme d'affaires tutsi qui finançait le journal auquel il collaborait jusque-là, Kanguka. Il aurait rompu avec Kajejugukwa lorsque celui-ci lui a proposé d'adhérer au Front patriotique rwandais (FPR), qui, à l'époque, était sur le point d'attaquer le Rwanda à partir de l'Ouganda voisin. "Je lui ai dit que je ne pouvais pas contribuer à la destruction de mon pays en adhérant au FPR", a expliqué Ngeze.

Au cours de la journée, l'accusé a soumis en preuve plusieurs livres d'histoire du Rwanda, déclarant que "ces livres vont montrer à la chambre que Ngeze n'avait aucun rôle à jouer entre les Hutus et les Tutsis, si ce n'est être un journaliste indépendant dans un pays en proie à une guerre ethnique".

Hassan Ngeze est poursuivi notamment pour incitation directe et publique à commettre le génocide. Il rejette ces allégations.

"Vous avez arrêté la mauvaise personne"
Hassan Ngeze a plaidé qu'entre avril et juillet 1994, il n'a rien publié, laissant entendre qu'il ne pouvait être accusé d'une quelconque infraction par voie de presse. L'accusé a affirmé que durant cette période, il avait par contre essayé de sauver des gens menacés.

"En ce qui me concerne, je n'ai pas tué. J'ai sauvé des vies humaines. Et je l'ai fait au risque de ma vie. Je ne veux pas recevoir les félicitations du Tribunal, mais mon souci est de dire la vérité", a déclaré Ngeze. Plusieurs témoins à décharge ont signalé que Ngeze avait aidé des Tutsis persécutés à se réfugier dans l'ex-Zaïre.

L'ancien journaliste estime de ce fait qu'il a été accusé injustement."J'ai dit au procureur que vous avez arrêté la mauvaise personne. J'aurais dû en effet être appelé comme témoin", a plaidé l'accusé.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Hassan Ngeze a nié toute entente avec ses coaccusés.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Le témoignage de Ngeze se poursuit vendredi.

AT/CE/GF/FH (ME'0327A)





26 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


LA CHAMBRE DEMANDE A NGEZE DE TERMINER SA DEPOSITION VENDREDI

Arusha, le 26 mars 2003 (FH) - La chambre une du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a instruit Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" de terminer sa déposition vendredi.

Mercredi, Hassan Ngeze était au troisième jour de son témoignage pour sa propre défense.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze a remis à la chambre un plan comportant six chapitres mais il n'en a pas encore couvert la moitié.

L'accusé, qui a refusé l'assistance de ses conseils, se perd souvent en de longues lectures de livres d'histoire, malgré de fréquentes mises en garde de la chambre. L'accusé explique qu'il est en détention depuis six ans et qu'il attendait le moment de son témoignage pour démonter les accusations retenues contre lui.

"Donnez-moi une chance, Madame le président", martèle souvent Hassan Ngeze, sollicitant l'indulgence de la chambre pour s'étendre sur tel ou tel sujet.

Ngeze avait d'abord souhaité témoigner durant deux semaines mais la chambre lui a accordé seulement quatre jours et demi.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Tous plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la chambre présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0326B)




26 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

BIOGRAPHIE DE HASSAN NGEZE


Arusha, le 26 mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est originaire de Rubavu (province Gisenyi, ouest du Rwanda). Les documents officiels du Tribunal indiquent qu'il est né en 1961. L'intéressé a néanmoins contredit cela au début de sa déposition pour sa propre défense lundi dernier. Selon lui, il est né le 25 décembre 1957. "C'est ce que m'a dit ma mère", a-t-il déclaré.

Le journaliste
Hassan Ngeze, un Hutu, a travaillé comme journaliste de 1978 à 1997, a-t-il dit. Pendant le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants survenus au Rwanda en 1994, il était directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura créée quatre ans auparavant.

Avant de diriger Kangura, Hassan Ngeze a d'abord été distributeur et correspondant du périodique Kanguka à Gisenyi.

Le procureur allègue que la revue Kangura a été créée dans le but de promouvoir l'idéologie extrémiste hutue au détriment de la minorité tutsie. Hassan Ngeze conteste vigoureusement cette thèse.

En décembre 1990, un mois après avoir publié "les dix commandemants des Batutsis", le journal Kangura publie "les dix commandements des Bahutus" considérés comme une incitation directe à la haine ethnique. Selon un de ces commandements, les Hutus devraient cesser d'avoir pitié des Tutsis.

Ngeze s'en défend en disant que ces commandements avaient été publiés bien avant lui par d'autres journaux et qu'il n'en est donc pas l'auteur.

A plusieurs occasions entre mai 1990 et mars 1994, Kangura a décrit les Tutsis comme des ennemis, et les Hutus membres de l'opposition comme des complices de l'ennemi, indique le procureur.

Hassan Ngeze, pour sa part, a déclaré que la revue Kangura était une reproduction de l'histoire du Rwanda, caractérisée, selon lui, par l'antagonisme entre les Hutus et les Tutsis.

Hormis ses activités de journaliste, Hassan Ngeze était également impliqué dans des activités politiques. Il était membre fondateur du parti Coalition pour la défense de la République (CDR) et a exercé la fonction de "conseiller" auprès de son comité directeur. Fondée en 1992, le parti CDR était un des principaux partis politiques au Rwanda et avait une jeunesse appelée "Impuzamugambi".

Le parquet allègue que l'accusé était également un des leaders de la milice Interahamwe, affiliée à l'ex-parti présidentiel, le MRND, en province de Gisenyi.

En 1993, Hassan Ngeze et sa publication ont acheté des parts dans la société de radiodiffusion privée en création, la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM). Il est aujourd'hui accusé conjointement avec deux responsables présumés de cette radio, Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Hassan Ngeze nie s'être entendu avec l'un ou l'autre de ses coaccusés.

A l'opposé de ses coaccusés qui ont fait des études universitaires poussées et exercé d'importantes fonctions au sein de l'administration rwandaise, le parcours de Hassan Ngeze est modeste.

Un témoin de l'accusation, qui a affirmé bien le connaître, a indiqué qu'il aurait d'abord été cordonnier à Gisenyi, puis chauffeur d'autobus avant de se lancer, sans formation préalable, dans la presse. Selon le témoin, son niveau d'instruction ne dépasserait pas l'école primaire. Les observateurs ont néanmoins constaté que lors de sa déposition, l'accusé alterne le français et l'anglais. Il est vrai que les informations biographiques concernant Hassan Ngeze sont peu abondantes.

L'accusé
Ngeze est en conflit permanent avec ses avocats, l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel. A plusieurs reprises, il a demandé leur remplacement par des avocats qu'il payerait lui-même, mais l'accusé n'est finalement pas parvenu à les faire venir à Arusha.

Au cours de sa déposition, il a refusé l'assistance de ses deux avocats. Ngeze est donc le seul accusé, présent ou passé, du TPIR à s'adresser et à répondre directement aux juges lors de sa déposition. L'accusé a par ailleurs demandé que Me Floyd et Me Martel ne le représentent pas, en cas d'appel du jugement en première instance.

Ngeze allègue que ses conseils sont incompétents et qu'ils ne l'auraient pas aidé à préparer sa défense.

Les avocats affirment de leur côté que c'est leur client qui refuse de les rencontrer. Confronté à ses fréquentes sautes d'humeur, les avocats ont, à un moment donné, demandé et obtenu un examen psychiatrique de l'accusé. Les résultats de cet examen sont restés confidentiels.

La chambre une du TPIR, qui entend le procès des médias, a elle aussi souvent éprouvé des difficultés à contrôler l'accusé. La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, s'est vue dans l'obligation de lui donner à plusieurs reprises un avertissement suite à ses interventions non autorisées, menaçant même par moments de l'expulser de la salle d'audience. Le règlement permet à la chambre "d'ordonner l'expulsion de l'accusé et de poursuivre les débats en son absence si l'accusé, après avoir été averti que son comportement risque de justifier son expulsion de la salle d'audience, persiste dans ce comportement".

Le détenu
L'accusé a également donné du fil à retordre au greffe par "une tentative de suicide". En janvier 1998, il aurait absorbé un mélange de produits chimiques, dans le but, semble-t-il, de se donner la mort. Cependant il n'a jamais été clairement établi s'il voulait réellement mettre fin à ses jours.

Selon certaines sources, Ngeze s'était d'abord renseigné auprès de ses co-détenus sur l'existence d'un antidote, le lait de vache, qu'il s'est empressé de boire lorsqu'il a repris conscience. Selon des sources contactées à l'époque, "M.Ngeze est enclin à adopter des comportements extrêmes pour se mettre en relief".

Un jour après le début de sa déposition pour sa propre cause, Ngeze a envoyé un message électronique à une cinquantaine de personnes, dont des journalistes, indiquant le plan de sa déposition, un document d'une vingtaine de pages. Ngeze entend évoquer notamment les causes du conflit ethnique hutu-tutsi ainsi que son rôle en tant que journaliste. Ngeze y affirme par ailleurs qu'il a sauvé des Tutsis pendant le génocide, corroborant ainsi des déclarations de plusieurs des témoins qu'il a cités pour sa défense.

Par ailleurs, Ngeze dispose d'un site internet à son nom, une exception au sein de la population carcérale du Centre de Détention des Nations-Unies, puisque, après Ngeze, seul Jean-Bosco Barayagwiza possède son site. Sur www.hassanngeze.s5.com <http://www.hassanngeze.s5.com>, Ngeze parle généralement de son procès et de la vie au quartier pénitenciaire du TPIR à Arusha. Selon ses propres termes, ce site est dédié à un "journaliste africain originaire d'un pays déchiré par la guerre, accusé d'avoir exercé la liberté d'expression".

Ngeze a été arrêté au Kenya le 18 juillet 1997 et transféré à Arusha le même jour. Il a fait sa comparution initiale le 19 novembre 1997. L'accusé a affirmé que, lors de son arrestation, les agents du TPIR auraient saisi chez lui 10.000 dollars américains, 5.000 francs belges et 5.000 francs français.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprrenant outre la juge Pillay, les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/PJ/CE/GF/FH (ME'0326A)




25 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


KANGURA EST UNE REPRODUCTION DE L'HISTOIRE DU RWANDA, SELON NGEZE

Arusha, le 25 mars 2003 (FH) - La revue Kangura est une reproduction de l'histoire mouvementée du Rwanda, a affirmé mardi Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de Kangura, Hassan Ngeze témoigne depuis lundi pour sa propre défense. Sa déposition a été centrée, jusqu'ici, sur l'histoire du Rwanda.

Hassan Ngeze, qui a refusé les services de ses avocats, a indiqué qu'il entendait expliquer le contenu de sa publication en se basant sur des livres d'histoire. "Ce qui est écrit dans Kangura du n° 1 au n° 73 fait partie de l'histoire rwandaise", a déclaré Hassan Ngeze.

"Je n'ai rien créé, c'est l'histoire de mon pays[…]Tout ce que j'ai écrit dans Kangura, c'est ce sur quoi les historiens étrangers se sont penchés", a-t-il dit, citant plusieurs ouvrages traitant des relations conflictuelles entre les Hutus et les Tutsis du Rwanda depuis les années 1950.

Ngeze envisage de témoigner pendant une semaine.

Selon son plan de défense, communiqué par e-mail à une cinquantaine de personnes, dont des journalistes, l'accusé devrait évoquer son passé de journaliste de "1978 à 1997", ainsi que la manière dont il aurait sauvé des Tutsis persécutés pendant le génocide de 1994 malgré les menaces de mort qui pesaient sur lui. Il entend d'abord se pencher sur conflit hutu-tutsi "qui même aujourd'hui est loin d'avoir pris fin",

Hassan Ngeze compte ensuite parler de l'aide qu'il aurait fournie à des journalistes étrangers pour que ceux-ci "alertent la communauté internationale afin de voir si elle pouvait intervenir et remédier à la situation" entre avril et juin 1994.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupable.

Hassan Ngeze a également affirmé, mardi, qu'il s'intéressait aux activités du TPIR avant même son arrestation, en juillet 1997. "Très souvent je prenais place dans la galerie publique pour suivre les audiences dans [l'affaire de l'ex-maire Jean-Paul] Akayesu", a-t-il dit.

Leur procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de Ngeze se poursuit mercredi. Il devrait notamment s'expliquer sur le contenu de sa publication.

AT/CE/GF/FH (ME'0325AA)




24 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


HASSAN NGEZE A COMMENCE A DEPOSER POUR SA PROPRE DEFENSE


Arusha, le 24 mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, a commencé à déposer pour sa propre défense, lundi devant le Tribunal pénal pour le Rwanda (TPIR).


Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Ferdinand Nahimana a déjà témoigné pour sa propre cause, tandis que Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000.

Hassan Ngeze, qui a d'entrée de jeu refusé l'assistance de ses avocats, a déclaré que sa déposition comporterait six parties centrées notamment sur l'histoire du Rwanda ainsi que sur son rôle en tant que journaliste au Rwanda dès la fin des années 1980.

Vétu d'un keffieh noir et d'une tunique grisâtre, Hassan Ngeze, 46 ans, a déclaré qu'il s'appesantirait notamment sur les causes du conflit rwandais depuis l'époque précoloniale pour aider les juges à comprendre le contenu et les sources de ses articles, a-t-il dit.

Hassan Ngeze a ajouté qu'il parlerait de lui-même travaillant avec des journalistes étrangers pour faire comprendre la réalité rwandaise à l'extérieur du pays ou sauvant des gens menacés pendant le génocide. L'accusé devra également tenter de démonter les témoignages présentés par l'accusation.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Ngeze a déjà cité vingt-neuf témoins pour sa défense. Il est représenté par l'avocat américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel.

AT/GF/FH (ME'0324A)


21 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


HASSAN NGEZE COMPARAITRA LUNDI POUR SA DEFENSE


Arusha, le 21 mars 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine" comparaîtra lundi prochain pour sa propre défense, a -t-on appris vendredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La première chambre de première instance du TPIR, qui mène ce procès, avait souhaité que l'accusé commence sa déposition vendredi, mais elle a finalement accédé à sa demande de report.

Hassan Ngeze a indiqué que, préalablement à son témoignage, il avait besoin des originaux de la revue Kangura dont il était directeur et rédacteur en chef en 1994, des cassettes videos et autres documents saisis lors de son arrestation en 1997, des pièces à conviction présentées par l'accusation au cours du procès ainsi que d'une imprimante.

La chambre a ordonné au procureur de lui remettre les documents en sa possession et aux responsablees du centre de
détention de lui permettre d'utiliser l'imprimante qu'il a déclaré avoir acheté à ses propres frais.

S'agissant particulièrement de l'imprimante, la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a expliqué que les juges sont intervenus à titre exceptionnel, les questions administratives relevant normalement de la compétence du greffe.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Vendredi, le Tribunal a poursuivi l'audition des témoins de la défense de Hassan Ngeze.

C'est le témoin désigné "RM5", le vingt-huitième sur sa liste, qui a été appelé à la barre. Comme ceux qui l'ont précédé, RM5 a déclaré que Hassan Ngeze avait caché des Tutsis persécutés entre avril et juin 1994 et que, contrairement aux allégations du procureur, il n'avait pas participé à l'assassinat d'un certain Modeste Tabaro.

La déposition de Hassan Ngeze a été évoquée quand son co-conseil, l'avocat canadien Me René Martel, a déclaré qu'il n'avait plus d'autre témoin sur place. La chambre a voulu mettre à contribution le temps qui restait en entendant Ngeze, mais ce dernier s'y est opposé.

Les débats avaient été suspendus le 15 mars. Outre la juge Pillay, la chambre une est composée des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Ce procès a commencé le 23 octobre 2000.

AT/GF/FH(ME'0321A)



15 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

LE TRIBUNAL ORDONNE UNE ENQUETE SUR LA SECURITE DES TEMOINS

Arusha, le 15 mars 2003 (FH) - Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a ordonné samedi une enquête au sujet de la sécurité des témoins de la défense de Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide.

L'avocat canadien Me René Martel, un des défenseurs de Hassan Ngeze, a déclaré qu'un témoin de la défense, une femme désignée par le pseudonyme "RM 117" pour des raisons de sécurité, avait été "séquestrée", par des gens qui voulaient l'empêcher de venir déposer en faveur de son client.

Me Martel a indiqué que RM 117, alors qu'elle était partie chercher des documents, "a été empêchée de le faire par un groupe de Tutsis qui l'ont enlevée et séquestrée pendant plus de vingt-quatre heures".

Me Martel n'a pas révélé le pays de résidence du témoin, craignant qu'il ne soit identifié. L'avocat canadien a ajouté que RM 117 "avait sur elle un papier de la [section du TPIR en charge de la] protection des témoins sur lequel figuraient les adresses de trois autres témoins de la défense".

Selon Me Martel, RM 117 a finalement réussi à s'enfuir "à la faveur de la distraction du groupe", laissant cependant ce document sur place. "Voilà ce qui est arrivé à ce témoin et nous craignons pour la sécurité des trois autres dont les noms figurent sur ce document", a conclu Me Martel.

Le juge président, la Sud-africaine Navanethem Pillay, a indiqué que "la chambre fera ce qu'elle pourra au regard de cette situation". La juge a ordonné au greffe, et particulièrement à sa section chargée de la protection des témoins, d'enquêter sur cet incident et de lui en faire rapport.

L'avocat principal de Ngeze, l'Américain Me John Floyd a implicitement rendu le TPIR responsable de cette situation en déclarant que "personne n'est allé chercher ce témoin à cet endroit et le témoin a dû présenter le papier de protection pour obtenir des documents."

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils
plaident non coupables.

Le procès s'est poursuivi exceptionnellement samedi en vue d'accélérer les débats.

Le Tribunal a entendu en un seul jour cinq témoins protégés de la défense de Ngeze à savoir BAZ 3, BAZ 5, BAZ 6, BAZ 8 et BAZ 11. Cela porte à porte à vingt-sept le nombre de témoins déjà cités par la défense de l'ancien
journaliste.


La défense demande du temps pour se préparer
La défense de Ngeze a néanmoins déclaré être confrontée à certaines difficultés et a demandé un délai supplémentaire pour pouvoir présenter adéquatement ses moyens de défense. La chambre souhaiterait que les débats se poursuivent sans discontinuer jusqu'à la fin mars et, en cas de besoin, siéger pendant quelques jours en avril.

Me Floyd a expliqué que certains témoins ne seront disponibles qu'aux mois de mai, juin ou juillet. La présidente de la chambre a indiqué qu'il "serait déraisonnable de penser à juin ou juillet".

Me Floyd a par ailleurs déclaré que son co-conseil devait se rendre en Europe pour rencontrer des témoins "importants" mais qu'il n'avait pas pu le faire parce qu'il "n'a pas perçu ses honoraires depuis longtemps". "Nous avons des témoins qui veulent faire triompher la vérité mais l'administration des Nations Unies nous empêche de faire notre travail", s'est plaint Me Floyd, plaidant le droit de son client à un procès équitable.

Me Floyd, à un moment donné, s'est laissé emporter, amenant le président de la chambre à lui faire remarquer : "Vous êtes comme un cheval fou, pire que votre client. Si vous aviez écouté ce que je vous dis, vous nous auriez épargné de ce torrent de paroles."

Hassan Ngeze s'accorde souvent la parole au cours du procès, malgré de fréquentes mises en garde de la chambre.

Me Martel a été également été réprimandé par la chambre quand il a été surpris en train de rire. "On ne rit pas au prétoire. En tout cas pas dans celui-ci ", lui a dit la juge Pillay. Ce a quoi Me Martel a répondu : "les avocats de la défense ne sont pas des robots".

Hassan Ngeze a de son côté demandé à la chambre de lui accorder au moins quinze jours pour préparer sa déposition. L'accusé a expliqué qu'il avait notamment besoin de relire l'ensemble des témoignages à charge et de retrouver les originaux de la revue Kangura et d'autres documents.

"Je veux dire au monde entier ce qui s'est passé dans ce pays. Nous voulons parler de l'histoire. Pour que les écrits de Kangura soient compréhensibles, nous devons retrouver les livres d'histoire qui ont été utilisés," a déclaré Hassan Ngeze.

L'accusé, en conflit quasi permanent avec ses avocats, a répété que, lors de sa déposition, contrairement à la pratique, il ne souhaite pas être interrogé par eux.

Les cinq témoins qui ont déposé samedi ont fait des témoignages presque identiques, notamment à propos du meurtre d'un certain Modeste Tabaro. Le parquet allègue que Ngeze l'a tué. BAZ 3, BAZ 5, BAZ 6, BAZ 8 et BAZ 11, faisant écho aux dépositions antérieures d'autres témoins en faveur de Ngeze, ont indiqué que ce sont au contraire deux individus dénommés Jeff et Regis qui ont perpétré ce meurtre.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Pillay, le juge norvégien Erik Mose et le juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Le juge Gunawardana est absent pour des raisons de santé.

Les débats devaient initialement se poursuivre dimanche mais samedi soir la chambre avait réussi à entendre tous les témoins présents à Arusha. Les parties se retrouveront lundi prochain pour discuter du calendrier.

AT/CE/GF/FH (ME'0315A)




14 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

DES TEMOINS SE SERAIENT VANTES D'AVOIR ACCUSE FAUSSEMENT NGEZE

Arusha, le 14 mars 2003 (FH) - Des témoins se seraient vantés d'avoir accusé faussement Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, a-t-on appris vendredi au Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR).

La première chambre de première instance du TPIR a entendu vendredi cinq témoins de la défense de Hassan Ngeze, ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura.

Le témoin désigné "RM 200" pour des raisons de sécurité, a déclaré avoir entendu cinq témoins à décharge se vanter d'avoir porté un faux témoignage contre Ngeze. Ils auraient agi à l'instigation d'une association rwandaise de rescapés du génocide anti-tutsi de 1994, Ibuka (Souviens-toi). Rapportant les propos attribués à l'un d'entre eux, RM 200 a déclaré: "La personne m'a dit qu'elle a déposé devant ce Tribunal et qu'elle vient de faire couper la tête de Hassan Ngeze", signifiant par-là qu'elle a porté un faux témoignage contre l'accusé, a-t-il dit.

La personne aurait ajouté que "Ibuka leur a donné de l'argent pour donner de faux témoignages. Ils ne craignaient rien. Ils s'en vantaient. Ils avaient la protection d'Ibuka."

Ces propos ont été également corroborés par le témoin RM 300. Hassan Ngeze est coaccusé avec deux anciens responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

La chambre vient d'entendre 22 témoins de Hassan Ngeze. Le procès devrait se poursuivre samedi et dimanche dans le but d'accélérer les débats. Il se déroule devant une chambre composée de deux juges: la Sud-Africaine Navanethem Pillay et le Norvégien Erik Mose. Le troisième juge, le Sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana, est indisponible pour des raisons de santé.

AT/CE/GF/FH(ME'0314A)



14 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

UNE VICTIME DE VIOL DEPOSE EN FAVEUR DE NGEZE

Arusha, le 14 mars (FH) - Une femme tutsie, victime de violences sexuelles pendant le génocide de 1994, a témoigné Jeudi devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda en faveur de Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des médias.

Elle a déclaré que Ngeze l'avait accueillie dans sa maison de Gisenyi avant de l'aider à se réfugier dans l'ex-Zaïre.

Ngeze, ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, est co-accusé avec Ferdinand Nahimana, promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) et Jean-Bosco Barayagwiza, ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM. Tous trois sont accusés d'avoir utilisé leurs médias respectifs afin d'inciter au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait
un million de morts en 1994. Ils plaident non coupables.

Le témoin, surnommée RM114 pour protéger son identité, a relaté à la cour ce qu'elle a subi lors de son voyage de Kigali à Gisenyi. Elle a notamment révélé qu'elle avait été violée par plusieurs personnes à Gitarama après avoir vu ses deux frères tués à coups de machettes et jetés dans un puits.

RM 114 a déclaré avoir été sauvée par "un bon Samaritain" qui l'a emmenée, avec ses trois enfants, jusqu'à Gisenyi. Là, il les aurait mis sous la protection de Ngeze. Le témoin a poursuivi en disant que l'accusé s'était montré très gentil avec elle, l'avait nourrie ainsi que sa famille et lui avait prodiguée l'aide médicale nécessaire à la guérison des blessures occasionnées par le viol.

"Seul Dieu peut récompenser Ngeze pour sa gentillesse", a répondu le témoin à la question du procureur, qui lui demandait si elle n'était pas redevable à Ngeze d'avoir sauvé sa vie.

RM 114, le troisième témoin à décharge de la journée, a également indiqué que, à l'instigation de Ngeze, elle avait déménagé de maison en maison pour sa sécurité avant de franchir clandestinement la frontière avec l'ex-Zaïre, déguisée en musulmane.

La cour a également entendu la déposition de trois autres témoins protégés, RM112, RM113 et RM118. Tous trois ont déposé dans le même sens que de précédents témoins de la défense, indiquant que Ngeze avait été arêté à de nombreuses reprises pour avoir aidé des Tutsis à fuir et que, en conséquence, sa maison avait été attaquée et bombardée.

Ils ont eux aussi déclaré que Modeste Tabaro n'a pas été tué par Ngeze, contrairement à ce que le parquet allègue, mais par deux soldats nommées Régis et Jeff. RM 112, un ancien soldat rwandais, a ajouté qu'il avait personnellement aidé l'accusé à passer clandestinement des Tutsis de l'autre côté de la frontière, cachés dans des barils d'huile.

Le procès des médias se poursuivra exceptionnellement vendredi, samedi et dimanche. Pour la première fois depuis sa création, le Tribunal siègera donc le week-end.

Le Chambre Une n'a pas siégé pendant neuf jours en raison de l'absence du juge sri lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Il était souffrant et "se remet d'une intervention chirurgicale urgente", a annoncé la juge Pillay en début de session. Navanethem Pillay préside la chamber une, assistée du Norvégien
Erik Møse.

CE/KN/GF/FH(ME'1403A)




12 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS

LE PROCES REPREND APRES DIX JOURS DE SUSPENSION

Arusha, le 13 mars 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide reprend jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) après dix jours de suspension.

Les débats avaient été reportés le 3 mars suite à l'indisponibilité de deux juges de la première chambre de première instance.

Le procès suivra un horaire inédit, de jeudi à dimanche, pour rattraper le temps perdu. C'est la première fois que le TPIR siège un week-end.

Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

La chambre entend actuellement les témoins de la défense de Ngeze. A la suspension, il venait d'en citer treize.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant, outre le juge Mose et le juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le juge Gunawardana étant vraisemblablement toujours indisponible, les débats se poursuivront en présence de deux juges.
AT/CE/FH (ME'0312A)




5 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


LES AVOCATS DE NAHIMANA FONT APPEL D'UNE DECISION DE NE PAS AUTORISER LA DEPOSITION D'UN EXPERT

Arusha, le 5 mars 2003 (FH) - La défense de Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des médias, a fait appel mardi de la décision rendue par la première chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de ne pas autoriser la déposition d'un de ses témoins experts.

L'avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval et sa consoeur anglaise Me Diana Ellis, qui représentent Nahimana, ont déposé cette requête, alors que la chambre entend les témoins de la défense de Hassan Ngeze, le deuxième accusé dans cette affaire.

La défense de Nahimana avait demandé à citer quatre témoins experts, mais la chambre de première instance a écarté l'Allemand Helmut Strizek, estimant que sa déposition n'est pas pertinente.

Ex-fonctionnaire de l'Union Européenne (anciennement Communauté Européenne), le Dr Strizek a vécu au Rwanda pendant plusieurs années. La défense voulait notamment le faire déposer sur l'identité de ceux qui ont abattu l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

L'attentat contre l'avion de Habyarimana a marqué le début du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois.

Les trois autres experts proposés ont été acceptés, mais l'un d'entre eux, Barrie Collins, a été limité dans sa déposition. La chambre a refusé que Barrie Collins explique les accords d'Arusha, stipulant qu'elle "n'a pas besoin de l'assistance d'un expert pour comprendre les accords d'Arusha."

Les deux autres témoins sont des experts militaires qui parleront du rôle des différentes forces présentes au Rwanda pendant le génocide. L'un s'appelle Peter Caddick-Adams, le nom de l'autre n'apparaît pas dans la requête.

Nahimana a déjà cité onze témoins des faits dans ce procès qui a commencé en octobre 2000.

Nahimana, un ancien professeur d'université et promoteuur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), et l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, sont coaccusés avec Jean-Bosco Barayagwiza, un ancien politicien, également membre du comité d'initiative de la RTLM.

Les trois sont poursuivis pour utilisation de leurs médias respectifs à des fins de génocide. Ils plaident non coupables.

Mercredi, la chambre n'a pas siégé pour la deuxième journée consécutive, un des juges, le Sri-Lankais Asoka de Zoysa Gunawardana étant indisponible. La date de la reprise des débats n'est pas connue.

Même si le juge norvégien Erik Mose qui était absent depuis lundi est de retour au siége du TPIR, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, à son tour, a quitté Arusha pour la Haye où elle doit prêter serment en tant qu'un dix-huit juges de la Cour pénale internationale permanente. Elle ne devrait pas être de retour avant le 12 mars.
AT/KN/CE/GF/FH(ME'0305A)




4 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


PROCES REPORTE EN RAISON DE L'INDISPONIBILITE D'UN JUGE

Arusha, le 4 mars 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a été reporté de vingt-quatre heures, en raison de l'indisponibilité d'un des juges, a-t-on constaté mardi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Suspendu le 31 janvier dernier, le procès avait repris lundi en présence seulement de deux juges, sur les trois qui composent la chambre. Le juge norvégien Erik Mose était en déplacement.

Mardi, la chambre s'est trouvée dans l'impossibilité de siéger puisque l'un des deux juges restants est tombé malade.

Les parties ont été convoquées pour mercredi matin, jour prévu pour le retour du juge Mose.

Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

La chambre entend actuellement les témoins de la défense de Ngeze. Il vient d'en citer treize sur la cinquantaine annoncée.

Ferdinand Nahimana a été le premier à faire comparaître des témoins. Il en a terminé avec les témoins des faits, il lui reste à présenter des témoins experts.

Jean-Bosco Barayagwiza, quant à lui, boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, alléguant que le TPIR est "manipulé par le
gouvernement rwandais". Il est représenté par des avocats qu'il ne reconnaît pas.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant, outre le juge Mose et le juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0304A)



3 MARS 2003
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TPIR/MEDIAS


TROIS TEMOINS AFFIRMENT QUE NGEZE A SAUVE DES TUTSIS

Arusha, le 3 mars 2003 (FH) - Trois témoins à décharge ont affirmé que Hassan Ngeze, un des trois co-accusés dans le procès des"médias de la haine", avait sauvé des Tutsis pendant le génocide de 1994, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, est coaccusé avec le directeur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et Jean-Bosco Barayagwiza, un membre du comité d'initiative de cette radio.

Les débats avaient été suspendus le 31 janvier dernier après l'audition de onze témoins de la défense de Hassan Ngeze. Tous ont déclaré que Hassan Ngeze n'avait pas participé aux massacres de Tutsis en 1994.

Désignés par les pseudonymes "RM10", "BAZ 15" et "RM116" pour protéger leurs identités, les trois témoins ont déposé de manière identique en faveur de Hassan Ngeze.

Selon RM14, le 10 avril 1994, Hassan Ngeze s'est rendu à son domicile de Gisenyi (ouest du Rwanda) pour emprunter un véhicule, en vue d'aider des
Tutsis persécutés à se réfugier à Goma dans l'ex-Zaïre.

"Je crois qu'effectivement il l'a fait, parce que certains de ces Tutsis sont encore en vie", a déclaré RM14. Le témoin a également cité au moins quatre familles de Tutsis qui avaient été sauvées, selon lui, par Hassan Ngeze.

Le témoin "BAZ 15" a indiqué qu'effectivement " beaucoup de personnes" se cachaient chez Ngeze en avril 1994.

Hassan Ngeze aurait souvent recouru à BAZ 15 pour assurer la sécurité de ces personnes.

Le témoin a expliqué que l'accusé avait réussi à les évacuer en les cachant dans des tonneaux.

"Il enlevait le fond du tonneau et faisait asseoir les gens dedans. Il fermait ensuite le couvercle et faisait comme s'il allait chercher de l'essence à Goma. Après les avoir déposé à Goma, il revenait alors à Gisenyi", a-t-il rapporté.

Une femme tutsie dépose en faveur de Ngeze
Le témoin RM116 est pour sa part une femme tutsie qui a passé quatre jours au domicile de Ngeze avant d'être évacuée vers l'ex-Zaïre. C'est la première fois qu'un Tutsi témoigne en faveur de Ngeze.

Au mois de janvier dernier, le parquet avait mis au défi la défense de Ngeze de faire comparaître un Tutsi que l'accusé avait sauvé.

RM116 a déclaré avoir vu chez Ngeze une vingtaine d'autres réfugiés qui ont été évacués le même jour qu'elle. "J'ai eu la chance de traverser grâce à Hassan Ngeze. Que Dieu le bénisse pour cela", a déclaré RM116.

Le témoin BAZ 15 a en outre déclaré que Hassan Ngeze avait sauvé des Tutsis à Kigali. Les uns ont été conduits à l'église Sainte Famille dans la ville de Kigali, les autres à Gisenyi, selon lui.

"Ngeze avait une camionnette. Il a fait comme s'il déménageait du matériel de bureau. Il les a cachés sous des cartons et des matelas.", a affirmé BAZ 15.

Le parquet a contesté la crédibilité des témoins BAZ 15 et RM14, arguant notamment qu'ils étaient amis de la famille Ngeze. Les témoins ont répondu qu'ils n'étaient pas liés à l'accusé et qu'ils étaient simplement venus dire la vérité.

Le procureur a par ailleurs suggéré que certains Tutsis avaient été sauvés en échange d'argent. Les témoins ont répondu qu'ils ne connaissaient personne qui avait payé pour cela.

S'agissant de RM116, le procureur a demandé si elle disposait de sa carte d'identité de 1994 pour vérifier son ethnie. Le témoin a répondu qu'elle l'avait déchirée, pour des raisons de sécurité, peu avant son évacuation.

Ngeze reçoit un avertissement
Lundi, Ngeze a plusieurs fois demandé à intervenir pour poser des questions aux témoins mais la chambre l'a instruit de passer par ses avocats.

Ngeze a souvent maille à partir avec ses avocats, l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel, à qui il reproche de ne pas le consulter. Les
avocats estiment de leur côté que c'est le client qui refuse de les rencontrer.

"Asseyez-vous M.Ngeze. Si vous continuez à agir comme cela, je vais sévir. Je vous ai déjà donné un avertissement", a même dû intimer le juge président.

Par le passé, Hassan Ngeze avait été autorisé à poser des questions à certains témoins, après celles de ses avocats. La chambre lui avait expliqué que c'était une mesure exceptionnelle. Le Règlement permet à la chambre de faire sortir un accusé qui n'obtempère pas aux instructions. Les débats se poursuivent alors en son absence.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le juge Mose sera absent jusque mercredi et le procès se poursuivra en présence de deux juges.

AT/CE/GF/FH (ME'0303A)



31 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS AJOURNE JUSQU'AU 3 MARS 2003

Arusha, le 31 janvier 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a été ajourné jusqu'au 3 mars 2003, a-t-on appris vendredi auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les débats ont été reportés après l'audition de onze témoins de la défense de Hassan Ngeze, un des coaccusés.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est accusé conjointement avec deux anciens responsables présumés de la
Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Ce procès se déroule devant la première chambre de première instance. Dans l'intervalle, la chambre délibérera dans l'affaire du pasteur Elizaphan Ntakirutimana coaccusé avec son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana. La chambre entendra également les plaidoiries dans l'affaire de l'ancien ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka, les 27 et 28 février.
AT/CE/GF/FH (me'0131a)



29 JANVIER 2003
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TPIR /MEDIAS


TROIS NOUVEAUX TEMOINS AFFIRMENT QUE NGEZE A SAUVE DES TUTSIS PENDANT LE GENOCIDE


Arusha, le 29 janvier 2003 (FH) - Trois nouveaux témoins ont affirmé qu'un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a sauvé des Tutsis en 1994, lors de leurs dépositions, mercredi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze a fait comparaître mercredi, pour sa défense, les témoins désignés sous les pseudonymes "BAZ 2", "BAZ 10" et "BAZ 33".

Les trois témoins ont indiqué que l'accusé avait sauvé des Tutsis persécutés au Rwanda entre avril et juillet 1994, et les avait aidés à se réfugier dans l'ex-Zaïre.

"Oui, Ngeze a sauvé des gens. C'est à ce moment-là qu'on a dit qu'il cachait les complices de ceux qui avaient attaqué le pays. Mais en fait, il cachait des innocents qui étaient menacés de mort lors des événements de 1994" a déclaré BAZ 2.

"Quand nous avons rencontré ces personnes à l'extérieur, elles nous ont dit que sans Ngeze, elles n'auraient pas eu la vie sauve", a expliqué ce témoin.

Le parquet allègue que Hassan Ngeze a plutôt incité aux massacres de Tutsis et commis des assassinats en 1994.

Les témoins de la défense ont par ailleurs rapporté que Hassan Ngeze ne pratiquait pas la discrimination ethnique ou religieuse. D'après BAZ 33, Ngeze a collaboré avec des Tutsis quand il a fondé son premier journal, Kangura.

Tous les témoins ont également contesté la thèse du procureur selon laquelle en 1994 Ngeze portait une arme et un uniforme militaire. L'accusation allègue en outre que Ngeze se faisait escorter par des individus armés.

Selon BAZ 10, qui a vu Ngeze une fois après le 6 avril 1994, "il portait une robe de musulman. Il n'était pas armé. Il était avec ses amis musulmans, tous habillés en civil".

Efficacité et coopération
Pour la deuxième journée consécutive, la chambre a entendu trois témoins d'un trait. Mercredi, les auditions ont été particulièrement accélérées par le fait que le procureur n'a pas estimé necessaire de contre-interroger deux des trois témoins. L'un d'entre eux avait déposé pendant environ dix minutes.

Le président intérimaire de la chambre, le juge norvégien Erik Mose, s'est félicité de ce que la défense de Ngeze ait réussi à citer huit témoins depuis lundi. "Je remercie les deux parties pour leur efficacité et leur coopération", a déclaré le juge Mose.

Les avocats de Ngeze ne disposent pas d'autres témoins sur place. Jeudi matin, les parties se retrouveront, à huis clos, en "conférence de mise en état", pour déterminer le calendrier de la prochaine session du procès des médias, prévue en mars.

La défense a prévu vingt-quatre témoins des faits et un expert pour ce mois de mars.

Le juge Mose a demandé à la défense de Ngeze d'ajuster son calendrier "à la lumière de l'expérience acquise au cours de cette session". La défense de Ngeze a annoncé cinquante-cinq témoins, mais le parquet demande constamment qu'elle revoie sa liste à la baisse.

Me Martel a répondu qu'il ne pourrait réduire le nombre de ses témoins que si le parquet retirait certaines allégations. Trois témoins de Ngeze ont néanmoins été déjà retirés de la liste la semaine dernière en accord avec le procureur.

Ngeze est coaccusé avec deux anciens responsables présumés de la RTLM, Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Il vient de citer onze témoins.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée normalement par la juge sud-africaine Navanethem Pillay. La juge Pillay était cependant absente cette semaine. La chambre était composée seulement du juge Mose et du juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (me'0129a)

28 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


TROIS TEMOINS DE LA DEFENSE DE NGEZE ENTENDUS EN UNE JOURNEE


Arusha, le 28 janvier 2003 (FH) - Trois témoins de la défense de Hassan Ngeze, une des trois personnes accusées pour utilisation des médias à des fins de génocide, ont été entendus mardi par le Tribunal pénal internationa pour le Rwanda (TPIR). C'est la première fois qu'un si grand nombre de témoins dépose en une seule journée depuis que ce procès a commencé en octobre 2000.

Les témoins entendus mardi ont été désignés sous les pseudonymes BAZ 13, SZ 4 et BAZ 9 pour préserver leur anonymat.

Ancien directeur et rédacteur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec deux anciens responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et Jean-Bosco Barayagwiza. Tous les trois plaident non coupables.

BAZ 13 a notamment déposé sur l'attaque qu'aurait subie la résidence de Ngeze en avril 1994. Comme d'autres témoins de la défense qui l'ont précédé, BAZ 13 a déclaré que la maison de Ngeze avait été attaquée par des membres de l'ancienne armée rwandaise qui le suspectaient de cacher des Tutsis.

S 4 et BAZ 9 sont quant à eux revenus sur les circonstances de la mort d'un Tutsi nommé Modeste Tabaro, que Hassan Ngeze est accusé d'avoir assassiné. Selon les deux témoins, Modeste Tabaro a été tué par des soldats. BAZ 9 a déclaré avoir entendu les meurtriers de Tabaro s'en vanter.
BAZ 9, qui était un voisin de Ngeze en 1994, a par ailleurs indiqué que l'accusé n'a jamais porté d'arme ni bénéficié d'une garde armée.

Il a ajouté que Ngeze n'a jamais appartenu à la milice Interahamwe considérée par le parquet du TPIR comme le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994.

Selon le témoin, Ngeze a, au contraire, fait fuir vers l'ex-Zaïre au moins six Tutsis persécutés.

Il a ajouté que Ngeze était quelqu'un qui disait toujours la vérité, une personne aimée de tous et qui ne pratiquait pas la discrimination ethnique ou religieuse.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La juge Pillay est absente pour quelques jours, et les débats se poursuivent en présence de deux juges. Mercredi, la défense de Hassan Ngeze fera comparaître deux nouveaux témoins.

AT/CE/GF/FH (me'0128a)


27 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


NGEZE ETAIT RECHERCHE PAR LES EX-FAR, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE


Arusha,le 27 janvier 2003 (FH) - Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide, était recherché par des soldats des ex-Forces armées rwandaises (FAR) en 1994, a déclaré un témoin de la défense, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Ngeze était recherché. Il est impossible qu'il ait comploté avec ceux-là mêmes qui le recherchaient", a indiqué le témoin.

Désigné par les lettres AEZ1 pour protéger son anonymat, le témoin a affirmé que Hassan Ngeze était "l'ennemi" du commandant des opérations militaires dans sa ville natale de Gisenyi (nord-ouest du Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva. Cet officier est également détenu à Arusha.

AEZ1 est le cinquième témoin de la défense de Hassan Ngeze.

Selon lui, Ngeze a été détenu pendant trois jours, à partir du 6 avril 1994, pour avoir aidé des personnes persécutées à fuir le pays.

Le témoin, qui était voisin de l'accusé en 1994, a indiqué que "dans Gisenyi, Hassan Ngeze était une personne appréciée. Il était aussi sans peur et courageux".

Ngeze était directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura. Il est coaccusé avec deux anciens responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

AEZ1 a par ailleurs déclaré que Ngeze n'a pas tué un certain Modeste Tabaro, comme l'allègue le procureur.

"Le jour où Tabaro a été tué. Ngeze n'était plus à Gisenyi", selon AEZ1. Il a affirmé que la nuit précédant la mort de Tabaro, le domicile de Ngeze avait été attaqué par des soldats, l'obligeant à se mettre à l'abri.

Le témoin a en outre nié que Ngeze ait possédé une arme ou participé à la distribution d'armes pendant le génocide.

Le témoin qui a précédé EAZ1 a été entendu à huis clos dans la matinée. Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR. C'est le juge norvégien Erik Mose qui a dirigé les débats en l'absence de la présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay. Il était assisté du juge sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/FH (ME'0127A )



23 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES SUSPENDU JUSQU'A LUNDI SUITE AU RETARD DES TEMOINS

Arusha, le 23 janvier 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a été suspendu jusqu'à lundi prochain suite à l’arrivée retardée de témoins à décharge, a-t-on appris jeudi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Un représentant du greffe a expliqué que malgré toutes les diligences effectuées, sept témoins annoncés n'ont pas pu arriver à Arusha dans les délais. La chambre a accepté ces explications et a suspendu les débats jusqu'à lundi prochain.

Le Tribunal entend actuellement les témoins de la défense de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Trois ont déjà été cités.

Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza.

Ngeze prend la parole
Après de nouveaux échanges de points de vue entre le parquet et la défense concernant la comparution de témoins à décharge qui devaient initialement déposer à charge, Hassan Ngeze a demandé la parole au président de la chambre. Il a une nouvelle fois allégué que ses avocats ne le contactent pas pour préparer sa défense et a sollicité l'intervention de la chambre.

"Nous n'avons pas préparé ensemble les questions à poser aux témoins", a déclaré en substance Hassan Ngeze. "Je connais mes témoins. Je devrais discuter avec mes avocats" avant les dépositions, a poursuivi l'accusé, demandant à la chambre de l’autoriser à poser cinq questions à chacun de ses futurs témoins pour pallier ce problème de communication avec sa défense.

L'avocat de Hassan Ngeze, l'Américain Me John Floyd, a répondu que son équipe faisait tout son possible pour défendre les intérêts de son client.

Ngeze a, plusieurs fois, demandé le remplacement de ses avocats, arguant qu'ils ne le consultent pas. La chambre a une fois accédé à sa demande de se faire représenter par des conseils qu'il paierait lui-même, mais l'accusé n'a pas pu les faire venir.

"Je sais que je gagnerai ce procès. Mais je demande que si jamais le procureur fait appel, ces avocats cessent de me défendre", a déclaré Hassan Ngeze.

Me Floyd a rétorqué que lui-même et son co-conseil, le Canadien Me René Martel, avaient déjà pris la décision de se retirer du dossier après le procès en première instance.

Ngeze a en outre demandé au Tribunal d’ordonner à ses avocats et au procureur de rencontrer certains témoins à charge qui auraient déclaré devant les juridictions populaires au Rwanda, les "gacacas", qu'ils ont été payés pour livrer de faux témoignages.

Hassan Ngeze a affirmé que, parmi les témoins qui seraient prêts à déposer en sa faveur, se trouve la femme de feu Modeste Tabaro, que Ngeze est accusé d'avoir assassiné pendant le génocide.

La représentante kenyane du parquet, Charity Kagwi-Ndungu, a accusé Hassan Ngeze de subornation des témoins. Ngeze lui a répondu : "Pourquoi avez-vous peur de la vérité ? Laissez les gens parler."

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0123A )



22 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


NGEZE NE PRATIQUAIT PAS LA DISCRIMINATION, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arusha, le 22 janvier 2003 (FH) - L'ancien journaliste Hassan Ngeze ne pratiquait pas la discrimination ethnique, a affirmé un témoin de la défense, mercredi dans le procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"Il était apprécié par les Hutus et les Tutsis. Il ne faisait pas de discrimination entre les ethnies", a déclaré RM13, le troisième témoin de la défense de Ngeze.
RM13 habitait la même ville que Ngeze en 1994 et a témoigné sur sa personnalité. "Il était apprécié par les habitants de Gisenyi [ouest du Rwanda], à cause
des informations qu'il donnait. Il était généreux et aidait les gens dans le besoin. Il n'avait de problèmes avec personne", a poursuivi le témoin. RM13 a par ailleurs indiqué que Hassan Ngeze n'a jamais porté d’arme et ne fréquentait pas les soldats ou les civils armés.

Selon RM13, l'accusé n'a jamais appartenu à la milice Interahamwe, considérée comme le fer de lance du génocide de 1994, ou donné l’ordre de tuer.

"Je ne l'ai jamais vu donner d’ordres à quiconque […] M. Ngeze n'était pas une autorité", a rapporté le témoin.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des
Mille collines (RTLM) pour utilisation des médias à des fins de génocide. Il plaide non coupable.

Le témoin a déclaré qu'il lisait Kangura, "puisque, parfois, il y avait des informations très intéressantes pour la population". Réagissant au commentaire du procureur selon lequel Kangura incitait à la division ethnique, le témoin a indiqué qu'il n'avait pas lu tous les numéros de cette publication.

Le procureur a également suggéré que Ngeze était lié à des personnalités influentes au sein de l'ancien régime pro-hutu, mais il a obtenu là aussi des réponses mitigées de la part du témoin.

Le témoin a en outre affirmé ne rien savoir des relations présumées entre le parti radical pro-hutu, la Coalition pour la défense de la République (CDR), la revue Kangura et Hassan Ngeze. Selon le procureur, "Ngeze s'est battu pour l'unité des Hutus", au détriment des Tutsis. RM13 a terminé sa déposition mercredi dans la matinée. La chambre a ajourné les débats jusqu’à jeudi après-midi, en attendant l'arrivée de nouveaux témoins.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0122A)



21 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


FIN DE LA DEPOSITION DU DEUXIEME TEMOIN DE LA DEFENSE DE NGEZE

Arusha, le 21 janvier 2003 (FH) - Le deuxième témoin de la défense de Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des médias, a terminé sa déposition mardi, maintenant ses allégations selon lesquelles il aurait été suborné par des enquêteurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé RM10 pour protéger son anonymat, le témoin a affirmé avoir reçu des promesses d'argent en échange d'un faux témoignage contre Ngeze et un
homme d'affaires en fuite, Félicien Kabuga.

Mardi, le témoin a subi le contre-interrogatoire du parquet et répondu aux questions des juges.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec deux responsables présumés de la Radio-télévision libre des
Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis pour utilisation de leurs médias respectifs à des fins de génocide. Ils plaident non coupables.

Ferdinand Nahimana a été le premier à citer des témoins pour sa défense, avant de passer le relais à Hassan Ngeze. Ce dernier prévoit de citer cinquante-cinq témoins, lui compris. La date à laquelle l'accusé sera dans le box des témoins n'a pas encore été communiquée.

La déposition des témoins de Hassan Ngeze a été interrompue momentanément mardi après-midi par l'audition d'une requête de la défense. L'avocat principal de Hassan Ngeze, l'Américain Me John Floyd, a souhaité qu'elle soit entendue à huis clos, par souci de protection des témoins.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0126A )



20 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


NOUVELLE ALLEGATION DE SUBORNATION DE LA PART D’UN TEMOIN DE NGEZE

Arusha, le 20 janvier 2003 (FH) - Un témoin de la défense de Hassan Ngeze, un de trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a allégué lundi que les enquêteurs du parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avaient tenté de le suborner.

Désigné sous le pseudonyme "RM10" pour préserver son anonymat, le deuxième témoin de la défense de Hassan Ngeze a affirmé que des enquêteurs du parquet lui avaient promis au moins deux mille dollars américains et protection en échange d’un faux témoignage contre l'accusé. RM10 est le second témoin à décharge de Ngeze à évoquer une tentative de subornation de la part des enquêteurs du parquet. Le premier témoin de la défense, RM14, entendu la semaine dernière, a également déclaré qu'il avait été convaincu de fournir un témoignage erroné concernant les trois accusés dans le procès des médias.

Femme hutue mariée à un Tutsi, RM14 a déclaré avoir été torturée, violée et emprisonnée injustement au Rwanda entre 1997 et 2001. Acquitté finalement par un tribunal local, le témoin a fui son pays et réside jusqu'aujourd'hui à l'extérieur du Rwanda.

"Ils m'avaient promis de m'aider ou d’être détenue ici [à Arusha], où les détenus vivent dans de meilleures conditions qu'au Rwanda", a déclaré RM10 en parlant des enquêteurs du parquet. Le témoin a néanmoins indiqué que ces promesses ne se sont pas matérialisées.

Incriminer l'homme d'affaires Kabuga
Le témoin a également soutenu que les enquêteurs lui auraient demandé d’incriminer l'homme d'affaires Félicien Kabuga, activement recherché par le TPIR notamment sur le territoire kenyan.

En 1994, Félicien Kabuga était président du comité d'initiative de la RTLM et en était l'actionnaire principal. Il est accusé d'avoir financé la milice Interahamwe, considérée par le parquet comme le fer de lance du génocide. "On m'a demandé de dire des choses contre Ngeze et Kabuga. Qu'ils avaient travaillé ensemble pour amener des armes qui devaient être utilisées pour tuer des gens", a indiqué RM10.

Le témoin a déclaré ne pas connaître Félicien Kabuga, ajoutant que Hassan Ngeze n'était pas un assassin. En avril 1994, Ngeze se serait présenté à son domicile, pour le prévenir d'une attaque. "Si Ngeze avait été un assassin, il aurait tué mon mari ce jour-là", a dit RM10.

Hassan Ngeze était directeur et rédacteur en chef de la revue accusée d'extrémisme Kangura. Il est jugé conjointement avec deux anciens responsables présumés de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis principalement pour utilisation de leurs médias respectifs à des fins de génocide. Ils plaident non coupables.

La représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, a interrogé le témoin sur le contenu de Kangura et son impact sur les lecteurs mais a obtenu des réponses mitigées.

La défense de Ngeze s’est d’ailleurs plusieurs fois opposée à ce que le procureur pose de telles questions à un témoin illettré, expliquant qu'il n'était pas qualifié pour donner une opinion sur Kangura. Hassan Ngeze est défendu par l'avocat américain Me John Floyd et un confrère canadien Me René Martel.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0120A )




17 JANVIER 2002
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TPIR /MEDIAS


POURSUITE DE LA DEPOSITION DU PREMIER TEMOIN CITE PAR NGEZE

Arusha, le 17 janvier 2003 (FH) - Le premier témoin de la défense de Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a
poursuivi sa déposition vendredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé RM14 pour protéger son anonymat, le témoin a été contre-interrogé par le procureur et a répondu aux questions des juges.

Il a maintenu que des rescapés du génocide et des enquêteurs du procureur l'avaient forcé à mentir en vue d'incriminer Hassan Ngeze. RM4, qui a pratiquement terminé sa déposition, pourrait être brièvement rappelé lundi matin pour fournir quelques éclaircissements.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille
collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi qu'avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Ils sont poursuivis pour utilisation des médias à des fins du génocide. Ils plaident non coupables.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
composée des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0117A )

16 JANVIER, 2003
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TPIR/MEDIA


DES SURVIVANTS DU GENOCIDE M’ONT CONTRAINT A MENTIR, DECLARE UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arusha, le 16 janvier 2003 (FH) – Un témoin de la défense cité dans le procès des médias a déclaré jeudi, devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, que des membres d’une organisation de survivants du génocide l’auraient persuadé de fournir un témoignage erroné concernant les trois accusés.

Le procès des médias concerne le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont acusés de génocide, entente en vue de commettre le génocide et crimes contre l’humanité. Ils plaident non coupables.

Le témoin RM14, ainsi surnommé pour préserver son identité, est le premier témoin cité par la défense de Ngeze. « Antoine Mbahira m’a demandé si je pouvais contribuer à dénoncer Nahimana, Ngeze et Barayagwiza,” a déclaré RM14, ajoutant que Mbahira est un des beaux-frères de Ngeze et le responsable d’IBUKA (une organisation regroupant les survivants du génocide) de la ville de Gisenyi (nord-ouest du Rwanda).

"Mbahira m’a dit de me préparer aux questions des enquêteurs du bureau du procureur. Il m’a donné une version complètement fausse des événements qui ont eu lieu dans notre région et m’a demandé de la présenter aux enquêteurs, » a indiqué RM14.

RM 14 devait initialement comparaître en tant que témoin à charge dans ce procès. Mais le substitut du procureur William Egbe a indiqué à la cour que ce témoin avait été abandonné parce qu’il ne parvenait pas à se souvenir de parties fondamentales de son témoignage. RM14 a ensuite été contacté par la défense et inclus sur sa liste des témoins à décharge. Il a également réfuté les explications du parquet arguant que ce dernier “avait peur de ce que j’allais dire. Il voulait que je dise certaines choses qui, d’après moi, sont fausses.»

De plus, RM14 a expliqué aux juges l’existence d’une conspiration au Rwanda destinée à fabriquer de faux témoignages contre les suspects de génocide. “De peur de ne pas pouvoir m’opposer à de telles personnes et pour rester en vie, j’ai fui le pays,” a-t-il ajouté.

Sauveur de Tutsis
Au cours de son témoignage, RM 14 a déclaré à la cour que les allégations selon lesquelles Ngeze aurait incité les Hutus à tuer les Tutsis étaient
fausses, puisqu’il aidait en fait des Tutsis persécutés à quitter le pays.

"Ngeze a sauvé la vie de nombreux Tutsis, mettant au point des moyens de leur faire passer clandestinement la frontière vers le Zaïre (l’actuelle RDC) », a indiqué le témoin.

RM 14 a également réfuté une des accusations qui pèsent sur Ngeze : le meurtre d’un certain Modeste Tabaro durant le génocide. Il a indiqué que c’était précisément l’un des éléments sur lesquels Mbahira lui avait demandé de mentir. « Je sais très bien que Tabaro a été tué par un soldat nommé Jeff et par un homme du nom de Régis, » a-t-il ajouté. De plus RM14 a déclaré que Ngeze n’avait jamais commis le moindre viol.

RM 14 poursuivra son témoignage vendredi, lors du contre-interrogatoire mené par Me Rapp, le substitut du procureur.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

CE/GG/GF/FH (ME'0116e)




15 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


LE PREMIER TEMOIN DE LA DEFENSE DE NGEZE SERA ENTENDU JEUDI

Arusha, le 15 janvier 2003 (FH) - Le premier témoin de la défense de Hassan Ngeze, un des trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des
fins de génocide, sera entendu jeudi, a-t-on appris au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dénommé RM14 pour protéger son anonymat, le témoin a demandé que son audition, initialement prévue mercredi, soit reportée d'une journée, pour
des raisons de fatigue. Arrivé à Arusha dans la nuit de mercredi, le témoin a expliqué qu’il avait besoin de repos.

La juge Pillay a d'abord tenté de faire déposer le témoin dès mercredi, mais elle a finalement accédé à la demande insistante d'ajournement introduite par la défense.

Hassan Ngeze prévoit de citer une cinquantaine de témoins. Il devrait également témoigner pour sa propre cause.

Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est coaccusé avec le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Ferdinand Nahimana a été le premier accusé dans cette affaire à citer des témoins pour sa défense.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée pat la juge sud-africaine Navanethem Pillay.

AT/CE/GF/FH (ME'0115A )


14 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


POLEMIQUE A LA VEILLE DE L'AUDITION DES TEMOINS DE HASSAN NGEZE

Arusha, le 14 janvier 2003 (FH) - Une polémique s'est engagée mardi autour des témoins de la défense de Hassan Ngeze, un des trois accusés dans le
procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze est sur le point de présenter ses moyens de défense. Les témoins de Hassan Ngeze interviendront après ceux de l'un de ses coaccusés, le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana. Ce dernier vient de citer dix témoins des faits. Il lui reste à présenter des témoins experts, qui devraient intervenir en fin de procès.

Reproches répétés de la part du parquet
Dans une requête "urgente", le parquet a allégué que les avocats de Ngeze ne lui ont pas communiqué les déclarations des témoins dans les délais de quatorze à vingt et un jours précédant leur audition, violant l’ordonnance en la matière. Le parquet a affirmé que cela constituait un préjudice et a demandé que la défense soit sanctionnée pour outrage au Tribunal.


Par ailleurs, un responsable du greffe chargé de la protection des témoins, l'Ivoirienne Sylvie Becky, a déclaré que la défense lui avait remis tardivement les fiches d'identification de témoins, ajoutant qu'une dizaine d'entre eux seront néanmoins à Arusha cette semaine. Le premier devrait être entendu dès mercredi en milieu de matinée.

Le parquet a également indiqué que la défense ne lui avait pas notifié l'alibi de l'accusé, conformément aux règles du TPIR.

Hassan Ngeze est défendu par l'avocat américain Me John Floyd et un confrère canadien, Me René Martel.

L'équipe de la poursuite est quant à elle dirigée par l'Américain Stephen Rapp et comprend notamment la Kenyane Charity Kagwi, l'Américaine Simone Monasebian et le Camerounais William Egbe.

Le parquet a ensuite reproché aux avocats de Ngeze d'avoir contacté deux témoins à charge, sans l'autorisation du Tribunal. Dénommés RM10 et RM14, les témoins avaient d'abord été approchés par le procureur mais se sont par la suite désistés en faveur de la défense. Ngeze compte citer cinquante-cinq témoins.

Plaidant pour l'audition de ces deux témoins, Hassan Ngeze a déclaré :"Il vaut mieux mourir en disant la vérité que vivre dans le mensonge". Ces deux témoins devraient évoquer "la fabrication de preuves" contre Hassan Ngeze.

A toutes ces accusations, Me Floyd et Me Martel ont répondu qu'ils ne sont pas responsables de ces faits, évoquant notamment les difficultés de communication avec le Tribunal pendant les vacances judiciaires de fin d'année, la mauvaise foi du procureur et le refus de coopération du gouvernement rwandais.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0114A )



13 JANVIER 2003
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TPIR / MEDIAS


REPRISE DU PROCES DES MEDIAS

Arusha, le 13 janvier 2003 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a repris lundi matin devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), avec la déposition d'un nouveau témoin de la défense.

Le procès avait été suspendu le 12 décembre 2002 pour cause de vacances judiciaires de fin d'année, après l'audition du neuvième témoin de la défense de Ferdinand Nahimana, un des accusés.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.

A l'instar de ceux qui l'ont précédé, le dixième témoin de la défense a affirmé que Ferdinand Nahimana n'a jamais pratiqué la discrimination ethnique et régionale, contrairement aux allégations du parquet.

Le témoin a déclaré qu'il connaissait Nahimana depuis sa jeunesse, ajoutant qu'il jouissait d'une bonne réputation. "C'était une personne simple, humble, courtoise même et il a fait montre de son intelligence", a-t-il indiqué, précisant en outre qu'il avait côtoyé l'accusé au sein d'un mouvement des étudiants de sa région natale de Bukonya (province Ruhengeri, nord du Rwanda) ainsi qu'au sein d'une association locale pour la promotion de l'éducation.

Il a par ailleurs évoqué les opinions politiques de Ferdinand Nahimana, soulignant qu'en ce qui concerne sa perception des relations interethniques au Rwanda, "il me semblait plutôt optimiste et réconciliant". Le dixième témoin de la défense a de ce fait nié que l'accusé ait appartenu au parti taxé d'extrémisme, la Coalition pour la défense de la république (CDR), ou ait été lié à la jeunesse de l'ex-parti présidentiel, les Interahamwe, considérés comme le fer de lance du génocide.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
comprenant également les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME'0113A)



12 DECEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS AJOURNE JUSQU’AU 13 JANVIER 2003

Arusha, le 12 décembre 2002 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide a été reporté au 13 janvier 2003, a-t-on appris jeudi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour cause de vacances judiciaires qui débutent vendredi 13 décembre.

Le procès des "médias de la haine" concerne le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.

Les débats ont été suspendus au terme de l'audition du neuvième témoin de la défense de Ferdinand Nahimana.

Ferdinand Nahimana a été le premier des coaccusé à faire comparaître ses témoins. ll sera suivi par Hassan Ngeze.

Jean-Bosco Barayagwiza, quant à lui, boycotte le procès depuis son ouverture en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par la gouvernement rwandais.

Les témoins cités par Nahimana ont dans l'ensemble réfuté les allégations de préférence ethnique et régionale retenues contre lui, affirmant que, dans sa vie sociale et professionnelle, il n'avait jamais pratiqué une quelconque discrimination.

L’accusé a exercé plusieurs fonctions, notamment celles de professeur d'université et de directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait les médias officiels.

Nahimana a essentiellement cité ses anciens collègues et employés ainsi que des personnalités qui l'ont côtoyé dans ses activités politiques. Nahimana était membre de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) qui l'avait désigné pour le représenter au sein du gouvernement de coalition auquel devait également participer l'ex-mouvement rebelle à dominante tutsie aujourd'hui au pouvoir à Kigali, le Front patriotique rwandais (FPIR).

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/CE/FH (ME-1212A)



10 DECEMBRE 2002
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TPIR / NAHIMANA


LES CRITIQUES CONTRE NAHIMANA ETAIENT MOTIVEES PAR LA JALOUSIE, SELON UN TEMOIN

Arusha, le 10 décembre 2002 (FH) - Les critiques formulées contre Ferdinand Nahimana, un des accusés dans le procès des "médias de la haine" étaient motivées par la jalousie, a affirmé un témoin de la défense, mardi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Promoteur allégué de la Radio-Télévision Libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants au Rwanda entre
avril et juillet 1994, Ferdinand Nahimana a été souvent critiqué dans les journaux locaux avant cette période.

L'accusé a exercé plusieurs fonctions, dont celle de professeur d'université et de directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait l'ensemble des médias officiels.

Dénommé "F2" pour protéger son anonymat, le neuvième témoin de la défense a déclaré que la méfiance vis-à-vis de Ferdinand Nahimana avait commencé dès sa nomination à l'ORINFOR. "Certains professeurs ont pensé : 'Pourquoi pas moi?'. Et c'est cette question qui a développé cette méfiance, cette jalousie", a indiqué M.F2.

Le témoin a ajouté que Ferdinand Nahimana s'était affiché comme un membre de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), ce qui lui avait également attiré les critiques des opposants.

Selon F2, certains collègues de Nahimana prônaient le changement de régime au Rwanda à tout prix, y compris par la guerre. "Ferdinand Nahimana n'était
pas dans ce camp-là", a déclaré le témoin, expliquant que cela l'avait aussi mis en conflit avec ses pairs.

Ferdinand Nahimana a été souvent accusé, dans la presse, d'avoir pratiqué la préférence ethnique et régionale à l'université et au sein de l'ORINFOR. Le témoin, qui connaît Ferdinand Nahimana dans le cadre de ces deux institutions, a déclaré que ces accusations étaient sans fondement.

D'après le témoin, Ferdinand Nahimana a dirigé des mémoires d'étudiants de toutes origines ethniques et régionales. Il a également effectué des recherches en collaboration avec des collègues hutus et tutsis.

F2 a par ailleurs déclaré que Ferdinand Nahimana n'avait jamais pratiqué de discrimination à l'ORINFOR, prônant au contraire, selon le témoin, "une politique d'ouverture".

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Ferdinand Nahimana est le premier accusé dans cette affaire à citer des témoins pour sa défense. Il sera suivi par Hassan Ngeze. Jean-Bosco Barayagwiza, quant à lui, boycotte le procès depuis son ouverture en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est représenté par des avocats qu'il ne reconnaît pas.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre
les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Mardi après-midi, le témoin était contre-interrogé par le parquet. Sa déposition se poursuivra mercredi.

AT/CE/GF/FH (ME-1210A)


5 DECEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


UN ANCIEN ETUDIANT DE NAHIMANA TEMOIGNE EN SA FAVEUR

Arusha, le 5 décembre 2002 (FH) - Un ancien étudiant de Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a témoigné en
sa faveur, jeudi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994, Ferdinand Nahimana a exercé plusieurs fonctions au Rwanda, dont celle de professeur d'université.

Le procureur du TPIR allègue que Ferdinand Nahimana a discriminé les étudiants tutsis ainsi ceux qui n'étaient pas de sa région natale.

Dénommé "I 8" pour préserver son anonymat, le témoin a affirmé que l'accusé n'a jamais adopté de comportement discriminatoire.

M.I 8 a indiqué avoir côtoyé Ferdinand Nahimana pendant cinq ans à l'université. "Les cinq années que j'ai passées avec lui peuvent m'aider à dire toute la vérité sur lui", a déclaré le témoin, ajoutant que Ferdinand Nahimana comptait parmi les professeurs les plus appréciés et que les étudiants de l'université le classaient parmi les "sages".

Le substitut camerounais du procureur, William Egbe, a contesté la déposition du témoin en évoquant des critiques formulées contre Nahimana dans les journaux de l'époque. Un journal l'avait par exemple qualifié de "fauteur de troubles qui revient à l'université après avoir échoué en politique".

Ferdinand Nahimana a quitté l'enseignement fin 1990 pour diriger l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait les médias officiels. Il a été démis de l'ORINFOR début 1992 dans des circonstances non éclaircies. Le témoin a déclaré que Ferdinand Nahimana n'avait jamais été critiqué dans les milieux estudiantins. "Je n'ai jamais eu vent de ces critiques. C'est la première fois que je les entends", a-t-il déclaré.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Les débats se poursuivent mardi prochain avec l'audition d'un nouveau témoin, les journées de vendredi et lundi étant fériées en Tanzanie.

AT/CE/GF/FH (ME-1205A )




3 DECEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


NAHIMANA A CITE SON ANCIEN MEDECIN POUR SA DEFENSE

Arusha, le 3 décembre 2002 (FH) - Le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a cité son ancien médecin pour sa défense, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec deux autres personnes, notamment d'entente et d'incitation directe et publique à commettre le génocide dans le procès des « médias de la haine ».

Dénommé "B3" pour protéger son anonymat, l'ancien médecin de Nahimana est le huitième témoin de la défense. Sa déposition visait essentiellement à confirmer l'alibi de Nahimana pour la date du 29 mars 1994.

Un témoin de l'accusation avait en effet affirmé qu'à cette date Nahimana s'était rendu en province de Ruhengeri (nord du Rwanda), où il aurait participé à une réunion au cours de laquelle des massacres de Tutsis avaient été explicitement évoqués.

Le médecin a affirmé que durant cette période Nahimana avait "un accès palustre doublé d'une crise de gastrite" et était "sous perfusion", indiquant que l'accusé ne pouvait quitter son lit et voyager dans cet état. Ferdinand Nahimana habitait alors à Kigali.

La déposition du médecin vient corroborer celle de l'accusé lui-même ainsi que celle de son épouse. Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

La représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, a tenté de mettre à mal la crédibilité du témoin en se basant sur le fait qu'il était actionnaire de la RTLM et membre du parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR).

Le témoin a déclaré qu'il avait adhéré à ces institutions mais qu'il n'en était pas un membre influent. Il a ajouté qu'il désapprouvait toute action qu’elles auraient entreprises et qui violeraient les droits de l'homme.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de B3 se poursuit mercredi.


AT/CE/GF/FH (ME-1203A)


2 DECEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS A REPRIS LUNDI DEVANT LE TPIR

Arusha, le 2 décembre 2002 (FH) - Le procès des anciens responsables des "médias de la haine" a repris lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avec la poursuite de la présentation des preuves à décharge.

La chambre a entendu la déposition du septième témoin de la défense de Ferdinand Nahimana, une des trois personnes accusées dans ce procès. Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Dénommé "F3" pour préserver son anonymat, le septième témoin de la défense a affirmé que Ferdinand Nahimana n'a jamais adopté de comportement ethniciste
ou régionaliste.

Le témoin a déclaré qu'il connaît Ferdinand Nahimana depuis plusieurs années, car ils sont originaires de la même région. F3 se trouvait au Burundi en avril 1994. Le témoin a confirmé avoir vu Ferdinand Nahimana parmi les personnalités rwandaises évacuées sur Bujumbura par des avions militaires français le 12 avril 1994.

Un témoin de l'accusation avait affirmé que, le 12 avril 1994, Ferdinand Nahimana avait participé à une réunion dans sa commune natale de Gatonde (préfecture Ruhengeri, nord du Rwanda) au cours de laquelle il aurait incité aux massacres de Tutsis.

Le témoin a indiqué que les accusations formulées contre Ferdinand Nahimana relèvent de la rumeur.

Le procès des médias avait été suspendu le 8 novembre dernier. Il se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge
sud-africaine Navanethem Pillay et composée des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La présente session durera jusqu'aux vacances judiciaires prévues mi-décembre.

AT/CE/GF/FH(ME-1202A)


25 NOVEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS REPREND LE 2 DECEMBRE

Arusha, le 25 novembre 2002 (FH) - Le procès de trois Rwandais poursuivis pour responsabilité présumée dans l'utilisation des médias à des fins du génocide reprendra le 2 décembre prochain. Les débats avaient été suspendus le 8 novembre.

La chambre première chambre de première instance du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR), devant laquelle se déroule ce procès, poursuit actuellement son délibéré dans le procès conjoint du pasteur Elizaphan Ntakirutimana et de son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana.

Le procès des "médias de la haine" concerne le promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

A la reprise du procès, le Tribunal poursuivra l'audition des témoins de la défense de Ferdinand Nahimana. La session durera jusqu'aux vacances judiciaires du TPIR, qui débuteront le 13 décembre.

AT/GG/CE/GF/FH(ME-1125A)


7 NOVEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS

LES TEMOINS DE LA DEFENSE REFUTENT LES ALLEGATIONS D'EXTREMISME CONTRE NAHIMANA (SYNTHESE)

Arusha, le 7 novembre 2002 (FH) – Les six témoins cités, depuis le 22 octobre, par la défense de Ferdinand Nahimana ont tour à tour réfuté les allégations d'extrémisme anti-tutsi et de régionalisme formulées contre lui par le parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La défense conteste la thèse du parquet par le biais des témoins de moralité.

Promoteur allégué de la Radio-Télévision Libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.

Pour G99, Nahimana était très sociable.
Second témoin de la défense à déposer après Ferdinand Nahimana, "G 99" connaît l’accusé depuis 1981 et l’a côtoyé à l'Université nationale du Rwanda (UNR) où il a d'abord étudié puis enseigné. Ferdinand Nahimana a lui-même enseigné à l'UNR à partir de 1977. Ferdinand Nahimana s'entendait avec tout le monde et était "quelqu'un de très sociable", a-t-il déclaré.

Le témoin a rapporté que Ferdinand Nahimana traitait ses étudiants, hutus et tutsis, de manière équitable et que personne ne s'était plaint d'avoir été discriminé sur une base ethnique ou régionale. Il a ajouté que l'accusé entretenait de bonnes relations avec ses pairs, les professeurs. Ceux-ci, à un moment donné, l'ont même élu doyen de la faculté des Lettres, a-t-il dit. "Si le vote pour lui avait été effectué par un seul groupe [ethnique], il n'aurait pas été élu", selon M.G 99.

Le témoin I 2 réfute le radicalisme de Nahimana
"I 2", qui a succédé à « G99 », est lui aussi une vieille connaissance de Nahimana. Ils appartenaient au même parti, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), et avaient adhéré à un même cercle de réflexion. I 2 a indiqué que Nahimana n'épousait pas les idées du parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR).


Ses écrits montrent clairement qu'il n'était pas anti-tutsi, a-t-il souligné. Il a ajouté que l'accusé désapprouvait le comportement de la jeunesse Interahamwe, considérée comme le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juin 1994.

« Ni régionaliste, ni ethniciste », selon AS1
Quatrième témoin à déposer, AS1, également ancien collègue du professeur Nahimana à l'UNR, a déclaré connaître l'accusé depuis l'école secondaire. Comme G99, AS1 a déclaré que Nahimana n'était ni régionaliste, ni ethniciste. "Je n'ai jamais entendu parler à son endroit de régionalisme ou d’ethnicisme, que ce soit dans ses enseignements, ou dans ses comportements humains".

Evoquant les années de jeunesse de Ferdinand Nahimana, AS1 a déclaré que ce dernier n'avait jamais appartenu à des associations sectaires. Le témoin a également réfuté des allégations selon lesquelles l'accusé aurait été membre du "comité de salut" qui a organisé la chasse aux Tutsis à l'UNR dans les années 1970.

Mme Nahimana dépose à son tour
Ces allégations ont également été réfutées par l'épouse de l'accusé, Laurence Nyirabagenzi, lors de sa déposition en tant que cinquième témoin de la défense. Mme Nahimana étudiait à l'UNR au moment des faits. "Non, il [Nahimana] n'était pas membre du comité de salut. Je me souviens que lui aussi, à un moment donné, a été menacé, car il avait caché deux Tutsis", a déclaré Mme Nahimana.

Mme Nahimana a souligné que les membres du comité de salut "avaient un caractère brutal", opposé à celui de son mari. Mme Nahimana a par ailleurs déclaré que son mari n'avait jamais collaboré avec le journaliste Hassan Ngeze, avec qui il est accusé d'entente en vue de commettre le génocide . "Il ne lisait même pas son journal. Qu'il y ait eu entente entre eux est pour moi inimaginable […] Ils ne se parlaient pas et ne pouvaient donc mettre en place un projet ensemble".

Le sixième témoin de la défense, dénommé "Z1" a entièrement déposé à huis clos. Sa déposition ne devrait pas se terminer avant vendredi.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et
composée en outre des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le procès des médias sera ajourné vendredi pour laisser la place, à partir du 11 novembre, au procès de l'ex-ministre de l'information, Eliézer Niyitegeka, suspendu le 30 octobre.

AT/CE/GF/FH (ME-1107A)



6 NOVEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES RISQUE DE CONNAÎTRE UNE SEMAINE DE HUIS CLOS

Arusha, le 6 novembre 2002 (FH) - Le procès des anciens responsables des "médias de la haine" risque de connaître une semaine entière de huis clos, à
la demande d'un témoin de la défense.

Dénommé "Z1" pour préserver son anonymat, le sixième témoin de la défense de l'ancien promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, qui témoigne depuis lundi, a sollicité un huis clos complet pour des raisons de sécurité.

La déposition de Z1 pourrait se prolonger jusqu'à vendredi, selon certaines sources. Vendredi, le calendrier judiciaire prévoit que cette affaire soit momentanément suspendue pour faire place à un procès alternatif.

Le procès des médias alterne avec celui de l'ancien ministre de l'information, Eliézer Niyitegeka.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Ferdinand Nahimana a été le premier témoin à déposer pour sa propre cause. Il a ensuite cité des témoins de moralité, dont son épouse Laurence Nyirabagenzi.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME-1106A )



31 OCTOBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


UN ANCIEN COLLEGUE DE NAHIMANA TEMOIGNE EN SA FAVEUR

Arusha, le 31 octobre 2002 (FH) - Un ancien collègue du professeur Ferdinand Nahimana a témoigné en sa faveur, jeudi, dans le cadre du procès des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné par les lettres "AS1" pour protéger son anonymat, le cinquième témoin de la défense a étudié dans la même école que Ferdinand Nahimana et ils ont tous deux enseigné à l'Université nationale du Rwanda (UNR).

Le témoin a indiqué que dans sa vie professionnelle, Ferdinand Nahimana, "était en bons termes avec ses collègues et avec les étudiants". M.AS1 a de
ce fait contredit les allégations du parquet selon lesquelles Ferdinand Nahimana était ethniste et régionaliste.

"Je n'ai jamais entendu parler à son endroit de comportements régionalistes ou ethnistes, soit dans ses enseignements, soit dans ses comportements humains", a déclaré le témoin. Selon M.AS1, Ferdinand Nahimana a toujours été "très remarquable".

Evoquant les années de jeunesse de Ferdinand Nahimana, le témoin a déclaré que "il était chaleureux, dynamique et sportif. Je ne l'a jamais vu fâché. Il était toujours souriant. Par ailleurs c'était un élève brillant".

M.AS1 a indiqué que Ferdinand Nahimana n'a jamais appartenu à des associations sectaires. Le témoin a notamment déclaré qu'il n'avait jamais entendu dire que l'accusé aurait été membre du "comité de salut" qui a organisé la chasse aux Tutsis à l'UNR dans les années 1970, comme l'allègue le procureur.

Le témoin a par ailleurs affirmé que Nahimana n'a jamais appartenu ou sympathisé avec la milice Interahamwe, considérée comme le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994.

M.AS1 a également indiqué que l'accusé n'a jamais développé de thèses divisionnistes dans ses écrits.


Ferdinand Nahimana a quitté l'UNR en décembre 1990 pour diriger l'Office Rwandais d'information (ORINFOR). Le parquet allègue que sa réintégration à l'UNR en 1992 aurait été contestée par plusieurs professeurs qui l'accusaient d'ethnisme. Le témoin a déclaré que les seuls reproches formulés à son endroit étaient liés à son appartenance au parti du président de la République.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. La déposition de AS1 se poursuit vendredi.

AT/CE/GF/FH (ME-1031A )




30 OCTOBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


NAHIMANA N'A JAMAIS FAIT PARTIE D'UN COMITE ANTI-TUTSI, SELON SON EPOUSE

Arusha, le 30 octobre 2002 (FH) - L'épouse de l'accusé Ferdinand Nahimana a affirmé mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que son mari n'a jamais été membre d'un comité qui a organisé la chasse aux Tutsis à l'université Nationale du Rwanda (UNR) dans les années 1970, comme il ressort des allégations du procureur.

Mme Laurence Nyirabagenzi Nahimana, une Hutue, étudiait à l'UNR quand des membres du "comité de salut" ont chassé les étudiants tutsis du campus en 1973.

"Non, il n'était pas membre du comité de salut. Je me souviens que lui aussi, à un moment donné, a été menacé, car il avait caché deux Tutsis", a déclaré Mme Nahimana en parlant de l'accusé.

Laurence Nyirabagenzi a fait la connaissance de Ferdinand Nahimana en octobre 1972, lorsqu'ils étaient tous deux étudiants à l'UNR. Ils se sont mariés en février 1978.

Mme Nahimana a indiqué que l'une des personnes dont son mari avait sauvé la vie à l'époque était devenu médecin, et que "jusqu'au moment où on s'est séparé, il lui a toujours été reconnaissant".

Mme Nahimana a souligné que les membres du comité de salut "avaient un caractère brutal", opposé à celui de son mari.

Parmi les membres de ce comité, Mme Nahimana a cité notamment Pasteur Bizimungu, nommé président du Rwanda après le génocide de 1994. L’épouse corrobore le témoignage de son mari.

La représentante kenyane du procureur, Charity Kagwi, a suggéré que le témoin ne pouvait pas connaître tous les membres du comité de salut ou prétendre avoir été au courant de toutes les activités de Ferdinand Nahimana durant cette période.

Mme Nahimana est le quatrième témoin de la défense après G 99, I 2 ainsi que l'accusé lui-même.

Mme Nahimana a également confirmé plusieurs éléments de la déposition de son mari. Elle aussi a déclaré qu’il était alité au cours des jours qui ont précédé l'attentat contre l'avion de l'ex-président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. De même, elle a confirmé la demande de refuge à l'ambassade de France à Kigali le 7 avril, l'évacuation sur Bujumbura le 12 avril ainsi que le retour au Rwanda vers fin avril 1994, en passant par Bukavu (est de l'ex-Zaïre).

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Mme Nahimana a déclaré qu'elle était actionnaire de la RTLM et qu'elle avait acheté ses actions "parce que je croyais que c'était économiquement rentable".

Invitée à donner son appréciation sur des émissions de la RTLM entre janvier et avril 1994, Mme Nahimana a répondu que compte tenu de la situation socio-politique difficile qui régnait alors au Rwanda, elle n'avait pas eu le temps de porter un quelconque jugement à ce sujet.

Mme Nahimana a par ailleurs déclaré que son mari n'avait jamais collaboré avec Hassan Ngeze. "Il ne lisait même pas son journal. Qu'il y ait eu entente entre eux est pour moi inimaginable[…] Ils ne se parlaient pas et ne pouvaient donc mettre en place un projet ensemble".

Mme Nahimana a indiqué que "quand j'entends comment on décrit mon mari dans ce Tribunal, je ne le reconnais pas", invitant les juger à faire de preuve de discernement dans l'analyse des témoignages.

Mme Nahimana a terminé sa déposition mercredi en début d'après-midi. Le procès se poursuivra jeudi matin avec la comparution d'un nouveau témoin à décharge.

AT/CE/GF/FH (ME-1030A )




28 OCTOBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


NAHIMANA PRÔNAIT LA DEMOCRATIE INTEGRALE, SELON UN TEMOIN DE LA DEFENSE.


Arusha, le 28 octobre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des accusés dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" prônait la démocratie pour résoudre les problèmes ethniques au Rwanda, a affirmé un témoin de la défense, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le témoin I 2, qui a terminé sa déposition lundi soir en faveur de Nahimana, a indiqué qu'ils partageaient les mêmes vues politiques.

"La solution aux problèmes ethniques, c'était la démocratie intégrale. Dans la démocratie, il n'y a pas de discrimination. Et tous les problèmes de régionalisme et d'ethnisme étaient considérés par Nahimana et moi-même comme résultants du manque de démocratie intégrale", a déclaré le témoin.

Le parquet allègue que Ferdinand Nahimana était un régionaliste et un ethniste. L'accusé nie ces allégations.

Le témoin a indiqué que Ferdinand Nahimana était parmi ceux qui pensaient qu'il fallait créer un climat serein pour que les partis politiques au Rwanda puissent exposer leurs programmes et solliciter le choix des citoyens.

"Nous étions pour l'arrêt de la guerre et l'organisation des élections, pour que la population puisse se prononcer sur la façon dont elle souhaitaitait être gouvernée", a déclare en substance le témoin.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi qu'avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Le témoin a affirmé que la RTLM avait été créée pour favoriser le débat contradictoire.

Le procès des anciens responsables des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La juge Pillay est absente cette semaine pour une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU et les débats se poursuivent en présence de deux juges seulement.
Le réglememt du TPIR permet la continuation des audiences au cas où l'absence d'un juge n'excède pas cinq jours.

AT/GF/FH (me-1028a )




OCTOBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


NAHIMANA DESAPPROUVAIT LES INTERAHAMWE, SELON UN TEMOIN

Arusha, le 25 octobre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", désapprouvait le comportement de la jeunesse Interahamwe, a affirmé un témoin de la défense, vendredi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Désigné par les lettres I 2 pour préserver son anonymat, le témoin était membre du comité provincial de l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), à Ruhengeri (nord du Rwanda) en même temps que Ferdinand Nahimana.

Considérés comme le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda en 1994, les Interahamwe étaient affiliés au MRND.

Le témoin a affirmé que Ferdinand Nahimana et lui-même faisaient partie de l'aile novatrice du MRND. Ferdinand Nahimana "a réprouvé sans équivoque ces gens" bien avant le génocide, a déclaré le témoin.

"Nous constations qu’ils [les Interahamwe] étaient composés de brigands, qu'ils étaient financés par des structures extra-MRND et qu'ils échappaient aux structures du parti", a-t-il expliqué.

Le témoin a confirmé la déposition de Ferdinand Nahimana lui-même selon laquelle le comité provincial du MRND à Ruhengeri était opposé aux Interahamwe. "Nous n'avions aucune relation, ni fonctionnelle, ni organique par rapport aux Interahamwe de Ruhengeri. Par contre nous étions opposés à leurs méthodes et à leurs pratiques".

Le témoin a indiqué qu'à un moment donné les Interahamwe avaient agressé les opposants politiques et détruit leurs maisons notamment à Ruhengeri. Le comité provincial avait condamné leur attitude, a-t-il dit. "Ils agissaient contre toute orientation que nous jugions opportune", a déclaré le témoin.

Le parquet du TPIR affirme que Ferdinand Nahimana avait des liens étroits avec les Interahamwe. L'accusé le nie.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi qu'avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre
les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Lundi prochain, la juge Pillay sera absente mais le procès se poursuivra sans elle pendant quelques jours comme le permet le Règlement.

AT/CE/GF/FH (ME-1025A )



24 OCTOBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


NAHIMANA N'EST PAS UN EXTREMISTE, AFFIRME UN TEMOIN DE LA DEFENSE

Arusha, le 24 octobre 2002 (FH) - Le second témoin de la défense dans le procès des "médias de la haine" a terminé sa déposition jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en affirmant que Ferdinand Nahimana, un des trois accusés, n'avait jamais versé dans l'extrémisme, contrairement aux allégations du procureur.

Désigné sous le pseudonyme G 99 pour protéger son anonymat, le témoin a déposé en faveur du promoteur allégué de la Radio-Télévision des Milles
collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants au Rwanda en 1994.

"Je pense que Nahimana n'est pas un extrémiste, au vu de ce que j'ai constaté dans son comportement et dans ses travaux" de recherches.

Le témoin a indiqué qu'il connaît Ferdinand Nahimana depuis 1981. Il l’a côtoyé à l'Université nationale du Rwanda (UNR) où Ferdinand Nahimana a été
professeur d'histoire à l'UNR à partir 1977. M.G 99 a pour sa part étudié puis travaillé à l'UNR jusqu'en 1994.

Définissant un extrémiste comme quelqu'un d'intolérant, le témoin a affirmé qu'il n'avait jamais vu Ferdinand Nahimana agresser personne, physiquement ou verbalement, et qu'il ne l'avait jamais entendu tenir des propos extrémistes.

Le témoin a suggéré que ceux qui ont taxé Ferdinand Nahimana d’extrémiste ont versé dans la calomnie.

Ferdinand Nahimana a été souvent critiqué dans des journaux rwandais d'opposition dont "Isibo". Le témoin a indiqué que la plupart de ces journaux étaient des forums pour des règlements de comptes entre personnes.

Jeudi en fin de matinée, un nouveau témoin de la défense, "I2", a commencé sa déposition. Le témoin est une veille connaissance de Ferdinand Nahimana. Les deux personnalités appartenaient en effet au même parti, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), et avaient adhéré à un même cercle de réflexion.

M. I 2 a indiqué que Nahimana n'épousait pas les idées du parti anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République(CDR). De plus, "Ferdinand Nahimana était traité, de par son physique, comme un Tutsi" a déclaré le témoin, avant d’ajouter que les écrits de Nahimana montrent clairement qu'il n'était pas anti-tutsi.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition de I2 se poursuit vendredi matin. Jeudi dans l'après-midi, la chambre poursuivait l'audition d'un procès alternatif, celui de l'ex-ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka.

AT/CE/GF/FH (ME-1024A )



22 OCTOBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


NAHIMANA N'A JAMAIS ETE CONTRE LES TUTSIS, SELON UN TEMOIN

Arusha, le 22 octobre, 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des anciens responsables des médias, n'a jamais exprimé des sentiments anti-tutsis, a déclaré le second témoin de la défense, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

"G 99", ainsi dénommé pour préserver son anonymat, a déposé sur la moralité de l'accusé. Sa déposition intervient après celle de Ferdinand Nahimana
lui-même.

M.G 99 connaît Ferdinand Nahimana depuis 1981, à l'Université nationale du Rwanda(UNR) où il a d'abord étudié puis travaillé. Ferdinand Nahimana a pour sa part enseigné à l'UNR à partir de 1977. "Dans sa vie sociale, je crois que c'est quelqu'un qui s’entendait bien avec tout le monde, quelqu'un de très sociable", a affirmé le témoin.

M.G 99 a expliqué que Ferdinand Nahimana traitait ses étudiants, hutus et tutsis, de manière équitable et que personne ne s'était plaint d'avoir été discriminé sur une base ethnique. Le témoin a ajouté que l'accusé entretenait également de bonnes relations avec ses pairs, les professeurs. Ils l'avaient même élu doyen de la faculté des Lettres.

"Si le vote pour lui avait été effectué par un seul groupe [ethnique], il n'aurait pas été élu", a déclaré le témoin.

Ferdinand Nahimana a quitté l'université fin 1990 pour devenir directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR) qui gérait les médias d'Etat. Il a été démis de ce poste en avril 1992 et a demandé à réintégrer l'université.

Le parquet affirme que plusieurs professeurs s'étaient opposés à sa réintégration à l'UNR, estimant qu'il était contre les Tutsis. "Non. Il n'y a pas eu opposition à sa réintégration en raison du fait qu'il serait opposé aux Tutsis", a déclaré le témoin. M.G 99 a expliqué que la promotion de Ferdinand Nahimana avait plutôt
suscité des jalousies chez certains professeurs, ceux-là mêmes qui s'opposaient à son retour.

Le témoin a affirmé que dans tous les cas, "aucun membre du conseil de faculté n'a émis de doutes sur les qualités scientifiques de Nahimana". "Ce que je peux dire, c'est que c'était un travailleur, un chercheur, et que même ceux qui, à un moment donné, l'ont combattu n'ont jamais mis en doute ses compétences académiques", a-t-il poursuivi.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue taxée d'extrémisme Kangura. Ils plaident non coupables.

Le témoin G 99 poursuivra sa déposition mercredi matin en répondant aux questions du parquet.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/CE/GF/FH (ME-1022A )



21 OCTOBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


PROCES DES MEDIAS : SYNTHESE SUR LA DEPOSITION DE FERDINAND NAHIMANA

Arusha, le 21 octobre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès des "médias de la haine", a terminé, vendredi, sa déposition en tant que premier témoin de la défense. Il a été tour à tour interrogé par ses avocats, le parquet et répondu aux questions des juges.

Commencé le 23 octobre 2000, ce procès est considéré comme l'un des plus importants dont le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est saisi, car le parquet conçoit "les médias de la haine" comme le véhicule du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juin 1994.

Les observateurs estiment qu'à terme les juges devront non seulement se prononcer sur l'idéologie alléguée du génocide, mais également définir les contours d'un des droits fondamentaux de l'homme, la liberté d'expression.

Les accusés Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza sont des responsables allégués de la Radio-télévision libre des Milles collines (RTLM) qui a incité au génocide, tandis que Hassan Ngeze était directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, taxée d'extrémisme.

Ferdinand Nahimana, 52 ans, le premier accusé à présenter sa défense, est notamment suspecté d'avoir été l'un des "idéologues" du génocide. Tout comme
ces coaccusés, il plaide non coupable.

Profil de Nahimana
Ferdinand Nahimana est né à Gatonde (province Ruhengeri, nord du Rwanda) en 1950. Docteur en histoire, l'accusé a notamment été professeur à l'Université nationale du Rwanda (UNR) et directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait les médias officiels.

En 1994, il était ministre désigné pour représenter le parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), dans le gouvernement de transition qui devait également comprendre l'ex-rébellion à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR). La mise sur pied de ce gouvernement constituait le principal résultat de l’accord de paix signé en août 1993 à Arusha entre le FPR et le gouvernement d'alors.

Se présentant comme un "gentleman", Ferdinand Nahimana, a tout au long de son témoignage qui a débuté le 16 septembre, affirmé que, de sa vie, il
n'avait jamais discriminé qui que ce soit. L'accusé a par ailleurs indiqué que, à aucun moment, il n'a adhéré au parti sectaire, la Coalition pour la défense de la République (CDR), ou contribué à la création de la milice Interahamwe, considérée comme le fer de lance du génocide.

Ferdinand Nahimana se définit comme "un chantre" de la politique de paix et d'unité des Rwandais prônée par l'ancien président Juvénal Habyarimana, dont
la mort le 6 avril 1994, dans un attentat, a constitué l’élément déclencheur du génocide.

Dès le 7 avril 1994, Ferdinand Nahimana a déclaré s'être abrité à l'ambassade de France à Kigali, suite à l'insécurité. Le 12 avril 1994, il sera évacué sur Bujumbura d'où il rejoindra l'est de l'ex-Zaïre, avant de s'installer dans la ville frontalière rwandaise de Cyangugu (sud-ouest) vers fin avril 1994.

Ferdinand Nahimana indique que durant cette époque, il était coupé du monde politique et de la radio RTLM, dont il est, dit-il, un des douze membres du
comité d'initiative.

L'accusé renoue avec les politiques fin mai 1994. C'est à ce moment-là qu'il est convoqué par le président intérimaire, Théodore Sindikubwabo, qui lui propose de faire partie de sa délégation au sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) prévu en Tunisie à la mi-juin. Il aurait été choisi en sa qualité d'historien.

De retour de Tunisie, Ferdinand Nahimana travaillera "sporadiquement" comme conseiller du président Sindikubwabo, pour les affaires concernant l'opération militaire française au Rwanda "Turquoise". Il quittera définitivement son pays le 14 juillet 1994, dans la foulée de la victoire militaire du FPR.

Haïr les Tutsis
Le parquet reproche à Ferdinand Nahimana une haine des Tutsis dès son jeune âge. Il aurait fait preuve de discrimination anti-tutsie à plusieurs reprises, quand il était étudiant, en 1973, puis professeur à partir de 1977 et en tant que directeur de l'ORINFOR, de fin 1990 à début 1992.

Des témoins cités par le parquet allèguent qu'il aurait été notamment membre d'un "comité de salut" qui a participé à la chasse d'étudiants tutsis sur le campus universitaire de Butare (sud) en 1973. Nahimana se défend vigoureusement d'avoir appartenu à un tel comité. Il pointe plutôt un doigt accusateur vers certains de ses condisciples dont certains, comme l'ex-président Pasteur Bizimungu, sont, quelques années plus tard, devenus des responsables au niveau supérieur de l'Etat.

"Je venais du nord, je n'avais pas d'assise au sud et j'étais pris pour un Tutsi [l'accusé se réfère à sa physionomie]. Et j'aurais pris le risque de m'aventurer dans la ville de Butare ?", répond-il à ces allégations.

Ferdinand Nahimana déplore au passage le départ forcé de plusieurs de ses amis tutsis, y compris ses coéquipiers au sein de la sélection de basketball de l'université. "C'est une situation révoltante que nous avons vécue à ce moment là", se souvient l'accusé.

Devenu professeur à l'université, à la faveur de la "rwandisation" de l'enseignement supérieur, Ferdinand Nahimana déclare qu'il a toujours entretenu de bons rapports avec l'ensemble des étudiants, y compris les Tutsis. Devant la chambre, il se rappelle que deux de ses meilleurs étudiants à cette époque étaient les Tutsis Edouard Masango et Alphonsine Kabagabo.

Durant sa vie de professeur, Ferdinand Nahimana a également beaucoup écrit sur l'histoire du Rwanda. "Je pense que j'étais le second [à publier autant]
après [l'abbé Alexis] Kagame", a déclaré Ferdinand Nahimana. C’est sur ce terrai-là que le procureur l’a également attaqué, alléguant que ses publications étaient extrémistes. L'accusation estime qu'il aurait propagé l'idéologie de la suprématie hutue, à travers ses écrits. Il lui est par ailleurs reproché d'avoir été le théoricien d'une "défense civile" antérieure au génocide et milité dans les rangs des Interahamwe.

A toutes ces accusations, Ferdinand Nahimana a rétorqué que ceux qui formulent de telles allégations ont dénaturé les textes. Il a ensuite répondu aux allégations du parquet selon lesquelles il aurait licencié des employés tutsis en raison de leur appartenance ethnique lorsqu’il dirigeait l'ORINFOR. Pas du tout, a-t-il répliqué. Selon lui, les licenciements effectués étaient autorisés par le conseil d'administration et ne visaient que des employés incompétents ou indisciplinés, pas des Tutsis.

L'accusé a ajouté, que contrairement aux allégations du parquet, du personnel tutsi avait été embauché parmi les agents de la toute nouvelle télévision rwandaise.

Ferdinand Nahimana a par ailleurs affirmé avoir participé à une commission d'experts sur le problème des réfugiés rwandais, alors essentiellement Tutsis, qui avait proposé la suppression de la mention ethnique dans les documents rwandais d'identité.

Nahimana et la RTLM
Il appartiendra donc à la chambre de trancher sur la haine profonde qu’ aurait éprouvé Nahimana pour les Tutsis. Mais il lui appartiendra aussi de juger de son rôle politique et idéologique entre 1993 et juillet 1994. Le parquet lui reproche d’avoir pris une part active dans les activités de la RTLM d’abord, puis en tant que conseiller du président Sindikubwabo ensuite.


Lui n’a cessé de s’en défendre pendant son témoignage. Le parquet allègue en effet que Ferdinand Nahimana se serait entendu avec des membres de l’entourage du président Habyarimana afin de créer des médias extrémistes destinés à propager une idéologie délibérément anti-tutsie et à appeler à leur élimination comme à celle des opposants politiques. "La RTLM a été utilisée pour diffuser des émissions conçues pour provoquer la haine inter-ethnique et pour inciter la population à tuer et à commettre des actes de violence et de persécution à l'encontre de la population tutsie et à l'encontre d'autres personnes en raison de leur appartenance politique" a déclaré le parquet.

Ferdinand Nahimana a commencé par récuser fermement les allégations du parquet selon lesquelles il aurait exercé le moindre contrôle sur la ligne
éditoriale de la RTLM. "Je ne connais aucun document officiel, je ne connais aucune adresse, aucune déclaration qui m'ait désigné comme directeur de la RTLM. Et si jamais quelqu'un a parlé de Ferdinand Nahimana en tant que directeur de la RTLM, celui-là se serait trompé, car jamais, je n'ai été directeur de la RTLM",
a-t-il déclaré.

Poursuivant, l’accusé a indiqué que la fonction de directeur de la RTLM avait été confiée à Phocas Habimana et que c'était devant ce dernier, ainsi que devant le rédacteur en chef Gaspard Gahigi, que répondaient les journalistes.

De plus, selon lui, la RTLM d’avant avril 1994 n’était en aucun cas une radio extrémiste, qualifiant de de fausses les allégations d'incitation à la guerre d’avant 1994. Pour Nahimana, elles trouvent leur source dans le fait que la RTLM avait accepté le débat contradictoire sur des problèmes naguère tabous comme le conflit ethnique hutu-tutsi et le partage du pouvoir avec le FPR. Pour Nahimana, cela avait heurté certaines sensibilités.

Au cours de son témoignage, Nahimana a établi une coupure nette entre la RTLM d’avant et d’après avril 1994. Selon lui, la RTLM avait été créée pour promouvoir les idées de démocratie et de pluralisme. Mais elle a été détournée de ses objectifs à partir du 6 avril 1994, lorsqu’elle a été récupérée par des "radicaux, des extrémistes dont je ne partage pas la façon de voir et de faire". "Je considérais que la société RTLM ne nous appartenait plus", a-t-il ajouté.

Il a alors reconnu qu’à partir de cette date "des personnes, qui ont versé dans un comportement assassin, ont dû influencer les journalistes" de la RTLM. Se dissociant totalement de cette « nouvelle » RTLM, Nahimana ne mâche pas ses mots pour ces journalistes: "certains se sont mis à fumer du chanvre. Un journaliste drogué ne peut se livrer qu'à ce genre d'émissions assassines", a-t-il déclaré. Prenant l'exemple de Habimana Kantano, journaliste à la RTLM, Ferdinand Nahimana souligne :"Ceux qui géraient la radio à ce moment-là auraient dû empêcher M. Kantano de prendre l'antenne. Qu’ils ne l’aient pas fait me
révolte".

Ferdinand Nahimana a également révélé qu'il avait demandé au président Sindikubwabo, ainsi qu'à son directeur de cabinet, de faire arrêter les émissions de la RTLM. Nahimana était alors devenu conseiller du président Sindikubabo. Là encore, il s’est employé à prouver qu’il n’a pas joué, comme le lui reproche le procureur, un rôle actif auprès du président. Il a voulu faire comprendre que son rôle s’est limité à lui servir d'intermédiaire auprès de « la Turquoise », réfutant tout contact avec le premier ministre du gouvernement intérimaire Jean Kambanda.

"Ce que je sais, c'est que M.Sindikubwabo m'a toujours répété qu’il fallait que les gens cessent de s'entretuer. Et que c'était déplorable. Il m'a toujours dit: 'je vais en parler' L'a-t-il fait? Je ne le sais pas".

Le procès se poursuit mardi avec la déposition du deuxième témoin de la défense de Nahimana.

AT/CE/GF/FH (ME-1021A )




15 octobre 2002
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ICTR/MEDIA


NAHIMANA ACCUSE NGEZE D’EXTREMISME

Arusha, le 15 octobre 2002 (FH) – L’ancien promoteur de la RTLM et suspect de génocide, Ferdinand Nahimana, a déclaré mardi devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) qu’un des co-accusés dans le procès des médias, l’ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, avait rédigé des « articles extrémistes ».

Nahimana, Ngeze et Jean-Bosco Barayagwiza, ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, sont notamment accusés d’avoir utilisé leurs médias respectifs pour inciter au génocide de 1994 au Rwanda.

"Ngeze a rédigé des articles extrémistes", a indiqué Nahimana, citant plusieurs articles parus dans Kangura le critiquant. Depuis le début de son témoignage, il y a trois semaines, Nahimana a à plusieurs reprises déploré l’existence de certains articles parus dans Kangura. Nahimana a repris son témoignage lundi, après un ajournement du procès de deux semaines.

Juste avant le début de la session, mardi, Ngeze a présenté une requête à la chambre afin qu’elle lui donne l’occasion de « répondre » aux déclarations
« préjudiciables » de Nahimana. Le président de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a rejeté cette requête, demandant à Ngeze d’attendre son tour pour se defendre.

Ngeze et son équipe de défense ont toujours réfuté les accusations du procureur selon lesquelles Kangura aurait été un journal extrémiste.

Un peu plus tôt dans la journée, Nahimana a rejeté les suggestions du procureur selon lesquelles il était l’un des trois principaux protagonistes de la RTLM puisqu’il était l’une des trois personnes à avoir accès, par sa signature, aux comptes en banque de la station de radio. Les deux autres étaient Barayagwiza et Felicien Kabuga (un important homme d’affaires de Kigali, également président de la RTLM). "Les personnes chargées de signer les chèques n’étaient pas responsables du fonctionnement quotidien de la radio", a indiqué Nahimana.

Arrêté à la mi-journée pour laisser la place au procès de l’ancien ministre de l’Information, Eliezer Niyitegeka, dans le cadre d’une expérience d’alternance menée dans la chambre Une, le procès des médias se poursuit mercredi.


CE/GG/GF/FH(ME-1015e)



14 OCTOBRE 2002
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TPIR/MEDIAS


NAHIMANA ACCUSE LE PROCUREUR D’AVOIR FALSIFIE DES PREUVES

Arusha, le 14 octobre 2002 (FH) – Selon Ferdinand Nahimana, promoteur allégué de la Radio Télévision des Mille Collines qui a incité au génocide en 1994, le procureur du TPIR aurait falsifié trois documents présentés comme preuve.

Nahimana, également ancien professeur d’histoire à l’Université du Rwanda est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Tous trois sont accusés d’avoir utilisés leurs médias respectifs pour inciter au génocide.

Les trois documents comprenaient deux interviews, l’une donnée à la radio nationale à Cyangugu en 1994, l’autre à une chaîne de télévision française au Cameroun en 1996, ainsi que les minutes alléguées d’une réunion entre des officiels de la RTLM, également en 1994, à laquelle Nahimana aurait participé en compagnie de l’ex-ministre de l’Information, Faustin Rucogoza.

Ces documents font partie des preuves présentées par le parquet afin de prouver que Nahimana était l’un des meneurs d’une station de radio “raciste” incitant au génocide.

A la reprise du procès des médias, après deux semaines d’interruption, Nahimana a déclaré à la chambre que certains passages en sa faveur étaient absents des trois documents. " On a présenté ce procès comme étant très complexe. Pourtant, ce témoignage n’a pas été produit dans sa totalité ", a-t-il déclaré. Nahimana a ensuite expliqué que le parquet n’aurait aucun argument si les preuves étaient présentées dans leur totalité.

Le parquet, représenté par l’Américaine Simone Monasabien, a réfuté ces allégations.

Selon les minutes alléguées d’une réunion organisée par le ministre de l’ Information pour reprocher à la RTLM le contenu “extrémiste” de ses programmes, Nahimana y aurait participé en tant que directeur de la RTLM, une allégation qu’il réfute depuis le début de son procès. Nahimana a indiqué à la cour que le véritable directeur de la station de radio, Phocas Habimana, avait assisté à cette rencontre et que, selon lui, une page des minutes faisant référence à la présence d’Habimana aurait été arrachée de la preuve par le procureur pour « sauver la face ».

Nahimana a déclaré à la cour qu’il n’était qu’un des membres du comité en charge de la RTLM, mais en aucun cas le directeur de la radio.

Le témoignage de Nahimana, premier témoin de la défense, se poursuit mardi matin. Le procès durera jusqu’à la mi-journée, pour laisser ensuite la place
au procès de l’ancien ministre de l’Information, Eliezer Niyitegeka, qui se déroulera dans la même chambre.

Cette alternance de procès dans une même chambre fait partie d’une expérience menée en vue d’accueillir les juges ad litem au début de l’année
prochaine. Leur tâche sera de compléter le travail des juges permanents actuels.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et
comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

CE/GG/GF/FH(ME-1014e)





29 SEPTEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS REPORTE AU 14 OCTOBRE

Arusha, le 29 septembre 2002 (FH) - Le procès de trois anciens responsables présumés des "médias de la haine" a été reporté au 14 octobre 2002, a-t-on
appris vendredi auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), en raison de l’indisponibilité du juge sri lankais Asoka De ZoysaGunawardana, actuellement occupé par une autre affaire à la chambre d’appel du TPIR à La Haye.

Les débats ont été suspendus en plein contre-interrogatoire du premier témoin de la défense, l'accusé Ferdinand Nahimana.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a incité au génocide des Tutsis en 1994, Ferdinand Nahimana témoignait depuis le 16 septembre dernier pour sa propre cause.

Lors de son témoignage, Ferdinand Nahimana a nié en bloc les accusations retenues contre lui, affirmant qu'il n'avait aucun contrôle sur les émissions et le personnel de la RTLM pendant le génocide.

Ferdinand Nahimana a néanmoins reconnu que la RTLM avait dévié de sa mission première pendant le génocide, sous l'impulsion des extrémistes. Selon Ferdinand Nahimana, cette station de radio avait été créée pour contribuer au débat démocratique et non à des fins criminelles.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Il a nié s'être entendu avec ses
coaccusés pour planifier le génocide.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture le 23 octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est représenté par des avocats nommés par la chambre. Jean-Bosco Barayagwiza ne les reconnaît pas.

AT/CE/GF/FH (ME-0927A )




26 SEPTEMBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


FERDINAND NAHIMANA SE DEFEND D'AVOIR EU UN CONTRÔLE SUR LA RTLM

Arusha, le 26 septembre, 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des promoteurs allégués de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), qui témoigne depuis une semaine pour sa propre cause, s'est constamment défendu d'avoir eu un quelconque contrôle sur cette station et son personnel pendant le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994.

Membre du comité d'initiative de la RTLM, Ferdinand Nahimana est coaccusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès des "médias de la haine". Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) le poursuit notamment pour génocide, complicité dans le génocide, entente et incitation en vue du génocide et crimes contre l'humanité. Le parquet affirme que les émissions diffusées sur la RTLM sont responsables des massacres et de la persécution exercée contre les civils entre avril et juin 1994.

Ferdinand Nahimana a déclaré que la RTLM avait été créée pour promouvoir les idées de démocratie et de pluralisme mais qu'elle avait été détournée par les radicaux en 1994. "Je considérais que la société RTLM ne nous appartenait plus", a-t-il dit.

Né le 15 juin 1950 à Gatonde (province Ruhengeri, nord du Rwanda), Ferdinand Nahimana a dirigé l'Office rwandais d'information (ORINFOR), après plusieurs
années d'enseignement à l'université. En 1994, il était ministre désigné dans le gouvernement de transition à base élargie qui avait eu beaucoup de mal à entrer en fonction.

Se présentant comme un "gentleman", l'accusé affirme que de sa vie, il n'a jamais discriminé qui que ce soit. Ferdinand Nahimana explique qu'en conséquence il n'a, à aucun moment, adhéré au parti sectaire, la CDR, ou contribué à la création de la milice Interahamwe, considérée par le parquet comme le fer de lance du génocide. L'accusé se définit comme un homme épris de paix et un historien adepte de la thèse du peuple rwandais uni, "le peuple-nation" Parlant des crimes commis au Rwanda en 1994, Ferdinand Nahimana les a qualifiés de "comportement bestial, inhumain et indescriptible".

Une défense d'alibi
L'un des moments forts de sa déposition aura sans aucun doute été la présentation de son emploi du temps entre avril et juillet 1994, la période la plus sombre de l'histoire de son Rwanda natal.

D'entrée de jeu, l'accusé-témoin s’est placé en dehors de la sphère qui contrôlait la RTLM à cette époque. Son alibi commence bien avant le soir fatidique du 6 avril 1994, lorsque l'avion qui transportait l'ex-président Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira essuie des tirs de missiles et s'écrase près de l'aéroport de Kigali, déclenchant des massacres à travers tout le pays.

Ferdinand Nahimana déclare qu'il était "alité" dès le 29 mars 1994, "souffrant de malaria doublée de problèmes d'estomac que je traîne depuis
plusieurs années."

L'accusé raconte en ces termes le cauchemar des 6 et 7 avril 1994: "Toute la nuit, nous étions terrés. Nous avions peur. Et très tôt le matin, les tirs étaient entendus partout en ville. A six heures, sur Radio Rwanda, un communiqué du ministère de la défense nationale [confirmant la mort du président] a été diffusé. C’est alors que j'ai commencé à réaliser toute l'ampleur de la situation. Si bien que j'ai pris la décision de me réfugier à l'ambassade de France".

Ministre désigné, Ferdinand Nahimana avait des raisons de se sentir menacé. "Avec la reprise de la guerre, je pouvais être finalement la cible de la guerre ou de bandits qui profitent de la guerre", témoigne-t-il.

Se référant à l'histoire récente du Burundi voisin, Ferdinand Nahimana rappelle que "les dignitaires de Ndadaye [président hutu assassiné en octobre 1993] qui ont été sauvés, ce sont ceux qui se sont réfugiés dans les ambassades". Ferdinand Nahimana restera à l'ambassade de France à Kigali jusqu'au 12
avril, date à laquelle il sera évacué, en compagnie de plusieurs autres personnes, sur Bujumbura.

"Les Rwandais ont été conduits dans un hangar qui servait d'aérogare, les étrangers dans une nouvelle salle d'attente de l'aérogare de Bujumbura. Nous
sommes restés à cet endroit jusqu'au 17 avril".

Ferdinand Nahimana réfute au passage des allégations selon lesquelles, durant cette période, il aurait tenu une réunion dans sa commune natale de Gatonde, incitant aux massacres de Tutsis. "Comme dit le philosophe, on ne peut pas être et ne pas être à la fois", a déclaré Ferdinand Nahimana, sûr de son alibi.

Pris en charge par des organisations humanitaires, l'accusé poursuit son odyssée jusqu'à Bukavu (est de l'ex-Zaïre) où il demeure jusqu'au 23 avril. Il regagne ensuite le Rwanda par le poste-frontière de Cyangugu (sud-ouest). Ferdinand Nahimana se défend d'avoir alors tenté de renouer le contact avec la RTLM, affirmant : "j'avais beaucoup d'appréhension. J'étais préoccupé par mon sort, celui de ma femme et de mes enfants".

L'accusé ajoute que, durant cette période, il ne lui était pas possible d'écouter régulièrement cette station de radio émettant en fréquence modulée, Cyangugu se trouvant "dans une zone encaissée".

Des dysfonctionnements
Ferdinand Nahimana indique néanmoins avoir constaté des "dysfonctionnements" résultants de "l'appropriation de notre société RTLM par les radicaux, les extrémistes dont je ne partage pas la façon de voir et de faire". Fin mai 1994, Ferdinand Nahimana, en sa qualité d'historien, est convoqué par le président intérimaire, Théodore Sindikubwabo, qui lui propose de faire partie de sa délégation au sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine prévu en Tunisie à la mi-juin.

"Je me disais que, si le gouvernement veut convaincre la communauté internationale, à commencer par l'OUA, je me serais comporté en mauvais patriote en ne participant pas à cet effort de paix"

De retour de Tunis, Ferdinand Nahimana travaillera "sporadiquement" comme conseiller du président Sindikubwabo, pour les affaires concernant l'opération militaire française au Rwanda, "La Turquoise". Il quittera le pays le 14 juillet 1994, suite à la victoire des rebelles à majorité tutsie du Front patriotique rwandais (FPR) sur l'ancien gouvernement pro-hutu.

Il transite par l'ex-Zaïre, le Congo Brazaville, et la République centrafricaine, avant de s'installer au Cameroun où il sera arrêté en mars 1996. Le temps de finir son ouvrage "L'élite hutue accusée" dans lequel il plaide notamment son innocence. Une copie de ce livre a été transmise au procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), le Sud-africain Richard Goldstone. L'accusé regrette aujourd'hui qu'il ne l'ait utilisé à bon escient.

AT/CE/GF/FH (ME-0925A )


24 SEPTEMBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


LA RTLM ETAIT CONTROLEE PAR DES RADICAUX PENDANT LE GENOCIDE, SELON NAHIMANA

Arusha, le 24 septembre 2002 (FH) - La Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) était tombée sous la coupe des radicaux pendant le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants en 1994, a affirmé Ferdinand Nahimana, l'un de ses promoteurs allégués, mardi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Poursuivi notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide, Ferdinand Nahimana témoigne depuis le 18 septembre pour sa propre défense. Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des Affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, dans le cadre du procès des "médias de la haine".

"La radio RTLM a été séquestrée par des personnes qui avaient un objectif différent du nôtre quand nous l'avons créée. Ils l'ont transformée en instrument de tueries", a déclaré Ferdinand Nahimana.

L'accusé devenu témoin a affirmé que, durant le génocide, la RTLM a connu des "dysfonctionnements" résultant de son "appropriation par les radicaux, les extrémistes dont je ne partage pas la façon de voir et de faire".

Ferdinand Nahimana a indiqué que la RTLM avait été instituée dans le but de promouvoir la démocratie et la liberté d'expression mais que ses initiateurs ne contrôlaient plus ses émissions pendant le génocide. Ferdinand Nahimana a déclaré avoir quitté momentanément le Rwanda le 12 avril 1994 et qu'il n'était plus entré en contact avec l'équipe rédactionnelle de la RTLM. "Je considérais que la société RTLM ne nous appartenait plus", a-t-il dit.

Ferdinand Nahimana a notamment déploré le fait que la RTLM ait diffusé, pendant cette période, des émissions qui pouvaient amener les auditeurs à
confondre Tutsis et ennemis du pays.

"J'étais choqué d'entendre un journaliste dire : celui qui a un nez effilé, n'hésitez pas, c’est un ennemi" a témoigné Ferdinand Nahimana. L'accusé se souvient également avoir entendu des journalistes de la RTLM inciter des gens qui tenaient des barrières à fumer du chanvre. Ferdinand Nahimana les considérait dès lors comme "des gens qui avaient perdu toute humanité", a-t-il dit.

Parlant des crimes commis au Rwanda en 1994, Ferdinand Nahimana les a qualifiés de "comportement bestial, inhumain et indescriptible". Mardi dans l'après-midi, Ferdinand Nahimana répondait aux questions de l'avocat de Hassan Ngeze, l'Américain Me John Floyd.

Mercredi, il sera contre-interrogé par des représentants du parquet.

AT/CE/GF/FH (ME-0924A )


23 SEPTEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS

"LA DISCRIMINATION, CE N'EST PAS MON GENRE " A DECLARE FERDINAND NAHIMANA

Arusha, le 23 septembre 2002 (FH) - Pour juger un homme, il faut d'abord le comprendre. C'est sans doute en conformité avec ce principe de droit que l'avocat français Me Jean-Marie Biju Duval et son co-conseil la Britannique Diana Ellis ont créé la surprise en appelant à la barre, le mercredi 18 septembre 2002, comme premier témoin de la défense, leur client Ferdinand Nahimana. Le promoteur allégué de la Radio-télévision des Mille collines (RTLM) a, selon le parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), accompagné le troisième génocide du siècle, qui a emporté un million de Tutsis et d'opposants politiques au Rwanda en 1994.

Ferdinand Nahimana devrait finir de témoigner mardi après-midi pour la défense, avant le début du contre-interrogatoire du parquet.

L'homme, svelte, fin et courtois, est déterminé à prouver son innocence. Il le fera pendant plusieurs jours armé de sa dialectique professorale et de sa rigoureuse critique d'historien. "La discrimination, ce n'est pas mon genre de comportement", dira à plusieurs reprises l'accusé qui, du reste, se présente comme "un gentleman". "Discriminer autrui me révolte.", déclare-t-il.

Né le 15 juin 1950 à Gatonde (province Ruhengeri, nord du Rwanda), benjamin d'une famille d'agriculteurs comprenant neuf enfants, rien ne prédestinait Ferdinand Nahimana à inscrire son nom en lettres rouges dans l'histoire de son pays.

Fait rare à l'époque, le jeune Nahimana entre très tôt à l'école primaire. Plus tard, il est admis au petit séminaire catholique de Rwesero (centre du Rwanda), qui lui ouvrira les portes de l'université en 1971. « Mon grand frère a fait des études jusqu'à l'université.[…] Mais moi seul ai pu pousser jusqu'au doctorat », dit-il.

Retournement de la situation politique
Historien en puissance, Ferdinand Nahimana sera confronté dès son enfance aux soubresauts de son Rwanda natal. "En novembre 1959, tout autour de moi, il y a eu ce que je n'avais jamais vu jusque là : des maisons en feu, des mouvements de populations, " se souvient-il. "Sur la colline, résidait un sous-chef tutsi. Le lendemain de la fête de la Toussaint, alors que nous étions revenus de la messe, j’ai vu mon père et ses voisins accompagner le sous-chef et son entourage. Chose curieuse, on a transporté tous ses effets. Avec les enfants de ma colline, on les a suivis et à un moment donné on nous a chassés. Ils avaient accompagné le sous-chef jusqu'à la paroisse."

Ferdinand Nahimana et ses jeunes compagnons apprendront plus tard qu'il y avait eu "retournement de la situation politique", que la "Révolution
sociale" de 1959 était en marche. Les Tutsis perdaient le pouvoir au profit des Hutus, sur fond de violences.

Ferdinand Nahimana se souvient également que, dans la foulée de ce changement politique, un de ses enseignants a été nommé "bourgmestre" de Gatonde. Un néologisme qui aura du mal à s'imposer aux usagers habitués au titre "umutware" que portait le sous-chef chassé.

Le pays allait désormais connaître des tensions ethniques et des violences cycliques qui s'accentuaient au rythme des attaques des "Inyenzi", les réfugiés tutsis opposés à la nouvelle république pro-hutue. Nahimana aura néanmoins la chance unique de rester à l'abri de ces tensions, à l'ombre du presbytère.

"J'étais privilégié puisque j'étudiais dans cette région du Buganza nord [Rwesero] où il y avait un mélange hutu-tutsi très prononcé. Cette région, de par sa situation géographique, était loin des incursions des Inyenzi […], loin des foyers de tension ethnique", dit-il.

"Dans notre séminaire, il n y 'a jamais eu de heurt ethnique", explique Ferdinand Nahimana, ajoutant :"l'une des choses que nous apprenaient nos enseignants, c'était de prier ensemble, de travailler ensemble". Manifestement désappointé par une question sur la composition ethnique des étudiants et du corps professoral au séminaire de Rwesero, l'accusé a fini par lâcher : "depuis que je me trouve dans ce Tribunal, j'ai été forcé à raisonner à travers le prisme ethnique".

Vive le sport
A l'université, Ferdinand Nahimana découvrira une institution minée par un autre type de tension: le régionnalisme. "Quand j'entre à l'université en
1971, la question la plus flagrante, c'était le régionalisme", témoigne-t-il. "Les Tutsis que je rencontrais ne me classaient pas suivant mon ethnie, ils
me classaient suivant ma région d'origine et moi, je faisais de même." Ferdinand Nahimana saura transcender ces clivages en s'adonnant au sport. Il
sera enrôlé dans la première équipe de basketball de l'université, où il se fait de nombreux amis, Hutus et Tutsis.

C'est dans cette université que le surprennent "les événements de 1973" au cours desquels plusieurs étudiants tutsis ont été chassés du campus, à l'instigation du "comité de salut". Nahimana se défend vigoureusement d'avoir appartenu à ce comité. Il pointe plutôt un doigt accusateur vers certains de ses condisciples. Parmi eux figure notamment Pasteur Bizimungu, devenu premier président du Rwanda après le génocide de 1994, aujourd'hui en prison pour avoir tenté de créer un parti d'opposition.

Le deuxième personnage est non moins célèbre. Il s'agit de Léon Mugesera, qui en 1992 prononça un discours incendaire anti-tutsi. Ferdinand Nahimana a indiqué que le campus universitaire avait été attaqué par des étudiants venus des écoles secondaires voisines, auxquels s'étaient joints quelques personnes venus de Butare.

"Je venais du nord, je n’avais pas d'assises au sud et j’étais pris pour un Tutsi [l'accusé se réfère à sa physionomie]. Et j'aurais pris le risque de m'aventurer dans la ville de Butare ?", répond-il à ceux qui l'accusent d'avoir participé aux attaques contre le campus. "C'est une situation révoltante que nous avons vécu à ce moment là", se rappelle-t-il, indiquant que sur la vingtaine d'étudiants qui étaient avec lui en deuxième année d'histoire, seuls trois ont survécu.

Ferdinand Nahimana terminera son premier cycle universitaire en octobre 1974 et partira l'année suivante au Canada pour préparer une maîtrise. Sa bourse d'études offerte gracieusement par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) s'inscrivait dans le cadre d'un projet plus large de "rwandisation" du corps enseignant de l'université de Butare. C'est ainsi qu'en 1977 avec, dans ses valises, une thèse sur l'implantation des missions catholiques au Rwanda de 1900 à 1930 et un contrat de travail en poche, il rejoint l'université de Butare comme professeur assistant.

Il gravira ensuite tous les échelons de la hiérarchie académique devenant notamment vice-.doyen de la faculté des Lettres en 1978 et "premier doyen rwandais de cette faculté" en juin 1980. Universitaire à la plume facile, Ferdinand Nahimana écrira plusieurs ouvrages et articles qui font autorité dans l'historiographie rwandaise. "Je pense que j'étais le second [à publier autant] après [l'abbé Alexis] Kagame", a déclaré Ferdinand Nahimana.

Admirateur du président Habyarimana
Ferdinand Nahimana ne cache pas son allégeance à l'ancien président Juvénal Habyarimana, laquelle transparaît notamment dans un de ses livres: "Conscience chez nous, confiance en nous". Ferdinand Nahimana déclare qu'en "universitaire lucide", il est certes opposé à certaines pratiques caractéristiques du parti unique comme la limitation de la liberté d'expression, mais que de manière générale il était demeuré "admirateur du président Habyarimana en ce qui concerne son
idéologie de développement". "J'ai mis en exergue la moelle de cette idéologie politique de développement : paix, unité et développement", explique-t-il.

"Conscience chez nous, confiance en nous" analyse le discours politique de certains chefs d'Etat africains dont le Tanzanien Julius Nyerere, le Zambien
Kenneth Kaunda et le Rwandais Juvénal Habyarimana. Ferdinand Nahimana a indiqué avoir rencontré à plusieurs reprises Juvénal Habyarimana lors de cérémonies officielles ainsi qu’à l’occasion "d’une fête colossale d'anniversaire pour les cinquante ans" du chef de l'Etat rwandais, à son domicile de Karago (Gisenyi, ouest du Rwanda).

Ferdinand Nahimana dément cependant avoir fait partie du cercle des proches de l'ex-président connu sous l'appelation de "l'akazu" (petite maison). "Jamais je n'ai été dans les secrets de la famille Habyarimana", a-t-il dit.

En dehors de ses activités académiques, Ferdinand Nahimana a occupé plusieurs autres fonctions au sein de l'administration publique, la plus importante étant la direction de l'Office rwandais d'information (ORINFOR), poste qu’il a occupé de fin décembre 1990 à fin avril 1992. Il aurait été limogé sur insistance de l'ancien premier ministre Dismas Nsengiyaremye qui l'accusait d'avoir censuré un de ses communiqués de presse.

Création de la RTLM
L'idée de la création d'une radio indépendante, qui deviendra la RTLM, lui sera soufflée "aux mois de septembre-octobre 1992" par deux de ses anciens collaborateurs à l'ORINFOR. En leur compagnie, Ferdinand Nahimana va contacter l'homme d'affaires Félicien Kabuga, qui sera plus tard élu président du comité d'initiative de la société RTLM: Ferdinand Nahimana sera pour sa part nommé président de la commission technique et programmes.

"En tant qu’ancien directeur de l'ORINFOR, je connaissais les maisons qui fournissaient les équipements. Je me suis adressé aux maisons allemandes et
belges." Ferdinand Nahimana a affirmé que si la RTLM a été créée pour permettre au parti du président Habyarimana, le Mouvement républicain national pour la
démocratie et le développement (MRND), de faire entendre sa voix, elle n'aurait sans doute pas vu le jour si la rébellion à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR), n'avait pas eu sa propre radio de propagande.

"Si la radio Muhabura n'avait pas existé, et ne faisait pas sa grande propagande pour le FPR en cachant ses atrocités, en disant que le côté attaqué était fautif, je crois que la RTLM n'aurait pas été créée" a déclaré en substance Ferdinand Nahimana.

L'accusé a affirmé que "les actionnaires de la RTLM n'ont pas agi en cachette" réfutant par là la thèse de la conspiration en vue du génocide soutenue par le parquet.

Parmi les principaux actionnaires il a cité le président Habyarimana, Félicien Kabuga, et l'ex-ministre Joseph Nzirorera, tous membres du MRND. Nahimana a toutefois indiqué que malgré cette structure politiquement colorée de l'actionnariat, "jamais la société RTLM ne s'est considérée comme appartenant au MRND mais s'est inspirée de son idéologie" de paix, d'unité et de développement.

AT/CE /FH (ME-0923A )



20 SEPTEMBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


NAHIMANA NIE AVOIR INCITE AUX MASSACRES DE TUTSIS AU BUGESERA

Arusha, le 20 septembre 2002 (FH) - Ferdinand Nahimana, un des trois accusés dans le procès d'anciens responsables des "médias de la haine", a nié avoir
incité aux massacres de Tutsis perpétrés dans la région de Bugesera (sud de Kigali) en 1992, lors de son témoignage vendredi devant le Tribunal pénal
international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana dépose depuis mercredi dernier pour sa propre défense. Le parquet le poursuit notamment pour entente et incitation directe et publique
à commettre le génocide. Il plaide non coupable.

Promoteur allégué de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui, selon le parquet, a accompagné le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants en 1994, Ferdinand Nahimana a également dirigé l'Office rwandais d'information (ORINFOR) entre fin décembre 1990 et fin avril 1992. L'ORINFOR gérait les médias d'Etat, dont Radio Rwanda.

Les massacres du Bugesera ont eu lieu en mars 1992. Des témoins de l'accusation ont affirmé que ces massacres ont été déclenchés par "un tract" diffusé par Radio Rwanda, avec l'aval de Ferdinand Nahimana. L'accusé a indiqué au contraire que ces tueries ont eu comme détonateur un meeting politique tenu dans la région par un parti d'opposition, au cours duquel les orateurs s'en étaient pris violemment au maire Fidèle Rwambuka.

Ferdinand Nahimana a reconnu que Radio Rwanda avait diffusé un éditorial appelant à "la vigilance", mais il a nié toute incitation à des massacres. "Dans cet éditorial, il n'est question ni de Tutsis, ni de Bugesera", a souligné l'accusé.

Ferdinand Nahimana a déclaré qu'il avait attiré l'attention du gouvernement sur les différentes zones de tensions inter-ethniques à travers le pays et
qu'il revenait aux autorités d'y envoyer préventivement des forces de l’ordre. Parmi les zones de turbulence à l'époque, Ferdinand Nahimana a cité, en plus du Bugesera, les communes de Gishyita (province Kibuye, ouest), Taba (province Gitarama, centre) et Murambi (province Umutara, est).

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, qui boycotte ce procès depuis son ouverture en octobre 2000, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue accusée d'extrémisme Kangura, Hassan Ngeze.

Ferdinand Nahimana a pris ses distances par rapport à Hassan Ngeze, déclarant au passage que ce dernier l'avait souvent calomnié à travers sa publication.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre
les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Ferdinand Nahimana se poursuit lundi prochain.

AT/CE/GF/FH (ME-0920A )


19 SEPTEMBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


FERDINAND NAHIMANA NIE AVOIR PARTICIPE A LA CREATION DES INTERAHAMWE

Arusha, le 19 septembre 2002 (FH) - Un des promoteurs allégués de la Radio-télévision des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a affirmé ne pas avoir joué un quelconque rôle dans la création de la milice Interahamwe, au deuxième jour de sa déposition devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès des "médias de la haine", qui ont incité au génocide et aux massacres
d'opposants entre avril et juin 1994. Affiliée à l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), la milice Interahamwe est considérée par le parquet comme étant le fer de lance de ce génocide.

"Les personnes qui formulent de telles accusations ne me connaissent certainement pas", a déclaré Ferdinand Nahimana, niant toute implication dans la création de cette milice. "Ceux qui me connaissent savent très bien que je n'ai joué aucun rôle", a-t-il poursuivi.

Ferdinand Nahimana a expliqué que le comité préfectoral de Ruhengeri (nord du Rwanda), dont il était membre, s'était opposé à l'installation des Interahamwe dans cette région. "Nous avons refusé que cette jeunesse Interahamwe qui, de notre point de vue, n'avait pas de statut clair, soit installée dans notre région" a-t-il
dit.

Bien que des témoins de l’accusation aient indiqué que Nahimana était l’un des membres du MRND responsables d’un document « théorique » sur l’idée de la formation des Interahamwe, ce dernier a accusé le parquet et ses témoins d’avoir « déformé » le contenu de ses livres et articles sur le Rwanda. Entre autres, le procureur accuse Nahimana d’avoir prôné la formation des Interahamwe dans son article « Stratégie pour la victoire du Rwanda ». Dans cet article, publié au début des années 90, Nahimana recommande la formation d’un système de « défense civile », solution aux problèmes du pays.

« Mon intention n’était pas de constituer une milice violente, mais une force populaire composée d’individus originaires de tous les groupes » a-t-il déclaré à la cour. Ferdinand Nahimana a par ailleurs nié avoir été lié d'une manière ou d'une autre au parti radical anti-tutsi, la Coalition pour la défense de la République (CDR), affirmant qu'il ne partageait nullement son idéologie.

Ferdinand Nahimana a indiqué qu'il était historien, adepte de l'idée du "peuple-nation" et que, contrairement à la CDR, il pensait que "les Hutus et les Tutsis avaient évolué d'une façon imbriquée, qu'il était impossible de se développer sans que tous participent à cet effort." Ferdinand Nahimana a déclaré qu'il était membre du parti MRND auquel il avait adhéré pour son idéologie de "paix, unité et développement".

L'accusé s'est par ailleurs désolidarisé du discours d'un des dirigeants du MRND en préfecture de Gisenyi (ouest du Rwanda), Léon Mugesera qui, en
novembre1992, avait appelé aux massacres de Tutsis. Ferdinand Nahimana a déclaré que ce discours avait "choqué les membres du MRND et la population rwandaise" dans son ensemble et qu'il avait soutenu personnellement les sanctions prises à l'encontre de l'orateur par le parti.

Léon Mugesera avait été radié du comité préfectoral de Gisenyi et une action judiciaire a été intentée contre lui, a dit Nahimana. Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi qu'avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Tous plaident non coupables.

Dans sa déposition, Ferdinand Nahimana a déclaré qu'il a présidé "la commission technique et programmes" de la RTLM, tandis que Barayagwiza en a
dirigé "la commission juridique".


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre
des juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Ferdinand Nahimana se poursuit vendredi.

AT/CE/FH (ME-0919A )


18 SEPTEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


FERDINAND NAHIMANA TEMOIGNE POUR SA PROPRE DEFENSE

Arusha, le 18 septembre, 2002 (FH) - L'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a commencé à témoigner pour sa propre défense, mercredi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) dans le cadre du procès "des médias de la haine".

Dès l’entame de sa déposition, Ferdinand Nahimana a nié avoir appartenu à une association à caractère régionaliste lorsqu'il étudiant à l'école secondaire dans les années 1960, qualifiant cette allégation d'anachronique.

Ferdinand Nahimana a ensuite nié avoir été membre du "comité de salut public" qui, en 1973, avait dressé des listes d'étudiants tutsis qui ont été ensuite chassés de l'Université nationale du Rwanda (UNR).

L'accusé a également réfuté avoir jamais discriminé qui que ce soit. Ferdinand Nahimana a d'abord été professeur d'histoire à l'UNR, puis directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR). "Dans ma vie d'enseignant comme dans ma vie sociale, je n'ai jamais opéré de discriminations. Que quelqu’un puisse pratiquer la discrimination me révolte", a-t-il déclaré.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.

Mardi, la chambre a acquitté Ferdinand Nahimana d’un des sept chefs d’ accusation retenus contre lui (crime contre l’humanité) et Jean-Bosco Barayagwiza de trois (crime contre l’humanité (assassinat), atteinte grave à la dignité des personnes particulièrement les traitements humiliants et dégradants et pillage).

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Nahimana est interrogé par son avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval et répondra ensuite aux questions du procureur.

Le parquet le poursuit notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide.

AT/FH(ME-0918A)


17 SEPTEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


NAHIMANA ET BARAYAGWIZA PARTIELLEMENT ACQUITTES

Arusha, le 17 septembre, 2002 (FH) - Deux des trois accusés poursuivis pour utilisation des médias à des fins de génocide ont été partiellement acquittés, mardi par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La première chambre de première instance du TPIR, saisie du procès des "médias de la haine", a acquitté l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, du chef de crime contre l’humanité (assassinat), tandis que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, a été acquitté de trois chefs : crime contre l’humanité (assassinat), atteinte grave à la dignité des personnes particulièrement les traitements humiliants et dégradants et pillage.

Le troisième accusé, l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'a été acquitté d'aucun chef.

Lundi, les trois accusés avaient plaidé l'acquittement sur l'ensemble des chefs d'accusation retenus contre eux, arguant que le procureur a clôturé sa preuve le 12 juillet dernier sans démontrer leur culpabilité.

La chambre a seulement considéré les chefs pour lesquels le procureur a admis ne pas avoir fourni de preuves, laissant aux accusés l'opportunité de se défendre sur les chefs restants.

Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza répondent désormais de six chefs d'accusation chacun, tandis que Hassan Ngeze reste avec les sept chefs
initiaux.

Les accusés devraient commencer à présenter leurs moyens de preuve dès mercredi, à commencer par Ferdinand Nahimana.

Le parquet les poursuit notamment pour entente et incitation directe à commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juillet 1994.

La chambre a par ailleurs accueilli favorablement la requête de Ferdinand Nahimana, sollicitant la coopération des gouvernements rwandais et américain qui rechignent à lui donner des documents disculpatoires.

La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a indiqué qu'elle a personnellement contacté le département d'Etat américain à ce sujet et que la défense aura prochainement à disposition les documents requis. S'agissant du gouvernement rwandais, Navanethem Pillay a déclaré qu'une requête écrite sera envoyée, pour le compte de la défense, aux autorités concernées.

Au cours des mois passés, la collaboration entre le Rwanda et le TPIR est restée au point mort. Cette requête devrait notamment permettre de tester si elle peut redémarrer.

AT/CE/GF/FH (ME-0917A).



16 SEPTEMBRE 2002
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TPIR /MEDIAS


LES AVOCATS RECLAMENT L'ACQUITTEMENT

Arusha, le 16 septembre, 2002 (FH) - Les avocats de trois Rwandais poursuivis pour utilisation des médias en vue du génocide ont plaidé l'acquittement à la reprise du procès, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Suspendu le 12 juillet 2002 après la clôture de la preuve du parquet, le procès des "médias de la haine" concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Les avocats ont tour à tour critiqué les témoignages des quarante-sept témoins cités par le parquet depuis l'ouverture du procès le 23 octobre 2000, et affirmé que l'accusation n'avait fourni aucune preuve qui pourrait amener "un juge raisonnable à établir la culpabilité" des accusés.

En plaidant cette requête, les avocats se sont basés sur un article du règlement stipulant que "si, à l'issue de la présentation par le procureur de ses moyens de preuve, la chambre de première instance conclut que ceux-ci ne suffisent pas à justifier une condamnation pour un ou plusieurs des chefs visés dans l'acte d'accusation, elle prononce, à la demande de l'accusé ou d'office, l'acquittement en ce qui concerne lesdits chefs".

"S'il était sûr des faits, le procureur n'aurait pas dû faire comparaître quarante-sept témoins", a indiqué, en substance, l'avocat américain de
Hassan Ngeze, Me John Floyd, mettant en exergue des contradictions dans les dépositions.

L'avocat italien de Jean-Bosco Barayagwiza, Me Giacomo Barletta Caldarera, a renchéri en déclarant que le procureur "a failli à son devoir" de présenter la preuve, tandis que son co-conseil, le Béninois Alfred Pognon a insisté sur la violation, selon lui, du principe de la responsabilité pénale individuelle, dans ce procès.

Me Pognon a reproché au procureur de criminaliser les institutions pour en déduire la culpabilité des individus. Or, le TPIR n’a compétence qu’à l'égard des personnes physiques, non à l'égard des institutions.

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Biju-Duval, a pour sa part allégué que le procureur entraînait la cour dans "ce jeu de patience bien connu qui s'appelle le puzzle. Un puzzle dont les pièces sont présentées - et c'est peut-être le but de ce jeu - dans le plus grand désordre". Selon Me Biju-Duval, le procureur présente des témoignages pêle-mêle et laisse à la défense et aux juges "le soin de donner à ce chaos d'éléments factuels une cohérence accusatoire." Citant un exemple de témoignage incohérent, Me Biju-Duval a déclaré que le procureur n'a eu ni "la lucidité d'abandonner, [ni] la dignité de renoncer purement et simplement à la déposition de ce témoin". Le procureur a "honte de reconnaître l'évidence", a poursuivi l'avocat français.

Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a maintenu que les accusés se sont entendus pour commettre les crimes allégués et qu'ils devraient en être tenus responsables. "Vous verrez qu'il y a sans cesse des liens entre Nahimana, Barayagwiza et Ngeze.", a déclaré Stephen Rapp, expliquant qu'il s'agissait non pas "d'une entente séparée mais d'une entente unie".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'affaire a été mise en délibéré. Une décision est attendue mardi à 14 heures locales (11 heures GMT). Si les avocats sont déboutés, les accusés commenceront à citer des témoins à décharge.

AT/CE/GF/FH (ME-0916A )



12 SEPTEMBRE 2002
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TPIR / MEDIAS


LE PROCES DES MEDIAS REPREND LE 16 SEPTEMBRE

Arusha, le 12 septembre 2002(FH) - Le procès des "médias de la haine" reprend le 16 septembre prochain au Tribunal d'Arusha, sur fond de requêtes
en acquittement.


Considéré, avec celui des militaires qui a repris la semaine dernière, comme l'un des plus importants dont cette juridiction ait été saisie depuis sa création en novembre 1994, le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le parquet les poursuit entre autres pour entente et incitation directe et publique à commettre un génocide et pour crimes contre l'humanité, notamment des actes de persécution à l'égard des Tutsis et des opposants au régime ainsi que des citoyens belges qui résidaient au Rwanda entre avril et juillet 1994.

Commencé le 23 octobre 2000, le procès avait été suspendu le 12 juillet après la présentation de toute la preuve du procureur. Le parquet a cité 47 témoins, sur la centaine annoncée au départ. Le 16 septembre, le calendrier prévoit le début de la présentation des moyens à décharge.

Les observateurs relèvent néanmoins que cet ordre risque d'être bouleversé, étant donné que toutes les équipes de défense ont déposé des requêtes en acquittement. Celles-ci devraient être examinées en premier.

Nahimana et Ngeze acquittés ?
Si cette pratique consistant à solliciter l'acquittement est assez courante au TPIR après la clôture des moyens de preuve à charge, l'originalité dans ce procès est que les avocats demandent le retrait de l'ensemble des chefs d'accusation et la libération immédiate de leurs clients.

Dans le passé, des avocats avaient été un plus modestes en plaidant l'acquittement sur un ou deux chefs d'accusation. C'est ainsi que l'ancien ministre Jean de Dieu Kamuhanda et le lieutenant Samuel Imanishimwe, pour ne citer qu’eux, ont été acquittés de l'entente en vue de commettre le génocide.

Ferdinand Nahimana et Hassan Ngeze répondent de sept chefs d'accusation chacun, Jean-Bosco Barayagwiza de huit. Dans leur requête, les défenseurs de Ferdinand Nahimana, le Français Me Jean-Marie Duval et la Britannique Me Diana Ellis, estiment qu'aucune des charges retenues contre l'accusé "n'a été établie au-delà de tout doute raisonnable" à l'issue de la présentation de la preuve par le parquet.

La défense de Ferdinand Nahimana indique "qu'en conséquence, aucun des sept chefs d'accusation ne peut être retenu contre l'accusé". Les avocats ont analysé l'un après l'autre les paragraphes de l'acte d'accusation pour conclure qu'aucun élément de preuve ne permet d'établir la culpabilité de Ferdinand Nahimana.

La défense affirme notamment que le parquet n'a fourni aucune preuve que la création de la RTLM et de Kangura "se serait inscrite dans une stratégie des 'personnalités de l'entourage du président'[Juvénal Habyarimana] visant à la mise sur pied de véritables médias de la haine', et que ces médias auraient 'ciblé' les Tutsis dès 1993" La défense soutient en outre que plusieurs allégations renvoient à une période pour laquelle le TPIR n'est pas compétent. Le TPIR juge uniquement les crimes commis entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994. Le parquet se réfère en effet à des événements antérieurs pour tenter de démontrer "une ligne de conduite délibérée".

La défense de Ferdinand Nahimana plaide également qu'il n'a pas été établi que l'accusé ait été "idéologue de la RTLM" ou appartenu au groupe "hutu power" opposé au partage du pouvoir avec les Tutsis ou adhéré à la Coalition pour la défense de la République (CDR), un parti considéré comme radical et
anti-tutsi.

Les avocats estiment par ailleurs que le parquet n'a pas démontré que l'accusé disposait "d'un pouvoir effectif de contrôle et de direction au
sein de la RTLM" en 1994.


Même son de cloche chez les avocats de Hassan Ngeze, l'Américain Me John Floyd, et le Canadien Me René Martel. Ces avocats, qui ont eu souvent maille
à partir avec leur client, s'entendent aujourd'hui avec lui au moins sur une chose : que le procureur n'aurait "présenté aucune preuve" sur les chefs d'entente et d'incitation, qu’il aurait soumis des preuves biaisées sur plusieurs autres chefs et présenté comme criminelles des activités non-répréhensibles. La défense de Ngeze estime que l'ancien journaliste a exercé la liberté d'expression.

Manipulation et « parodie de justice »
La requête la plus volumineuse vient de la défense de Barayagwiza : plus de deux cents pages aux relents de plaidoirie finale. L'accusé, se souvient-on, boycotte le procès depuis son ouverture et il est représenté par des avocats désignés par la cour qu’il ne reconnaît pas. Dans leur requête, l'avocat italien Me Giacomo Barletta Caldarera et son confrère béninois Alfred Pognon affirment que les chefs d'accusation contre Barayagwiza sont fondés sur "le vide ou des sophismes".

Les avocats avancent qu’aucun des témoins de l'accusation n’est crédible et crient au complot visant leur client : "Faute de mémoire? Erreur de bonne foi? Mensonge, bien sûr! Manipulation, bien sûr!", écrivent-ils. Manipulation, le mot est lâché. Un mot cher à Jean-Bosco Barayagwiza. Car en boycottant son procès, l'accusé allègue que le TPIR serait manipulé par le gouvernement rwandais.

L'accusé en est convaincu depuis qu'en mars 2000 la chambre d'appel a revu la décision qu’il avait prise en novembre 1999 de le libérer pour vices de procédure. Le parquet a obtenu cette révision après qu'il eut présenté "des faits nouveaux".

L'accusé est persuadé que Kigali, qui avait suspendu sa coopération avec le TPIR suite à cette décision de relaxe, a pesé de tout son poids dans la
balance pour qu'elle soit révisée.

Jean-Bosco Barayagwiza, dans la foulée, a récusé les juges sud-africaine Navanethem Pillay et norvégien Erik Mose, leur reprochant d'avoir rencontré le président rwandais, Paul Kagame, dans le but de désamorcer la crise consécutive à sa relaxe. Jean-Bosco Barayagwiza a été alors débouté et parle depuis d'une "parodie de justice".

Se définissant comme "un prisonnier politique" détenu pour ses opinions, l'accusé s'estime condamné d'avance. "Je reste persuadé que ce procès n'est rien d'autre qu'une parodie de justice à cause, surtout, de l'ingérence permanente et manifeste du régime de Kigali et de l'impossibilité pour le TPIR d'imposer son indépendance et l'impartialité de ses juges", écrit-il dans un récent communiqué de presse.

"D'aucuns disent que je prends trop de risques en refusant d'être représenté et défendu effectivement. Moi je persiste à croire que les risques ne seraient réels que s'il y avait la moindre chance de bénéficier d'un procès juste et équitable. Or, les événements ont prouvé le contraire. Le procès est politique comme l'est le conflit qui l'a engendré. Les sponsors du Tribunal ont choisi leur partie. Le procureur a fait de même. Des pressions énormes s'exercent sur les juges pour qu'ils fassent le même choix partisan. Ce pas a été franchi dans mon cas. Le verdict de condamnation est déjà connu surtout que deux de mes trois juges ont rassuré le président Kagame sur ce sujet, fin août 2000, peu avant le début du procès. Il ne reste qu'à déterminer la sentence et à prononcer le jugement", se lamente-t-il.
Et de finir sur une plainte lyrique : "Oh justice! Pour qui est-ce que tu cours ? Le plus fort, murmures-tu ?".
AT/GF/FH(ME-0912A)



12 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PARQUET A CLÔTURE SA PREUVE DANS LE PROCES DES MEDIAS

Arusha, le 12 juillet , 2002 (FH) - Le parquet a clôturé sa preuve vendredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" ouvert sur le fond en octobre 2000 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Ce procès concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994. Ils plaident non coupables. La défense de Ngeze a déclaré avoir déjà déposé une requête en acquittement.

Le parquet a cité quarante sept témoins dans ce procès et a déposé environ 180 pièces à conviction. Le dernier témoin du parquet a été un graphologue kenyan, le policier Antipas Nyajwa, qui a analysé les écritures de Nahimana et de Barayagwiza.

L'avocate anglaise de Nahimana, Me Diana Ellis, a déploré que le parquet ait gaspillé les ressources du Tribunal en faisant inutilement appel à un graphologue, alors que son client n'avait pas contesté son écriture.

La défense de Ngeze a néanmoins mis en cause l'expertise d'Antipas Nyajwa. L'avocat américain de Hassan Ngeze, Me John Floyd, a notamment avancé que le graphologue a "subi des pressions de la part du procureur pour examiner les documents rapidement". Le graphologue a répondu qu'il avait disposé de tout le temps qu'il avait souhaité. L'avocat a suggéré que le témoin avait néanmoins "un préjugé favorable au procureur".

Antipas Nyajwa a indiqué qu'il avait utilisé un microscope de studio pour examiner les écritures de Nahimana et de Barayagwiza. Me Floyd a plaidé que les conclusions tirées par le graphologue n'étaient pas fiables du fait qu'il avait analysé des documents photocopiés et non des originaux.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'accusé Barayagwiza boycotte le procès depuis son ouverture, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est assisté par des avocats désignés par la chambre. Barayagwiza ne les reconnaît pas.
AT/DO/FH (ME-0712A )


11 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

UN TEMOIN REFUSE DE COMPARAÎTRE A LA VEILLE DE LA CLÔTURE DE LA PREUVE DU PARQUET

Arusha, le 11 juillet, 2002 (FH) - Un témoin du parquet a refusé de comparaître dans le procès des anciens responsables des" médias de la haine", à la veille de la clôture de la preuve du parquet, a-t-on appris jeudi à Arusha.

Le substitut américain du procureur Stephen Rapp a annoncé que le témoin dénommé "FS" qui devait déposer vendredi, a décidé de ne pas quitter le Rwanda, en raison d'un conflit entre le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et des assocations de rescapés du génocide.

"Je ne suis prêt à quitter mon pays et aller en exil ou devenir un demandeur d'asile", a déclaré le témoin aux agents du TPIR qui étaient allés le chercher, a rapporté Stephen Rapp.

"Donc, je ne peux pas comparaître comme témoin. Si le Tribunal souhaite que je témoigne, il doit résoudre le différend qui l'oppose au gouvernement rwandais. C'est seulement après, que je viendrai témoigner", a ajouté FS.

Le parquet devrait clôturer sa preuve vendredi dans ce procès ouvert sur le fond en octobre 2000. Il a déjà cité quarante six témoins.

Le procès des médias regroupe l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Il se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Les associations rwandaises de rescapés ont rompu leur coppération avec le TPIR en janvier dernier, arguant que la juridiction interrnationale a négligé leurs doléances.

Les associations Ibuka et AVEGA allèguent notamment "le harcèlement" des témoins de l'accusation ainsi que l'engagement des suspects de génocide par certaines équipes de défense.
AT/DO/FH(ME-0711C)

11 JUILLET 2002

TPIR / MEDIAS

NAHIMANA N'EST PAS FONDATEUR DE LA REVUE KANGURA, SELON SON AVOCAT

Arusha, le 11 juillet, 2002 (FH) - La défense de l'ancien promoteur de la Radio-télévision des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a mis au défi un expert du parquet de prouver que l'accusé est parmi les fondateurs de la revue Kangura, jeudi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Dans un rapport rédigé à la demande du parquet du TPIR, l'historien rwandais Marcel Kabanda avait affirmé que Ferdinand Nahimana avait participé à la création de la revue accusée d'extrémisme Kangura, aux côtés de quelques officiers de l'ex-armée rwandaise.

Ces propos avaient été pour la première fois exprimés dans un ouvrage collectif publié en 1995, sous la direction de l'historien français Jean-Pierre Chrétien, auquel a collaboré Marcel Kabanda.

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju Duval, a indiqué que l'expert se contentait de "colporter une rumeur non vérifiée".

Me Biju-Duval a plaidé "l'incapacité d'étayer par référence à des documents et des témoignages" que son client était un des fondateurs de ladite revue, qualifiant la position de l'expert de simple "imagination".

Marcel Kabanda a maintenu que ses conclusions avaient été tirées sur base d'une enquête menée au Rwanda, mais il est resté vague au sujet de ses sources d'informations.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont notamment poursuivis pour entente et incitation à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.
Me Biju-Duval a soutenu que Ferdinand Nahimana n'a jamais été en bons termes avec Hassan Ngeze.

L'avocat français a donné pour exemple le fait que Nahimana a interdit la publicité de Kangura sur les antennes de Radio Rwanda, quand il a été nommé directeur de l'Office rwandais d'information (ORINFOR), qui gérait les médias d'Etat.

Me Biju-Duval a par ailleurs indiqué qu'à la même époque, un des journaux de l'Etat, a qualifié les "dix commandents des Hutus" publiés dans Kangura, de "tract qui n'honore pas la presse rwandaise".

L'avocat de Nahimana a en outre relevé que Kangura a diffusé de nombreuses attaques violentes contre la personne de son client, qui visaient à le "décrébiliser, faire en sorte que l'intéressé voit sa carrière brisée".

Me Biju Duval a critiqué l'expert pour avoir omis ces aspects dans son rapport. Marcel Kabanda a répondu: "Je ne les avais pas pris au sérieux".

"Vous n'avez réfléchi que dans une seule direction, vous avez omis de votre rapport tout ce qui pouvait compliquer votre tâche", lui a, pour sa part, suggéré Me Biju Duval.

"Je n'ai pas réfléchi assez, ce n'est pas parce que ça me dérangeait vraiement", a indiqué Marcel Kabanda.

L'expert du parquet a ajouté que "dans Kangura, il ya un processus de chantage politique.[…] La manière dont Nahimana est traité dans Kangura ressemble à un chantage politique".

L'historien rwandais a rédigé un rapport intitule: "Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide", à la demande du parquet. La défense estime que ce rapport est "biaisé". Me Biju Duval a déclaré que l'expert avait une grille de lecture des événements qui lui est personnelle.

Me Biju Duval a en outre plaidé que Hassan Ngeze n'avait jamais été associé au projet RTLM. "Il en connaît le but réel, et il n'est pas contesté", a déclaré Marcel Kabanda. Me Biju-Duval a indiqué que, étant donné la prolifération des journaux au Rwanda dans les années 1990, on ne pouvait démentir tout le temps ce qui paraissait dans la presse.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Le parquet devrait clôturer sa preuve le 12 juillet. Ce procès a commencé en octobre 2000.
AT/DO/FH (ME-0711B )

11 JUILLET 2002

TPIR / MEDIAS

KANGURA ABUSAIT DE LA LIBERTE D'OPINION, SELON UN EXPERT DU PARQUET

Arusha, le 11 juillet, 2002 (FH) - La revue Kangura abusait de la liberté d'expression a affirmé un expert cité par le parquet, jeudi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'historien rwandais Marcel Kabanda a fait cette déclaration au cours du contre-interrogatoire mené par l'avocat américain, Me John Floyd, qui représente l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des coaccusés dans ce procès.

Me Floyd plaide qu'en publiant Kangura, son client a usé de la liberté d'expression reconnue à tout être humain.
Hassan Ngeze est poursuivi notamment pour incitation directe et publique à commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994, selon Kigali.

Me Floyd a soutenu que l'impact de la publication de Ngeze était d'autant plus limité que "beaucoup de gens pensaient que Kangura était absurde".

L'avocat américain a laissé entendre que Kangura appartiendrait à la catégorie des "trash media" (presse poubelle), dans ce sens que la revue diffusait souvent des rumeurs.

"Qu'il y ait des rumeurs dans Kangura, une rumeur colportée, une rumeur qui par l'écrit devient information, cela affole", a dit Marcel Kabanda.

"Cela est dangereux dans une société[comme au Rwanda] où l'écrit est sacralisé", a-t-il poursuivi, affirmant que "la société n'était pas capable de distinguer ce qui relevait de la rumeur de ce qui relevait de l'information".

Me Floyd a maintenu que les Rwandais avaient droit à ce genre de presse dans le cadre de la diversité d'opinions. L'expert a estimé que "on a le droit de la faire, mais ce n'est pas le genre de médias qu'il faut promouvoir dans une démocratie".

Selon Marcel Kabanda, le génocide et les massacres d'avril-juillet 1994 ont été sans aucun doute provovoqués par un ensemble de situations incluant la crise économique et la guerre mais "nous ne pouvons exclure cette production, cette banalisation de la violence, cet appel à l'extermination, cet appel à la guerre civile qui est contenu dans Kangura".

D'après l'expert, "l'impact de Kangura est reconnu par Kangura lui-même, quand il fait le bilan de ses actes et de ses articles.  Combien de gens qui étaient dans l'opposition qui sont dans "le hutu power"[frange extrémiste]; dans son bilan, il ya la CDR [parti radical anti-tutsi], il ya la RTLM.[Radio-télévision libre des Mille collines]. Je ne sais pas aujourd'hui comment l'impact dont il se reconnaît, lui serait dénié par son conseil"

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Tous plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le parquet devrait terminer la présentation de ces moyens de preuve vendredi. Après Marcel Kabanda, l'accusation prévoit citer un témoin rwandais dont l'identité sera protégée pour des raisons de sécurité et un graphologue. Le procès a commencé en octobre 2000. L'accusé Barayagwiza le boycotte depuis son ouverture sur le fond, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.
AT/DO/FH (ME-0711A )


10 JUILLET 2002
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TPIR/MEDIAS

UN EXPERT EST REPROCHE D'OMETTRE DES ELEMENTS DISCULPATOIRES

Arusha, le 10 juillet, 2002 (FH)- La défense de l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a reproché à un expert du parquet qui a analysé cette publication d'avoir omis des articles disculpatoires, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat canadien Me René Martel, co-conseil de Hassan Ngeze, contre-interrogeait le sociolinguiste rwandais, Mathias Ruzindana, qui témoigne notamment sur le sens des mots utilisés dans Kangura.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide et plaident
non coupables.

"Il y a plusieurs articles disculpatoires dans Kangura, vous n'en faites pas état" dans le rapport, a demandé Me Martel à l'expert. Mathias Ruzindana a répondu que son travail s'est limité à la signification des termes. Le rapport de Mathias Ruzindana s'intitule:"La langue kinyarwanda, son usage et son impact dans les divers médias pendant la période 1990-1994". L'avocat canadien a suggéré que l'expert n'a pas lu tous les 73 numéros de Kangura et celui-ci a répondu que"il se pourrait qu'il y ait six ou sept qu'on n'a pas trouvé".

Me Martel a par ailleurs estimé que l'expertise de Mathias Ruzindana" ne contient aucune étude comparative". Le témoin a répliqué que dans la dernière partie de son expertise, il faisait également référence à des journaux autres que Kangura, citant le bi-mensuel catholique Kinyamateka. Mathias Ruzindana avait entamé sa déposition au mois de mars mais elle
avait été interrompue pour des raisons de calendrier. Me Martel a plaidé que le témoin ne devrait pas tirer avantage de cette pause en apportant des corrections à son rapport.

Mathias Ruzindana sera également contre-interrogé par la défense de Barayagwiza.

Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000. Il est représenté par des avocats qu'il ne reconnaît pas.

L'avocat béninois Me Alfred Pognon, co-conseil de Barayagwiza, s'est une nouvelle fois plaint du manque de coopération de son client et a demandé à la chambre de ne pas lui tenir grief, si jamais il dépasse le temps lui accordé pour le contre-interrogatoire, du fait qu'il est obligé de donner plusieurs explications pour faire admettre des documents.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre par les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH(ME-0710A)


10 JUILLET 2002

TPIR/MEDIAS

LES CRITIQUES CONTRE KANGURA SONT INJUSTIFIEES, SELON LA DEFENSE

Arusha, le 10 juillet, 2002 (FH)-Les critiques formulées contre la revue Kangura sont injustifiées, a plaidé un avocat, mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat américain, Me John Floyd, qui représente l'ancien directeur et rédacteur en chef de Kangura, Hassan Ngeze, contre-interrogeait l'historien rwandais Marcel Kabanda, cité par le parquet comme expert dans le cadre du procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le TPIR.


Marcel Kabanda a rédigé un rapport intitulé:" Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide", à la demande du parquet du TPIR. Me Floyd a soutenu que Marcel Kabanda faisait des "affirmations gratuites" et procédait de "la fabrication" de la preuve.


Selon Me Floyd, la plupart des journaux qui existaient au Rwanda dans les années 1990 "utilisaient le même langage, publiaient les mêmes caricatures, présentaient les mêmes faits" que Kangura.


"Tout le monde se sert du même langage. Tout le monde parle des Hutus et des Tutsis. Toute la presse parle de la même chose.", a explicité Me Floyd.


Marcel Kabanda a répondu que "tous les journaux ont utilisé les mêmes mots, mais avec les mêmes mots, on peut composer plusieurs textes". Me Floyd a indiqué que le témoin donnait des réponses "absurdes". Auparavant, l'avocat américain avait déclaré que le témoin était "partial" et ne savait rien de tout ce qu'il avançait, mais il a été rappelé à l'ordre par la chambre.


Me Floyd a par ailleurs nié "l'impact météorique" attribué par l'expert à la revue Kangura, étant donné son faible tirage et le taux élévé d'analphabétisme au Rwanda, a-t-il dit.


"Parce qu'il y a 3000 exemplaires qui sont vendus,[…] il fallait savoir qu'il paraît deux fois par mois, que c'est le journal qui a le plus tenu dans la durée, le journal qui a résisté, beaucoup ont disparu. Est-ce qu'il a besoin de toucher les six millions de Rwandais pour avoir un impact? Ou il suffit d'atteindre une certaine classe qui, après, en fait le relais?", s'est demandé Marcel Kabanda.


Selon l'expert, la diffusion de Kangura peut se résumer ainsi :"je le lis, je le garde, je le passe à autrui".


D'après Marcel Kabanda, "en 1992, il y a sans doute des gens qui sont en train de lire le numéro de 1990".


"Cette presse était fascinante. Et ceux qui étaient fascinés ont gardé les numéros", a poursuivi l'expert du parquet, définissant Kangura comme "un cours".


"On peut lire le Kangura de 1990 en 1993 et ne pas être dépaysé", a-t-il dit, expliquant que son secret résidait dans l'analyse des situations, au détriment de l'actualité.


Acculé par la défense, l'expert du parquet a reconnu que d'autres journaux de l'époque étaient conservés et lus de la même manière que Kangura. Pour Me Floyd , Hassan Ngeze avait foi en la démocratie et en la liberté de presse et partiquait un journalisme d'investigation.


Le procès des médias concerne outre Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont notamment poursuivis pour entente et incitation à commettre le génocide.
Ils plaident non coupables.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Marcel Kabanda se poursuit jeudi.
AT/DO/FH(ME-0710C)


10 JUILLET 2002

TPIR/MEDIAS

L'EXPERTISE DE MATHIAS RUZINDANA EST PARTIALE, SELON UN AVOCAT

Arusha, le 10 juillet, 2002 (FH)-L'avocat de l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, a affirmé que le rapport d'expertise présenté par le linguiste rwandais Mathias Ruzindana, est partial, lors de son contre-interrogatoire, mercredi
devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Auteur du rapport, "La langue kinyarwanda, son usage et son impact dans les divers médias pendant la période 1990-1994", Mathias Ruzindana a été cité par le parquet dans le cadre du procès des anciens responsables des "médias
de la haine" en cours devant le TPIR.


Ce procès concerne outre Jean-Bosco Barayagwiza, l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.


Mathias Ruzindana a notamment analysé la signification des termes utilisés par la revue Kangura et la radio RTLM. Selon lui, ces médias procèdent entre autres par"hyperbole et exagération"


"Vous avez donné de votre chef une orientation unilatérale, partiale à ce rapport, tel que ça ne peut pas refléter l'utilisation de la langue", a demandé Me Pognon à l'expert, qui a immédiatement contesté cette suggestion.


"Par votre rapport, vous avez anticipé ce qui devait être considéré comme un réquisitoire du procureur pour les journaux dont vous n'avez choisi que quelques uns, spécialement Kangura", a poursuivi l'avocat béninois. Le témoin a répondu que le mandat qu'il a reçu du procureur se limitait à l'étude du sens des mots. "Si on avait eu beaucoup de temps et si on avait voulu rédiger mille pagess, on aurait pu citer tous les cinquante journaux" qui existaient à l'époque couverte par le rapport d'expertise, a-t-il dit.
Me Pognon a en outre reproché à l'expert du parquet d'avoir omis dans son rapport,"les mots expressifs du foisonnement démocratique qui anime tout peuple qui sort du monopartisme".


Selon l'avocat, l'expert aurait également dû étudier les émissions de Radio Muhabura de l'ex-rébellion à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR).


"J'ai l'impression qu'il n'y a pas eu beaucoup d'apports de la Radio Mubabura dans l'expression" a dit Mathias Ruzindana. Le témoin avait auparavant déclaré qu'on était peu documenté sur Radio Muhabura, mais qu'il l'avait personnellement écoutée, "régulièrement".


Le contre-interrogatoire mené par Me Pognon a été émaillé de quelques incidents, l'avocat se plaignant de ce que le temps qui lui avait été accordé était court. Me Pognon, à un moment donné, s'est énervé et a menacé de renoncer à le poursuivre, la chambre ayant suggéré que par le passé il avait souvent débordé de son temps.


La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, lui a donné un ultimatum de deux minutes au terme desquelles la chambre devait considérer que son contre-interrogatoire était terminé et s'est tout de
suite ressaisi.


Me Pognon avait été irrité par le fait que la chambre ne semblait pas tenir compte des conditions dans lesquelles il travaille, à savoir qu'il assiste,"dans l'intérêt du Tribunal", un client qui ne coopère pas. Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Ses avocats ont été nommés par la chambre, contre son gré.
AT/DO/FH(ME-0710B)



9 JUILLET 2002
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TPIR/MEDIAS

ALISON DES FORGES A TERMINE SA DEPOSITION EN REPONDANT AUX QUESTIONS DE NGEZE

Arusha, le 9 juillet, 2002 (FH) -L'historienne américaine et activiste des
droits de l'homme, Alison Des Forges, a terminé sa déposition mardi soir en
répondant aux questions de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la
revue Kangura, Hassan Ngeze, un des accusés.


Hassan Ngeze s'était d'abord vu refuser l'opportunité de contre-interroger
ce témoin expert du parquet, mais la présidente de la chambre, la juge
sud-africaine Navanethem Pillay, a finalement décidé de lui accorder
quelques minutes .


L'ancien journaliste a contesté la thèse antérieurement développée par
l'expert selon laquelle il aurait été proche de "l'akazu", le cercle autour
de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, dont la mort, le 6
avril 1994, a déclenché le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants
qui ont fait un million de morts en trois mois, selon Kigali.


Hassan Ngeze a illustré son propos par un extrait de Kangura, dans lequel
il s'en prenait violement à un beau-frère de l'ancien président, un certain
Séraphin Rwabukumba.


Alison Des Forges a reconnu que Rwabukumba avait des relations de parenté
avec le président Habyarimana mais a indiqué que seul Ngeze pourrait
expliquer cette situation.


"Je suis sûre que M.Ngeze peut expliquer ce qui s'est produit plus que
moi-même", a déclaré Alison Des Forges, expliquant que l'itinéraire de
l'ancien directeur de Kangura était "complexe".


"Il est très difficile de se faire une idée de sa position à un moment ou à
un autre. Je ne connais pas les circonstances dans lesquelles cet article a
été publié, ou quelque force qui l'avait encouragé à adopter cette
approche[…] Personnellement, je ne trouve pas cet article élogieux",
a-t-elle poursuivi.


Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision
libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien
conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du
comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.


Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le
génocide. Les coaccusés plaident non coupables.


La déposition d'Alison Des Forges a été suivie par celle du linguiste
rwandais Mathias Ruzindana. Son témoignage avait débuté au mois de mars
dernier mais ne s'était pas achevée. Le parquet a cité qurante six témouins
dans cette affaire. Il devrait clûture sa preuve le 12 juillet.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) présidée par la juge
sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien
Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en
octobre 2000. La défense pourrait présenter ses moyens de preuve dès
septembre. Les débats devraient être clos au mois de décembre.
AT/FH(ME-0709B)


9 JUILLET 2002

TPIR/MEDIAS

NGEZE S'EST VU REFUSER DE  CONTRE-INTERROGER UN EXPERT

Arusha, le 9 juillet ,2002 (FH)-L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'a pas été autorisé à contre-interroger un expert cité par le parquet, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)

Hassan Ngeze avait sollicité de contre-interroger l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, mais sa demande a été rejetée.

La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pilly, l'a instruit de passer par ses conseils.

Hassan Ngeza a maille à partir avec ses avocats dont il réclame souvent le départ. La semaine dernière, la chambre a rejetté une requête de l'accusé en remplacement de ses conseils, estimant qu'elle était sans fondement.

Hassan Ngeze est représenté par l'avocat américain, Me John Floyd, et un confrère canadien, Me René Martel.

La semaine dernière,Me Floyd avait déclaré que son client était "une personne très difficile comme tout le monde ici le sait".
"Nous essayons de le rencontrer et certaines fois il coopère, d'autres pas", avait-t-il expliqué.

Le procès des médias concerne outre Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts au Rwanda entre avril et juin 1994. Ils plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Alison Des Forges devrait terminer sa déposition mardi en milieu d'après-midi. Selon elle, "la RTLM a fonctionné comme partie intégrante des efforts visant à encourager et exécuter les attaques perpétrées contre les Tutsis, ceci dans l'intention de les éliminer en tant que groupe ethnique". Les avocats estiment que son témoignage est "biaisé."
AT/FH (ME-0709A )



8 JUILLET 2002
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TPIR/MEDIAS

L'AMBASSADEUR DU RWANDA A L'ONU POURRAIT TEMOIGNER POUR LE PARQUET


Arusha, le 8 juillet, 2002 (FH) - L'ambassadeur du Rwanda à l'ONU, Anastase Gasana, est prêt à venir témoigner, a déclaré un représentant du parquet, lundi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). La représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, a fait cette déclaration au cours de la déposition de l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges.


Citée comme experte par le parquet, Alison Des Forges était contre-interrogée par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de
l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, un des coaccusés.


Alison Des Forges venait de faire référence à un document présumablement rédigé par Anastase Gasana, qui met en cause Ferdinand Nahimana. Me Ellis avait regretté que Anastase Gasana n'ait pas été cité par le parquet, afin que la défense lui soumette à un contre-interrogatoire.


"Dr Gasana est un des fondateurs des Interahamwe"[miliciens qui ont été le fer de lance du génocide anti-tutsi], a suggéré Me Ellis.


Le témoin a répondu qu'il avait entendu parler de cela, mais qu'il n'avait pas procédé à des vérifications nécessaires.


Anastase Gasana était un cadre de conception dans l'ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND), avant d'adhérer à un parti d'opposition, le Mouvement démocratique républicain (MDR) en 1992. Il deviendra ministre du MDR peu avant le génocide de 1994 et dans le gouvernement formé après le génocide.


Aujourd'hui, il représente le Rwanda à l'ONU.

Selon Me Ellis, Anasatse Gasana doit en savoir plus sur les Interahamwe et leur organisation.

Le procès des médias concerne outre Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura,Hassan Ngeze.


Mardi, Alison Des Forges sera contre-interrogée par la défense de Hassan Ngeze.


Quarante six témoins du parquet ont déjà été cités dans ce procès. Le parquet devrait clôturer sa preuve le 12 juillet. Il lui reste à
rappeler les Rwandais Mathias Ruzindana (linguiste) et Marcel Kabanda (historien), dont les dépositions avaient été interrompues pour des raisons de calendrier.


Lundi soir, le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, responsable de la poursuite dans cette affaire, a néanmoins indiqué qu'un témoin protégé, désigné le pseudonyme "FS" pourrait tre cité, s'il est disponible. "Il y a longtemps que nous ne recevons pas de témoins en provenance du Rwanda, mais on nous a informés vendredi dernier qu'il était disposé à
venir", a déclaré en substance Stephen Rapp.


Récemment, une crise sans précédent de témoins de l'accusation avait causé l'ajournement de deux affaires.
Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH(ME-0708B)



8 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PARQUET SUR LE POINT DE CLÔTURER SA PREUVE

Arusha, le 8 juillet , 2002 (FH) - Le parquet est sur le point de clôturer sa preuve dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Le parquet fait actuellement entendre des témoins dont les dépositions avaient été interrompues pour des raisons de calendrier. Il s'agit de l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, qui témoigne depuis lundi matin, ainsi que des Rwandais Marcel Kabanda(historien) et Mathias Ruzindana (socio-linguistique) qui suivront.

Le calendrier judiciaire prévoit que l'accusation présentera ses arguments jusqu'au 12 juillet dans ce procès. La défense pourrait citer ses témoins dès septembre. Les débats devraient être clôturés au mois de décembre.

Depuis que le procès des médias a commencé en octobre 2000, le parquet a cité quarante six témoins sur la centaine annoncée au départ. Le quarante sixième témoin a été l'historien français Jean-Pierre Chrétien entendu la semaine dernière. Jean-Pierre Chrétien est directeur du Centre national de recherche scientifique (CNRS) à Paris. En 1995, il a édité l'ouvrage "Rwanda-Les médias du génocide".

Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique en vue de commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.
AT/DO/FH(ME-0708A)


5 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

JEAN-PIERRE CHRETIEN A TERMINE SA DEPOSITION

Arusha, le 5 juillet, 2002 (FH) - L'historien français, Jean-Pierre Chrétien, a terminé sa déposition vendredi dans le procès des anciens responsables "des médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Son témoignage avait commencé lundi.

Editeur de l'ouvrage "Rwanda. Les médias du génocide", Jean-Pierre Chrétien a centré sa déposition sur le rôle de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) et de la revue Kangura, à la demande du parquet.

Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Ils sont coaccusés notamment d'entente et d'incitation à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Jean-Pierre Chrétien a soutenu que les coaccusés ont participé à une propagande haineuse contre les Tutsis. Les avocats ont à quant à eux plaidé que l'historien se fondait sur "des ragots, des propos de café, des rumeurs de la rue".

Jean-Pierre Chrétien a déclaré que même si ses recherches peuvent comporter des erreurs, lui-même et son équipe ont essayé d'être honnêtes.

Jean-Pierre Chrétien a collaboré avec le journaliste français Jean-François Dupaquier, l'historien rwandais Marcel Kabanda et l'économiste rwandais Joseph Ngarambe. Marcel Kabanda a également témoigné dans ce procès.

Jean-Pierre Chrétien devrait âtre le dernier témoin du parquet dans cette affaire qu'il compte clôturer le 12 juillet. Il ne lui reste qu'à rappeler l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, le linguiste rwandais Mathias Ruzindana, ainsi que Marcel Kabanda, dont les interrogatoires n'ont pas été menés à terme pour des raisons de calendrier.

Le procès des médias a commencé le 23 octobre 2000. Il se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Le parquet a cité une quarantaine de témoins. La défense pourrait présenter ses témoins dès septembre.
AT/DO/FH (ME-0705A )


4 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

UNE NOUVELLE REQUETE DE NGEZE EN RECUSATION DE CONSEILS REJETTEE

Arusha, le 4 juillet, 2002 (FH) - La première chambre de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a rejeté jeudi une nouvelle requête de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, qui entendait récuser ses conseils, l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel.

Coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine", Hassan Ngeze est en conflit permanent avec ses défenseurs dont il a souvent réclamé le départ. A un moment donné, la chambre l'a autorisé à les remplacer par des avocats qu'il payerait lui-même mais il n'y est pas parvenu.

Dans la requête rejetée jeudi, Ngeze affirmait que ses avocats ne le consultent pas pour préparer sa défense et sollicitait, en conséquence, contre-interroger lui-même un expert cité par le parquet, l'historien français Jean-Pierre Chrétien, qui témoigne dans ce procès depuis lundi.

Les juges ont ordonné à l'accusé de passer chaque fois par ses conseils s'il veut poser des questions à l'expert.

Les avocats ont indiqué à la chambre que les allégations de leur client étaient fausses. Les défenseurs de Hassan Ngeze ont affirmé qu'ils ont essayé à plusieurs reprises de le rencontrer au centre de détention mais qu'il avait refusé de les recevoir.

Me Floyd a déclaré que Hassan Ngeze était "une personne très difficile comme tout le monde ici le sait" et que ses avocats avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir pour l'assister. "Nous essayons de le rencontrer et certaines fois il coopère, d'autres pas", a indiqué en substance Me Floyd.

La juge Pillay a rappelé que ce n'est pas la première fois que la chambre reçoit des requêtes de Hassan Ngeze et que les juges se sont attelés à faire respecter ses droits.

Jeudi, Jean-Pierre Chrétien était interrogé par Me Martel. Le co-conseil de Hassan Ngeze plaide que l'expert "joue avec la réalité" en interprétant faussement la revue Kangura.

Hassan Ngeze et ses coaccusés sont poursuivis notamment pour entente et incitation à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.
AT/DO/FH (ME-0704A )


3 JUILLET 2002
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TPIR /MEDIAS

L'EXPERTISE DE JEAN-PIERRE CHRETIEN MANQUE DE SERIEUX, SELON UN AVOCAT

Arusha, le 3 juillet, 2002 (FH) - Le rapport d'expertise de l'historien français Jean-Pierre Chrétien présenté comme moyen de preuve dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) manque de sérieux, a plaidé, mardi, un avocat de la défense.

L'avocat français Me Jean-Marie Biju Duval, qui représente l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) Ferdinand Nahimana, a relevé plusieurs inexactitudes dans le rapport de l'expert, affirmant qu'il fait "sinon preuve d'une manipulation des faits, du moins d'une absence de sérieux dans l'examen des faits".

Selon Me Biju Duval, Jean-Pierre Chrétien, dans son analyse, "procède au moins d'une confusion extrémement grave dans la description des faits tels qu'ils se sont déroulés".

Co-auteur de l'ouvrage, "Rwanda. Les médias du génocide", Jean-Pierre Chrétien a été cité par le parquet pour parler de la propagande entretenue par la presse extrémiste dans les années 1990.

Le procès des "médias de la haine" concerne outre Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide. Ils plaident non coupables.

Me Biju Duval a notamment reproché à Jean-Pierre Chrétien "des incohérences chronologiques", des déductions sur base d'un témoignage unique, la publication de rumeurs non vérifiées ainsi que de "cautionner plusieurs erreurs grossières".

L'avocat français a déclaré qu'il s'interrogeait sur la "grille de lecture critique" des témoignages par l'expert du parquet.

Jean-Pierre Chrétien a reconnu certaines erreurs mais a ajouté que l'avocat faisait "une présentation caricaturale" de son travail.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Jean-Pierre Chrétien devrait également être interrogé par les avocats de Hassan Ngeze et de Jean-Bosco Barayagwiza.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. Il est représenté par des avocats désignés contre son gré par la chambre.
AT/DO/FH (me-0703a )


2 JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

LA DEFENSE DE NAHIMANA ACCUSE JEAN-PIERRE CHRETIEN DE DENATURER LES TEXTES

Arusha, le 2 juillet, 2002 (FH) - La défense de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a accusé l'historien français Jean-Pierre Chrétien de dénaturer les textes, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju Duval, a reproché à Jean-Pierre Chrétien, cité par le parquet comme expert, de faire une mauvaise interprétation des écrits de son client pour soutenir la cause de l'accusation.

Jean-Pierre Chrétien était membre du jury, lorsque Ferdinand Nahimana défendait sa thèse en histoire dans une université parisienne dans les années 1980. Jean-Pierre Chrétien avait alors rendu un hommage appuyé à cette thèse, la qualifiant de "apport original à la connaissance de l'histoire du Rwanda".

Devant le TPIR, Jean-Pierre Chrétien a déclaré ne pas vouloir rélire l'histoire, mais a ajouté que compte tenu de ce qui s'est passé dans la suite, il s'interrogeait sur ce qui pouvait se trouver dans l'esprit de Ferdinand Nahimana à l'époque.

Selon Jean-Pierre Chrétien, la thèse de Ferdinand Nahimana a été exploitée à des fins politiques en mobilisant les Hutus contre les Tutsis au Rwanda, avant et pendant le génocide de 1994.

Me Biju Duval a mis au défi Jean-Pierre Chrétien de montrer un passage de la thèse de son client qui renfermerait ce message politique.

Jean-Pierre Chrétien a indiqué qu'il ne remettait pas en cause la qualité de ce travail mais a réitéré les réserves qu'il avait émises lors de la soutenance, à savoir que l'auteur avait une vision un peu idyllique des rapports sociaux dans les royaumes hutus du nord du Rwanda qu'il avait étudiés.

"Il y a des éléments dans son travail qui permettent de comprendre pourquoi il idéalise une idéologie hutue pure et dure", a dit Jean-Pierre Chrétien.
Jean-Pierre Chrétien a déclaré être attristé par le fait qu'il était en train de témoigner à charge contre son ancien étudiant, un historien qu'il avait trouvé sérieux et dynamique, a-t-il dit.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à comettre le génocide et crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanathem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH (me-0702a )


1er JUILLET 2002
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TPIR/MEDIAS

LA RTLM TRAITAIT LES TUTSIS D'ENNEMIS A TUER, SELON JEAN-PIERRE CHRETIEN

Arusha, le 1er juillet 2002 (FH) - La Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) a traité les Tutsis d'ennemis du Rwanda, a affirmé l'historien français Jean-Pierre Chrétien, cité comme expert par le parquet, lundi, à la reprise du procès des anciens responsables des "médias de la haine" devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Jean-Pierre Chrétien est auteur d'un livre devenu une référence sur le génocide anti-tutsi: "Rwanda. Les médias du génocide", publié en 1995 chez
Karthala.


Guidé par le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, Jean-Pierre Chrétien a commenté des extraits d'émissions de la RTLM, affirmant notamment que lorsque cette radio utilise le terme "ennemi", elle renvoie aux membres de l'ethnie tutsie.


La défense plaide que le terme "ennemi" réfère plutôt aux combattants du Front patriotique rwandais (FPR) en rébellion contre l'ancien gouvernement rwandais à l'époque des faits.


"La RTLM emploie souvent le terme Inyenzi pour apparemment ne désigner que des militaires du FPR, alors que clairement derrière ce terme se situent tous les Tutsis du Rwanda", a déclaré Jean-Pierre Chrétien.


Selon l'expert, la RTLM considère que le conflit qui sévissait à l'époque "ferait du tort aux enfants et aux petits enfants" des combattants du FPR, "c'est à dire une culpabilité héréditaire du groupe visé: les Tutsis", selon lui.


L'historien français a ajouté que la RTLM soutenait "l'idée qu'une victoire militaire du FPR coïnciderait avec une disparition totale des Tutsis dans le pays".


"Si tous les enfants hutus se levaient comme un seul homme pour dire: nous ne voulons pas de Tutsis, que feraient-ils?", a relevé Jean-Pierre
Chrétien, dans une émission de la RTLM.


Selon l'expert, il ya "glissement " des rebelles du FPR aux Tutsis tout court, et "tous les auditeurs comprennent que derrière les Inkotanyi [FPR],
le journaliste parle des Tutsis".


Jean-Pierre Chrétien a allégué qu'à la RTLM, "on considère leur mort comme normale.[…] On dit que les Tutsis massacrés sont comme des gens qui se
suicident".


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en
outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/FH(ME-0701B).



1er JUILLET 2002
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TPIR/MEDIAS

LA RTLM AURAIT RECOURU A LA RELIGION POUR JUSTIFIER LE GENOCIDE, SELON JEAN-PIERRE CHRETIEN

Arusha, le 1er juillet 2002 (FH)- La Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) a recouru à des symboles religieux pour justifier le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants, a affirmé l'historien français Jean-Pierre Chrétien, cité comme expert par le parquet, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine", qui a repris lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'historien français a allégué que la RTLM procédait à "l'invocation de Dieu, (Imana), qui serait du côté du mouvement qui organisait le génocide et aurait abandonné les Tutsis".

Jean-Pierre Chrétien a donné entre autres exemples une émission du 20 mai 1994, reprenant les propos attribués à une voyante de Kibeho (province Gikongoro, sud du Rwanda), selon lesquels "les victimes de ces massacres sont en train de payer le crime qui a été commis par ceux qui ont tué l'ancien président Juvénal Habyarimana".

Selon l'expert, cela traduit "l'idée d'une juste punition voulue par la vierge et Dieu" à l'encontre des Tutsis. Il s'agit, explique-t-il, d'une "justification de bonne conscience qui
serait donnée aux perpétrateurs du génocide puisque même Dieu est pour eux". D'après Jean-Pierre Chrétien, la RTLM a "utilisé les apparitions de la Vierge Marie à Kibeho pour justifier le génocide".


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique à commettre le génocide et plaident non coupables.


Jean-Pierre Chrétien a publié en 1995 le livre "Rwanda. Les médias du génocide", dans lequel il parle du rôle de la presse extrémiste au Rwanda
entre 1990 et 1994. Selon Jean-Pierre Chrétien, on trouve à la RTLM "une étrange fascination pour la violence extrême". L'expert indique que la RTLM a une "délectation à entrer dans le détail des corps déchiquetés", et recourt souvent au "sadisme verbal". D'après lui, la RTLM était liée à des formations politiques extrémistes et à des miliciens postés sur les barrières pendant le génocide anti-tutsi.


Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et
composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.
AT/DO/FH(ME-0701C)




1er JUILLET 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PROCES DES MEDIAS A REPRIS LUNDI APRES UN MOIS DE SUSPENSION

Arusha, le 1er juillet 2002 (FH) - Le procès des anciens responsables des "médias de la haine" a repris lundi matin au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) après un mois de suspension. Il avait été suspendu le 31 mai pour faire place à celui de l'ancien ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka, ajourné prématurément la semaine dernière, faute de témoins de l'accusation.

Lundi matin, le Tribunal a commencé l'audition de l'historien français Jean-Pierre Chrétien, directeur du Centre national de recherche scientifique (CNRS) à Paris.
Jean-Pierre Chrétien est l'auteur d'un livre devenu une référence sur le génocide rwandais: "Rwanda. Les médias du génocide", publié en 1995, chez Karthala.

Le procès des "médias de la haine"concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994. Ils plaident non coupables.

Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a indiqué qu'au moins 24 extraits d'émissions de la RTLM seront présentés à la chambre par le biais de Jean-Pierre Chrétien, cité par le parquet en qualité d'expert.

Le procès des médias a été ouvert sur le fond en octobre 2000. Le parquet devrait clôturer sa preuve le 12 juillet. Sur la centaine de témoins prévue au départ, l'accusation n'aura réussi qu'en citer une quarantaine.

L'accusé Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.
AT/DO/FH (me-0701a )



31 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PROCES DES MEDIAS SUSPENDU JUSQU'AU MOIS DE JUILLET


Arusha, 31 mai, 2002 (FH) - Le procès des anciens responsables des "médias de la haine" a été suspendu jusqu'au 1er juillet prochain, a-t-on appris vendredi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le procès a été ajourné en plein contre-interrogatoire du quarante-cinquième témoin du parquet, l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges.


La première chambre de première instance du TPIR, qui mène cette affaire, prévoit d'ouvrir le 17 juin prochain une nouveau procès: celui de l'ancien ministre de l'information sous le gouvernement intérimaire, Eliézer Niyitegeka.

Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Ils sont poursuivis notamment pour entente et incitation directe et publique en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994. Ils plaident non coupables.

Le procès des médias a été ouvert sur le fond en octobre 2000. Le parquet devrait clôturer sa preuve le 12 juillet. L'accusé Barayagwiza a décidé de boycotter ce procès, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais et ne saurait par conséquent le juger équitablement. Il est assisté par des avocats qu'il ne reconnaît pas.

AT/GF/FH (ME-0531A )



30 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

NAHIMANA N'A PAS MOBILISE LES HUTUS CONTRE LES TUTSIS, SELON SON AVOCAT


Arusha, 30 mai 2002 (FH) - L'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, n'a jamais mobilisé les Hutus contre les Tutsis, a plaidé son avocat, jeudi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Ferdinand Nahimana est coaccusé avec deux autres personnes dans le cadre du procès des anciens responsables des "médias de la haine".

Le parquet du TPIR les poursuit notamment pour incitation à commettre le génocide anti-tutsi de 1994 et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois. Ils plaident non coupables.

L'avocat français, Me Jean-Marie Biju-Duval, a affirmé que "à aucun moment Ferdinand Nahimana n'appelle à la mobilisation des Hutus" contre les Tutsis, citant des passages de ses livres et articles.


Me Biju-Duval contre-interrogeait le quarante-cinquième témoin du parquet, l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, entendue comme expert.

Le parquet allègue, en se basant sur ses experts, que Ferdinand Nahimana a développé des thèses ethnistes et/ou régionalistes dans ses écrits. Historien, Ferdinand Nahimana était professeur à l'Université nationale du Rwanda (UNR) et auteur de nombreux ouvrages touchant à son domaine. Me Biju-Duval a démontré que les conclusions auxquelles a abouti Ferdinand Nahimana dans ses recherches étaient les mêmes que celle du témoin expert, qui a également étudié l'histoire du Rwanda sous Yuhi Musinga, un roi dont le règne s'est achevé dans les années 1930.

L'avocat français a par ailleurs évoqué l'accusation souvent formulée contre son client selon laquelle il serait l'initiateur de la "défense civile" destinée, selon le parquet, à tuer les Tutsis considérés dans leur ensemble comme des "ennemis."

Me Biju-Duval a, à cet effet, cité le livre de Ferdinand Nahimana, "L'élite hutue accusée", dans lequel l'accusé indique clairement que l'ennemi dont il est question est le Front patriotique rwandais (FPR) alors en guerre contre le gouvernement.

Le défenseur de Ferdinand Nahimana a déclaré qu'en prônant la défense civile, son client souligne "l'absolue nécessité de récuser les discriminations ethniques".

Dans un autre texte lu par l'avocat, Ferdinand Nahimana décrit cette défense civile comme une opération de conscientisation de l'ensemble de la société rwandaise, afin qu'elle surpasse les haines et les divisions basées sur les régions et les ethnies.

Me Biju-Duval a reproché à l'expert du parquet de se montrer péremptoire quand il dévéloppe les thèses de l'accusation et de se réfugier, en revanche, derrière "le manque de temps et la mémoire défaillante" lorsqu'il doit répondre aux questions de la défense.


Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien directeur det rédacteur en chef de la revue kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Le témoignage d'Alison Des Forges se poursuit vendredi matin.

AT/GF/FH (ME-0530A )


* 29 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

LE GENOCIDE ANTI-TUTSI A ETE GENERE PAR LA GUERRE, SELON UN AVOCAT


Arusha, 29 mai 2002 (FH) - Le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants survenus au Rwanda en 1994 ont été générés par la guerre déclenchée par la rébellion, a plaidé un avocat, mercredi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'avocat béninois Me Alfred Pognon, qui défend l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, un des coaccusés dans ce procès, a affirmé que "le fait générateur des événements[de 1994], c'est cette guerre".


Me Pognon contre-interrogeait l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, citée comme témoin expert par le parquet.
Alison Des Forges a notamment allégué que la RTLM et la revue Kangura ont été utilisés pour inciter au génocide et aux massacres.


Jean-Bosco Barayagwiza est coaccusé avec l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Tous plaident non coupables.


Alison Des Forges a déclaré qu'elle n'acceptait pas "la théorie monocausale de l'histoire" développée, selon elle, par Me Pognon.


L'experte du parquet a expliqué que les événements historiques "procèdent d'un enchevêtrement complexe du processus et des décisions prises par des acteurs individuels".


Le parquet affirme que dès la fin de 1990 à juillet 1994, les autorités civiles et militaires rwandaises ont élaboré un plan visant à éliminer les Tutsis et les membres de l'opposition, afin de se maintenir au pouvoir.


Selon le parquet, les éléments de ce plan comportaient entre autres le recours à la haine et à la violence ethnique, l'entraînement et la distribution d'armes aux miliciens ainsi que la confection de listes de personnes à éliminer.


Me Pognon a accusé le témoin de "faire preuve de totale amnésie" lorsqu'il est confronté à des actes repréhensibles attribués à l'ex-rebellion rwandaise à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR).


Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


AT/GF/FH (ME-0529A )




* 28 MAI 2002
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TPIR/MEDIAS

LA DEFENSE ACCUSE LE PARQUET DE VOULOIR CACHER LA VERITE

Arusha, 28 mai 2002 (FH) - La défense de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a accusé le parquet de vouloir cacher la vérité, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat américain Me John Floyd, qui défend Hassan Ngeze, a formulé cette allégation à la suite d'une objection du parquet à ce qu'il dépose en preuve un rapport sur l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, la veille du déclenchement du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois.

Ce rapport rédigé ultérieurement par un ex-enquêteur au TPIR, l'Australien Michael Hourigan, met en cause l'actuel président du Rwanda, Paul Kagame, et le mouvement rebelle qu'il dirigeait, le Front patriotique rwandais, dans cet attentat.

"Nous disons que le procureur essaye de cacher la vérité au Tribunal", a déclaré Me Floyd. La représentante américaine du procureur, Simone Monasebian, a répondu que cet attentat ne fait pas partie de la cause, expliquant que "ce n'est pas le FPR qui est jugé ici".

L'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 est actuellement entre les mains du juge d'instruction français, Jean-Louis Bruguière. Il n'a pas encore présenté ses conclusions. "Que l'avion ait été abattu par le FPR ou pas, cela ne fait pas partie de ce procès", a déclaré Simone Monasebian.

Le Tribunal a finalement admis le rapport Hourigan, ce qui signifie qu'il va l'examiner en même temps que tous les autres éléments de preuve, lors du délibéré. Me Floyd a plaidé que si le génocide a été causé par l'attentat contre l'avion qui transportait Habyarimana, cela devrait entraîner un doute raisonnable sur la responsabilité présumée des accusés.

Le parquet affirme que le génocide anti-tutsi a connu divers antécédents, notamment une campagne médiatique axée sur la haine ethnique. Hassan est coaccusé avec l'ancien directeur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

Me Floyd a plaidé que personne n'était obligé d'acheter Kangura ou d'écouter la RTLM. "Les êtres humains opéraient un choix" entre plusieurs journaux et plusieurs stations de radio, a-t-il dit. Me Floyd estime que son client est "un bouc émissaire".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

La déposition d'Alison Des Forges se poursuit mercredi. Elle devrait s'achever vendredi.

AT/GF/FH(ME-0528B)




* 28 MAI 2002
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NGEZE N'EST PAS COUPABLE D'ENTENTE EN VUE DU GENOCIDE, SELON SA DEFENSE

Arusha, 28 mai 2002 (FH) - L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'est pas coupable d'entente en vue de commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants perpétrés en 1994, a plaidé son avocat, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine", en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda(TPIR).

L'avocat américain Me John Floyd contre-interrogeait pour la deuxième journée consécutive l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, citée par le parquet comme témoin expert.

L'accusation allègue que Hassan Ngeze s'est entendu avec d'autres, dont ses deux coaccusés, pour préparer et exécuter les massacres dans lesquels un million de personnes ont trouvé la mort, selon un récent bilan du gouvernement rwandais.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana. Tous plaident non coupables.

Me Floyd a affirmé que Hassan Ngeze ne collaborait avec personne dans l'entourage du pouvoir mais que par contre, il avait été torturé et plusieurs fois mis en prison sous le régime de l'ancien président Juvénal Habyarimana. "Il n'était pas dans l'entourage de Habyarimana. C'était quelqu'un qui essayait seulement de vendre son journal, c'était quelqu'un qui essayait de satisfaire ses lecteurs et qui n'a rien à voir avec l'entente dont vous parlez", a suggéré Me Floyd. L'avocat américain a ajouté que si la chambre le souhaite, "on peut lui montrer les cicatrices de tortures" que porte Hassan Ngeze, suite à ses démêlés avec le pouvoir.

Alison Des Forges a répondu : "C'est probable que M.Ngeze ait souffert, ait été passé à tabac, ait été envoyé en prison, subi toutes sortes de tortures par le pouvoir. Mais cela ne signifie pas qu'il n'ait pas, en d'autres périodes, bénéficié de contacts favorables".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition d'Alison Des Forges se poursuivait mardi après-midi.

AT/GF/FH(ME-0528A).


* 27 MAI 2002
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TPIR/MEDIAS

UN AVOCAT ALLEGUE LA PARTIALITE D'UN EXPERT DU PARQUET

Arusha, le 27 mai 2002 (FH)-Un avocat a allégué la partialité d'un expert du parquet lundi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'avocat américain Me John Floyd, qui représente l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, un des trois accusés dans ce procès, a plaidé que l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, cité par le parquet, est "pro-tutsie."

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont poursuivis notamment pour incitation directe et publique à commettre le génocide anti-tutsi et les massacres d'opposants qui ont fait un million de morts entre avril et juin 1994 au Rwanda en 1994. Ils plaident non coupables.

Me Floyd a affirmé que Alison Des Forges a été influencée dans ses recherches sur le Rwanda par des contacts qu'elle a eus en 1963 avec des réfugiés tutsis en Tanzanie.

Alison Des Forges avait déclaré que son intérêt pour le Rwanda était né à cette époque où elle enseignait l'anglais dans les camps de réfugiés. Elle avait alors dix-neuf ans.

Me Floyd a estimé que "ce qui se produit tôt dans la vie des gens les transforme et forme leur système de valeurs".
Alison Des Forges a répondu que :"mon système de valeur a été formé par mes parents et par l'environnement dans lequel j'ai vécu".
L'historienne américaine est auteur du livre "Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda" publié en 1995 par Human Rights Watch et la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme (FIDH).

Voici comment ce livre explique les préparatifs du génocide anti-tutsi de 1994:"A la fin de 1992, [le président]Habyarimana et son entourage accrurent considérablement les divisions entre Hutus et Tutsis, par des attaques, une propagande virulente et de continuelles manœuvres politiques. En 1993, Habyarimana et ses partisans se virent sur le point de perdtre le pouvoir suite aux victoires militaires importantes du FPR[ex-rébellion à dominante tutsie] et à la conclusion d'un accord de paix favorable à ce dernier. Cet accord prévoyait de surcroît que les responsables gouvernementaux, y compris le président, pouvaient être poursuivis pour les violations commises par le passé. Ces événements intensifièrent les inquiétudes chez de nombreux Hutus, y compris ceux qui n'étaient pas auparavant identifiés à Habyarimana"

Le livre ajoute: "Ceux-ci de plus en plus préoccupés par les ambitions du FPR, se rassemblèrent autour d'une nouvelle station de radio, la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), ainsi qu'au tour du mouvement du Hutu power qui, en transcendant les rivalités partisanes, incarnaitr la solidarité ethnique prônée par Habyarimana depuis trois ans. A la fin du mois d'octobre au Burundi voisin, des soldats tutsis enlevèrent et tuèrent le président hutu élu quelques mois auparavant à l'issue d'un scrutin libre et équitable. Des dizaines de milliers de Burundais, Hutus et Tutsis, trouvèrent la mort dans les massacres qui suivirent. Cet assassinat, vigoureusement exploité par la RTLM, confirma les craintes de nombreux Hutus rwandais sur le refus des Tutsis de partager le pouvoir. Ils vinrent alors grossir les rangs du Hutu power".

Me Floyd a affirmé que Alison Des Forges n'aimait pas le président Habyarimana. Alison Des Forges a rétorqué qu'elle l'avait rencontré une fois et qu'elle l'avait trouvé "charmant". "Ce que je n'aimais pas, c'étaient certaines de ses politques", a-t-elle dit.

La déposition d'Alison Des Forges se poursuit mardi. Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0527A )


24 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

NAHIMANA AURAIT EXPRIME SA SATISFACTION VIS-A-VIS DE LA RTLM


Arusha, 24 mai 2002 (FH) - L'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, aurait exprimé sa satisfaction vis-à-vis des émissions de cette radio, a déclaré un expert cité par le parquet, jeudi, dans le procès des anciens responsables des"médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

L'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, a affirmé que l'accusé avait exprimé ces sentiments lors de son bref refuge au Burundi, peu après l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.

Selon Des Forges, Nahimana a alors déclaré à un ancien diplomate burundais qui lui faisait part de ses craintes vis-à-vis de cette radio: "Je suis très heureux, car la RTLM a eu un rôle très positif à réveiller le peuple majoritaire".

L'experte du parquet a indiqué que, dans le contexte de l'époque, l'expression "peuple majoritaire" signifiait les Hutus, par opposition à la minoruté tutsie.

"Dans le cadre de cet entretien, M. Nahimana exprime sa satisfaction vis-à vis des activités de la RTLM", a souligné Alison Des Forges lors de son témoignage..
L'historienne américaine a allégué que Ferdinand Nahimana suivait les émissions de la RTLM, même pendant cette période où il s'était réfugié dans les pays limitrophes du Rwanda.

Ferdinand Nahimana s'est d'abord rendu à l'ambassade de France de Kigali, avant d'être évacué sur Bujumbura avec quelques autres anciens dignitaires. Il a regagné le Rwanda quelques jours plus tard en passant par l'ex-Zaïre.

Alison Des Forges a indiqué que c'est entre le 6 et le 25 avril 1994 que certaines des émissions les plus dramatiques de la RTLM ont été diffusées en vue d'inciter des gens à tuer des Tutsis. L'historienne américaine a ajouté que les assaillants étaient dirigés vers certaines localités précises et contre certains individus.

Les trois premières semaines ont été les plus rapides et les plus sanglantes, a-t-elle dit. Elle a expliqué qu'il s'agissait de massacrer les Tutsis, de même qu'un certain nombre de Hutus qui appartenaient aux partis d'opposition ou qui avaient choisi d'abriter les Tutsis. Alison Des Forges a signalé que les Hutus visés par les massacres étaient qualifiés de "complices "de la rebellion à dominante tutsie, le Front patriotique rwandais (FPR).

Interrogée sur certains sites de massacres, Alison Des Forges a cité notamment l'église catholique de Gikondo et "la mosquée Khadafi" dans la ville de Kigali, la cathédrale de Nyundo (province Gisenyi, nord-ouest) et le Centre Saint-Joseph attaché à la cathédrale de Kibungo (est).

Alison Des Forges a rapporté des déclarations de rescapés de la mosquée Kadhafi, selon lesquelles la RTLM avait identifié cet endroit comme une cible à attaquer.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura,
Hassan Ngeze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

L'interrogatoire principal d'Alison Des Forges s'est terminé jeudi soir. Dès lundi matin , elle sera contre-interrogée par la défense. Les avocats affirment que sa déposition est "partiale".

AT/GF/FH (ME-0524A )


22 MAI 2002
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TPIR /MEDIAS

BARAYAGWIZA AURAIT ADMIS LA RESPONSABILITE DE LA RTLM PENDANT LE GENOCIDE, SELON UN EXPERT DU PARQUET


Arusha, 22 mai 2002 (FH) - Un des accusés aurait admis la responsabilité de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) pendant le génocide de 1994, a affirmé un expert du parquet, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, a indiqué que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, a admis cette responsabilté dans un livre qu'il a publié en 1995.


Alison Des Forges a cité des passages du livre "Rwanda. Le sang des Hutus est-il rouge ? La vérité cachée sur les massacres" dans lequel Jean-Bosco Barayagwiza dresse un compte rendu des événements politiques au Rwanda, notamment au cours de l'année 1994.


"Il est plus que probable que la RTLM a appelé la population à la résistance contre le FPR [Front patriotique rwandais, ex-mouvement rebelle à dominante tutsie] et à la lutte contre les infiltrés et les traîtres, ce qui en soit relève de la légitime défense", écrit Jean-Bosco Barayagwiza, dans un passage de son livre relevé par le témoin.


L'expert du parquet estime que Barayagwiza exprime par-là ses réelles convictions par rapport à ses activités et au rôle de la RTLM, une radio qui, dit-il, fait souvent appel à la mobilisation populaire pour résister aux infiltrés et aux traîtres.


Selon Alison Des Forges, "le terme infiltré et celui de traître apparaissent de manière récurrente durant le génocide pour désigner les Tutsis, parce qu'ils sont apparentés au FPR ethniquement".


Jean-Bosco Barayagwiza est coaccusé avec l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils sont poursuivis pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et crimes contre l'humanité et plaident non coupables.


D'après Alison Des Forges, Barayagwiza, dans son livre, a légitimé les attaques perpétrées contre les complices du FPR par des miliciens.


"Des milices pour combattre le FPR et ses alliés et complices qui préparent une nouvelle offensive, l'assaut final, est un acte légal et légitime. Par contre ce qui est illégal et réprehensible, c'est l'alliance avec l'ennemi ou la collaboration avec lui. Au cours de la deuxième guerre mondiale de tels collaborateurs subissaient un châtiment exemplaire surtout lorsqu'ils tombaient entre les mains des résistants ou des partisans", écrit l'accusé.


Le parquet affirme que les milices affiliées à l'ex-parti présidentiel, les Interahamwe, et au parti Coalition pour la défense de la République (CDR), les Impuzamugambi, ont été le fer de lance du génocide anti-tutsi et des massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994. Le parquet allègue que Barayagwiza et Ngeze étaient des membres influents du parti CDR.


Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, arguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais. L'avocat italien, Me Giacomo Barletta Caldarera, qui le représente contre son gré, a déclaré que le témoignage d'Alison Des Forges était un exposé "poltico-idéologique" basé sur "des théories non vérifiées".


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Le témoignage d'Alison Des Forges se poursuit jeudi.

AT/GF/FH (ME-0522A )

* 20 MAI 2002
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TPIR /MEDIAS

ALISON DES FORGES ADMISE COMME EXPERTE DANS LE PROCES DES MEDIAS


Arusha, 20 mai 2002 (FH) - L'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, a été admise comme témoin expert du parquet dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" au terme d'un débat houleux entre les parties, lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le parquet avait demandé qu'Alison Des Forges dépose comme experte en droits de l'homme et en histoire sociopolitique du Rwanda, y compris la propagande des médias.


Les avocats s'étaient fermement opposés à l'expertise d'Alison Des Forges plaidant que "son témoignage ne peut éclairer la religion de la chambre. Elle ne peut qu'être partiale".


Les avocats lui reprochaient de s'être "impliquée de manière émotionnelle dans les événements du Rwanda" et d'être pro-tutsie. Ils disaient en outre qu'elle n'était pas spécialiste en linguistique, en communication et dans les domaines qui touchent aux aspects militaires et aux médias. La chambre a estimé que l'expérience et l'expertise du témoin dans les domaines de l'histoire et des droits de l'homme sont imbriquées et qu'elles ne sauraient être séparées du domaine des médias.


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Alison Des Forges est rédactrice de l'ouvrage :"Aucun témoin ne doit survivre. Le génocide au Rwanda" publié en 1999 par Human Rights Watch et la Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Cette recherche analyse notamment le contexte historique du génocide anti-tutsi et les mécanismes intrinsèques de sa mise en œuvre, dont le rôle des médias.

Selon ce livre, la revue Kangura a été "une des plus virulentes voix de la haine" et la radio RTLM "reprenait parfois dans les mêmes termes, bon nombre des thèmes popularisés par la presse écrite. ".

"Les présentateurs [de la RTLM] rediffusèrent tous les messages de haine, désormais familiers: les différences inhérentes entre Hutus et Tutsis, la supériorité numérique des Hutus -Rubanda nyamwinshi: la majorité-, l'habileté des Tutsis à s'infiltrer partout, leur cruauté, leur forte solidarité, leur intention de revenir à l'oppression antérieure, la menace qu'ils posaient aux acquis de la révolution de 1959 et surtout, leur projet d'extermination des Hutus. Ces messages contenaient des appels à l'action", indique le livre.

"La radio fut un moyen encore plus efficace pour transmettre directement et simultanément le message de haine à un large public", poursuit le livre.

La déposition d'Alison Des Forges se poursuit mardi.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0520A )


* 17 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

HASSAN NGEZE PRÔNAIT LA PAIX, SELON SON AVOCAT


Arusha, 17 mai 2002 (FH) - L'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, n'a jamais incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants mais prônait plutôt la paix, la démocratie et la liberté de presse, a plaidé son défenseur, vendredi, dans le procès des anciens responsables "des médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'avocat américain, Me John Floyd, qui défend Hassan Ngeze, contre-interrogeait un témoin expert cité par le parquet, l'historien rwandais exerçant en France, Marcel Kabanda.


"Hassan Ngeze croit en la démocratie, aux élections, à la liberté de la presse", a suggéré Me Floyd. Le témoin a contesté l'argumentation de l'avocat, affirmant que Kangura propageait "de mauvaises idées".


Marcel Kabanda a rédigé un rapport intitulé: "Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide", à la demande du parquet du TPIR.

Selon Me Floyd, Kangura utilisait "un langage de précaution", définissant son style comme consistant à dire :"Si quelqu'un vient attaquer chez moi, je veux le
tuer".

Marcel Kabanda a maintenu que la revue ciblait les Tutsis et leurs "complices" et que son contenu était"criminel".

Me Floyd a par ailleurs indiqué que certains numéros de Kangura ont paru quand son client était en prison ou en voyage et que par conséquent il ne saurait en être tenu responsable. L'expert du parquet a répondu qu'à son retour, le rédacteur en chef de Kangura aurait dû se désolidariser publiquement de ces articles.

Hassan Ngeze est coaccusé avec l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils plaident non coupables.

Le témoignage de Marcel Kabanda a été interrompu vendredi en début d'après-midi et ce jusqu'au 29 mai prochain. L'expert a expliqué qu'il avait des obligations professionnelles en France où il travaille comme consultant pour l'UNESCO.

L'avocat français de Ferdinand Nahimana, Me Jean-Marie Biju-Duval, a déclaré que l'interruption de cette déposition est "extrémement préjudiciable et attentatoire à la justice" et que la responsabilité en incombe au procureur.

Lundi, le Tribunal entendra le témoignage de l'historienne américaine et activiste des droits de l'homme, Alison Des Forges, également citée par le parquet.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0517A )





16 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

LA REVUE KANGURA A CONDUIT AU GENOCIDE ANTI-TUTSI, SELON UN EXPERT


Arusha, 16 mai 2002 (FH) - La revue Kangura a conduit au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants en 1994, a affirmé un expert cité par le parquet, jeudi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). L'historien rwandais Marcel Kabanda a allégué que la revue Kangura représentait "un cheminement vers le génocide".


Co-auteur du livre "Rwanda. Les médias du génocide", publié en 1995, Marcel Kabanda a rédigé un rapport intitulé "Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide", à la demande du parquet du TPIR. Il dépose dans ce procès depuis lundi.


Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura,
Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont notamment coaccusés d'avoir incité au génocide anti-tutsi par le biais des médias. Ils plaident non coupables.

Selon Marcel Kabanda, la revue Kangura a conduit au génocide à partir du moment où elle a publié un numéro contenant "les dix commandements des Hutus". A partir de là, les articles de Kangura qui ont suivi ont fait de l'ethnie tutsie un groupe discriminé, déshumanisé, accusé de tous les maux, a dit l'expert du parquet.


"Le style utilisé pour parler des ces personnes, la violence avec laquelle ces personnes sont traitées, l'appel des groupes bahutu à faire la guerre à ce groupe-là qui est accusé du projet d'extermination, montre que Kangura a conduit au génocide anti-tutsi", a-t-il poursuivi.


D'après Marcel Kabanda, Kangura était lié au parti radical anti-tutsi Coalition pour la défense de la République (CDR), et ses miliciens les Impuzamugambi, aux miliciens de l'ex-parti présidentiel les Interahamwe, à la RTLM, et à l'armée."Voilà les groupes avec lesquels on voit que Kangura a des liens privilégiés, d'après ses publications", indique l'expert. Marcel Kabanda estime que Hassan Ngeze n'était pas lié à l'Etat en tant que tel, mais à certains milieux du pouvoir.


Sa déposition se poursuit vendredi.

AT/GF/FH (ME-0516A )




15 MAI 2002
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TPIR /MEDIAS

KANGURA AVAIT DES LIENS AVEC LA RTLM, SELON UN EXPERT DU PARQUET


Arusha, 15 mai 2002 (FH) - La revue Kangura avait des liens avec la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) a affirmé un expert cité par le parquet, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'historien rwandais Marcel Kabanda, qui dépose dans ce procès depuis lundi, a notamment indiqué que la revue Kangura a salué la naissance de la RTLM et a rapporté qu'elle allait l'aider à poursuivre ses objectifs. Kangura a été créé en 1990 et la RTLM en 1993.


Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de Kangura, Hassan Ngeze, ainsi que deux responsables présumés de la RTLM, le professeur Ferdinand Nahimana et l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont coaccusés d'avoir incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994, en utilisant leurs médias respectifs. Ils plaident non coupables.


"Kangura salue la naissance de la RTLM et considère que la RTLM va l'aider à promouvoir ses objectifs qui sont de réveiller Rubanda nyamwinshi [les Hutus]", a déclaré Marcel Kabanda.

Selon l'expert du parquet, au moins deux journalistes de Kangura ont par la suite fait partie de l'équipe de rédation de la RTLM et "il existe sans doute d'autres liens interpersonnels". Marcel Kabanda a en outre indiqué que "le journal Kangura est un actionnaire de la RTLM".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. Marcel Kabanda poursuivra sa déposition jeudi.


AT/GF/FH (ME-0515A )




14 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

LA REVUE KANGURA ETAIT AXEE SUR LA HAINE ETHNIQUE, SELON UN EXPERT


Arusha, 14 mai 2002 (FH) - La revue Kangura était axée sur la haine ethnique, a affirmé un expert cité par le parquet, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'historien rwandais résidant en France Marcel Kabanda a déclaré que Kangura s'articulait autour de plusieurs axes comprenant, outre la haine ethnique, l'impératif de défense pour les Hutus menacés par les Tutsis, le combat virulent à l'égard des Hutus qui n'adhéraient pas à cette ligne et la mobilisation des Hutus contre l'ennemi.


"Dans Kangura, l'ennemi de Rubanda nyamwinshi [le peuple majoritaire, les Hutus], c'est le Tutsi-Inyenzi [cancrélat]", selon le témoin expert.


Le procès des médias concerne l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.


Ils sont notamment coaccusés d'avoir incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts entre avril et juin 1994, en utilisant les médias extrémistes. Ils plaident non coupables.


Marcel Kabanda est co-auteur du livre : "Rwanda. Les médias du génocide" publié en 1995 sous la direction de l'historien français Jean-Pierre Chrétien. Ce livre situe la naissance des journaux extrémistes en décembre 1989. Selon les auteurs, en créant de tels journaux, l'entourage présidentiel, appelé "Akazu" [petite maison] avait notamment pour objectif de combattre les thèses avancées par les opposants au régime Habyarimana, parmi lesquelles la critique de l'idéologie ethniste, qui fondait, d'après eux, l'Etat rwandais.


La revue Kangura a été créée en 1990. Selon l'expert Kabanda, "Hassan Ngeze n'est pas lié à l'Etat en tant que tel, mais à certains milieux du pouvoir. Mais je n'ai pas eu de confirmation", a-t-il dit.


La déposition de Marcel Kabanda se poursuit mercredi. Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


AT/GF/FH(ME-0514A)




13 MAI 2002
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TPIR / MEDIAS

L'HISTORIEN RWANDAIS MARCEL KABANDA ADMIS COMME EXPERT DU PARQUET


Arusha, 13 mai 2002 (FH) - L'historien rwandais Marcel Kabanda a été admis comme expert du parquet à la reprise du procès des anciens responsables des "médias de la haine", lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Les juges ont pris cette décision à l'issue d'un débat houleux au cours duquel la défense s'était, dans son ensemble, opposée à son expertise.


Le procès concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura,
Hassan Ngeze, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Il avait été suspendu à la fin du mois de mars, au milieu de la déposition du quarante troisième témoin du parquet, le linguiste rwandais Mathias Ruzindana.
Marcel Kabanda a collaboré à la rédaction de l'ouvrage "Rwanda. Les médias du génocide", publié en 1995 sous la direction de l'historien français Jean-Pierre Chrétien. Ce dernier devrait également témoigner dans ce procès.


Marcel Kabanda a élaboré un rapport intitulé "Kangura, le média de la haine et du complot en vue du génocide" à la demande du parquet du TPIR.


Les avocats avaient plaidé que le témoin n'était pas expert au sens juridique du terme. Ils ont entre autres allégué qu'il n'était reconnu dans le domaine de la presse écrite et ont constesté son impartialité. Marcel Kabanda est Tutsi et membre de l'association "Survie", qui mène des réflexions en rapport avec le génocide anti-tutsi de 1994.


L'avocat américain Me John Floyd qui représente Hassan Ngeze a suggéré au témoin que "votre lecture des publications au Rwanda est colorée par votre héritage tutsi".


Marcel Kabanda a répondu que les origines de chacun n'étaient pas déterminantes par rapport aux interprétations qu'il fait des événements.


La déposition de Marcel Kabanda se poursuivra mardi devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine

Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0513A )



28 MARS 2002
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TPIR /MEDIAS

LE PROCES DES MEDIAS SUSPENDU JUSQU'AU 13 MAI


Arusha, 28 mars 2002 (FH) - Le procès des anciens responsables des "médias de la haine" a été suspendu jusqu'au 13 mai 2002, a-t-on appris jeudi au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le procès a été suspendu en plein contre-interrogatoire du quarante-troisième témoin du parquet, le linguiste rwandais Mathias Ruzindana. Sa déposition devrait se poursuivre à la reprise du procès.


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.


Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2000, alléguant que le TPIR est manipulé par le gouvernement rwandais.


Les coaccusés sont poursuivis pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à commetttre le génocide et crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


Le procès des médias alterne, devant cette chambre, avec celui du pasteur adventiste Elizaphan Ntakirutimana, coaccusé avec son fils, le Dr Gérard Ntakirutimana.

AT/GF/FH (ME-0328A )

* 27 MARS 2002
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TPIR/MEDIAS

LES TUTSIS N'ETAIENT PAS CIBLES PAR LA RTLM, SELON UN AVOCAT


Arusha, 27 mars 2002 (FH) - La défense de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a plaidé que cette radio n'a pas ciblé les Tutsis avant et pendant le génocide de 1994, mercredi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de Ferdinand Nahimana, a affirmé que la RTLM a appelé tous les Rwandais à s'unir pour combattre la rébellion à dominante tutsie du Front patriotique rwandais (FPR).


Me Ellis a indiqué que ce que le parquet qualifie de propagande extrémiste anti-tutsie était un discours légitime en temps de guerre, visant les combattants du FPR.


Me Ellis contre-interrogeait le quarante troisième témoin du parquet, le linguiste rwandais Mathias Ruzindana, entendu comme expert.


Le procès des médias concerne outre Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.


Ils sont poursuivis pour génocide, entente en vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et pour crimes contre l'humanité. Ils plaident non coupables.


Mathias Ruzindana a affirmé que la RTLM et la revue Kangura utilisaient souvent un langage codé pour inciter aux massacres des Tutsis.


La défense a déclaré que l'expert n'était pas indépendant. Selon les avocats, le témoin s'est contenté de répercuter le point de vue du procureur. Mathias Ruzindana travaille à la section des langues du TPIR à Kigali. Sa déposition se poursuit jeudi.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges , norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.


AT/GF/FH(ME-0327A)



25 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PARQUET DEMANDE DU TEMPS POUR CITER L'HISTORIEN JEAN-PIERRE CHRETIEN.


Arusha, 25 mars 2002 (FH) - Le parquet a demandé un délai supplémentaire pour présenter sa preuve, lundi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a demandé que la chambre l'autorise à citer l'historien français Jean-Pierre Chrétien, au mois de juin ou juillet, expliquant qu'il ne sera pas disponible avant cette période.


La chambre avait initialement ordonné que le parquet clôture la présentation de ses moyens de preuve au mois de mai. Le procès a été ouvert sur le fond en octobre 2000. Quarante trois témoins de l'accusation ont déjà été cités.


Stephen Rapp a indiqué que Jean-Pierre Chrétien serait retenu à Paris au mois de mai par ses activités de professeur d'université.


La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a déclaré: "Nous allons examiner ces questions et nous allons vous en reparler".


Le procureur a présenté cette requête en marge de la déposition du linguiste rwandais Mathias Ruzindana, qui témoigne à charge depuis la semaine dernière.
Lundi, il a été contre-interrogé par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, un des coaccusés dans ce procès.


Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.


Mathias Ruzindana a affirmé que la RTLM et la revue Kangura utilisaient un langage codé, qui a incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts, selon un bilan établi par le gouvernement rwandais.


Me Ellis a suggéré que Mathias Ruzindana procédait par généralisation et devinette. L'avocate a ajouté que le linguiste expliquait les mots hors contexte.


Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR comprenant outre la juge Pillay, les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Mathias Ruzindana se poursuit mardi matin.

AT/GF/FH (ME-0325A )



22 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

RTLM ET KANGURA UTILISAIENT UN LANGAGE CODE, SELON UN EXPERT


Arusha, 22 mars 2002 (FH) - La Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) et la revue Kangura utilisaient un langage codé, a affirmé un linguiste cité comme témoin expert par l'accusation dans le procès des anciens responsables des médias de la haine, en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Le linguiste rwandais Mathias Ruzindana a indiqué qu'au Rwanda, le langage indirect est un phénomène de société.


"Le langage indirect est très important chez les Rwandais. Les Rwandais aiment parler en utilisant des métaphores. Ils sont rarement directs", a déclaré Mathias Ruzindana.


L'expert cité par l'accusation a évoqué une série de "mots codes" qui, dans leur acception première, désignent autre chose, mais qui dans le contexte de guerre que connaissait le Rwanda en 1994, signifaient "Tutsis".


Le parquet allègue que la RTLM et Kangura ont incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois, selon un bilan établi par le gouvernement rwandais.


Le témoin a notamment cité les termes Inkontanyi (lutteurs), Inyenzi (cancrelats), Umwanzi (ennemi), Inzoka (serpent), Icyitso (complices qui, a-t-il dit, étaient perçus comme référants à des Tutsis).


Mathias Ruzindana est un ancien professeur d'université qui travaille actuellement dans la section des langues au TPIR à Kigali. Il s'est notamment occupé de la transcription et de la traduction des émissions de la RTLM, et au sens des mots utilisés dans Kangura.


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ancien directeur des affaires politiques et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Ils plaident non coupables.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Mathias Ruzindana se poursuit lundi prochain.


AT/GF/FH (ME-0322A )




20 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

UN EXPERT LINGUISTE PRESENTE 273 CASSETTES DE LA RTLM


Arusha, 20 mars 2002 (FH) - Un expert en linguistique cité par le parquet a présenté des cassettes contenant des émissions de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), mercredi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Quarante-troisième témoin du parquet dans ce procès ouvert sur le fond en octobre 2000, le linguiste rwandais Mathias Ruzindana a exhibé sur CD-Rom des transcriptions et des traductions de 273 cassettes d'émissions de la RTLM, une station de radio qui a fonctionné au Rwanda entre août 1993 et juillet 1994.


Le parquet entend prouver que les émissions de la RTLM ont incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en 1994, selon un bilan établi par le gouvernement rwandais.


Mathias Ruzindana est un ancien professeur de linguistique, actuellement employé par la section des langues du TPIR dans ses bureaux de Kigali, ou siège également le parquet. Il a traduit les émissions de la RTLM du kinyarwanda au français et/ou à l'anglais. Son témoignage devrait également éclairer la chambre sur le contenu des ces émissions.


Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ex-conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Tous plaident non coupables.


La défense avait tenté de s'opposer à la déposition de Mathias Ruzindana, au motif qu'il serait partial et que son expertise serait douteuse, mais elle a été deboutée par la chambre.


Ferdinand Nahimana est représenté par l'avocat français Me Jean-Marie Biju-Duval, et une consoeur anglaise, Me Diana Ellis, Hassan Ngeze par l'Américain Me John Floyd et le Canadien Me René Martel, et Jean-Bosco Barayagwiza par l'Italien Me Giacomo Barletta Caldarera et le Béninois Me Alfred Pognon.


Jean-Bosco Barayagwiza boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond, alléguant que le TPIR serait manipulé par le gouvernement rwandais.


Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay, et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawaradana. La déposition de Mathias Ruzindana se poursuit jeudi matin.


AT/GF/FH (ME-0320A )




19 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

UN LINGUISTE RWANDAIS ADMIS COMME EXPERT MALGRE L'OPPOSITION DE LA DEFENSE


Arusha, 19 mars 2002 (FH) - Un linguiste rwandais a été admis comme témoin expert de l'accusation malgré une vive opposition de la défense, mardi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


La défense dans son ensemble s'était opposée à ce que le Dr Mathias Ruzindana soit cité comme expert, arguant qu'il n'est pas impartial et manque de compétence dans le domaine pour lequel il est appelé à comparaître.


Affecté à la section des langues au TPIR à Kigali, Mathias Ruzindana doit être entendu comme expert en sociolinguistique.

Le Dr Ruzindana a transcrit et traduit des émissions de la Radio-télévision libre des Milles collines (RTLM) du kinyarawanda au français et/ ou à l'anglais, et devrait éclairer la chambre sur leur contenu.

Le parquet entend démontrer, par le biais de ce témoin, que les émissions de la RTLM ont incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants qui ont fait un million de morts en trois mois, selon un bilan du gouvernement rwandais.

Dans sa décision, la chambre a indiqué que le Dr Ruzindana possède l'expertise qui lui permet d'aider les juges à saisir le discours, le contenu des publications et le sens des termes en kinyarwanda mais s'est en revanche déclarée préoccupée par le fait qu'il n'est pas une personne extérieure, du fait qu'il est salarié du TPIR et qu'il a travaillé sur la traduction des cassettes d'émissions de la RTLM pour le compte du parquet.

Les avocats de la défense avaient plaidé que le Dr Ruzindana "avait fait acte d'allégeance" avec le procureur et n'était pas reconnu comme expert dans le milieu des autres sociolinguistes.

Le substitut américain du procureur, Stephen Rapp, a soutenu que Mathias Ruzindana a suivi des cours de sociolingusitique au Rwanda et en Angleterre, et a dirigé des travaux d'étudiants dans ce domaine.

Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, l'ancienn conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

Quarante troisième témoin du parquet dans ce procès ouvert sur le fond le 23 octobre 2000, Mathias Ruzindana témoigne dès mercredi matin.

AT/GF/FH (ME-0319A )


15 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

LA CHAMBRE LEVE LA MENACE DE SANCTION QUI PESAIT SUR LE PROCUREUR.


Arusha, 15 mars 2002 (FH) - La première chambre de première instance a levé vendredi la menace de sanction qui pesait sur le procureur, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Mercredi, la chambre avait laissé entendre qu'elle pourrait sanctionner la représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, pour communication tardive des documents relatifs à la déposition de l'enquêteur zambien Aaron Musonda, cité par l'accusation.

La juge sud-africaine Navanethem Pillay, qui préside les débats, a déclaré que la chambre "avait été édifiée" par les explications du procureur et qu'elle avait renoncé à le sanctionner.

Vendredi, la chambre a poursuivi l'audition de l'enquêteur Musonda. Il était contre-interrogé par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, un des accusés. Me Ellis conteste les méthodes de travail de l'enquêteur.

Ferdinand Nahimana est coaccusé avec l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

Aaron Musonda est le second enquêteur du TPIR qui témoigne à charge dans ce procès après Kaiser Rizvi, un ancien officier dans l'armée du Bangladesh, affecté aujourd'hui au Tribunal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie.

Kaiser Rizvi était présent au moment de l'arrestation de Hassan Ngeze, au Kenya en juillet 1997. Hassan Ngeze allègue que lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi chez lui 10.000 dollars, 5.000 francs français, 5.000 francs belges et un montant non spécifié de shillings kenyans et de francs rwandais.

L'avocat américain de Hassan Ngeze, Me John Floyd, affirme qu'en juillet 1997, son client avait 250.000 dollars américains sur son compte. Kaiser Rizvi a catégoriquement nié qu'une quelconque somme d'argent ait été saisie au domicile de Ngeze.

AT/GF/FH (ME-0316A )



13 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

DES ACCUSES SIGNAIENT DES DOCUMENTS BANCAIRES DE LA RTLM, SELON LE PARQUET


Arusha, 13 mars 2002 (FH) - Les accusés Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza signaient des documents bancaires de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), a fait valoir un enquêteur du parquet, mercredi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine " en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


Aaron Musonda, qui enquête pour le parquet du TPIR, a présenté plusieurs documents émanant des banques rwandaises, en rapport avec les finances de la RTLM, indiquant que la plupart d'entre eux portaient la signature de Nahimana et/ou de Barayagwiza.


Le parquet allègue que Ferdinand Nahimana et Jean-Bosco Barayagwiza figuraient parmi les principaux responsables de la RTLM. Les accusés contestent cela.

Aaron Musonda a exhibé des borderaux de versements, des ordres de paiement, des formulaires de transfert de fonds et autres documents émanant essentiellement de la Banque continentale africaine au Rwanda (BACAR) et de la Banque commerciale du Rwanda (BCR) sur lesquels figurent les signatures des accusés.

La BACAR était dirigée, à l'époque des faits, par Pasteur Musabe, un frère de l'ancien directeur de cabinet au ministère de la défense nationale, le colonel Théoneste Bagosora, détenu à Arusha.


Evoquant un document contenant la liste des actionnaires de la RTLM, l'enquêteur du TPIR a relevé que l'ex-président Juvénal Habyarimana avait contribué à ce projet à concurrence d'un million de francs rwandais, l'ancien politicien Joseph Nzirorera, détenu à Arusha, à concurrence de cinq cent mille francs et Ferdinand Nahimana, à cinquante mille.


Le témoin a indiqué que le journal Kangura, dont Hassan Ngeze, coaccusé avec Nahimana et Barayagwiza, était directeur et rédacteur en chef, avait également acheté une action à la RTLM, pour un montant de cinq mille francs rwandais.


Le parquet entend prouver que les coaccusés ont participé à une même entreprise criminelle : le génocide anti-tutsi.Barayagwiza, qui boycotte ce procès depuis son ouverture sur le fond en octobre 2001, demande à rencontrer la presse, pour pouvoir "défendre ses droits légitimes".

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition d'Aoron Musonda se poursuivra jeudi.


AT/GF/FH (me-0313b )



13 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

LE PROCUREUR POURRAIT ETRE SANCTIONNE POUR COMMUNICATION TARDIVE DE DOCUMENTS


Arusha, 13 mars 2002 (FH) - Le parquet pourrait être sanctionné pour communication tardive de documents à la défense, ont indiqué les juges mercredi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

La première chambre de première instance du TPIR a reporté d'environ cinq heures l'audition d'un enquêteur du parquet, Aaron Musonda, du fait que les documents sur lesquels son témoignage allait se baser n'avaient pas été remis à temps aux équipes de la défense.

La présidente de la chambre, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, a regretté ce report imputable au procureur, ajoutant que "la chambre est d'avis que
pareille conduite mérite des sanctions". Le parquet a prié la chambre de reconsidérer sa position et a demandé "une audience particulière" pour fournir de plus amples explications, au cas où des sanctions seraient effectivement envisagées.


Navanethem Pillay a indiqué que la "chambre a acté son désappointement", soulignant que si le parquet avait remis les documents dans les délais requis, cela aurait pu éviter une perte de temps.

Le procès des médias concerne l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze. Le parquet est représenté dans cette affaire par les Américains Stephen Rapp et Simone Monasebian, le Camerounais William Egbe, la Kenyanne Charity Kagwi et l'Ivoirien Alphonse Van.

AT/GF/FH (ME-0313A )



* 12 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

LA DEFENSE ALLEGUE QU'UN ENQUETEUR DU PARQUET A SAISI 250 000 DOLLARS CHEZ NGEZE


Arusha, 12 mars 2002 (FH) - La défense de l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze, a allégué mardi, dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qu'un ex-enquêteur du parquet avait saisi de l'argent au domicile de l'accusé.


L'avocat américain, Me John Floyd, a suggéré que l'ex-enquêteur originaire du Bangladesh, Kaiser Rizvi, qui témoigne dans ce procès depuis vendredi dernier, disposerait d'informations sur la saisie alléguée d'argent chez son client, lors de son arrestation au Kenya en juillet 1997.

Kaiser Rizvi a participé à l'arrestation de Hassan Ngeze au cours d'une opération baptisée "Naki" (Nairobi-Kigali), à laquelle ont participé des policiers kenyans et des agents du TPIR.

Ngeze a été arrêté le même jour que quatre autres Rwandais, dont l'ex-premier ministre du gouvernement intérimaire en place pendant le génocide anti-tutsi, de 1994, Jean Kambanda, et l'ancien responsable des opérations militaires à l'Etat major de l'armée rwandaise, le général de brigade Gratien Kabiligi.

Me Floyd a affirmé que "un quart de million de dollars" a été saisi chez Hassan Ngeze, ainsi que plusieurs milliers de documents, dont des passeports vierges.
Kaiser Rizvi a nié qu'une quelconque somme d'argent ait été saisie chez Hassan Ngeze. "C'est archi-faux", a-t-il dit.

Me Floyd a indiqué que Hassan Ngeze était disposé à coopérer avec ceux qui l'ont arrêté, mais qu'il a par la suite refusé de signer le procès verbal de saisie dès qu'il a constaté que l'argent récupéré chez lui n'y figurait pas.

Kaiser Rizvi a reconnu que Hassan Ngeze leur avait souhaité la bienvenue chez lui, mais que cela ne signifait pas qu'il acceptait de se faire arrêter ou de signer le procès verbal de saisie.

Hassan Ngeze affirme qu'il avait été informé du projet de son arrestation, et Kaiser Rizvi a confirmé qu'il avait déclaré :"Je vous attendais". L'ancien chef milicien Omar Serushago, qui a témoigné pour le parquet l'année dernière, a rapporté qu'il avait entendu dire que Hassan Ngeze aurait été, à un moment donné, un informateur du bureau du procureur.

Omar Serushago avait lui-même été recruté comme informateur par le bureau du procureur, avant d'être arrêté pour génocide.

Le procès des médias concerne, outre Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza.

Le procès se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana. La déposition de Kaiser Rizvi se poursuivait mardi en fin de matinée. Il était contre-interrogé par l'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de Ferdinand Nahimana.

AT/GF/FH (me-0312a)


12 MARS 2002
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TPIR /MEDIAS

LA DEFENSE DE NAHIMANA CRITIQUE LES METHODES DE TRAVAIL D'UN ENQUÊTEUR DU PARQUET


Arusha, 12 mars 2002 (FH) - La défense de l'ancien promoteur de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), Ferdinand Nahimana, a critiqué les méthodes de travail d'un ex-enquêteur du parquet, mardi dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" en cours devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'avocate anglaise Me Diana Ellis, co-conseil de Ferdinand Nahimana, un des accusés dans ce procès, a reproché à l'ex-officier dans l'armée du Bangladesh, Kaiser Rizvi, qui dépose dans ce procès depuis vendredi dernier, de n'avoir pas procédé à la vérification des déclarations des témoins à charge.


Kaiser Rizvi a travaillé comme enquêteur du parquet du TPIR dans le dossier des médias entre septembre 1996 et juillet 2001, avant de rejoindre le Tribunal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie. Au TPIR, il a notamment recueilli des déclarations des témoins à charge et collecté des cassettes contenant des émissions de la RTLM.


Me Ellis s'est appesantie sur la déclaration d'un témoin présenté sous le pseudonyme "AEN", qui a affirmé que Ferdinand Nahimana aurait participé à une réunion, le 12 avril 1994 dans sa commune natale de Gatonde (province Ruhengeri, nord du Rwanda), au cours de laquelle des massacres de Tutsis avaient été évoqués. La défense de Nahimana dispose d'une preuve d'alibi pour cette période.


Kaiser Rizvi a répondu qu'il avait effectivement été informé de cet alibi par le substitut camerounais du procureur, William Egbe, mais que "notre travail consistait à confronter le témoin sans lui donner d'indications".


Me Ellis a par la suite demandé à l'ex-enquêteur du parquet s'il n'avait pas constaté que certains témoins à charge ne disaient pas la vérité. Kaiser Rizvi a répondu :"Je ne sais pas. Quel que soit ce qu'ils disent, nous le rapportons".


Kaiser Rizvi a terminé sa déposition mardi soir. Il sera suivi mercredi matin par un autre enquêteur du parquet, Aaron Musonda.

Le procès des médias concerne, outre Ferdinand Nahimana, l'ancien conseiller poliitique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza, ainsi que l'ex-directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura, Hassan Ngeze.

L'avocat canadien Me René Martel, co-conseil de Hassan Ngeze, a d'ores et déjà indiqué qu'il allait s'opposer à la présentation en preuve "d'un camion de documents", envisagée par la représentante américaine du parquet, Simone Monasebian, par l'intermédiaire d'Aaron Musonda.

Le procès des médias se déroule devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et comprenant en outre les juges, norvégien Erik Mose et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0312b )



11 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS

DES CASSETTES DE LA RTLM ONT ETE "TRIPATOUILLEES", SELON UN AVOCAT


Arusha, 11 mars 2002 (FH) - Des cassettes contenant des émissions de la Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM), présentées en preuve dans le procès des anciens responsables des "médias de la haine" auraient été manipulées, a suggéré un avocat, lundi, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


L'avocat américain Me John Floyd, qui représente l'ancien directeur et rédacteur en chef de la revue Kangura Hassan Ngeze, un des coaccusés, contre-interrogeait le quarante-et-unième témoin du parquet, un ex-enquêteur au TPR, Kaiser Rizvi.


Kaiser Rizvi est un ancien officier de l'armée du Bangaldesh qui a enquêté dans l'affaire des médias entre septembre 1996 et juillet 2001. Actuellement, il travaille sur le dossier Milosevic, dans le cadre du procès en cours au Tribunal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie.

Me Floyd a plaidé que les cassettes présentées par le témoin ont été "tripatouillées" par leurs détenteurs initiaux, contestant ainsi leur authenticité. Le témoin a déclaré les avoir obtenues de différentes sources, citant notamment le département d'Etat américain, le secrétariat du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion à dominante tutsie aujourd'hui au pouvoir à Kigali) et le ministère rwandais de l'information.

Me Floyd a allégué que ces cassettes pourraient avoir été altérées par des traducteurs rwandais affectés au bureau du procureur à Kigali. "Avez-vous entendu dire que tous les traducteurs étaient Tutsis et que les Hutus n'étaient pas représentés ?", a demandé Me Floyd. Le témoin a répondu qu'il n'avait jamais entendu une telle plainte, ajoutant que les traducteurs accomplissaient leur tâche sans état d'âme.

Kaiser Rizvi est le second témoin à présenter des cassettes de la RTLM dans ce procès ouvert sur le fond en octobre 2000, après le dénommé "GO" qui était cadre au ministère de l'information.


Le procès des médias concerne, outre Hassan Ngeze, l'ancien promoteur de la RTLM, Ferdinand Nahimana, ainsi que l'ancien conseiller politique au ministère des affaires étrangères et membre du comité d'initiative de la RTLM, Jean-Bosco Barayagwiza. Ils sont notamment accusés d'avoir incité au génocide anti-tutsi et aux massacres d'opposants par le biais de leurs organes de presse respectifs. Ils plaident non coupables.

D'autres témoins devraient encore déposer au sujet de ces cassettes, parmi lesquels l'historien français Jean-Pierre Chrétien, le sociolinguiste rwandais Mathias Ruzindana, l'activiste rwandais des droits de l'homme Gasana Ndoba, ainsi qu'un représentant de l'association de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières. Plusieurs cassettes ont été admises provisoirement, en attendant que leur "chaîne de possession" soit précisée par d'autres témoins.


La déposition de Kaiser Rizvi se poursuivra mardi matin devant la première chambre de première instance du TPIR présidée par la juge sud-africaine Navanethem Pillay et composée en outre des juges, norvégien Erik Mose, et sri-lankais Asoka de Zoysa Gunawardana.

AT/GF/FH (ME-0311A )


08 MARS 2002
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TPIR / MEDIAS