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R.D. Congo : Plusieurs centaines de jeunes débattent sur les violences sexuelles

Hirondelle Débat Kinshasa novembre 2016En novembre, la Fondation Hirondelle en RDC et son agence audiovisuelle Kandindi ont organisé deux rencontres Hirondelle Débat à Kinshasa et à Mbanza-Ngungu (dans la province du Kongo Central). Plus de 350 jeunes sont venus débattre avec des experts sur la lutte contre les violences sexuelles.

Les événements Hirondelle Débat, lancés depuis plus d’un an en RDC, connaissent un succès grandissant. L’équipe de la Fondation Hirondelle dans le pays propose des conférences animées à la façon d’un débat radiophonique par des journalistes professionnels et enrichies par des experts : psychologues, économistes, entrepreneurs, auteurs, juristes, journalistes… Dans le cadre de sa campagne nationale « Brisez le silence ! », le Bureau du Représentant Personnel du Chef de l’Etat (BRP) a sollicité le concours de la Fondation Hirondelle et de Kandindi pour organiser des rencontres autour de la question : « Comment les jeunes peuvent-ils lutter contre les violences sexuelles ? ».

Ces conférences-débats sur cette thématique ont suscité un réel intérêt auprès des jeunes, qui ont répondu massivement à l’invitation. A Kinshasa, la salle comptait plus de 150 participants. A Mbanzu-Ngungu, ils étaient plus de 230 à avoir participé aux échanges.

Depuis de nombreuses années, la RDC est tristement identifiée comme étant « la capitale mondiale du viol ». Ces Hirondelle Débat contribuent à rectifier des clichés sexistes qui perdurent, par exemple lorsque l’un des participants a accusé les femmes de « provoquer les violences sexuelles par leur habillement »… Un propos machiste qui a suscité de vives réactions dans l’assistance, et une correction des animateurs du débat. Jeannie Mabunda, Représentante personnelle du Chef de l’Etat, a ainsi expliqué : « Etant donné les témoignages que nous avons récolté sur le terrain, on peut établir que l’habillement n’est pas du tout la cause des viols. Quand on entend qu’un enseignant a violé une adolescente qui portait l’uniforme réglementaire, pouvons-nous dire que son habillement était la cause de l'agression ? Quand on apprend qu’un jeune militaire (de 30 ans) a violé une femme de 73 ans, pouvons-nous dire que cette grand-mère était habillée de façon provocante ou encore quand un pasteur viole un bébé de 3 ans pouvons-nous avancer que cette petite fille l’avait aguiché ? Quel que soit l’âge le viol n’est pas toléré par la loi ni même par notre culture. »

Lors des échanges, les participants sont revenus à plusieurs reprises sur les viols commis dans le cercle familial, scolaire et religieux. Soulignant la réalité du pays : les auteurs de viols ne sont pas seulement issus des groupes armés, mais aussi des civils, et souvent des personnes de confiance.

Pour partager les échanges au-delà du lieu des débats, les discussions ont été enregistrées et diffusées par les radios partenaires du Réseau Hirondelle Congo. La Fondation Hirondelle partage également sur ses réseaux sociaux des vidéos de 2 à 3 minutes montrant l'essentiel des débats. Vous pouvez voir une de ces vidéos en cliquant ici.