« La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche » (proverbe africain)

 

Le rôle des médias s’avère primordial en tous temps, et davantage en temps de crise. En effet, un mot maladroit, une phrase ambigüe, un nom, un titre, et tout peut arriver ! C’est à cette situation délicate que la rédaction de Radio Ndeke Luka à Bangui, République Centrafricaine, a été confrontée pendant plus d’un mois.

Le 10 décembre dernier, une coalition rebelle (appelée Séléka) s’empare de la ville de Ndele, chef- lieu de la préfecture du Bamingui-Bangoran. Ce qui en Centrafrique pourrait passer comme un fait divers, prend rapidement une ampleur imprévisible avec, en trois semaines seulement, la conquête d’une dizaine de villes principales.  Fin décembre, c’est près de la moitié du pays qui est en mains rebelles.

Comme dans toute situation de crise, les journalistes de Ndeke Luka ont été tiraillés entre les exigences professionnelles, leur sécurité physique et le devoir d’informer. Ils ont aussi été tiraillés entre « que dire » sans exacerber les tensions et « comment le dire » et même parfois, « quand le dire » sans faillir à ce devoir d’informer, sans trahir le droit à l’information du public. Ils ont dû aiguiser leur sens des responsabilités pour l’équilibre de l’information, l’impartialité, l’équité, l’honnêteté et le service au public.

La rédaction en chef de RNL a réagi avec un professionnalisme remarquable et elle a évité tous les pièges de manipulation des différentes parties. Elle a notamment gardé un équilibre sans faille en donnant la parole et en exposant les points de vues du gouvernement, de la rébellion, des courants CPJP et UFDR qui ne soutenaient pas  Seleka, de l’opposition politique, de la société civile, et surtout des citoyens tant à Bangui que dans les régions tombées en main rebelles. Lorsque le pouvoir a essayé d’instrumentaliser la jeunesse (les « jeunes patriotes ») pour patrouiller les quartiers, la radio a mis un accent particulier sur les appels au calme lancés par les communautés religieuses.

Et les résultats sont bien là! Les observateurs et auditeurs ont été impressionnés par le travail journalistique fourni par l’équipe de Radio Ndeke Luka pendant le mois et demi qui ont constitué les temps forts de la crise. RNL a en effet pu couvrir tous les événements avec précision et la radio a été la seule source fiable d’information pour les Centrafricains.

Radio Ndeke Luka, en tant que radio indépendante, a joué un rôle majeur dans la collecte et la diffusion de l’information. Elle a joué son rôle: « rendre l’information accessible à des populations qui en avaient besoin ».

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