Agence Hirondelle, 21.11.12: La Procureure de la CPI « examine » les crimes du M23

 

La Haye, 21 novembre 2012 (FH) – La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a déclaré qu’elle examinait « des allégations de crimes (…) commis par des membres et des chefs du M23 ou par toute autre partie profitant de la situation chaotique dans la région. »

Dans un communiqué délivré mercredi, Fatou Bensouda rappelle que les rebelles du M23, qui seraient soutenus par le Rwanda, se sont emparés de Goma, la capitale du Nord Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et que cela « risque de provoquer une escalade de violence ».

Dans ce communiqué, le bureau du procureur rappelle que les rebelles seraient dirigés par des déserteurs des forces armées congolaises, dont Bosco Ntaganda, poursuivi par la Cour depuis 2006. La procureure estime que « Bosco et Mudacumura doivent impérativement être arrêtés, maintenant ». Sylvestre Mudacumura, commandant des FDLR, une rébellion qui lutte contre le régime rwandais, fait lui aussi l’objet d’un mandat de la Cour. « Ces deux hommes participent activement depuis des années aux violences et aux crimes qui continuent de frapper d’innocentes victimes dans l’est de ce pays », estime Fatou Bensouda.

La procureure affirme que « tant qu’ils ne seront pas arrêtés et traduits en justice, Bosco Ntaganda et Sylvestre Mudacumura continueront d’être les principaux instigateurs de l’instabilité qui prévaut sur l’ensemble de la région des Grands Lacs et de constituer la plus grande menace pour la population civile. » Enfin, Fatou Bensouda ajoutent que « les acteurs étatiques et non étatiques devraient faire de l’arrestation de ces deux fugitifs une priorité absolue.

Le Rwanda et l’Ouganda sont accusés, par la RDC et les Nations unies, de soutenir les rebelles du M23, ce qu’ils démentent. Suite à la chute de Goma, le 20 novembre, Kigali a demandé à Kinshasa de négocier avec les rebelles. De son côté, le porte-parole militaire du M23, le colonel Vianney Kazamara, a annoncé son intention de se rendre jusqu’à Kinshasa, assurant que « monsieur Kabila doit quitter le pouvoir ».

Mercredi, le président congolais Joseph Kabila, a rencontré ses homologues rwandais et ougandais, Paul Kagame et Yoweri Museveni, à Kampala. Les trois hommes ont demandé aux rebelles de se retirer de Goma. Selon le communiqué, « les présidents Museveni et Kagame ont dit clairement que même s’il existe des revendications légitimes de la part du groupe mutin connu sous le nom de M23, ils ne peuvent accepter l’extension de cette guerre ou l’idée d’un renversement du gouvernement légitime de RDC ».

SM/ER

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