Le droit au développement des libertés, première responsabilité de la coopération internationale

 

« Le Chat » – Philippe Geluck

La Fondation Hirondelle a participé à un colloque organisé par l’Université de Bergame, la Chaire UNESCO en Droits de l’homme et Ethique de la coopération internationale, sur le thème « Le droit au développement des libertés, première responsabilité de la coopération internationale » (25-27 oct 2012).

Plusieurs principes ont été rappelés, notamment que les droits de l’homme sont indivisibles : ils doivent tous être considérés pour que chacun ait sa raison d’être et sa reconnaissance. Les droits de l’homme sont interdépendants et chaque droit a une valeur transversale.

Dans cette perspective, la Fondation Hirondelle a présenté son expérience et son travail, et montré comment, concrètement, le droit à l’information est un levier pour tous les autres droits humains (droit à l’éducation, droit à la santé, droit à la protection sociale, droits civiques, etc.).

La force et le rôle central de l’information dans le cadre de nos activités se mesurent par l’utilité. Produire et diffuser avant tout une information pour des bénéficiaires qui à travers ce qu’ils entendent, lisent ou voient prennent conscience qu’ils ont des droits, et peuvent exprimer leur revendications (protéger et faire appliquer ces droits).

Dans les pays où nous intervenons, les citoyens  peuvent rarement jouir de l’Etat de droit, et donc « simplement » prendre connaissance de leurs droits et les faire valoir. Ils ont besoin d’un intermédiaire, un media, qui va servir à faire connaître les droits, faire prendre conscience par exemple aux femmes qu’elles ont les mêmes droits que les hommes.

Par effet ricochet, l’information devenue « publique » ou connue, va faire pression sur les gouvernements pour rendre ces droits effectifs. Les citoyens vont utiliser les media, et des tiers comme la société civile ou la communauté internationale, pour faire valoir leurs droits, avec pour conséquence aussi de forcer les organismes étatiques à prendre position et les mener à prendre une décision qui pourra, cas échéant, être critiquée/commentée par la société civile ouvrant par ce biais un débat démocratique.

On comprend alors les relations entre une information utile et les autres droits humains. Si l’on empêche une information d’être récoltée et diffusée, on bafoue plusieurs droits:

  1. Le droit à l’information (droit à être informé) : empêcher la production et /ou la diffusion d’informations, c’est priver des citoyens l’accès à des informations qui les touchent à plusieurs niveaux dans leur quotidien : sécurité civile, activités culturelles, secteur économique, domaine social et écologique (santé, éducation, environnement). L’accès à ces informations conditionne l’exercice de toute une série d’autres droits fondamentaux.
  2. Le droit à l’expression,  la liberté d’expression, faire entendre sa voix : empêcher le travail de journalistes, c’est les empêcher de témoigner, ou d’aller recueillir des témoignages et donc priver des hommes et des femmes de leur liberté d’expression.
  3. Accessoirement, le droit au travail, celui d’exercer un métier reconnu et important en démocratie. Le statut de journaliste n’est dans certains pays pas reconnus ; ailleurs les journalistes sont emprisonnés, menacés du fait de leur travail.

En conclusion, le droit à l’information permet de « rendre des droits » aux citoyens d’un pays. D’autre part, certains droits sont essentiels à la mise en œuvre du droit à l’information (ex. éducation, diversité culturelle, liberté d’association, droit sociaux-économiques). Situé au cœur de l’interdépendance des droits, le media, particulièrement la radio, est un outil indispensable du développement des libertés et donc de la personne.

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