{"id":1753,"date":"2022-09-06T06:52:25","date_gmt":"2022-09-06T04:52:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.hirondelle.org\/financer-des-medias-libres-dans-le-monde-arabe"},"modified":"2022-09-06T06:52:25","modified_gmt":"2022-09-06T04:52:25","slug":"financer-des-medias-libres-dans-le-monde-arabe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.hirondelle.org\/fr\/financer-des-medias-libres-dans-le-monde-arabe","title":{"rendered":"Financer des medias libres dans le monde arabe"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alia Ibrahim est cofondatrice et directrice g\u00e9n\u00e9rale de Daraj, m\u00e9dia panarabe ind\u00e9pendant en ligne bas\u00e9 \u00e0 Beyrouth. Elle explique les d\u00e9fis \u00e9conomiques et \u00e9ditoriaux auxquels le journalisme ind\u00e9pendant est confront\u00e9 dans le monde arabe aujourd\u2019hui. <\/strong><strong>Interview publi\u00e9e dans \u00abM\u00e9diation\u00bb n\u00b09, \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger ci-dessus.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pourquoi avez-vous fond\u00e9 Daraj.com, m\u00e9dia panarabe ind\u00e9pendant en ligne, \u00e0 Beyrouth en 2016 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Alia Ibrahim<\/strong> : Tout est parti des printemps arabes en 2011. Apr\u00e8s une ann\u00e9e de bonheur et d\u2019espoir, la situation s\u2019est transform\u00e9e en guerre civile et en oppression dans de nombreux pays arabes. Nous avons r\u00e9alis\u00e9 que malgr\u00e9 la bonne volont\u00e9 des gens, l\u2019infrastructure pour la d\u00e9mocratie n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0. Et les m\u00e9dias faisaient partie du probl\u00e8me. Les cofondateurs de Daraj et moi-m\u00eame sommes des journalistes exp\u00e9riment\u00e9s dans les grands m\u00e9dias panarabes. Nous avions l\u2019habitude de couvrir la plupart des sujets pour ces m\u00e9dias, y compris certains des plus sensibles comme la corruption et la politique. Mais la mont\u00e9e de la violence dans la r\u00e9gion dans les ann\u00e9es 2010, avec le tournant du conflit y\u00e9m\u00e9nite et ses nombreux crimes de guerre d\u00e8s 2014, a ouvert la voie \u00e0 la propagande dans ces grands m\u00e9dias. Non pas \u00e0 cause des journalistes, mais des actionnaires. \u00c0 cette \u00e9poque, avec Internet et les r\u00e9seaux sociaux, il \u00e9tait devenu plus facile de produire et de diffuser du journalisme ind\u00e9pendant de qualit\u00e9. Certains m\u00e9dias de ce type existaient d\u00e9j\u00e0 localement, comme Inkyfada en Tunisie, Mada Masr en \u00c9gypte ou Al-Hudood en Jordanie, mais il fallait un m\u00e9dia panarabe capable de connecter et de diffuser leur travail, dans une langue qui puisse toucher tous les publics arabes, y compris la diaspora. Le projet Daraj \u00e9tait n\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 financer Daraj ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9marr\u00e9 le projet avec des subventions &#8211; International Media Support, Open Society Foundations et European Endowment for Democracy&#8230; &#8211; qui ont constitu\u00e9 60 % de notre budget initial de 600 000 dollars. Nous avons compl\u00e9t\u00e9 ce budget en produisant un documentaire pour la t\u00e9l\u00e9vision. Apr\u00e8s six ans, notre budget a doubl\u00e9, passant \u00e0 1,2 million de dollars par an. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons surtout investi dans les ressources humaines, en engageant 23 excellents journalistes qui travaillent \u00e0 plein temps \u00e0 notre si\u00e8ge de Beyrouth. Nous travaillons \u00e9galement avec des dizaines de correspondants dans tous les pays arabes. 80 % de notre budget est consacr\u00e9 \u00e0 la production d\u2019informations, et notamment de journalisme d\u2019investigation. Mais nous continuons \u00e0 d\u00e9pendre principalement des subventions : nous ne g\u00e9n\u00e9rons que 30 % de nos revenus, soit par la production de documentaires, soit par des missions de conseil ou de formation.<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les perspectives \u00e9conomiques de Daraj ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans les quatre prochaines ann\u00e9es, nous aimerions g\u00e9n\u00e9rer des revenus \u00e0 hauteur de 70 % de notre budget. Nous comptons atteindre cet objectif d\u2019abord en produisant plus de contenus, ce qui signifie aussi plus d\u2019audience. Nous envisageons de mon\u00e9tiser cette audience via un programme de soutien des lecteurs comprenant dons et adh\u00e9sions, sur le mod\u00e8le du m\u00e9dia britannique The Guardian. Et nous avons l\u2019intention de d\u00e9velopper la publicit\u00e9, au sein d\u2019un groupe comprenant 14 autres m\u00e9dias arabes ind\u00e9pendants. Au-del\u00e0 du journalisme, cela n\u00e9cessite des investissements dans la gestion, la communication et la technologie. Ces investissements en valent la peine, pour les soci\u00e9t\u00e9s arabes. Car le d\u00e9veloppement de m\u00e9dias ind\u00e9pendants contribue au renforcement des soci\u00e9t\u00e9s civiles, qui peuvent ensuite exiger des changements par le biais des \u00e9lections : nous l\u2019avons vu au Liban o\u00f9, apr\u00e8s un fort mouvement de la soci\u00e9t\u00e9 civile contre l\u2019establishment politique, 15 candidats ind\u00e9pendants ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lus aux \u00e9lections parlementaires de mai dernier. Manifester, travailler pour des m\u00e9dias libres et des \u00e9lections libres, voil\u00e0 les raisons d\u2019\u00eatre de Daraj.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alia Ibrahim est cofondatrice et directrice g\u00e9n\u00e9rale de Daraj, m\u00e9dia panarabe ind\u00e9pendant en ligne bas\u00e9 \u00e0 Beyrouth. Elle explique les d\u00e9fis \u00e9conomiques et \u00e9ditoriaux auxquels le journalisme ind\u00e9pendant est confront\u00e9 dans le monde arabe aujourd\u2019hui. Interview publi\u00e9e dans \u00abM\u00e9diation\u00bb n\u00b09, \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger ci-dessus. 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