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Nathalie Sala, journaliste congolaise, lors de l'animation d'un débat "Femmes et élections" organisé par la Fondation Hirondelle à Kinshasa. ©Fondation Hirondelle / Catherine Trautes Nathalie Sala, journaliste congolaise, lors de l'animation d'un débat "Femmes et élections" organisé par la Fondation Hirondelle à Kinshasa.

Entre avril et août 2017, l’équipe de la Fondation Hirondelle en République démocratique du Congo (RDC) a mis en œuvre le programme « Femmes et élections » avec le soutien de l’Ambassade de Belgique. 6 magazines et un feuilleton radiophonique ont été produits, et diffusés par un réseau de 107 médias partenaires ainsi que sur Facebook. Quatre « Hirondelle débat » ont été organisés à Kinshasa, Goma et Lubumbashi, réunissant plusieurs centaines de participantes à chaque fois. 20 vidéos et 1 « motion design » ont été réalisés. Parmi les 4 journalistes congolais ayant assuré ces productions, deux femmes, jeunes, qui témoignent sur cette expérience et l’exercice de leur métier aujourd’hui en RDC.

Pourquoi avez-vous choisi de faire du journalisme ?

Gisèle Ntambuka : Pour inverser la tendance de certains médias internationaux qui véhiculent parfois une image négative de l’Afrique.
Nathalie Sala : Depuis l’école secondaire, je rêve de devenir une journaliste télé vedette dans l’espace médiatique congolais. Et mon père m’a beaucoup soutenu en ce sens. Alors pour l’honorer, je dois atteindre mon objectif !

Quels sont les difficultés de ce métier ?

Nathalie Sala : Elles surgissent essentiellement sur le terrain et surtout quand nous nous y attendons le moins, il arrive que des interviewés aient « peur » du micro, mais aussi qu’un expert exige d’être payé ou qu’il ne réponde pas convenablement aux besoins et enfin, le facteur sécuritaire du pays n’est pas à négliger.
Gisèle Ntambuka : Les déplacements à travers le pays lors d la recherche d’information. Ca ne pose pas problème tant qu’on est jeune et célibataire, mais pour une femme africaine c’est difficilement compatible avec  une vie de famille.

Comment décririez-vous votre collaboration avec Fondation Hirondelle ?

Gisèle Ntambuka : J’acquiers chaque jour de nouvelles connaissances. L’équipe est un cocon familial avec qui on passe de bons moments.
Nathalie Sala : Elle me forme au quotidien, en développant et en améliorant mes aptitudes, grâce au partage d’expériences, aux formations, mais aussi grâce à la logique et à la rigueur exigées.

Quel est votre avis sur l’implication des femmes congolaises dans le processus électoral ?

Nathalie Sala : Honnêtement, elles me surprennent. L’intérêt suscité par les Hirondelles Débats, Femmes &  Elections manifeste une réelle soif d’information des participantes. Elles suivent le débat avec attention, et leur vivacité d’esprit défait les préjugés affirmant que les femmes ne s’intéressent pas à la politique ou pire qu’elles ne comprennent rien à celle-ci, et qu’elles ne peuvent même pas prétendre y participer.
Gisèle Ntambuka : Pour ce qui est de leur rapport à la politique, certaines sortent des débats avec une opinion transformée et d’autres s’engagent à agir.