Suisse : choisir un modèle médiatique garant de notre cohésion sociale

Le 8 mars, la population suisse décidera de l’avenir du service audiovisuel public avec l’initiative «200 francs, ça suffit». Dans un contexte de polarisation des opinions et de hausse de la part des personnes non informées, faire un choix éclairé dans l’intérêt collectif suppose un accès à une pluralité de points de vue et à de véritables espaces de débat.

Depuis 30 ans, la Fondation Hirondelle agit pour l’accès à une information fiable en soutenant des médias indépendants dans des contextes fragiles. Des médias locaux, accessibles en plusieurs langues et sur différents canaux, sont essentiels à une société apaisée. Ils constituent également un rempart face à la désinformation, aujourd’hui amplifiée par l’intelligence artificielle (IA). Cette mission est celle d’une organisation à but non lucratif comme la Fondation Hirondelle mais aussi des médias de service public telle que la SSR / RTS.

En Suisse comme ailleurs, le contexte international et les réalités locales fragilisent les médias d’intérêt général, qu’ils soient privés, associatifs ou de service public. Contenus malveillants produits à grande échelle, activités peu régulées des « big tech », menaces croissantes contre les journalistes: autant de facteurs qui nourrissent un climat dangereux pour la démocratie.

Garants de l’intérêt général, des médias comme la SSR / RTS ont la responsabilité de produire et de rendre accessible une information factuelle, équilibrée et sourcée, dans le respect des principes éthiques du journalisme. Cela suppose un travail journalistique de recherche, de vérification et de diffusion. Une telle mission exige des moyens adaptés et repose sur une indépendance réelle, fondée sur une séparation stricte entre choix éditoriaux et sources de financements.

Dans le contexte actuel, soutenir l’information d’intérêt général relève de notre responsabilité. Cela suppose de défendre des modèles médiatiques pluralistes, dans lesquels le pouvoir d’informer n’est pas concentré entre les mains de quelques acteurs.

Avec l’initiative du 8 mars, une réduction budgétaire d’une telle ampleur, ajoutée aux coupes déjà annoncées, affaiblirait directement le journalisme de proximité, reflet de la richesse culturelle et linguistique suisse, et essentiel à la vie politique du pays.

La redevance soutient un modèle médiatique accessible à toutes et tous. Sans intérêt financier dans cette votation, la Fondation Hirondelle s’oppose à l’initiative « 200 francs, ça suffit ». Nous défendons les modèles médiatiques d’intérêt public essentiels à la cohésion sociale.

Caroline Vuillemin, Directrice générale de la Fondation Hirondelle